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Publié le 15 Septembre 2017

Roman - Editions Audiolib - 14h32 d'écoute - 24.90 €

 

Parution d'origine en 2015

 

L'histoire : Marcus Goldman, écrivain à succès, raconte sa famille, ses familles. Car depuis toujours semble-t-il, il y a les Goldman de Baltimore, son oncle, sa tante et ses deux cousins, à qui tout réussit et qui vivent dans un luxe décomplexé. Et puis il y a les Goldman de Monclair, Marcus et ses parents, très middle class américaine. Marcus rêve d'être un Baltimore à qui il vous un amour et une admiration sans borne. Mais au fil des années, jusqu'au drame, il apprend qu'il ne faut pas se fier aux apparences.

 

Tentation : Mon coup de coeur pour le précédent roman de l'auteur

Fournisseur : La bib' !

 

 

Mon humble avis : Mon enthousiasme pour Le livre des Baltimore est au moins aussi égal que celui ressenti lors de mon audiolecture de La vérité sur l'affaire Harry Quebert !

Celui-ci n'est sans doute pas étranger à l'excellente lecture qu'en fait Thibault de Montalembert. Mais avant cela, il y a bien entendu l'immense talent de narrateur De Joël Dicker. Dicker sait vraiment si prendre pour ensorceler son lecteur, le rendre captif de cette très longue histoire, simple en apparence (la vie d'une famille presque divisée en deux), mais qui réserve moult surprises, révélations que le narrateur, Marcus, découvrira à l'âge adulte. Un roman à tiroirs en quelques sortes malgré une vie quotidienne des protagonistes somme toute assez normale.

Pour ne pas lasser son lecteur par un récit linaire et chronologique, Joël Dicker fait régulièrement des bons dans le passé, mais ce, en différentes époques et en se préoccupant à chaque fois de protagonistes différents, même si Marcus, Woody et Hillel, les personnages principaux, ne sont jamais loin et toujours concernés par ce qui se passe. Différentes époques donc, différents lieux également. Dicker nous emmène tantôt à New York, tantôt à Miami, souvent à Oak Park, banlieue huppée de Baltimore, à Montclair évidemment, mais aussi dans les Hamptons. Une période, comme un épisode, dans un lieu forme un chapitre qui nous laisse à chaque fois sur un cliff hanger, évidemment. Le tout, dans une écriture directe, ciselée, extrêmement maîtrisée.

Le livre des Baltimore, c'est une histoire de famille qui se divise en deux clans, parce que ces deux clans vivent à deux vitesses, parce que deux niveaux de vie vraiment différent. Un réel fossé social s'est creusé entre les deux et l'enfant Marcus a honte d'appartenir au clan des simples, même s'il fait partie aussi, à chaque vacances, au clan des Baltimore. Ce récit de famille est conté par un adulte, mais il laisse la place à la vision de l'enfant sur ses différences, puis, plus tard, l'adulte Marcus portera un autre regard sur ces différences, au fur et à mesure des découvertes qu'il fera sur sa famille, et des confidences qui lui seront faites au fil du temps.

Le livre des Baltimore est avant tout un formidable roman sur l'enfance et le trio que forment les trois cousins : Marcus (le Montclair), Hillel (le Baltimore) et Woody (le Baltimore adopté). L'amour fusionnel et l'amitié exclusive qui lient les trois enfants, puis les trois adolescents, puis les trois jeunes adultes semblent indestructibles. Oui mais... il y a la vie et ses pièges.

Pour résumer ce roman extrêmement dense on peut dire que les thèmes principaux du livre Baltimore sont : grandeur et décadence, admiration, jalousie, choix de vie, fraternité, amitié, pardon, les Etats-Unis (mode de vie, coutumes, extrêmes, crise des subprimes qui s'invite aussi), la fierté, l'humilité, la culpabilité, la honte, l'honneur, les regrets, les malentendus, les secrets de famille, la rivalité, l'intégrité, la prévarication. Mais ce qui ressort surtout, malgré tous ces mots et leur contraire, c'est l'amour profond des uns envers les autres, même si celui-ci se révèle souvent maladroit.

Et puis il y a ce drame qui est annoncé dès les premières pages et qui nous sera révélé presque en toute fin, donnant à ce roman un petit air de thriller psychologique, tant le suspense est latent et s'intensifie au fil des années, des pages qui nous rapprochent inexorablement de ce drame, de ces drames en fait.

Bref, pour moi, Le livre des Baltimore est un chef d'oeuvre, un pur chef d'oeuvre !

Et, en deux romans, Joël Dicker devient pour moi un auteur incontournable, un auteur à suivre, une valeur sûre !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 9 Septembre 2017

Nouvelles - Editions Albin Michel - 326 pages -21.50 €

 

Parution le 30 août 2017 : Rentrée Littéraire

 

Les histoires :  Quatre destins, quatre histoires où Eric-Emmanuel Schmitt, avec un redoutable sens du suspens psychologique, explore les sentiments les plus violents et les plus secrets qui gouvernent nos existences. Comment retrouver sa part d'humanité quand la vie vous a entraîné dans l'envie, la perversion, l'indifférence, le crime ?

 

Tentation : La tradition de la Rentrée !

Fournisseur : Gilles Paris, merci pour l'envoi !

 

 

 

Mon humble avis : Eric-Emmanuel Schmitt n'a vraiment pas son pareil pour sonder l'âme humaine, tant dans sa bienveillance que dans sa cruauté.... Même si le cruel est la première victime de sa cruauté.

Trois longues nouvelles, puis une plus courte se succèdent dans ce livre. J'avoue que la dernière, étonnante, aussi touchante que bouleversante m'a paru détonner du sujet central de ce recueil. Il n'empêche, dans celle-ci, Eric-Emmanuel Schmitt nous plonge dans le Petit Prince et la mort de St Exupéry.

La colonne vertébrale de cette oeuvre, c'est le pardon. Le pardon est disséqué par le romancier dans toutes ses ambiguïtés. Observer sous différents angles et étudier le pardon, qui semble être la plus auguste et admirable qualité m'a passionnée. Bien sûr, cela amène à de profondes réflexions tant sur notre vie personnel que sur le monde.  Car oui, le pardon a les défauts de ses qualités. Et si le pardon, prôné par toutes les religions, l'éducation et les valeurs morales, n'était pas aussi pur qu'il y parait ? Et s'il était "distribué" à tout bout de champ sans que l'on s'imagine ses conséquences.

On pardonne par bonté d'âme, par grand coeur, par envie de quiétude, par rejet du conflit. Oui, mais se demande-t-on comment l'offensant reçoit ce pardon ? Le souhaite-t-il seulement, ce pardon, qui à ses yeux, grandit encore à ses yeux son offensé, puisqu'une fois de plus, celui-ci est capable de quelque chose que l'offensant est incapable d'atteindre : la grandeur d'âme.

Le pardon rend son acteur humain, mais redonne aussi humanité à celui qui le reçoit. Le pardon simplifie aussi la vie lorsqu'il évite de s'interroger sur l'essence de l'offense...Le pardon peut aussi se révéler perverse, lorsqu'il fait partie d'un plan de vengeance. Et oui, c'est possible. Je n'avais jamais réfléchi plus que cela à ce sujet, malgré mes années de philo au lycée et c'est en fait un sujet passionnant, bien plus subtile qu'il y parait.

Eric-Emmanuel Schmitt m'a donc embarquée une fois de plus à travers ces quatre histoires. Deux jumelles parfaites... L'une hait l'autre qui pardonne.

Une simplette des montagnes donne naissance à un fils, après une amourette d'été avec un jeune parisien... qui bien entendu, ne voudra entendre parler de ce fils... Jusqu'au jour où... Simplette dit aussi pure. Et quand on est pure, on est au-delà du pardon conscient.

Elise rend visite en prison au serial killer qui lui a pris sa fille unique. Pourquoi ? Pour comprendre, pour pardonner, pour se venger ? Comment ? Par le pardon... oui. Le pardon peut être une vengeance.

 La dernière nouvelle, étonnante, aussi touchante que bouleversante se le pardon que l'on veut s'accorder à soi même. Eric-Emmanuel Schmitt nous plonge dans le Petit Prince et la mort de St Exupéry. Mais je n'en dis pas plus !

Et, "comme d'habitude" avec mon cher Eric-Emmanuel Schmitt, tout cela se lit facilement, n'est jamais pompeux ou éreintant. Une formidable occasion de réfléchir en délice sur un mot qui peut se révéler plus vicieux qu'il n'y parait, mais sans lequel le monde ne serait qu'hécatombe.

Comme j'aime cet auteur, presque au même titre que ma chère Amélie Nothomb, même si je trouve dans leurs livres des choses bien différentes. D'ailleurs, je ne les lis pas pour la même raison.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 29 Août 2017

Roman - Editions Albin Michel - 169 pages - 16.90 €

 

Parution le 23 août 2017 : Rentrée littéraire !

 

4ème de couv ; "Frappe toi le coeur, c'est là qu'est le génie" (Alfred de Musset)

 

Tentation : Quelle question !

Fournisseur : Ma CB !

 

 

 

 

 

Mon humble avis : Il y a quelques dates annuelles que j'attends avec impatience... La sortie du nouveau Nothomb en fait partie. Alors, aussitôt paru, aussitôt acheté et aussitôt lu dehors, par un bel après-midi d'été (Si si, il y en a eu quelques-uns en Bretagne)

Alors, comme je suis "connue" dans la blogo et mon entourage pour être fan et amie épistolaire d'Amélie Nothomb, mon avis sur le nouveau cru de celle-ci est souvent attendu. Donc en résumé : j'ai autant dévoré qu'adoré !

Et pourtant, le millésime 2017 est à mes yeux bien différents des précédents. Certes, dès les première lignes, on reconnait la plume de la romancière sans aucun doute. Personnellement, je la reconnaîtrais lors d'une lecture qui me serait faite à l'aveugle.

Et pourtant, dans frappe toi le coeur, pas de prénoms fantaisistes. Les personnages s'appellent Marie, Diane, Nicolas, Olivier, Elisabeth. Bon, Elisabeth Deux tout de même !

Amélie Nothomb développent deux sujets principaux dans ce roman ô combien émouvant, bouleversant, et même effroyable à certains égards : la jalousie pathologique et narcissique, passive puis active. Et la conséquence de cette jalousie est ici la déficience, que dis-je l'absence affective parentale. Amélie Nothomb n'a pas son pareil pour donner la parole aux très jeunes enfants qui comprennent bien plus que ce que les parents n'imaginent. Aussi, cette histoire prend vraiment et profondément aux tripes, au coeur. On est sur les nerfs face au comportement de Marie, on a envie de pleurer pour Diane, de la serrer dans nos bras, qu'elle ait 2 ans ou 25 ans. On rage devant l'aveuglement paternel. Cette jalousie qui aboutit à l'absence de fibre maternelle qui frôle la haine ou le mépris (là est toute la question) fait froid dans le dos. Mais Amélie Nothomb narre cette histoire à suspense sans juger ses personnages

Bien sûr, Amélie Nothomb laisse aussi la place à d'autres sujets qui lui sont chers : l'amitié (qu'elle soit délétère ou pure), la prime enfance, les sentiments extrêmes autant qu'équivoques et antinomiques, la beauté, la laideur et la maigreur. Bien sûr, il est bien question de champagne à un moment donné.

C'est un roman très sombre que nous livre Amélie Nothomb cette année, et je le répète, à mes yeux bien différents de sa biographie existante. Peut-être parce que cette histoire semble  exempte des extravagances auxquelles Amélie nous a habitués jusqu'ici. (A part, peut-être, pour le personnage de Stanislas). Il me semble, que si l'on omet l'écriture reconnaissable, ce récit aurait pu être écrit par un/une autre auteur. Et c'est bien la première fois que je pense cela d'un Nothomb. En fait, Frappe toi le coeur paraît ancré dans la vraie vie, une vie grave, et non dans un univers Nothombien étrange... Nous ne sommes plus dans un conte mais une réalité potentielle. C'est sans doute pour cela qu'il frappe autant le coeur et l'esprit et profondément l'âme.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 23 Août 2017

Roman - Editions Léo Scheer - 188 pages - 15.50 €

 

Parution le 23 août 2017 : Rentrée littéraire !

 

L'histoire : Et si avoir de nouvelles dents permettait de recommencer sa vie, de se débarrasser de l'encombrant et tenter de les avoir longues ces dents, histoire rayer le parquet et peut-être, un jour, recevoir le prix Goncourt ?

 

Tentation : Pitch et nom de l'auteur

Fournisseur : Gilles Paris, merci pour l'envoi !

 

 

 

 

Mon humble avis : Il y a deux ans, j'étais restée plutôt en froid avec Nathalie Rheims suite à la lecture de son roman d'alors "Place Colette". L'impudeur du récit de son initiation sexuelle d'adolescente m'avait mise très mal à l'aise.

Mais me voici réconciliée avec cette écrivaine que j'avais jusqu'à Place Colette toujours vivement appréciée. Et pourtant, Nathalie Rheims se met vraiment à nu son nouveau roman, mais à nu de l'intérieur. Ce qui pour moi change tout. A mes yeux, l'impudence physique, donc le plus souvent factuelle, ne sert pas à grand-chose. Alors que l'impudicité intime, intestine expose des sentiments, ses sensations, des questionnements, des réflexions qui, certes personnelles, sont bien souvent partagés secrètement par la multitude. En cela, une telle oeuvre peut aider le lecteur sur son chemin de vie s'il est douloureux, ou à comprendre celui des autres.

C'est le poème éponyme d'Armand Robin (1912-1961) qui a inspiré le titre de ce nouveau roman qui s'approche très fort de l'autofiction. Nathalie Rheims, la narratrice, approche les soixante ans et certaines de ses dents, la péremption. Lors de l'opération qui remplacera ces dernières par des implants et des nouvelles dents bien droites et bien blanches, Nathalie Rheims est sous une anesthésie qui lie chimie et une sorte d'hypnose. L'écrivaine se dédouble alors... Et la nouvelle Nathalie décide désormais de reprendre sa vie en main, de remonter dans le temps pour corriger les bévues, voire, orienter l'avenir de l'antan puisqu'elle en connait le futur. La grande décision est de sortir d'une certaine passivité pour désormais se battre, avoir les dents longues, être reconnue par ses pairs, avoir les dents longues quittent à rayer le parquet et un jour, décrocher enfin le prix Goncourt. Bref, recommencer, rattraper le temps perdu, devenir une autre... devenir les autres.

Bien entendu, ces pages fourmillent d'humour et d'autodérision tout en finesse et élégance. Mais pas que... La romancière se livre sans retenue sur ses angoisses de presque sexagénaire, de la vieillesse, de la dégénérescence corporelle. Mais pas que... Son rapport aux hommes, sa discrétion sociale maladive, la peur de l'abandon, ses origines sociales qui la privent sans doute d'une certaine reconnaissance du monde de l'édition. Mais pas que... la liste est longue, cette oeuvre est dense de sujets évoqués.

L'idée pluridimensionelle de ce roman est réellement originale, même si elle m'a quelques fois un peu égarée dans le temps. Mais peu importe. J'y ai retrouvé la romancière que j'aime, son écriture soignée, poétique, touchante, émouvante et souvent très proche de mon ressenti personnel. Etre ou ne pas être, rester soi tout en devenant une autre, devenir une autre malgré les bagages qui pèsent, la distance entre l'être et le paraître, ce que l'on donne à voir et ce que l'on est... Tout cela me parle profondément et ce fut un réel bonheur de lecture que de dévorer ce roman.

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 19 Août 2017

Roman - Editions Audiolib - 3h00 d'écoute - 16.90 €

 

Parution d'origine du roman en 2014

 

L'histoire : Joseph est ouvrier agricole, dans le Cantal. Il semble être là depuis toujours, à travailler dans différentes fermes. Joseph ne change pas, mais le monde agricole, lui, est en constante mutation. A travers l'histoire de Joseph, c'est aussi celle de toute une région que nous vivons. Une région et ses habitants, aussi reculés que résolument modernes.

 

Tentation : Ma PAL audio

Fournisseur : Sylire, merci pour le prêt !

 

 

 

Mon humble avis : A l'été 2013, alors que je passais une semaine chez mon oncle et ma tante dans le Cantal, j'ai eu la chance de rencontrer Marie-Hélène Lafon alors qu'elle était en écriture de ce roman. Marie Hélène Lafon avait accepté l'invitation de mon oncle à partager un apéritif en présence de sa nièce blogueuse : Moi ! Evidemment, c'est un souvenir mémorable et unique !

Alors, qu'en est-il de Joseph ?

Deux mini bémols pour commencer. La profusion de personnages m'a parfois égarée, mais cela n'empêche en rien d'apprécier vivement ce roman. En effet, nous sommes ici dans la chronique de la vie de Joseph parmi les siens, les autres, ses patrons, ses collègues, les rumeurs des villages alentours, les us et coutumes d'un pays et par-delà, ceux de la paysannerie. Donc on ne peut pas dire qu'il y ait vraiment une histoire à suivre. Nous sommes plus ici dans le portrait d'un homme et de son environnement.

Et puis, j'ai aussi trouvé le récit un peu trop court, trop vite terminé, qui aurait pu déployer des ailes bien plus larges et poursuivre ce vol délicieux pour les sens au-dessus autant qu'au -dedans de ce pays cantalien.

Joseph le taiseux est un solitaire. Mais il entend et voit parfaitement, et sa mémoire est infaillible. Surtout pour les chiffres, les dates. Il est donc le témoin idéal pour raconter le Cantal, les fermes, les fils qui partent à la ville, les saisons, les bêtes, le fermage, le respect et la personnalité forte des patrons et bien entendu des patronnes. Les discussions des patrons, et des autres aussi, sur l'évolution du métier, qui oblige à s'agrandir, à d'adapter, à se connecter... Et puis il y a aussi l'alcool, son abus, les trous dans une vie. Et surtout, Joseph raconte ce qui ne se voit pas, ne se dit pas, ce qui s'enterre.

Marie-Hélène Lafon dépeint donc cette ruralité, ces différences sociales avec une langue et une écriture poignante, ciselée tout en restant simple, aussi minutieuse que concise, sans mots inutiles. Et ceci s'en oublier le sujet, la région et le milieu traités, avec les expressions populaires... Une écriture qui laisse entendre, sentir, toucher, voir, goûter. Et, évidemment, l'excellente lecture qu'en fait Marie-Christine Barrault n'est pas étrangère à ses douces sensations de lectrice audio !

Dommage que ce roman soit si court, car il laisse une impression de faim non rassasiée !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 5 Août 2017

Biographie - Editions Gallimard - 12h40 d'écoute - 24.90€

Parution d'origine en 2011

 

Le sujet : Emmanuel Carrère déroule la vie de Limonov depuis son enfance russe dans les années 40 jusqu'au début des années 2010.

Limonov, alias  Édouard Veniaminovitch Savenko ​​​​​​, est un écrivain russe, dissident politique et fondateur et chef du Parti National Bolchevique. Une vie vraiment pas ordinaire, sans temps morts, idéale pour transformer Limonov en héro d'un presque roman.

 

Tentation : Allez, un peu de culture ne peut me nuire

Fournisseur : La bib'

Lu par Jacques Frantz

 

 

Mon humble avis, qui est vraiment mon très humble avis, et vous allez vite comprendre pourquoi je n'ai décoré cette lecture audio que de 3 pattes, ce qui n'a rien à voir avec la qualité de l'oeuvre, mais vraiment avec la perception que j'en ai eue ! 

Avec Limonov, Emmanuel Carrère a remporté le Prix Renaudot en 2011. Aussi, cela fait déjà quelques années que ce livre a rencontré un vif succès, tant commercial que médiatique. Mais devant un tel pavé que l'on sait "sérieux", j'ai reculé à grands pas, jusqu'à me décider à le lire dans le format audio excellemment interprété par Jacques Frantz ! Que ce soit clair, je pense que je ne serais jamais arrivée au bout du livre en format papier. L'aspect audio en voiture, en marchant m'a incitée à poursuivre. Mais, en format papier dans mon lit, j'aurais peut-être mieux "enregistré" la nuée de patronymes russes et j'aurais eu accès, du bout de mes doigts, à mon ami Google pour de plus amples informations et me perdre moins tant dans les noms que dans les dates et leur environnement.

C'est simple à dire, cette oeuvre est trop érudite pour moi. Mais cela ne signifie pas qu'elle ne m'a pas intéressée et que je n'en tire pas certains bénéfices, bien au contraire ! Je n'ai pas était passionnée, et pour me maintenir à flot, j'ai développé un intérêt et une concentration sélectifs, en fonction ce que je savais pouvoir retenir, assimiler, et distiller dans des soirées mondaines pour paraître cultivée ! LOL !

Mais assez parlé de MOI ! Parlons du livre lui-même, et de son héro Limonov !

Déjà, le style et l'écriture sont très agréables, soignés et surtout vigoureux ! Bref, ils accrochent !

Le livre couvre une période de plus de 50 ans. Autant dire qu'il est très dense, d'autant plus que la vie décrite et légèrement romancée de Limonov  est digne des plus grands romans d'aventure ! Une telle vie, faute d'être enviable ou même admirable, reste tout de même fascinante ! Imaginez un peu avec cette liste non exhaustive des activités de Limonov :  voyou en Ukraine, idole de l'underground soviétique sous Brejnev ; clochard, puis valet de chambre d'un milliardaire à Manhattan ; écrivain branché à Paris ; soldat perdu dans les guerres des Balkans, vieux chef charismatique d'un parti de jeunes desperados, journaliste, prisonnier, écrivain, amant, mari, tenté par la présidence russe, j'en passe et des meilleurs !

Ce qui est curieux, c'est que Limonov est détestable, tant par ses idées fascistes que par son arrogance, son orgueil, sa grossièreté, bref, sa vanité extrême, lui qui a toujours rêvé de devenir célèbre en tant qu'écrivain, mais aussi en participant à l'Histoire. Mais en même temps, on a presque honte "d'apprécier" sa persistance, sa constance et sa fidélité à lui-même, à ses idées. D'être quelque-part un homme principe, même sans adhérer du tout à ses principes ! Etrange sensation en tant que lectrice. Mais petite précision, ma lecture de ce texte ne m'a pas du tout incitée à me plonger dans l'oeuvre de Limonov lui-même, personnage qui me semble plus fascinant que passionnant, et c'est sans doute ce qui pourrait le rendre dangereux.

Pour moi, le réel intérêt de cette lecture audio fut la révision de la géopolitique du bloc de l'Est de ces 50 dernières année, avec, notamment, l'arrivée de Gorbatchev, l'effondrement de l'URSS, l'expiration du communisme,  "le capitalisme" à la sauce russe, la présidence d'Eltsine puis de Poutine. Les explications et les analyses qu'en donne Emmanuel Carrère sont vraiment passionnantes et intéressantes. De cela, j'en ai appris une partie au lycée. Mais comme j'étais justement au lycée lors de la chute du mur de Berlin puis du bloc communiste, nous avons appris ces événements sans reculs, sans analyse profonde. Aussi, cet aspect là de Limonov m'a vraiment captivée, tout comme la presque dissection du mode de pensée russe et de la littérature soviétique. Hélas, je suis loin d'avoir retenu tout ce que j'ai écouté, mais il n'y a pas de petits bénéfices !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 26 Juillet 2017

Roman - Editions Thélème - 6h00 d'écoute- 19 €

Parution d'origine en août 2012

 

L'histoire :  Enterré au cimetière de Bobigny, Van monologue depuis son cercueil. Il a laissé derrière lui les trois femmes de sa vie. Lou, son épouse un peu banale, trop jalouse, qui l’a renversé en voiture. Laure, sa rebelle de fille qui sèche les cours et fume des joints. Ulma, sa fascinante demi-soeur avec qui il a entretenu une relation incestueuse. Tour à tour, les membres de ce quatuor bien cabossé font leur examen de conscience : des récits portés par l’amour, qu’il soit familial, conjugal ou passionnel.

 

Lu par Louis Arène

Tentation : Pourquoi pas ?

Fournisseur : Sylire, merci pour le prêt !

 

 

Mon humble avis : Définition d'une lame de fond :  déferlement d'une ou plusieurs vagues d'une taille considérablement plus grande que les autres, susceptible de provoquer des noyades et des destructions sur le rivage sur lesquelles elles s'abattent.

Quel titre bien trouvé pour ce roman ! Cette lame de fond, on connaît dès le début de l'histoire ses funestes conséquences. La mort de Van, le principal narrateur de ce texte. Cette lame de fond, ce sont tous les non-dits, les exaspérations, les aigreurs, les rancoeurs qui gonflent au coeur d'une famille, au fil des années. Même l'amour et l'admiration ne sont pas vraiment avoués. En fait, dans ce livre, Linda Lê propose, au fil des pages, de remonter aux origines de cette lame de fond. Pour cela, Linda Lê donne la parole à quatre protagonistes. Dans ce roman choral, chacun exprime sa vision de sa relation avec les autres, ses regrets, son désespoir, sa culpabilité.

J'ai aimé écouter ce roman vraiment bien construit et originale dans sa narration : c'est Van, qui du fond de son cercueil, s'élance en premier dans ce récit... Il sera ensuite rejoint par Laure, sa fille, Lou son épouse, et Ulma, sa demi-soeur et finalement âme-soeur et amante, découverte quelques mois avant la mort de Van. La petite enfance de Van, au Vietnam permet une révision géopolitique des heures sombres de ce pays. Puis son exil seul en France, voulu par sa mère. Et dès qu'une lecture m'enrichit à ce niveau-là, elle marque déjà un bon point !

La psychologie de chaque personnage est vraiment bien creusé, la tension s'installe, même si l'on connait l'issue, elle entre néanmoins en nous au fur et à mesure que le verni apparemment lisse et brillant se craquelle de partout. Mais, oui il y a un mais... Chaque personnage s'exprime à sa propre manière, ce qui quelque part, perturbe dans l'irrégularité de style obtenu, même si l'écriture est très ciselée et belle.

Et puis dans le texte, revient trop souvent le personnage pourtant secondaire de la mère d'Ulma, dont la vie dépravée à la recherche vaine d'une certaine panacée m'a quelque peu perdue et lassée. D'autant que cette Lily nous éloigne des personnages principaux de façon assez inutile à mes yeux.

Bref, au final, un livre globalement plaisant, intéressant et qui raviront les fans de très belle écriture soignée. Mais pour moi, rien de plus ou plutôt... sans plus majeur !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 22 Juillet 2017

Roman - Editions Pocket - 254 pages - 6.95 €

 

Parution d'origine en sept 2015 et chez Pocket en juin 2017

 

L'histoire :  - " Vous souffrez probablement d'une forme de routinite aiguë. 
- Une quoi ? " 

Camille, trente-huit ans et quart, a tout, semble-t-il, pour être heureuse. Alors pourquoi a-t-elle l'impression que le bonheur lui a glissé entre les doigts ? Tout ce qu'elle veut, c'est retrouver le chemin de la joie et de l'épanouissement. Quand Claude, routinologue, lui propose un accompagnement original pour l'y aider, elle n'hésite pas longtemps : elle fonce et repart à la conquête de ses rêves... 

 

 

Tentation : Le titre, et envie d'une lecture légère pour les vacances

Fournisseur : Ma CB à Orly Ouest !

 

 

 

Mon humble avis : Bon, c'est clair, je me suis trompée dans mon achat, pensant trouver dans ce titre une histoire plutôt drôle et légère. Et le titre me correspondait on ne peut plus, vu que la veille de mon achat, j'avais déposé ma démission auprès du Mc Do... Ayant effectivement réalisé que je n'avais qu'une vie et que celle que je menais ne me conduirait nulle part !

En fait, ce roman est à mi-chemin entre le "feelgood book" et le livre de développement personnel. Et pour être franche, à la base, je ne suis pas fan du tout de ce dernier type, avec leçon de bien vivre, bien être, la solution est en toi. Blablabla... Et finalement, c'est l'aspect développement personnel qui m'a le plus plu, l'histoire étant en elle même assez simple...

Mais au fil des pages, j'ai remarqué que ma lecture m'amenait à certaines réflexions, introspections etc, sans m'agacer ni me déprimer. J'ai même constaté quelques changements dans mon comportement, dans ma façon d'apprécier de façon XXL des petits événements qui pourraient être anodins.

Bon, après, avec ce genre de littérature, c'est toujours pareil... il faut que l'effet perdure au-delà de la lecture. Ca, c'est à suivre.

Une deuxième vie... De mon côté, j'ai l'impression d'être un chat, tant j'en ai vécu des vies... Et effectivement, j'en recommence une énième.

La routine... Au sens large, j'ai l'impression de la chercher. Et le plus souvent, sitôt trouvée cette routine, et bien je l'atomise ! Et pourtant, j'apprécie et ai besoin de mes petites habitudes au quotidien, mais dans l'absolu, aussitôt un objectif atteint, je me projette dans le suivant ! Et cela est fatiguant !

Il n'empêche, j'ai tout de même bien apprécié cette histoire, menée par des personnages sympathiques et enrichissants. Les conseils que donnent Claude à Camille pour égayer le quotidien ne sont pas restés sans écho en moi (après, comme je dis, il faut que cet écho perdure dans le temps !).

Quelques petits exemples  qui m'ont bien plu :

- Faire le chat (là, j'ai des modèles à la maison), soit se contenter "d'être" sans céder à la pression "du faire"

- Remplacer l'empathie mouillée (où l'on absorbe tout), par l'empathie "sèche", donc distancée.

- L'art de ma modélisation : se trouver des modèles célèbres à qui l'on aimerait ressembler et penser qu'on leur ressemble, tenter de copier leur façon d'être. Bon, là, j'ai 2 problèmes. Je ne suis pas sûre que copier quelqu'un soit une bonne idée. Et de l'autre, je ne trouve pas de modèle à qui je voudrais ressembler ! Je voudrais juste être comme ces gens qui s'expriment parfaitement, clairement, posément en public, en faisant preuve d'une mémoire et d'une culture extraordinaire.

Bref, les conseils du routinologue sont disséminés dans l'histoire, mais bonne nouvelle, ils sont listés, résumés et réexpliqués en toute fin du livre.

Et puis, sans spoiler, le peux dire que j'ai vivement apprécié cette notion de transmission... Cette transmission et cette entraide qui à elles seules, ont peut-être une chance un jour, de sauver le monde !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 15 Juillet 2017

 

Roman - Editions Audilob - 17h d'écoute - 21.60 €

 

Parution en Audiolib en 2014

 

L'histoire : C'est l'Histoire, une histoire et des histoires d'après guerre 14-18. Sur le champs de bataille, Edouard a sauvé la vie d'Albert... mais il a perdu son visage, il est donc une gueule cassée. Puis il y a la démobilisation, Albert prend soin d'Edouard et tout deux se font passer pour morts. L'horrible lieutenant Pradel épouse la soeur d'Edouard et se lance dans un commerce très malhonnête.

Pendant ce temps, caché des siens, Edouard met au point une vengeance personnelle, qui avec l'aide d'Albert, peut tout aussi devenir une affaire d'état !

 

 

 

Mon humble avis : Oh là là, quel chef d'oeuvre ! Non franchement, je n'en reviens pas, même si le tapage médiatique et le prix Goncourt obtenu en 2013 présageaient tout de même un roman incontournable. Mais il arrive souvent, à la lecture, de ne pas comprendre la nomination au prestigieux prix... Encore un livre que j'aurais dû lire plutôt, mais il n'est jamais trop tard pour bien faire.

Surtout que je l'ai lu en format audio, et là, aussi, total respect pour la lecture qu'en fait l'auteur lui-même, Pierre Lemaître. Quelle interprétation cadencée, incarnée, accrochante !  Elle donne presque l'impression à l'audio lecteur d'y participer. Je pense qu'elle n'est pas étrangère au formidable succès d'Au revoir là-haut à mes yeux !

Quant au roman lui-même, il est passionnant, captivant et très instructif. Comme j'ai appris sur la fin de la Première Guerre Mondiale, sur la démobilisation qui fut une sacrée pagaille. Les soldats attendant des jours et des semaines pour rentrer chez eux, avec pour seule récompense pour "service rendu à la nation" 50 francs ou une tenue vestimentaire...

J'ai aussi découvert qu'après la guerre, il y eu un énorme chantier national pour déterrer les soldats morts et enterrés à la va-vite, dans l'urgence, pour les inhumer de nouveaux dans les cimetières aux croix bien alignées que l'on voit lorsque l'on visite les sites de cette guerre vers Verdun, dans l'Aisne, dans la Somme...

Evidemment, Au revoir là-haut éclaire aussi beaucoup sur les us et coutumes de l'époque, que ce soit chez les aristocrates, chez les politiques ou les nécessiteux. En fond, il y a la lutte des classes.

Et puis il y a l'aspect très romanesque de l'oeuvre qui rend celle-ci très agréable à lire et non pesante comme peuvent parfois l'être celles estampillées "historiques".

Ce roman est presque construit comme un polar (pas trop étonnant, puisque le thriller était jusqu'à ce livre la terre de prédilection de Pierre Lemaitre). Le suspense est bien présent et l'histoire est régulièrement ponctué de retournements de situation, de rebondissements qui garantissent un rythme qui ne faiblit jamais.

Enfin, il y a les personnages... Magistralement construits. Très attachants pour certains (Notamment Albert, Edouard, Madeleine aussi). Et détestables pour d'autres. Ah, cet affreux Henri Pradel ! Les protagonistes évoluent au cours de l'histoire et leurs courbes d'évolution semblent se croiser...  Les droits et honnêtes le deviennent moins, et les personnages qu'attire que pouvoir et argent se découvrent des sentiments. Mais, bien sûr, il y en a aussi pour qui l'on ne peut rien, ni le lecteur, ni l'auteur, et qui méritent les funestes destins qu'ils se sont dessinés.

Bref, je suis on ne peut plus enchantée par mon audio-lecture d'Au revoir là-haut et bien entendu, si vous n'avez pas encore lu ce livre... et bien vous savez ce qu'il vous reste à faire !

PS : A l'heure où je rédige ce billet, une adaptation ciné est annoncée pour cet été, avec Albert Dupontel dans un des rôles principaux !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 15 Juin 2017

Roman SF - Editions Audilib - 6h d'écoute - 19 €

 

Parution d'origine en 1963

 

L'histoire : Y a-t-il des êtres humains ailleurs que dans notre galaxie ? C'est la question que se posent le professeur Antelle, Arthur Levain, son second, et le journaliste Ulysse Mérou, lorsque, de leur vaisseau spatial, ils observent le paysage d'une planète proche de Bételgeuse : on aperçoit des villes, des routes curieusement semblables à celles de notre Terre. Après s'y être posés, les trois hommes découvrent que la planète est habitée par des singes. Ceux-ci s'emparent d'Ulysse Mérou et se livrent sur lui à des expériences. Il faudra que le journaliste fasse, devant les singes, la preuve de son humanité...

Tentation : La dernière phrase du pitch !

Fournisseur : La bib'

 

 

 

Mon humble avis : Enorme coup de coeur pour ce classique de la littérature française SF !

J'ai pris tellement de claques avec cette histoire que j'en ai encore les joues toutes rouges ! Lol !

Sérieusement, ce roman existe depuis "Ma" nuit des temps et je l'ai toujours boudé... parce qu'en voyant des extraits d'adaptations ciné ou télé, j'ai pensé que l'on avait là une aventure de série B grand spectacle hollywoodien. J'étais loin d'imaginer la portée tant littéraire, humaniste, anthropologique, philosophique de ce chef d'oeuvre, mea culpa !

Heureusement, il y a les livres audio qui m'amènent à me diriger vers d'autres horizons culturels... d'autant plus que la lecture faite par Bernard Gabay est tout simplement excellente.

Impossible dans un petit billet de blog de lister toutes les richesses de ce roman SF, et toutes les réflexions et méditations qu'il provoque dans l'esprit du lecteur.

A travers ce double voyage futuriste, Pierre Boulle, inverse les rôles. Sur Soror, planète en tous points pareille à la Terre, ce sont les singes qui détiennent le pouvoir, l'intelligence, l'écriture, la parole, la science... et les vêtements. Les hommes sont nus, réduits à leur dimension animale et vivent comme des sauvages au fond de la forêt, quand ils ne deviennent pas des cobayes pour la science ou des attractions de zoo. 

Sur Soror, trois races de singes se partagent la planète : les orang-outangs, les gorilles et les chimpanzés... Ce n'est pas sans rappeler les organisations terriennes divisées elles-aussi souvent en trois : le clergé, la noblesse, le tiers état... Ou encore, les blancs, les noirs et les asiatiques... Ce qui est presque "rassurant", c'est que les singes semblent se comporter guerre mieux que les terriens rapport à la tolérance, les préjugés, la distribution des rôles etc. A croire que la connaissance ne conduit pas toujours au mieux...

Bien entendu, personnellement, j'ai vu dans ce roman un manifeste de protection animale en avance sur son temps... Ulysse ne se révolte-t-il pas devant le sort ses compères humains, chassés comme des bêtes, traités cruellement par les singes, emprisonnés dans des cages ou encore, victimes des pires expériences scientifiques. Evidemment, lorsque l'on se met à la place de l'autre, on pense de suite différemment !

Dans cet écrit satirique, Pierre Boulle se penche bien sûr assurément sur la théorie de Darwin, et il explore et critique les sociétés et civilisations humaines qui s'endorment sur leurs lauriers et leurs certitudes mais surtout leur débordant orgueil et se font ainsi remplacer par d'autres.

En fait, la question majeure que pose ce roman est : qu'est-ce qui fait l'animalité ou l'humanité d'un autre et de ce fait, la domination des uns et l'asservissement des autres ?

La planète des singes est pittoresque à souhait. C'est vraiment un récit captivant, fascinant même et diablement profond et intelligent. Et encore, je passe sur toutes les références littéraires ou linguistiques que l'on peut découvrir en cherchant un peu. J'évoque vite fait les réflexions sur la science, la sagesse, le savoir et bien d'autres sujets encore.

Bref, j'ai été bluffé par cette découverte littéraire qui est pour moi un véritable choc jusque dans son double dénouement on ne peut plus inattendu ! Une pure et grandiose révélation ! Je suis juste déçue qu'il n'y ait pas de suite à cette histoire... qui a aussi tout du conte intemporel... et qui, de fait, prend encore tout son sens si on l'applique à notre époque mouvementée... La planète des singes, écrit il y a plus de  50 ans...

 

 « Des hommes raisonnables ? Des hommes détenteurs de la sagesse ? Des hommes inspirés par l’esprit ?... Non ce n’est pas possible ; là, le conteur a passé la mesure. » (Phyllis, presque dernière phrase du roman)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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