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Publié le 12 Avril 2017

Roman - Editions Livre de Poche - 434 pages - 6.60 €

 

Parution d'origine en 1960

L'histoire : Alabama, sud des Etats-Unis, dans les années 1930. Atticus élève seul ses deux enfants, Jem et Scout à Maycomb. Avocat blanc, il est commis d'office pour défendre un noir accusé de viol sur une jeune femme blanche.

 

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

 

 

 

 

Mon humble avis : Et voilà, je me suis plongée dans un grand classique de la littérature américaine, prix Pulitzer 1961 ! Et quelle plongée ! J'ai adoré ce roman. Maintenant, pas facile d'écrire dessus, vu que tout a été dit sur "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" depuis 57 ans ! Et qu'en plus, il est étudié US en classe donc décortiqué par des spécialistes !

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur est paru aux Etats-Unis en 1960, en pleine période de lutte pour les droits civiques des afro-américains. Le roman est clairement un fer de lance antiségrégationniste et peut et doit être lu par tout le monde, depuis l'adolescent jusqu'aux retraités !

Ce roman nous ramène dans le sud des Etats-Unis dans les années 30. Il est intéressant de vivre trois années dans cette bourgade de Maycomb, les us et les coutumes de l'époque. Avec les noirs qui vivent à côté des blancs et non avec. Dans ce coin, les blancs sont des chrétiens "bien-pensants" racistes on ne peut plus primaires.

Trois années...C 'est ce que nous raconte Jean Louise, alias Scout. Autour d'elle, gravite Atticus, son père très intègre, Calpurnia la cuisinière noire qui fait partie de famille, Jem son frère année, Dill le petit voisin qui étrangement n'est là que pour les vacances d'été, les voisins et voisinent qui cancanent pour le meilleur et pour le pire, l'école, le Shérif Tate, le juge Taylor, Boo, le voisin invisible. La jeune Scout, âgée de 7 ans au début de l'histoire, porte un regard ouvert, interrogateur, vivant, tantôt mature tantôt enfantin sur son monde. Toutes les questions de l'enfance y passent dans un régal d'intelligence de la part d'Harper Lee pour le lecteur.

J'ai beaucoup aimé les liens qui l'unissent à son frère, à Calpurnia, mais surtout envers son père, Atticus. L'éducation que celui-ci donne à ses enfants, les dialogues qui en naissent sont en total contre-courant avec l'époque et la région. Fermeté, empathie, bonté et bienveillance, voilà l'environnement de Scout et Jem.

Et puis voilà Atticus, avocat commis d'office pour défendre Tom, noir, accusé du viol d'une jeune blanche. C'est tout le climat de la ville qui change, la peur, les regards, les menaces... Et cela se répercute sur les enfants. Quant au procès, en tant que lectrice, je l'ai lu en apnée, dans un mélange d'admiration pour la plaidoirie d'Atticus et d'effroi devant cette justice rendue par des hommes qui n'osent pas se regarder dans un miroir...

La rythme est assez lent mais il y a comme quelque chose d'envoûtant dans ce roman. Oui, il y a de la magie dedans. Sans doute due au formidable voyage en enfance racontée par Scout, une traversée de l'enfance en fait, car Scout remarque elle-même qu'elle grandit, qu'elle murit et à la fin de l'histoire, après tout ce qu'elle y a vécu, elle sent bien que l'enfance, pour elle est terminée... Sans doute avec la fin brutale de l'innocence, la prise de conscience de la bêtise humaine, des conséquences de l'injustice etc.

Enfin et surtout, c'est l'écriture magnifique, soignée à souhait mais jamais ampoulée, emprunte d'humour d'Harper Lee qui fait aussi le succès mérité de ce roman. Le coup de maître d'Harper Lee est de faire de Scout la narratrice... sauf que lorsqu'elle raconte, Scout n'est plus une enfant. Elle se souvient de ses joies et de ses peurs d'enfants, mais avec un style d'adulte, ce qui permet ainsi un langage qui ne soit pas lassant ni basique, et qui s'adresse à tous.

Je comprends vraiment que le succès de "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" traverse les décennies, car pour ma part, je ne suis pas prête d'oublier de sitôt cette histoire et ses personnages si attachants, qui pour la plus part, gardent bien des mystères, même après le dénouement.

 

PS : A savoir... Il règne autour d'Harper Lee un certain mystère, comme le mystère qui entoure des auteurs comme Salinger. Malgré le succès international de ce premier roman, la romancière mit plus de cinquante ans à en publier un deuxième "Va et poste un sentinelle" en 2015 (que je viens d'acheter !). Elle est décédée l'année dernière, en février 2016.

 

 

 

Chez Antigone

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 28 Mars 2017

La vague par StrasserRoman - Editions Pocket - 153 pages - 6.30 €

 

Parution d'origine en 1981

 

L'histoire : Pour faire comprendre les mécanismes du nazisme à ses élèves, Ben Ross, professeur d'Histoire, crée un mouvement expérimental au slogan fort : " La Force par la Discipline, la Force par la Communauté, la Force par l'Action. " En l'espace de quelques jours, l'atmosphère du paisible lycée californien se transforme en microcosme totalitaire.

 

Tentation : La réputation du livre

Fournisseur : La bib de Cécile

 

 

 

 

 

 

Mon humble avis : Voici un roman captivant que j'ai littéralement dévoré. Fascinant et on ne peut plus inquiétant pourtant, et encore plus lorsque l'on sait que cette histoire est inspirée d'un fait réel qui s'est produit dans un tranquille lycée de Californie en 1969...

Ben Ross est un professeur d'histoire compétant et apprécié de tous, et surtout des élèves, chose assez rare pour le souligner. Il sait capter leur attention et ses cours ne ressemblent à aucun autre cours.

Lors d'une leçon sur les débuts du nazisme en 1934, la 2ème Guerre Mondiale et les camps de la mort, Ben précise à ses élèves qu'à cette époque, seulement 10% de la population allemande appartenait au parti nazi.

- Alors, pourquoi personne n'a essayé de les arrêter ? demande alors un élève.

Ben Ross n'a pas de réponse claire à apporter à ses auditeurs. De ce fait, il crée alors comme un jeu de rôle, qui sera comme une expérience au niveau de sa classe pour faire comprendre à ses élèves le processus nazi. Les mots d'ordre sont force, discipline, communauté, action. Au début, cela amuse tout le monde mais bientôt, le lycée est proche du chaos. 

En effet, les élèves n'ont en rien pris cette expérience comme un jeu, ni ce jeu comme une expérience. Jamais ils ne se sont posé la question de l'objectif de celle-ci, ni de sa finalité. Leur réaction est saisissante, effrayante. Ils se lancent dans ce mouvement expérimental sans réfléchir, abandonnent leur libre arbitre, juste parce que c'est nouveau, que chacun y a un rôle à jouer, que l'on y promet d'égalité, que chacun trouve un certain goût, le prof lui-même, dans l'autorité et le pouvoir. Alors, le mouvement "La vague" prend une ampleur qui dépasse tout le monde, même la poignée d'élèves qui n'y adhèrent pas du tout et se demandent comment faire cesser tout cela.

Les élèves de toutes les classes, par fidélité à "La vague" transforme alors ce lycée en véritable microcosme totalitaire, avec évidemment toutes ses déviances, le rejet de la différence, le racisme, le lynchage, l'intolérance, l'intimidation, la dénonciation, les menaces etc.

Bref, ce roman est effroyable, très rapide à lire car captivant, c'est sûr, mais aussi écrit sobrement, sans fioriture ni détails inutiles. Tout va droit en but, rien n'est enrobé. Mais surtout, La Vague résume parfaitement le mécanisme du totalitarisme et démontre à quel point il est aisé de créer un mouvement populaire fasciste, dans une société en perte de repères ou comme dans ce livre, en recherche de repères, puisque les élèves de Ben Ross ne sont encore que des adolescents.

Ce roman a un peu le même effet sur le lecteur que la chanson de Frédéricks, Goldman et Jones : "Et si j'étais né en 1917 à Leidenstat. Il amène forcément la réflexion suivante : Et moi, qu'aurais-je fait à leur place, aurais-je été victime ou bourreau ? A 16 ans, j'ignore quelle aurait pu être ma réaction, timide, mal dans ma peau et dans ma tête, et déjà victime d'un relatif harcèlement moral de la part de certains de mes congénères... Mais déjà brûlait en moi révolte et colère. Donc je pense qu'à 45 ans, je ne serais ni ni victime, ni bourreau. Car j'ai l'oeil ouvert, l'oreille à l'écoute, et on ne m'embrigade pas. Ce n'est pas par moi que l'Histoire recommencera. Je préfère en baver en respectant mes valeurs morales que de m'en sortir en oubliant mes idéaux.

 

Un roman à lire, de toute urgence !

 

PS : Un film a été également inspiré de ce roman... Film que je n'ai pas vu, mais qu'après en avoir discuté avec des amis, je vous déconseille, car il perd beaucoup du sens du message, déjà en aillant été transposé en Allemagne.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 22 Juillet 2016

Afficher l'image d'origineRoman - Editions Thélème - 8h d'écoute - 21 €

 

Parution d'origine en 2010

 

L'histoire : Passionné de botanique, le jeune Arnljôtur quitte son île natale, laissant son père veuf, son frère jumeau handicapé, et sa fille qu'il n'a pas voulu. Il emporte dans ses bagages quelques boutures de Rosa Candida. Direction : un monastère dans un coin reculé d'Europe qui possède l'une des plus anciennes roseraies au monde. Il sera accueilli par un frère cinéphile et petit à petit, effectuera un voyage qu'il n'imaginait pas.

 

Lu par Guillaume Ravoire

 

Tentation : La blogo, il y a longtemps !

Fournisseur : la bib'

 

 

Mon humble avis : A l'époque de la sortie de Rosa Candida, le monde entier ou presque criait au chef-d'oeuvre et ne tarissait pas d'éloge envers ce roman islandais !

Je serai bien moins enthousiaste, puisque, pour dire vrai, je me suis ennuyée profondément durant les 2 premiers tiers de l'histoire pour évoluer vers un léger intérêt ensuite. Mais rien qui mène à l'extase !

Déjà, la lecture de Guillaume Ravoire est assez monotone et monocorde, sans doute pour rester fidèle à l'atmosphère du roman.

Je n'y ai pas vu la lumière, le côté léger et romantique que d'autres lecteurs y ont trouvé.

Pour moi, Rosa Candida est un roman lisse, un peu à l'image de son personnage principal et de son écriture. L'écriture est certes soignée et pas désagréable, mais plate.

Rosa Candida se veut être un conte initiatique. Conte, oui, un peu, car la grande partie du roman se déroule dans un lieu indéfini, où la population parle un patois en perdition etc. Initiatique, oui aussi. Car c'est l'envol d'un jeune homme loin du carcan de sa famille, de ses habitudes et de son ile. Mais c'est surtout le chemin vers la paternité assumée et choisie qui évoque l'aspect initiatique.

Sur certaines 4ème de couv', il est écrit que le jeune homme est obsédé par les questions du corps, du rapport au corps, de la vie, de la mort. Cela eut peut être intéressant si ces questionnements étaient plus développés. Alors que non, ce ne sont que quelques passages et dialogues très courts, frustrants avec le père Thomas. Dialogues qui n'emmènent même pas le lecteur à l'introspection sur ces matières.

Par contre, les détails futiles sont pléthores et redondants, donc lassant (genre, le nombre de cuillères de fécule à ajouter à une recette etc..).

C'est aussi sans compter l'aspect improbable ici de la croissance d'un bébé petit génie et la fin tellement abrupte, tant dans le ton de lecture que dans l'histoire elle-même, que j'ai paniqué un instant, pensant que je ne possédais pas l'enregistrement en entier.

En fait, tout au long du roman, je me suis demandée où l'auteure voulait m'emmener et j'attendais quelque chose, comme du surnaturel, puisque certains passages s'en approchent, mais non, rien n'est arrivé. Même pas de belles émotions. Non, rien.

Bref, pour moi, la rencontre avec Rosa Candida est manquée. Un livre qui n'ose pas, plat et franchement tiède. Certes, il y a un côté Candide, "il faut cultiver son jardin", mais n'est pas Voltaire qui veut !

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 15 Février 2016

Afficher l'image d'origineRoman - Editions Audiolib - 4h d'écoute - 18 €

 

Parution en Audiolib en 2013. Existe aussi en poche.

 

L'histoire : Début XXème siècle, de jeunes et pures japonnaises embarquent sur un paquebot. Direction l'Amérique et le mariage. Elles ont en effet été choisies sur "catalogue" par des futurs époux dont elles ne connaissent rien, sauf une photo truquée, une profession et un statut social surestimés..

A l'arrivée, c'est la désillusion, l'emprisonnement d'une vie qu'elles n'imaginaient pas, la violence des hommes, l'esclavage dans les champs, le racisme, les efforts pour s'intégrer...

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Sylire, merci pour le prêt !

 

 

Mon humble avis :  Ce roman, magnifiquement lu par la comédienne Irène Jacob, a reçu le prix Fémina Etranger en 2012.

Même s'il est imparfait, "Certaines n'avaient jamais vu la mer" m'a beaucoup plus, ou devrais-je dire pour être plus précise, beaucoup intéressée. 

En effet, il traite d'un fait méconnu, rarement évoqué en littérature comme au cinéma ou dans les livres d'Histoire : L'immigration des japonais aux Etats-Unis. En général, quand on parle de l'immigration outre-Atlantique, il s'agit plutôt de celles des Européens, et notamment des Irlandais. Ou encore, de celle des Mexicains, des Cubains... Cela rend ce court roman particulièrement instructif. 

La narration est originale. En effet, une japonaise narre son histoire mais en usant de la première personne du pluriel : ce "Nous" qui permet de témoigner de son propre vécu, mais aussi de celui de ses paires. Ce "Je" en tant qu'individu devient nous, parce que ces femmes ont été pour la plupart dépossédées de leur identité. Que de même origine, elles ont vécu le même destin mais de façons différentes. Une voix pour toutes les voix, pour toutes les voies.

A plusieurs reprises d'ailleurs, Julie Otsuka énumère, en usant comme d'une longue litanie, les mille et une façons que ces femmes ont vécu les grandes étapes de leur vie. Oui, car il y a mille et une façons de perdre sa virginité (entre la douceur et la violence), d'accoucher (entre le fossé et le lit de soie), de rêver (entre une belle récolte et une vie de luxe), de quitter de force un endroit (sans se retourner, avec des regrets, une valise, les mains vides...) . Ces passages, qui pourraient paraître comme lassant, ont au contraire été pour moi très touchants, prenants, émouvants. Car malgré le "Nous" utilisé par l'auteure, il y a bien mille et une âmes, réactions, désir, désespoirs... Malgré la ressemblance, le monde est bien multiple.

Puis, en cours de narration, le "Nous" reste, mais c'est alors une américaine qui s'exprime en son nom propre et en celui de ces concitoyens. Nous avons donc eu la vision japonaise, puis la vision américaine. Ce qui permet sans doute à l'auteure, Américaine d'origine nippone, d'exprimer et d'explorer ses deux cultures.

J'ai regretté cependant  ce qui m'est paru comme un  saut dans le temps. En effet, à moins que mon attention ait été moindre à un moment donné, nous accompagnons ces femmes aux champs où elles travaillent comme des forcenées pour presque rien. Et quelque temps plus tard, nous les trouvons tenancière d'un hôtel, d'une boutique, avec des enfants étudiants dans de grandes universités. J'aurais aimé suivre le chemin qui les a menées de la pauvreté et la soumission à la propriété et un certain accès à la culture et l'éducation.

Enfin, même si ce roman se déroule il y a plus de 100 ans, il est hélas encore bien actuel. Que ce soit pour les filles de l'Est, d'Asie du sud Est à qui l'on promet une vie de reine au bout du monde pour les mettre sur un trottoir, ou tous ces migrants qui prennent la mer pour entrer en Europe, il y a la désillusion, les sales et basses besognes, la précarité, le racisme, le rejet, la difficile intégration. Sauf que dans ce roman, cela s'achève par la deuxième Guerre Mondiale, qui, aux Etats-Unis, a fait de chaque japonais un espion potentiel, donc un danger pour la sécurité nationale. Là, encore, on n'est pas si loin de notre époque.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 16 Janvier 2016

 

Afficher l'image d'origineRoman - Editions Audiolib - 14h30 d'écoute -  23.30 €

 

Parution en 2010, existe en format poche

 

L'histoire : Qui a tué le richissime et sans scrupule industriel Viky Rai lors de sa garden-party ? Six personnes présentes et possédant une arme sont suspectées ! Une actrice glamour de Bollywood, un texan barré, un jeune indigène, un bureaucrate habité par l'esprit de Gandhi, un gamin qui vit de petits larcins et le père de la victime. Et par derrière, un journaliste qui tente de démêler tout cela.

 

 

 

Tentation : La réputation du roman et de son auteur

Fournisseur : Sylire, merci pour le prêt !

 

 

 

Mon humble avis : Première incursion pour moi dans la littérature indienne.

Me voici bien partagée par ce livre, présenté comme un roman policier, mais qui ne ressemble en presque rien de tel, sauf qu'il y a bien un crime et un coupable. Mais pas réellement d'enquête. Une succession de chapitres qui décrivent la vie de personnages (les suspects) d'origines très différentes et à mes yeux, d'intérêt inégal. Certains de ses personnages se croisent, d'autres non. 

Ce qui fait que par moment, je n'avais plus trop l'impression de "lire" un unique roman, mais juste différentes histoires à peine reliées par l'issue finale, bien surprenante. Seule la situation géographique de l'Inde me confirmait que j'étais bien au coeur d'une seule et même intrigue. Cette narration m'a donc un peu perdue, tout comme la multiplicité des personnages secondaires aux noms improbables et tous similaires pour moi puisqu'indiens ! Qui plus est, j'ai vraiment trouvé ce roman trop long, avec moult détails pas toujours indispensables.

Néanmoins, ce meurtre dans un jardin indien vaut le détour pour son intérêt culturel indéniable ! Vikas Swarup dresse un portrait sans concession de la société indienne très complexe, depuis les castes, les bidonvilles, le cinéma de Bollywood, la justice à deux vitesses, les grands palais, et la corruption inouïe de son gouvernement et de sa police. La découverte et le dépaysement sont garantis !

Le style est très agréable, et certains destins de ces curieux suspects ne laissent pas indifférent. Le texan barré m'a bien fait rire, celui-là pourrait sortir d'un roman complètement loufoque que l'on ne s'en étonnerait pas ! Le pauvre n'est ni gâté ni épargné par l'auteur. L'indigène est émouvant, le jeune des bidonvilles touchant et les désillusions de la star de Bollywood sont assez amusantes, même si peu surprenantes.

Le coup de théâtre final est aussi sympathique qu'inattendu.

Bref, vous l'aurez compris, je suis vraiment partagée par ce roman de bonne qualité. Je pense qu'à mes yeux, son principal défaut est la longueur. Moitié moins long, je l'aurais sans doute apprécié entièrement !

 

 

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L'avis de Sylire

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 16 Décembre 2015

La Vie en sourdine, de David Lodge, lu par Daniel NicodèmeRoman - Editions Audiolib - 11h30 d'écoute - 21.90 €

 

Parution en audiolib en 2009

 

L'histoire : Desmond est un universitaire réputé, spécialiste de la linguistique, à la retraite. Il s'ennuie d'autant plus qu'il souffre de gros problèmes d'ouïe qui l'isolent de plus en plus. Il s'occupe de son père, un Londonnien acariâtre qui s'enfonce inconsciemment dans la sénilité, à moins que ce ne soit Alzeimer. Lors d'un vernissage, il fait la connaissance d'une étudiante américaine qui lui demande de l'aider à rédiger sa thèse. Desmond accepte, sauf qu'il n'a pas entendu un traitre mot de la question. Il n'est donc pas au bout de sa peine, ni des surprises.

 

 

tentation : Le pitch et Sylire

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : Cette lecture /écoute ne m'a pas procuré grand plaisir ni frisson, même si je reconnais qu'elle est loin d'être dénuée d'intérêt et de qualité. Disons que je m'attendais à un livre drôle, hors je n'ai pas ri malgré quelques situations cocasses. En fait, les sujets sont plutôt tragiques, même si David Lodge traite ceux-ci avec une certaine légèreté, un humour assez  british et une autodérision bienvenue.

Il faut savoir que ce roman est hautement autobiographique, c'est d'ailleurs ce qui l'a rendu tout de même intéressant à mes yeux, ou plutôt à mes oreilles. Car La vie en sourdine est un sacré témoignage sur le quotidien des personnes en déficience auditive, sur les obstacles qu'elles rencontrent dans la vie courante et relationnelle. Sans oublier les déboires liés aux prothèses auditives. En ce sens, ce roman est un formidable outil de sensibilisation sur la surdité.

Ensuite, il est aussi sujet de la fin de vie et de l'accompagnement du malade, à savoir ici dans le lien Père/fils. Le ton, jusqu'alors mélancolique joyeux, devient plus sombre et le texte très touchant, mais dur en même temps. Je n'y étais pas préparée, ce n'est pas ce que j'attendais de cette "vie en sourdine".

David Lodge se penche également sur les joies et les peines des familles recomposées, avec ici des enfants déjà adultes, puisque Desmond est grand-père. Est évoqué aussi la différence d'âge dans un couple, surtout qu'ici, elle donne lieu à des rythmes de vie bien différents : Desmond est à la retraite alors que sa femme est encore bien active dans sa boutique de décoration.

La vie en sourdine est très joliment écrit, d'un style très soigné (normal sans doute quand le narrateur est spécialiste en linguistique. Les détails sont foisonnants, sans doute trop pour moi. J'ai trouvé ce récit trop linéaire, trop contemplatif pour le lecteur. Disons qu'il manque un peu d'éclat dans cette histoire qui s'est, au fil du temps, transformée pour moi en litanie... qui me suis "trompée de lecture pour ce moment là".

 

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l'avis de Sylire

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 18 Août 2015

Roman - Editions Pocket - 405 pages - 7.70 €

 

Parution en poche en octobre 2013

 

L'histoire : Sexagénaire retraité menant une vie on ne peut plus morne, Harold Fry semble sans histoire. Un jour, il reçoit une lettre de Queenie, qui lui annonce qu'atteinte d'un cancer, elle n'a plus que quelque temps à vivre. Queenie, c'est une ancienne collègue d'Harold, ils ne se sont pas vus depuis 20 ans... Harold lui répond et part poster sa missive... De boite aux lettres en boite aux lettres, Harold peine à se résoudre à poster cette enveloppe. Et, comme une révélation, il décide de partir à pied sur le champs retrouver Queenie dans son centre de soins palliatifs.... à 800 kilomètres de là.

 

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Ma CB

 

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Mon humble avis : Comme le temps, et même les années passent vite. Je me préparais à dire que j'avais repéré ce titre l'année dernière lors de sa parution et de son tabac. Et bien tout cela remonte déjà à 2012. Hum Hum.

Comme d'habitude, je n'ai pas eu ce à quoi je m'attendais et ce que m'annonçait la 4ème de couv. Je n'ai ni ri ni pleuré. Mais une émotion grandissante au fil de pages, on pourrait dire ici au fil des kilomètres parcourus par Harold, s'est réellement emparée de moi.

Ce roman se lit et s'apprécie comme une très loooongue marche. Il est en fait la propre allégorie de la marche d'Harold. Cela commence lentement, tellement que je ne voulais marcher plus vite, que les découragements d'Harold me lassaient. Plus, lorsque l'on prend le rythme, il y a une espèce d'euphorie qui s'installe, même si cela n'empêche ni les doutes ni les cailloux dans les chaussures (les cailloux étant ici métaphorique, car ce brave Harold se coltinera de sacrés boulets.

Je me suis attachée très fort au personnage d'Harold, alors qu'il m'agaçait au début en s'engageant dans défi sans aucune préparation ni matériel adéquat. Et puis son évolution psychologique autant que physique m'a plu, car l'homme modifiait l'essence même de sa marche au fil des jours et des rencontres qui nous sont racontées. J'ai adoré notamment sa rencontre avec la médecin/femme de ménages slovène. Un moment très fort, d'une grande intelligence qui m'a permis de voir dans l'obstination/aveuglement d'Harold sous un autre angle, et d'ainsi, de vivre pleinement ce roman.

Mais Harold ne serait rien sans Maureen, son épouse depuis 40 ans, avec qui il "partage" un mariage usé jusqu'à la moelle. Maureen subit le départ de son mari en restant à la maison bien propre. Mais la marche de son époux va autant la changer elle qu'elle changera Harold pour le restant de leurs jours.

L'histoire est ponctuée des souvenirs d'Harold et Maureen, souvenirs joyeux mais enfouis sous une épaisse couche de souvenirs douloureux. Même si l'on devine assez vite la nature du fardeau d'Harold, on n'en reste pas moins attaché à savoir comment il va digérer ou du moins accepter celui-ci.

Ce roman est une ode à la marche, à la foi en quelque chose,  à la notion de "voir autrement", à l'ouverture de soi aux autres et à leurs bizarreries, (sachant qu'on est tous le bizarre de quelqu'un), à la relation avec la nature et le juste nécessaire. Rachel Joyce, l'auteur, dénonce également d'une plume non masquée tous ces gens parasites, ces médias et autres qui font de votre défit personnel et intime un événement médiatique qu'ils finissent même par s'approprier, dénaturant ainsi jusqu'à la racine la démarche entreprise.

Mais La lettre qui allait changer le destin d'Harold Fry est avant tout pour moi une puissante leçon de courage, de vie, et surtout, d'Amour. A lire, passionnément !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 19 Juillet 2015

Roman - Editions Seuil - 188 pages - 18 €

 

Parution le 21 août 2014 (rentrée litt sept 2014)

 

L'histoire : Javier Mallarino est le plus célèbre caricaturiste contemporain de Colombie. Une véritable légende vivante qui, armée d'une plume et d'encre, peut faire tomber un députer, faire abroger une loi etc. Il est l'âme du pays, craint par certains, encensé par d'autre. Le pays lui remet une récompense suprême. C'est alors qu'un visage oublié depuis 28 ans réapparaît. Que c'est il passé il y a 28 ans pour que Mallarino soit si chamboulé et remette tout en cause...

 

tentation : Le pitch

Fournisseur : La bib'

 

 

 

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Mon humble avis : Première incursion pour moi dans la littérature Colombienne. La Colombie, pays que je connais très peu, qu'à travers des clichés sans doute éculés.

C'est le pitch qui m'a attirée vers ce livre. Il y est question d'un célèbre caricaturiste et de réflexions autour de cet art qui est aussi un contre-pouvoir. Et comme l'actualité Française de Janvier 2015 a été tristement liée à ce moyen d'expression...

Dans ce roman, le contexte est bien différent. Il n'est point question de terrorisme, et les cibles du caricaturiste semblent plus nationales et politiques. Mais Juan Gabriel Vasquez développe de façon très intéressante la manière d'observer, de travailler de ces hommes à la plume très parlante et efficace. Sur quels traits physiques ou comportementaux un caricaturiste va s'appuyer pour construire son dessin...

Il est évidemment aussi question de sujets bien abordés en janvier dernier lors de l'attentat de Charlie Hebdo. Les conséquences et les répercussions d'un tel métier, notamment sur la vie familiale. Les menaces, la haine, l'adulation, la célébrité. L'intégrité des uns et les réputations des autres, qui se font et se défont au fil des traits d'encre. Le pouvoir, parfois dévastateur ou informatif du dessin et de son auteur, qui est là pour dire la vérité autrement.

La vérité justement, tel est le sujet réel de ce roman. La vérité et la responsabilité individuelle devant cette prétendue veritée. La certitude d'hier qui devient l'incertitude d'aujourd'hui. Ce que l'on pense avoir vu il y a 28 ans, même si "tout le monde était là", était-il la vérité. Mallarino se pose la question alors que resurgit de nulle part celle qui fut la jeune Samantha. Est-ce que le dessin de Mallarino n'a pas influencé et dirigé ce que tout le monde pense avoir vu. Un dessin fait par un seul homme qui devient vérité aux yeux de tous, personne ne le remet en cause, et les conséquences sont dévastatrices. Cette partie là du roman, la 2ème en fait, traite pour moi de la presse en général, et pas de la caricature en particulier. La presse, qu'elle soit quotidienne nationale ou à scandales, qui se fiche bien souvent des frontières entre vie privée et vie publique. Les "lecteurs" qui prennent pour exactes les moindres grands titres ou photos des couvertures.

Vous l'aurez compris, on s'éloigne du sujet précis qui m'avait dirigée vers ce livre. Il n'empêche que Les réputations est un roman très intéressant, une lecture très agréable servi par une plume autant soignée que fluide, et une construction littéraire assez originale, qui oscille entre le Bogota d'il y a 30 ans et le Bogota d'aujourd'hui. Javier Mallarino est un personnage loin d'être lisse, bien creusé et subtil et quelque part, fichtrement attachant et très universel.

En fait, mon plus gros bémol dans cette histoire, c'est la fin, que je n'ai pas aimé. Mais le goût pour certains types de fin (ouvertes, fermées, ni l'une ni l'autre) est on ne peut plus subjectif !

Aussi, je vous conseille chaleureusement de vous pencher sur ses réputations (qui sortiront en poche en septembre ;) )

 

 

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12ème, donc j'atteins mes 2% alors que s'annonce la rentrée littéraire 2015 !

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La Colombie

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 16 Juin 2015

Une vie entre deux océans, de M.L. Stedman, lu par Martin SpinhayerRoman - Editions Audiolib - 12h27 d'écoute - 23.60 €

 

Parution en 2014

 

L'histoire : Après avoir connu les horreurs de la Grande Guerre, Tom Sherbourne revient en Australie. Aspirant à la tranquillité, il accepte un poste de gardien de phare sur l île de Janus, un bout de terre sauvage et reculé. Là, il coule des jours heureux avec sa femme, Isabel. Un bonheur peu à peu contrarié par leurs échecs répétés pour avoir un enfant. Jusqu à ce jour où un canot vient s échouer sur le rivage. À son bord, le cadavre d un homme, ainsi qu un bébé, sain et sauf.

 

Lu par Martin Spinayer

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Sylire, merci pour le prêt !

 

 

 

Mon humble avis : Malgré sa qualité indéniable, ce roman me laisse plutôt mitigée. Peut-être ne suis-je pas le meilleur public pour ce type d'histoire.

Mais cette lecture/écoute m'a paru interminable. Bien des longueurs auraient pu être évitées, même si celles ci permettent de rendre compte du temps qui passe lentement sur une île dont les seuls habitants sont le couple gardien de phare.

Autre bémol pour moi, l'interprétation de Martin Spinayer. Elle est nickelle dans la narration, les dialogues entre personnages masculins. Mais cela "déraille", c'est le cas de le dire quand il interprête les voix de femmes, de grand-mère ou de petite fille. On a alors la désagréable impression d'écouter un adolescent en pleine mue et en colère !

Mais si je passe outre mes bémols, je reconnais sans peine qu' Une vie entre deux océans est un roman très intéressant et bien ficelé.

Les personnages sont attachants, bien creusés. Tom Sherbourne, le personnage centrale, reviens de la guerre des tranchées. Même si celle-ci fut mondiale, j'ignorais que des soldats australiens y avaient participé. Il ne se remettra jamais tout à fait de cet enfer.

Les véritables sujets de cette oeuvre sont la limite parfois infime entre le bien et le mal, les conséquences de nos actes (même si justifiés) sur les autres. On peut être responsable mais si peu coupable en même temps, même si c'est la culpabilité qui nous ronge. Mais surtout, quelle maternité doit prédominer : la maternité biologique ou la maternité d'adoption, de coeur, d'éducation. J'avoue avoir peiner à trouver la réponse à cette question durant toute cette histoire, sauf à la fin, puisqu'à la fin... Stop je ne vous le dirais pas !

A noter aussi qu'une vie entre deux océans est aussi une histoire d'amour puissante, malgré le tiraillement de Tom Sherbourne. Et une chouette incursion dans l'Australie des années 20. Et puis rassurez vous, la deuxième partie est bien plus haletante que la première et l'histoire devient poignante. Notre coeur se sert, on tremble et on ne sait ce que l'on souhaite pour la jeune enfant, que deux mères se déchirent.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 16 Mai 2015

Le Voyage dans le passé, de Stefan Zweig, lu par Thibault Montalembert (de)Roman - Editions Audiolib - 1h50 d'écoute - 13.20 €

 

Parution en Audiolib en 2009

 

L'histoire : Un homme et une femme se retrouvent sur un quai de gare, neuf ans après s'être aimés passionnément. S'aimeront-ils encore ou l'usure du temps aura-t-elle fait son travail d'érosion ?

 

Tentation : Un petit Zweig ne se refuse pas !

Fournisseur : La bib'

 

 

 

Lu par Thibault de Montalembert

 

 

 

Mon humble avis : Deux excellentes raisons de se précipiter vers cette version audio de ce voyage dans le passé... L'interprêtation magistrale de Thibault de Montalembert. La passion qu'il met dans les passages en nécessitant est tout simplement frissonnante, donne par moment la chaire de poule, comprime le coeur et c'est tout juste si la respiration du lecteur n'accélère pas en même temps que sa lecture passionnée !

La deuxième raison est Zweig lui même, qui n'a pas son pareil pour décrire les affres de la passion amoureuse. Les mots semblent tellement choisis, l'écriture est si élégante que l'on ne peut être que saisi par ce tourbillon tant amoureux que littéraire.

Ici, c'est la vulnérabilité de l'amour face au temps le véritable sujet de cette courte histoire. Le livre s'ouvre sur des retrouvailles d'un homme et d'une femme sur un quai de gare. Ils s'étaient aimés platoniquement mais passionnément il y a 9 ans, jusqu'à ce que l'homme soit envoyé pour une mission de 2 ans au Mexique. Avant son départ, elle avait promis de se donner à lui à son retour. Mais durant le séjour Mexicain, la 2ème Guerre Mondiale a explosé, prolongeant celui ci de 7 années supplémentaires.

Il y a donc 2 voyages dans le passé dans ce texte. L'aspect flash-back qui nous explique le pourquoi de ces retrouvailles sur un quai de gare. Puis le voyage dans le passé qu'effectue, au présent, les deux personnages, en sillonnant les lieux marquants de leur passion, certains ainsi qu'ils y remplongeraient, avant de dire : "tu te souviens".... Ce "tu te souviens" marque bien l'usure du temps. En neuf ans, tout change, en commençant par les cheveux qui grisonnent,

Maintenant, j'ai trouvé que ce court roman répétait un peu ce que j'ai déjà lu de l'auteur et la fin m'a semblait vraiment trop abrupte, comme si l'auteur avait oublié de conclure cette histoire.

Il n'en reste pas moins le plaisir de se laisser bercer par le style unique et gracieux de Stefan Zweig !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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