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Publié le 27 Août 2017

Récit de voyage - Editions Flammarion - 460 pages - 18 €

 

Parution en mai 2017

 

Le sujet : Marine n'a que 21 ans lorsqu'on lui diagnostique une sclérose en plaque, une SEP... Tout d'abord l'effroi, puis l'abattement, les questions : traitements ou non... Mais très vite, la vraie Marine refait surface. Non, la maladie ne l'empêchera pas d'être l'étudiante dynamique que tout le monde connait. Elle ira même plus loin, très loin : elle se donne huit mois pour apprivoiser sa maladie, tant physiquement, que psychologiquement, que spirituellement. Pour cela, trois destinations idéales qu'elle parcourra à sac à dos : La Nouvelle Zélande, la Birmanie et la Mongolie !

 

Tentation : Le sujet, évidemment !

Fournisseur : Silvana de Flammarion, merci pour l'envoi !

 

 

Mon humble avis : Pour une fois, mon humble avis n'est pas terminé, puisque je n'ai pas encore achevé ce livre. J'en ai lu un tiers, avant de me rendre compte que Seper Hero ne correspondait pas, à les yeux, à une lecture estivale, sur la plage, avec du monde et des enfants autour. Et que c'est donc à l'automne ou cet hiver, posée, pelotonnée et concentrée dans mon canapé, que je serai prête et ouverte pour suivre les aventures de Marine, m'y fondre, l'accompagner dans chaque geste ou chaque méditation, réflexion, tant sur elle-même que sur la nature qui l'entoure, les gens qu'elle rencontre etc... Et puis ce livre est épais, écrit assez petit, donc ce n'est pas le genre de lecture qu'on boucle "vite fait bien fait" en étant toujours par monts et par vaux en cette période estivale.

Mais j'évoque tout de même ce récit de voyage maintenant, car l'ayant reçu en service presse, je mets toujours un point d'honneur à publier un billet dans un délai respectueux de l'actualité de l'ouvrage.

Mais déjà, je peux vous dire qu'au-delà d'un récit de voyage, Seper Hero semble être une formidable et extraordinaire leçon de vie. C'est évidemment un parcours initiatique sur lequel s'engage Marine, mais avec un passager en plus, un passager que l'on ne choisit pas, que la vie vous impose dans un mauvais hasard. Ici, il s'agit de la Sclérose En Plaque, mais cela est valable pour toute maladie globalement incurable, évolutive et handicapante.

Dans les premières pages, nous assistons à l'apparition des symptômes, puis au diagnostic, qui laisse Marine et son entourage sans voix, abasourdi, comme dans une torpeur. Puis Marine décide de se battre et entreprend le parcours infernal des différents cabinets médicaux qui se contredisent tous... Réaction de Marine : Partir !

Et nous voilà à l'autre bout de la terre, en Nouvelle Zélande. Rencontres, camping, trouilles, stop, randos, joies, fatigues, efforts, dépassements de soi, grimpettes, repos, découvertes, rires, blues, émerveillements devant l'immensité et la beauté de la nature. Voilà ce que Marine nous propose de partager et de vivre avec elle. En Nouvelle Zélande, Marine veut redécouvrir son corps.

Je me suis arrêtée à la fin du séjour Néo-zélandais de Marine. M'attends la Birmanie, où Marine secouera son esprit puis la Mongolie, où elle rencontrera son âme, celle qui porte notre mémoire. Donc un savoureux programme pour mon automne.

Aucun pathos ni lamentation dans ce livre. Au contraire, Marine dégage une énergie et un peps rares et contagieux ! De chouettes photos d'une Marine on ne peut plus souriante accompagne le récit ! Mon seul petit bémol à l'heure actuelle, c'est que j'ai trouvé quelques longueurs et répétitions. Mais peut-être sont-elles dues à mon mode et environnement de lecture estival.

Donc bien sûr, je vous encourage chaleureusement à entreprendre ce voyage avec Marine Barnérias et je reviens compléter ou modifier ce billet dans quelques semaines !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #récits ou romans de voyages

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Publié le 7 Juin 2017

Récit de voyage - Editions Livre de Poche - 236 pages - 6.60 €

 

Parution d'origine en 2005

L'histoire : Le narrateur, après des déboires professionnels, prend une retraite cathodique, principalement occupée par la télé. La conclusion ne se fait pas attendre bien longtemps : "La télé ne rend pas seulement con, elle rend surtout malheureux". Alors, il bazarde sa télé, vend son sofa et s'achète un billet d'avion : direction le Mexique, le Guatemala, les USA, Cuba, le Bélize... le tout avec un sac à dos et une guitare. Là-bas, l'attendent mille et une rencontres toutes différentes, allant des travellers égarés, aux chamans foireux, aux zapatistes jusqu'aux stars d'Hollywood !

 

Tentation : Le sujet et mes précédentes lectures de l'auteur.

Fournisseur : Ma PAL !

 

 

 

 

Mon humble avis : De Julien-Blanc Gras, je m'étais régalée de son hilarant livre "Touriste" et de son aussi drôle que grave "Paradis (avant liquidation).

Alors me voici plongée dans ce qui semble le premier livre publié de Julien Blanc-Gras et qui en toute fin, annonce bien-sûr les suivants. Les suivants qui sont, à mon goût, plus aboutis, plus intéressants. Mais normal, dans Gringoland, Julien Blanc-Gras est plus jeune, réalise un voyage à la "djeuns", un voyage bien revendiqué comme sans but précis, sauf celui de voir si un autre monde est possible.

On retrouve dans Gringoland la plume inégalable de l'auteur ! Inégalable dans sa causticité, son ironie, son humour dévastateur, son autodérision, sa franchise, son impertinence, sa tendresse et la dérision quasi-continue. De ce côté-là, évidemment, on se délecte !

On apprécie énormément son oeil averti, toujours grand ouvert sur un monde qui bien souvent le dépasse, et qui donne lieu à des descriptions, des analyses intéressantes (mais jamais gavantes) sur les lieux traversés, les façons de vivre des habitants, les problèmes géopolitiques, la société de consommation, le tourisme... Bref, des constats sur les différences qui habitent le monde, et une tentative de les comprendre et de les expliquer au mieux. Sans non plus ordonner des réponses, mais plutôt en s'interrogeant.

Maintenant, là où ce livre m'a moins captivée que les autres, c'est sur les rencontres et les amitiés qui parsèment le voyage de l'auteur et qui sont narrées souvent avec moult détails. Et ces rencontres, mis à part avec quelques autochtones, sont plutôt déprimantes. A savoir que sur sa route, Julien Blanc-Gras ne semble n'avoir pas croisé de "personne normale" si tant est que la réel normalité existe et est souhaitable. A savoir que les routards croisés par Julien Blanc-Gras sont tous ou presque des marginaux, des camés qui finissent pas atteindre le point de non-retour, des dealers, des nymphomanes... Une palanquée d'utopistes, à la recherche d'un idéal mais qui tombent dans la caricature d'une certaine superficialité au final. Aucun de ses personnages n'apporte un récit lumineux (sans artifice) du voyage, d'une expérience extraordinaire sans stupéfiants. Bref, une belle brochette de glandeurs qui au final, s'intéresse beaucoup plus à l'accès facile à la défonce mexicaine qu'à la culture réelle du pays. Bref, on a l'impression de vivre au milieu des désabusés. Cela m'a déçue et m'a paru longuet. Dommage, mais reste cette plume et cet humour dont on ne se lasse pas !

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 27 Avril 2017

Récit de Voyages - Editions du Trésor - 218 pages - 17 €

 

Parution le 9 mars 2017

 

Le sujet : Ce sont des chroniques de montagne, venues des plus lointains au plus proches souvenirs de Jean-Michel Asselin. Vous saurez tout ou presque sur les alpinistes des plus hauts sommets du monde, depuis les banalités de leur quotidien, en passant par leurs contradictions, leurs peurs, leurs émerveillements... Et sur ce curieux concept qu'est le bonheur en montagne...

Vous ne le saviez pas, mais oui, l'on peut rater un sommet à cause d'une chaussette !

 

Tentation : Voir plus bas dans mon avis

Fournisseur : Ma CB !

 

 

 

 

 

Mon humble avis : Jean-Michel Asselin, je l'ai rencontré il y a dix-sept ans (déjà !), dans son environnement préféré : les montagnes Népalaises ! Nous avons passé 10 jours ensemble. L'objectif, le Camp de Base de l'Annapurna. A l'époque, nous étions 10 agents de voyages Nouvelles-Frontières à avoir gagné ce trek après moult sélections : quizz culture-rando, chiffre d'affaire ventes de voyages rando et course d'orientation à Chamonix ! Je faisais fièrement partie des 10 finalistes sur plus de 200 participants. Lors de ce voyage collectif, nous accompagnait un cameraman et un journaliste montagne : Jean-Michel Asselin ! Voilà, pour la petite histoire !

Alors, on ne vit pas au sommet, bien sûr, parce qu'il faut redescendre ! Par ce que la vie n'est pas vivable là-haut, et puis qu'un sommet n'est gagné que si l'on en redescend vivant !

Dans ces pages, Jean-Michel Asselin nous emmène sur les sommets, et dans les vallées des 4 coins du monde. Mais ce n'est un secret pour personne, ses montagnes "soeurs", ce sont celles de l'Himalaya au Népal/Tibet et notamment, l'Everest. L'Everest qui s'est toujours refusé à lui, malgré plusieurs tentatives. Dont une dernière avortée à 100 mètres de l'arrivée... je sais pourquoi, il me l'a raconté : ses yeux commençaient à geler.

Quatre coins du monde et quatre parties dans cet ouvrage. Les (Més)aventures himalayennes, les cimes des quatre coins du monde, petites considérations philosophiques au sommet puis dans un genre différent, car point d'escalade, les paysages libres de la Palestine.

Toutes ces chroniques forment des chapitres très courts, très agréables à lire, divertissants, instructifs. Elles sont tantôt anecdotiques, amusantes, tantôt propices à la réflexion et l'introspection, tantôt tragiques, tantôt techniques. Nul besoin d'être fana de montagnes ou tête brûlée pour les apprécier. Non, il faut juste envie de découvrir un homme, l'auteur, ce qui le constitue. Un homme mais aussi des hommes (et femmes), tant dans cet univers les rencontres sont nombreuses et les amitiés à la vie à la mort. Chacun pourra savourer cette "plongée" dans les hauteurs... Soit pour y retourner confortablement installé dans son canap' et se remémorer des souvenirs, soit parce cela paraît pour la plupart un monde inatteignable, mystérieux, fou...

Quoiqu'il en soit, ces pages permettent d'appréhender ses hommes et femmes qui passent le plus clair de leur vie accrochés à des piolets, et qui parfois, font l'Histoire : en ouvrant une nouvelle voie, en atteignant un sommet jamais gravi, en nommant un sommet (et oui, en vrai, l'Everest ne s'est pas toujours appelé ainsi !). Quelles sont leurs peurs, leur motivation; leur quotidien là-haut ou en bas, dans la vraie vie. Comment fait-on l'amour à 7 000 mètres d'altitude et par moins X degrés, le yéti existe-il, que mange-t-on au sommet, la reconversion des alpinistes, les trésors historiques inexploités de Palestine, pour cause d'occupation par les colonies, le choix de la survie, donc de l'échec, les succès, les grands et les petits bonheurs des amoureux de la verticalité !

Voilà tout ce que vous apprendrez ou vivrez en lisant "On ne vit pas au Sommet", même si ma petite liste est loin d'être exhaustive !

Et si vous vous demandez quelle est la montagne la plus belle du monde, la réponse est simple : celle que vous êtes en train de grimper ! Il va s'en dire que la montagne est un symbole et une métaphore par excellence. Une "montagne" peut-être une aventure, une décision, un amour, un travail, une passion quelle qu'elle soit, une naissance, un projet, une épreuve. Bref, tout ce qui fait grimper/grandir, qui demande un effort, un investissement de soi et qui comporte une notion de succès, d'aboutissement. La plus belle montagne, celle que l'on est en train de grimper, c'est aussi et surtout le présent. Profiter du présent, en usant des leçons du passé. Voilà la leçon de la montagne !

 

 

Levé de soleil sur l'Annapurna I en décembre 2005

Levé de soleil sur l'Annapurna I en décembre 2005

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 16 Mars 2017

9782266165440: Paris-Saigon : 16 000 km en 2CV dans l'esprit de Larigaudie

Récit de voyage - Editions Pocket - 342 pages - 7.00€

 

Parution d'origine en 2005

Le sujet : En 2003, deux jeunes amis français décident de rejoindre Saigon au Vietnam depuis Paris. Mais pas par n'importe quel moyen : en 2 CV. Leur deuche, surnommée Bucéphale, les conduira jusqu'au bout, au fil de multiples aventures, rencontres, pannes mécaniques etc.

Edouard Cortès et Jean-Baptiste Flichy roulent ainsi dans les traces de leur mentor : Guy Larigaudie, qui dans les années trente, effectua le même voyage avec son compagnon Pierre Drapier.

 

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL !

 

 

 

Mon humble avis : Le titre complet de ce récit de voyage est : Paris-Saigon, 16000 km de nos jours en 2 CV dans l'esprit de Larigaudie !

En pénétrant dans ce livre, je pensais franchement être plus embarquée que cela et achever la lecture en peu de temps. 

Mais en fait, ce n'est pas le genre d'écrit que l'on peut réellement dévorer à vitesse grand V car il est très dense dans son contenu. Forcément, il est très riche (sans être assommant !) de détails culturels et/ou historiques des pays traversés et si l'on veut s'imprégner de tout cela, il faut prendre son temps. Un peu comme lors d'un vrai voyage que l'on effectue soi-même d'ailleurs.

Néanmoins, je me suis par moment enlisée dans certaines longueurs ou répétitions, notamment dans le ressenti des deux garçons. Et pour être honnête, l'écriture est un peu académique, ce qui ne se révèle pas très entraînant pour le lecteur.

Il n'empêche, l'aventure entreprise par ces deux jeunes est superbe et passionnante. Je l'ai lue avec envie. J'aurais aimé, à une époque, vivre ce genre d'expérience. Avec eux, nous traversons l'Allemagne, l'Autriche, la Hongrie, la Roumanie, la Turquie, l'Iran, l'Afghanistan, le Pakistan, l'Inde, le Bangladesh, la Thaïlande et enfin, le Vietnam. Les rigidités douanières ne leur permettront pas de passer par le Myanmar.

Au fil de leur route, Edouard et Jean-Baptiste partagent avec nous leurs étonnements, leurs observations, leurs anecdotes, les pannes mécaniques, leur découragement, leurs joies, les mille et une rencontres qui ponctuent leur aventure, rencontres bouleversantes ou cocasses, avec des personnages haut en couleur, riches ou très pauvres. Ce qui ressort de ce texte, c'évidemment l'incroyable hospitalité des populations musulmanes, hindouistes ou bouddhistes. Dans toutes ces contrées traversées, nos deux voyageurs sont accueillis, hébergés etc. souvent par des gens très pauvres. Mais aussi par des plus riches (pas vraiment "catholiques" !), qui portent une arme à la ceinture pour protéger leurs hôtes ! L'occident aurait tant de leçons à apprendre de l'orient... L'occident où l'étranger est par nature première suspect...

Certaines régions traversées sont aussi en proie des tensions tribales, du trafic de substances illicites. D'autres (ou les mêmes) se relèvent doucement mais sûrement de décennies de guerre.

Evidemment, ce récit est aussi propice à d'intéressantes et profondes réflexions sur le voyage, les compagnons de voyage, l'ouverture d'esprit, la réalisation des rêves, les différences socioculturelles, le confort, et le voyage intérieur, concomitant à toutes aventures de ce style.

Enfin et bien sûr,  ce récit est une véritable déclaration d'amour à la 2 CV, un magnifique hommage à la mythique voiture !

Une lecture que je ne regrette pas, même si je l'aurais souhaitée plus prenante, plus exaltante quelque part !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 27 Août 2015

Récit - Editions Albin Michel - 183 pages - 16 €

 

Parution le 2 septembre 2015 - Rentrée Littéraire

 

L'histoire : L'année de ses 28 ans, Eric Emmanuel Schmitt n'est pas encore l'auteur que l'on connait, mais philosophe et enseignant en cette matière. Il s'engage avec un ami dans un voyage dans le sahara. Ceci, dans le but de repérer les lieux pour le tournage prochain d'un film sur Charles de Foucault. Au cours de se périple, Eric Emmanuel s'égare seul dans le désert pendant 24 heures. L'athée qu'il était alors ne sera plus jamais le même. Il a une révélation. Désormais, "il ne sait pas si Dieu existe mais il y croit"

 

 

Tentation : Le pitch, la couv, le lieu, l'auteur !

Fournisseur : Gilles Paris, Merci pour l'envoi.

 

 

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Mon humble avis : Si le désert vous laisse de glace, si votre esprit est fermé au point que tout questionnement et discussion ouverte autour de l'existence de Dieu vous agace, j'ignore si ce livre vous plaira. En cas contraire, je n'en n'ai aucun doute !

Eric Emmanuel Schmitt met son âme à nu dans cette nuit de feu. Avec humilité, enthousiasme, simplicité, honnêteté. Il nous narre son voyage au coeur du Hoggar Algérien avec un groupe de 10 personnes menées par un Touareg. Entre les paysages grandioses et infinis, le froid glacial de la nuit, le rythme lent des dromadaires, la majestuosité et la sagesse targui; l'étroitesse de certains occidentaux, nous retrouvons la plume délicieuse et jamais prétentieuse d'Eric Emmanuel Schmitt : De la poésie, des réflexions, des passages philosophiques et d'autres plus cocasses. 

Il est question ici de la découverte et de l'acceptation de la foi et non d'une conversion à une religion quelconque. C'est sans doute ce qui m'a plu aussi dans ce livre, qui ne laisse pas la place au prosélytisme. Même si Schmitt témoigne et espère transmettre sa confiance, il avoue en épilogue qu'il ne se fait guère d'illusion à ce sujet.

D'ailleurs, le chapitre de "la révélation" est le seul que ne m'ait pas convaincu ! Pourquoi donc ? Je vais d'abord répondre avec les mots d'Eric Emmanuel Schmitt :

"Face au questionnement sur l'existence de Dieu, se présentent 3 types d'individus honnêtes, le croyant qui dit "je ne sais pas mais je crois que oui", l'athée qui dit "je ne sais pas mais je crois que non" et l'indifférent qui dit "je ne sais pas et je m'en moque". L'escroquerie commence dans l'affirmation: je sais que Dieu existe/je sais que Dieu n'existe pas".

Je suis à mi-chemin entre le 2ème et le 3ème type car rien ne me prouve que Dieu n'existe pas mais de toute façon, peu m'importe. Je n'ai pas vécu Dieu, j'ai vécu la religion, la religion tellement obligation qu'elle ne permet pas la réflexion intime et personnelle de Dieu ou peu importe le nom qu'on lui donne. Et de toute façon, je déteste ce que les religions monothéistes font de Dieu s'il existe, leur façon de se l'accaparer, de l'imposer, de l'interpréter et d'établir des lois là où il ne devrait y avoir que liberté personnelle.

"Les amis de Dieu restent ceux qui Le cherchent, pas ceux qui parlent à Sa place et prétendent L'avoir trouvé. ...Les certitudes ne créent que des cadavres"

Alors, que l'on soit croyant ou athée, ce livre est un formidable accompagnateur de réflexions individuelles ; sur nos croyances, leur pourquoi et leur comment, sur nos importances, sur nos rapport à l'autre, au temps, à la nature, au ciel étoilé, à l'infiniment grand, au dénuement, à nous même. Cette nuit de feu est aussi un livre de sage qui prône l'union, le respect, la tolérance. Très actuel à une époque ou comme par le passé, les religions séparent le monde plutôt que de l'unir.

"Nous devons reconnaitre et cultiver notre ignorance. L'humaniste pacifique coûte ce prix là. Tous, nous ne sommes frères qu'en ignorance, pas en croyance. Ce ne sera qu'au nom de l'ignorance partagée que nous tolérerons les croyances qui nous séparent."

And last but not the least pour moi, même first dans l'absolu... L'Algérie, le Hoggar, Tamanrasset, l'Ermitage du Père de Foucault, l'Assekrem, le sable, les dunes, les ergs, les regs, les oueds à sec, les petites plantes rachitiques, le feu de camps allumé par les Touaregs,  la galette de pain des Touaregs, les bivouacs, le soleil, la nuit froide, le ciel étoilé dépollué de tout éclairage artificiel, le vide à l'infini mais le paysage qui change constamment. Tout cela je l'ai vécu il y a exactement 10 ans, au même endroit, lors d'une randonnée d'une semaine dans cette majestueuse et splendide région du monde. Alors Monsieur Schmitt, merci de m'avoir permis de marcher dans vos pas, sur mes propres pas, dans mes souvenirs, d'avoir accueilli le désert et sa magie dans ma chambre !

 

logo challenge rentree litteraire 2015

 

Alors, en cadeau pour vous, si vous manquez d'image durant votre lecture...

Lever de soleil depuis l'Ermitage du Père de Foucault.

Lever de soleil depuis l'Ermitage du Père de Foucault.

LA NUIT DE FEU, d'Eric Emmanuel SCHMITT
LA NUIT DE FEU, d'Eric Emmanuel SCHMITT
LA NUIT DE FEU, d'Eric Emmanuel SCHMITT
LA NUIT DE FEU, d'Eric Emmanuel SCHMITT

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 16 Novembre 2014

COMPOSTELLE MALGRE MOI

 

Récit de voyage - Editions Audiolib - 6h d'écoute -20.90 €

 

Parution en livre audio en août 2013

 

Le sujet : Jean-Christophe Rufin ne connaissait presque rien du Chemin de Compostelle avant de s'y engager. Depuis les préparatifs jusqu'à l'arrivée bien méritée 800 kilomètres plus loin, nous suivons les perigrinations de l'auteur, au fil des paysages, des rencontres et des pensées intérieures.

 

Tentation : Le sujet

Fournisseur : Sylire, merci ;)

 

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Mon humbles avis : Sa "credential" en poche, sa "mochila" sur le dos (sac des pélerins) Jean-Christophe Ruffin s'engage, depuis Hendaye, sur le chemin de Compostelle. Il devient ainsi un Jacquet (nom des pélerins de Compostelle), et choisit le chemin du Nord, par les montagnes. Plus dur, mais moins fréquenté, donc quelque part plus propice à l'isolement.

Ce récit de voyage est écrit à postériori, l'auteur n'ayant pas pris de note au fil de sa marche. Et ce récit, il est franchement savoureux, jamais rébarbatif, parfois drôle. L'humour et l'autodérision s'invitent pleinement dans la plume très agréable de Rufin. Il n'y est pas question de prière à chaque page, d'ailleurs, je ne me souviens pas que le romancier y évoque une seule prière, n'étant pas un fervant catholique lui même. Non. Ce sont les émerveillements, les rencontres diverses, variées, enrichissantes, touchantes, étonnantes ou comiques qui marquent avant tout ce livre. Aucun prosélytisme en vue, bien au contraire.

Immortelle Randonnée aurait pu être sous-titré : Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le chemin de Compostelle sans jamais oser le demander ! Depuis les gites d'étapes, aux chaussettes qui sèchent, en passant par la radinerie des pélerins, les kilomètres avalés sur du bitume en bord d'autoroutes, les explications historiques, la fatigue, le découragement, la clochardisation du pélerin, j'en passe et des meilleurs. Ruffin croque moult portraits de Jacquets car aucuns ne se ressemblent, depuis leurs motivations jusqu'à leur comportement. Il y a celui qui a parcourru plusieurs fois le Chemin, celui qui le commence à 30 km de St Jacques sur une route soudain surpeuplée, ceux qui le font en bus en s'arrêtant uniquement sur les lieux incontournables.

Mais surtout, il y a ces moments de grâce, de révélation sprirituelle, de transformation de soi, tant intérieure qu'extérieure, de communion avec la nature, avec soi même, de dépouillement, de réflexion, de méditation, qui en font même oublier la réponse à la question que l'on imagine principale : Pourquoi suis-je partie sur le Chemin de Compostelle ?

Par contre, ce récit permet de faire une pause dans les fastes de la vie et de se reposer la question : quel est mon Essentiel ? Et dans "essentiel", il y a essence, ce qui nous fait marcher et avancer.

A mon humble avis, cette Immortelle randonnée est à lire, et à relire sans modération !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 10 Juillet 2014

Récit - Editions Livre de Poche - 188 pages -6.10 €

 

Parution d'origine : Mai 2013

 

Le sujet : Il y a des pays en voie de développement, et d'autres, en voie de disparition. C'est le cas des Kiribati, archipel perdu au milieu de l'océan Pacifique. Vu d'avion, c'est le paradis. Au niveau de la mer, c'est une autre histoire. Car le niveau de la mer dépasse bientôt celui des terres. Aussi, c'est l'engloutissement d'une nation qui est annoncée à plus ou moins long terme. Sur ces iles, il y a bien sûr des hommes, des femmes et enfants qui seront sans doute les premiers sur terre à bénéficier du statut de réfugiers climatiques. Oui, c'est tout un pays qui devra déménager.

Julien Blanc-Gras, journaliste écrivain, a passé plusieurs semaines sur l'archipel. Il observe, rencontre et raconte avec la plume qui est la sienne !

 

Tentation : Le sujet et ma lecture de Touriste, du même auteur

Fournisseur : Ma CB aux Etonnants Voyageurs St Malo

 

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Mon humble avis : Je ne sais par quel bout commencer ce billet tant ce livre est dense et riche. Oui, c'est un livre sur fond d'écologie, mais jamais dans le pathos ni la leçon de morale, et ce comme le montre la couverture. Oui, Julien Blanc-Gras nous parle d'une catastrophe annoncée et bien avancée aussi, une catastrophe on ne peut plus réelle et palbable. La montée des eaux salées et de ce fait, la disparition progressive de certaines iles atoliennes, notamment, les Kiribati.

Avec la plume, l'humour, l'ironie, la verve, la fantaisie, l'autodérision et la malice de l'auteur, ce récit, qui aurait pu être plombant sous n'importe qu'elle autre plume, donne plutôt l'effet d'un bol d'air frais, malgré la chaleur tropicale, presque équatoriale, on ne peut plus écrasante qui règne au fil des pages.

Julien Blanc-Gras est dans le constat. Pour cela, il observe, compare, écoute, rencontre les I.Kiribati, les habitants. Depuis l'ancien Président jusqu'au simple pêcheur, en passant par l'ex religieuse devenue combattante climatique ou le rappeur local. Ses rencontres sont tour à tour émouvantes, pittoresques, enrichissantes, étonnantes, drolissimes et toujours variées. Point de grands discours et de statistiques. Quelques données scientifiques oui, il en faut bien pour expliquer ce qui se passe. Mais tout est dit sur un ton qui nous fait ouvrir grand les yeux et point nous endormir de lassitude.

Julien Blanc-Gras pointe le doigt sur les paradoxes mondiaux et locaux. Tarawa, la capitale de l'archipel est une des cités du monde à la densité de la population la plus élevée. Et pourtant, c'est aussi la ville la plus isolée de la planète. L'Etat Kiribati élabore des projets pharaonesques pour sauvegarder l'ile des eaux, mais en même temps, avec le rythme tropical, il faut 6 mois pour réparer un ordinateur. Les habitants construisent sans relâche des digues de fortune alors que des Nations fortunées et très pollueuses ne sentiraient même pas l'allègement financier de quelques millions  de dollars nécessaires pour protéger durablement l'archipel. Durablement ? Rien n'est moins sûr en même temps. Le problème devrait être traité sérieusement à la source, chez nous en occident, mais aussi aux Etats-Unis ou en Inde. Mais chaque sommet mondial pour le climat se referme sur un goût d'échec.

Les îles Kiribati, ce sont des atolls, des lagons bleus avec une eau à 29° toute l'année. Mais aussi une des populations les plus pauvres de la planète. Peu de sanitaires ou de tout à l'égoût. Alors, les besoins grosses commissions, c'est sur la plage que ça se passe, plage recouverte à chaque marée qui emporte les déjections humaines. Il en résulte une eau polluée à souhait, pas baignables pour un touriste, malgré le bleu carte postale. Et, alors que, par définition, ces îles sont entourées d'eau, c'est du poisson importé que l'on consomme sur place. Quand la partie maternité de l'hôpital déborde de nouveaux-nés, on place ces derniers là où il reste de la place, même si c'est dans le pavillon des tuberculeux...

Les Kiribati, c'est aussi des ministères où l'on travaille pieds nus, et des hommes politiques qui ne jurent que par Dieu pour sauver l'île, ou que par la communauté internationale.

Les Kiribati, c'est aussi 10% de la population qui, chaque année, tente sa chance à la lotterie pour gagner le droit d'émigrer en Nouvelle-Zélande, alors que les neuf dixièmes de ces 10% n'ont même pas les moyens de se payer le billet d'avion pour cet Eden de pays qui pourra offrir un avenir pieds au sec à leurs enfants.

Paradis (avant liquidation) est bien évidemment un livre INCONTOURNABLE, qui vous apprendra 10 choses par page, des choses pas toujours très gaie dans l'absolu, mais qui, portées par l'énergie de Julien Blanc-Gras et son humour, pourrait presque passer pour une lecture divertissante, il faut le dire. En même temps, c'est bien connu, y a-t-il meilleur moyen d'apprentissage que le divertissement ? Julien Blanc-Gras a donc tout compris pour toucher sa cible et son but : INFORMER, ALERTER !

Et puis ce livre est aussi et surtout un formidable récit de voyage, avec toutes les anecdoctes, les péripéties et la magie que cela comporte !

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 21 Février 2012

LE VOYAGE DE THETYS, DE MARSEILLES A PANAMA

 

Beau livre - Editions Tamata - 222 pages - 30 €

 

 

 

Parution en septembre 2011

 

 

Le sujet : Un couple et un bateau. Plein ouest depuis Marseille. Direction... Marseille ! Donc le tour du monde en bateau. De transatlantique en mouillages, d'étoiles filantes dans le ciel aux langoustes pêchées et dégustées sur le pont d'un bateau.... Avec des rencontres, encore des rencontres.... Une formidable aventure humaine grandeur nature !

 

 

 

 

Tentatrice : Keisha

Fournisseur : Les éditions Tamata, merci pour l'envoi !

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : De beaux livres je ne lis guère. Le budget, (ce qui devient une mauvaise excuse car le prix des beaux livres a sacrément baissé). Mais je les trouve en général trop instructifs, trop sérieux, trop culturels, trop lassants. Alors je les parcours, quand ils croisent mon chemin, comme un enfant : en regardant les images !

Mais il a suffit d'un billet plus que tentateur chez Keisha et quelques avantages à tenir consciencieusement un blog pour que ce magnifique livre débarque dans ma boite aux lettres. Imaginez, moi qui vit pour les livres et le voyage, moi qui suis fan des îles et des grandes aventures, me voici avec, entre les mains, un voyage garanti vers les caraïbes puis vers Panama.

Depuis 6 ans, Nathalie et Bruno préparent leur projet, un tour du monde en bateau. Ce sera un catamaran qu'ils nommeront Thétys. Thétys, c'est une mer qui s'est ouverte il y a 300 millions d'années et qui sépara alors La pangée, le seul continent existant à l'époque. Et dans la mythologie grecque, c'est aussi une déesse marine. Deux symboles assez forts pour baptiser un bateau. Départ en mars 2008. Nos navigateurs avalent les miles et nous tournons les pages avec une pure sensation de bonheur, de liberté, d'évasion !

Déjà, principale impression de lecture, point de paragraphe rébarbatifs à la suite, mais de l'humour, de la joie, de la bonne humeur, celle de nos deux navigateurs en herbe qui découvrent leur bateau et leur home sweet home en même temps, au fils des avaries et des vitesses de pointes. Vraiment un ton léger qui n'invite qu'à une seule chose et n'a d'autre but que de PARTAGER ! Pour cela, le texte est écrit par Nathalie, les superbes photos qui ne cherchent pas à éblouir mais juste à poser l'ambiance sont de Bruno. Et puis il y a des pages réservées aux recettes de cuisine testées à bord et enfin, des encarts décrivant "les équipages" rencontrés au grès des mouillages et des pontons. Des couples, des familles, des bateaux tourmondistes qui se retrouvent parfois par hasard 3 mois plus tard dans un autre port et qui partagent des émotions fortes, des amitiés liées par le ciment de la passion et du voyage, du plaisir, des parties de pêches, des repas suivant les spécialités de chacun. Et vraiment, ça respire le bonheur.
Je me suis régalée pour les descriptions de paysages, des sensations lors des nuits à la barre, de la verve de nos navigateurs qui ne se prennent pas au sérieux et qui nous emmènent dans un formidable voyage où les mots rencontre humaine et fraternité prend tout son sens. J'ai vivement apprécié que ce tour du monde ne soit pas une course et que nos navigateurs voguent au grès de leurs envies. Les montres sont rangées au placard, le temps n'est plus qu'une ondée tropicale qui passe vite fait le temps de rincer le pont du bateau. Un mois à mouiller sur une petite ile de quelques kilomètres carrés à ne rien faire d'autre que profiter de l'instant présent et de la beauté qui nous entoure... le rêve non ?

Ce tome est la première partie du voyage, qui mène de Marseille au Canal de Panama, via les Canaries, puis le sud de la Caraïbe (près des côtes Vénézueliennes), avec des îles que je ne connais pas.... et que j'irais connaître un jour, ça c'est sûr. Trinidad et tobago, los roques, blanquilla, Curacao et leurs piscines naturelles. Bon, par contre, un mythe est tombée pour moi. Margarita ne me fait plus du tout rêver. Rien de grave, des rêves, il m'en reste plein !

D'ailleurs, cet aprem, en arrivant au boulot, j'ai annoncé à mes collègues ma démission pour dans 6 mois, pour partir faire le tour du monde en bateau. C'est pas vrai, c'est pas grave, dans 3 mois, je serai tout de même sur un catamaran aux Seychelles !

Et puis bientôt, je retrouverai Nathalie et Bruno. Évidemment, un tel premier tome impose le 2ème : Des galapagos à la Nouvelle Zélande !

 

Allez, levez l'ancre !

Photo piquée à Bruno :

 

http://www.tamata-editions.com/

 

Le site du voyage de thétys : http://www.levoyagedethetys.com/

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #récits ou romans de voyages

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Publié le 5 Septembre 2011

Il y a quelques jours, je vous présentais ce livre ICI

J'y ai relevé de nombreuses citations. Habituellement, j'achève mon billet par quelques unes d'entre elles, les autres entrant dans la postérité de mon oubli.

Dans ce livre, je ne veux en oublier aucune. Aussi, le seul moyen est de les consigner ici. Démarche donc purement égoïste mais qui je l'espère, sera également pour votre plus grand plaisir !

 

Toutes ces phrases sont donc de Julien Blanc-Gras...

 

 

 

"Le passeport vous donne les clés de la planète".

 

"Je savais un peu mieux qui j'étais, quelqu'un capable de débarquer seul en terre inconnue, loin de ses bases, et de créer une situation.

 

" Rien ne m'empêche de considérer le tourisme comme un cours de géorgraphie à l'échelle 1, et la géographie comme le terreau de toutes les sciences humaines. Sous les cartes, les hommes. La dynamique du monde ne s'appréhende pas dans un fauteuil.. Je ne dois pas traîner, des civilisations s'écroulent au moment où j'écris et d'autres émergeront à la fin de cette phrase".

 

 

 

En évoquant des émigrés kurdes ou autres...

"Je travaillais à l'usine pour pouvoir voyager. Ils avaient beaucoup voyager pour venir travailler à l'usine".

 

 

"Je crois qu'il y a deux catégories de gens qui ne sortent pas de chez eux. Dans le premier cas, c'est simple, ça ne leur vient même pas à l'idée. Dans le second, ils n'osent pas, considérant que l'inconnu est dangereux. Il ne faut pas les bâmer. Vu de loin, le monde est effrayant. Je pense qu'en regardant où on met les pieds, nos baskets ne craignent rien"

 

" Dieu m'intéresse surtout pour ce que les gens en font".

 

"J'ai connu moi aussi la tentation de l'humanitaire. L'humanitaire n'a pas voulu de moi. Soit. Si je ne peux pas sauver le monde, je le raconterai"

 

"Des dizaines de mendiants allongés par terre. Ne pas croire qu'ils sont fainéants. Simplement, ils n'ont pas de jambes, ou alors pas de bras. Ces gens là, estropiés passent leur journée à chanter le nom de Dieu.... La foi, c'est ce qui reste quand on a plus de jambes."

 

"Il est toujours un moment dans la vie d'un voyageur où, passée l'euphorie béate de la découverte, on se surprend à maudire la population locale. Pour sa lenteur, l'aberration de l'organisation, les trous dans la route, la chiasse, bref, pour de mauvaises raisons. Ca passe vite, c'est dans le processus qui conduit à l'amour éternel d'un pays"

 

"Les prophètes sont au moins d'accord sur un point : la vérité est ailleurs. Ca m'arrange, c'est là que je vais."

 

"j'ai raté ce jour là, j'ai raté la vague. On relache son attention deux minutes et la vie vous passe à côté sans vous attendre. J'aimerais m'en foutre, je n'y arrive pas."

 

"Le paradis n'a pas d'adresse. Il se déplace à la surface de la planète pour offrir des moments furtifs à ceux qui savent les saisir."

 

" Le touriste navigue entre ces humeurs au gré de l'état de son âme. Parfois, il aide. Sa simple présence remplit les estomac. Parfois, il altère, il dénature, ravage les endroits qu'il visite, le plus souvent, par ignorance. Il ne sauve pas le monde, il n'est pas là pour ça. Le touriste finit toujours pas rentrer chez lui."

 

"Voler en business, c'est être chez soi au coin du feu avec un bon livre et la planète qui défile sous votre hublot".

 

"Dans les pays corrompus, il est très désagréable d'avoir affaire à des incorruptibles".

 

"Prendre une photo, c'est prévoir se souvenir du passé dans un futur prochain. Je mitraille, j'archive et je ne regarde jamais. Je pourrais me débarasser de cet appendice inutile".

 

"J'ai visité Sydney, Montréal, Tokyo, New York et leurs petites soeurs. Qu'en ai-je tiré, passée la jouissance éphémère de la découverte touristique ? Il me faut des voyages plus signifiants. Des voyages qui dépassent ma petite personne".

 

"Dois-je refuser de donner du travail à des gens qui m'en demandent pour satisfaire ma bonne conscience anticoloniale ? Non, je ne le crois pas. Ce serait préférer l'idéologie au bon sens"

 

"Retrouver ses amis identiques.... Revenir différent"

 

"Nous sommes les touristes de luxe de l'évolution, les simples passagers d'une époque. Nous avons visité la Terre, nous l'avons magnifiée et dévastée, nous allons repartir."

 

"C'est le plus beau paysage que j'aie vu. Ce n'est pas jardin d'Eden. Seulement un endroit à l'écart du tumulte des humains. Nous sommes sur le domaine des arbres et ils sont silencieux."

 

"On peut dire que nous avons ét bons amis pendant quelques jours."

 

 

 

Ce ne sont que des extraits, mais dont je veux me souvenir. Bien souvent, un extrait perd la saveur qu'il trouve dans son ensemble... Je ne peux que vous inviter à lire ce livre dans son entièreté et à décider quelles sont les phrases que VOUS voudrez en retenir.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #récits ou romans de voyages

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Publié le 30 Août 2011

Récit - Editions Au diable Vauvert 259 pages - 17 €

 

 

 

Parution en mai 2011

 

 

Le sujet : "Certains veulent faire le leur vie une oeuvre d'art, je compte en faire un long voyage. Je n'ai pas l'intention de me proclamer explorateur. Je ne veux ni conquérir les sommets vertigineux, ni braver des déserts infernaux. Je ne suis pas aussi exigeant. Touriste, ça me suffit. S'adonner à des activités non productives mais enrichissantes. Le touriste inspire le dédain j'en suis bien conscient. C'est un cliché qui résulte d'une honte de soi, car on est toujours le touriste de quelqu'un."

Des favelas colombiennes aux hôtels clubs tunisiens, en passant par les karaokés du Yang-tsé-Kiang, les villages oubliés du Mozambique, les vagues polynésiennes, les plateaux de Bollywood, le tumulte du Proche-Orient et même par la Suisse, ce promeneur globalisé nous guide à travers l’inépuisable diversité des mondes.

  

 

Tentatrice : Keisha

Fournisseur : Keisha et son son livre voyageur, merci livre voyageur

 

 

 

 

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Mon humble avis : Là où Vincent Noyon, dans son Touriste professionnel, voyageait dans un but précis : écrire des guides de voyage, Julien Blanc Gras erre sur la planète au gré de ses envies, de sa curiosité, pour faire de sa vie ce qu'il a choisit d'en faire : un long voyage. Un rêve qu'il nourrit depuis tout petit, à l'époque où son doudou était une planisphère gonflable. On assiste donc à la réalisation de ce rêve. On suit pas à pas Julien qui s'affranchit de plus en plus. Des débuts timides à Londres, un coup d'essai en quelque sorte. Et 250 pages plus loin, nous voici au Mozambique sur un lieu qu'aucun pied humain n'a encore foulé. Entre temps, nous sommes allés au Népal, en Colombie au fin fond des favelas, on a risqué la crise de nerf dans un aéroport Suisse, on a discuté avec des Israéliens et des palestiniens qui veulent tous la paix mais ne voient pas comment y parvenir, et pour cause de plage paradisiaque, on a manqué "la vague".... Notre jeune voyageur s'est un peu professionnalisé au fil de ses voyages (via l'écriture et le reportage). Et oui, il faut bien gagner sa vie pour s'offrir la vie que l'on s'est choisi. Mais pas à n'importe quel prix...

Ces récits sont passionnants, pertinents, caustiques, parfois très drôles mais aussi désespérants, voire exaspérants.... et pourtant, que peut on faire ? Avec bon sens, Julien Blanc Gras met le doigt sur les non sens de notre monde, que ce soit en terme de mondialisation ou en mode local fond du monde.... Où, au fin fond de Madagascar, le gendarme du village est aussi corrompu que toute une classe politique, même si, au bout du monde, cela se compte en quelques litres d'essences transformés en litres de vin mais qui, de ce fait, ont laissé périr 18 personnes en mer. On constate aussi avec effroi les envers de la médaille de certaines missions botanistes ou autre... Bref, partout où il y a de l'homme, il y a de" l'hommerie" pour le pire, comme pour le meilleur. Car sur son chemin, Julien Blanc Gras nous fait rencontrer de sacrées personnes et rien que pour cela, on aimerait le suivre et voir le soleil se lever... ailleurs.

 

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Ce livre est un excellent témoignage de voyages, qui amène à réfléchir sur les motivations qui poussent justement certains à partir ou pas, sur le fonctionnement et les dysfonctionnement du monde, sur les préjugés qui conduisent souvent notre route au bout de la rue, sur notre place dans le monde et la réussite de l'objectif de notre vie. Et pour ma part, ce récit me prouve qu'en réunissant ma volonté, mes capacités, mes envies et mes rêves, je ne saurais jamais atteindre cette dimension du voyage, même si, par moment, j'ai bien eu l'impression de la frôler ! Mais l'essentiel est de voyager à sa dimension, tout en respectant celle des autres et en n'oubliant jamais que voyager, c'est faire un pas dans l'infini.

 

 

J'ai relevé nombre de citations.... D'ailleurs tellement nombreuses que je ne peux y faire un choix. Elles feront donc l'objet d'un autre billet pour ne pas trop allonger celui ci et ne pas perdre votre attention !

 

 

Lecture commune avec A Girl From Earth

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #récits ou romans de voyages

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