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Publié le 17 Février 2017

Résultat de recherche d'images pour "mon dernier jour au vietnam"BD - Editions Delcourt - 75 pages

 

Parution en 2004

Le sujet : Will Eisner raconte la guerre. Mais pas celle des héros médaillés ou des faits d'armes étincelants. Eisner s'intéresse plutôt à l'envers du décor. En six récits, comme autant de petites nouvelles, il s'attache à suivre des individus perdus dans la bourrasque du Vietnam ou de la Corée. La peur, la tendresse, les coups de folie ou de déprime, l'égoïsme… Les guerres sont le théâtre tragique et parfois dérisoire des sentiments et des passions, racontés ici avec pudeur et sensibilité par l'un des derniers géants de la BD

 

 

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : Je découvre avec cette BD un très grand nom mondial de la BD, si j'en crois les quelques articles que j'ai pu lire au sujet de Will Eisner.

Ici, il raconte ses souvenirs de la guerre de Corée et du Vietnam. Souvenirs vécus ou rapportés puisqu'en résumé, durant la 2ème Guerre Mondiale, puis celles citées ci-dessus, Will Eisner était dessinateur pour l'armée US... Toujours en résumé, il dessinait en bandes dessinées l'entretien préventif du matériel de guerre. Le support BD permettant ainsi d'être compris par tous... Etrangers ou analphabètes.

Ici, nous avons donc 6 nouvelles, 6 récits en format BD. Je pense que c'est justement l'aspect "nouvelles" qui m'a déstabilisée et laissée un peu sur ma faim. Le format "nouvelle" se révèle souvent trop court en littérature, donc en BD, c'est encore plus évident ! Disons que je m'attendais à plus de profondeur.

Il n'empêche, l'émotion tombe souvent comme un couperet dans la chute de ces nouvelles... Exemple, le journaliste qui couvre la guerre du Vietnam "un peu comme un touriste"... Puis, il découvre le corps déchiqueté de son fils. La guerre de vient alors SA guerre.

Le gros GI américain plein de muscles et qui semble n'avoir qu'un pois chiche dans le cerveau, qui clame adorer et avoir besoin de tuer et qui finalement, aime passer son temps dans un orphelinat de métisses viet/américains, dont personne ne veut, évidemment...

Ces 6 nouvelles sont d'intérêt variable, mais à voir avec le temps, peut-être qu'elles sont toutes marquantes.

L'introduction est vraiment intéressante, qui présente l'auteur, le contexte géopolitique de l'époque et permet ainsi une petite révision bien utile des cours d'Histoire !

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 7 Février 2017

Afficher l'image d'origineBD - Le Lombard Editions - 128 pages - 17.95 €

 

Parution en janvier 2015

Le sujet : Chili 1973. Carmen Castillo et son mari font partie du cercle des proches du Président Allende. Suite au coup d'état du Général Pinochet, ils décident d'entrer en résistance. Installée aujourd'hui en France, elle a fait le récit de son histoire à Maximilien Le Roy, une histoire de clandestinité, d'angoisse, de torture, de loyauté sans faille… Une histoire de vaincus. Un histoire de héros.

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : La bib'

 

 

 

Mon humble avis : Dans ma petite culture, au Chili, Allende, c'était le gentil, et Pinochet, le méchant putchtichste et dictateur, le tout, dans les années 70. C'était bien léger comme connaissances. Avec cet album Vaincus mais vivants, j'en sais maintenant beaucoup plus, ne reste qu'à le retenir ;)

Vaincus mais vivants est un très bel album, très intéressant et enrichissant culturellement, historiquement. Ce sont ces critères qui me bottent vraiment dans mes découvertes BD. Je pense que les textes courts et les images m'aident à imprimer plus facilement ce que j'apprends dans ma mémoire.

Un avant-propos décrit la genèse de cette BD : entre autre, la rencontre de Maxilien Le Roy avec la résistante révolutionnaire chilienne Carmen Castillo et l'écrivain français Régis Debray, qui participa aux événements d'alors. Une postface propose un entretien avec Carmen Castillo et donne des nouvelles des quelques protagonistes survivants.

Entre les deux, c'est l'Histoire qui se déroule sous les yeux du lecteur. L'histoire du Chili au coeur de celle de l'Amérique Latine et de Cuba, l'ombre du Che planant autour. Dans l'album, ça commence en 1962. Carmen Castillo, étudiante, rencontre Beatriz Allende, fille du futur président. La jeunesse militante veut  se débarrasser de la classe possédante et dans cet album, cela donne lieu à d'intéressantes réflexions sur les autres formes de luttes et les moyens de donner le pouvoir au peuple. En 1965, le MIR (Mouvement de la Gauche Révolutionnaire) est créé, il ne sera dissolu réellement qu'en 1989. 

En septembre 1970, le médecin Salvador Allende gagne le pouvoir par les urnes, le Chili devient une démocratie socialiste... Ce qui ne plait pas à tout le monde. Le 11 septembre 1973, Allende se suicide, juste après une dernière allocution radio, et juste avant que les putchistes de Pinochet n'envahissent La Moneda, le palais présidentiel.

Carmen, Andres Pascal, Miguel Enriquez (le plus célèbre résistant chilien) et les autres entrent en clandestinité... Beaucoup seront arrêtés, certains parleront sous la torture, d'autres non... Bref, c'est tout ce pan d'Histoire que Vaincus mais vivants expose, depuis la formation du MIR, jusqu'à l'exil et le retour au pays, des années plus tard. Forcément, on ressort de ces pages moins ignare.

Trois mini bémols : les allers et retours dans le temps et la difficulté que j'ai eue au début à reconnaître les personnages, ceux-ci n'étant pas réellement introduits. Et les ombres sur les visages, ombres qui m'ont parues un peu aléatoires...

 

Passionnant et glaçant, évidemment.

 

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Du même auteur sur ce blog : La nuit, la liberté nous écoute

 

 

En découdre avec l'amnésie s'avère une victoire, aussi modeste soit-elle : qui transmet, munit l'avenir - La mémoire n'est pas un devoir mais un levier

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 19 Janvier 2017

Sous titre : Nouvelles des Indiens Jivaros

Afficher l'image d'origineBD - Editions Steinkiss - 142 pages - 20 €

Parution en janvier 2016

 

Le sujet : Au coeur de la jungle amazonienne, les Jivaros Achuar conversent quotidiennement avec les plantes, les animaux et les esprits grâce aux anent, de petits poèmes fredonnés à voix basse ou récités mentalement.Du moins en était-il ainsi il y a quarante ans, lorsque l'anthropologue Philippe Descola partagea leur vie pendant trois années. Fasciné par son récit, Alessandro Pignocchi repart aujourd'hui sur ses traces...

 

Tentation  : Pitch et couv'

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : Comme j'apprécie de voyager à travers les livres et les bandes dessinées, surtout lorsque ceux-ci m'emmènent dans des contrées où je n'irai jamais... Tout simplement parce que je serais bien incapable de vivre plusieurs semaines dans une tribu au fin fond de l'Amazonie.

C'est en effet en Equateur, dans les tribus Achuar qui vivent en pleine forêt...

Déjà, l'album en lui-même est de toute beauté ! Les dessins sont en aquarelle... Tout d'abord en noir et blanc puis, au fur et à mesure des pages, Alessandro Pignocchi y intègre quelques couleurs. C'est magnifique, du grand art qui, qui plus est laisse place à l'imagination du lecteur. Les dessins éveillent tous les sens de celui-ci... Ils nous laissent sentir, entendre, toucher, voir, goûter...

Il y a quarante ans, l'anthropologue Philippe Descola (qui préface cette oeuvre), vécut, avec son épouse, 3 ans auprès des Achuar (Les gens du palmier d'eau). Philippe Descola témoigne de ces années dans un livre intitulé "Les lances du crépuscules". C'est en tombant sur cet ouvrage qu'Alessandro Pignocchi a eu comme une révélation : Il lui fallait retourner sur les traces de Descola, refaire le même voyage. Et ainsi, constater ou non la vivacité des traditions Achuar. 

Mais surtout, Alessandro partait en quête des Anent, ces chants magiques qui permettent la connivence des indiens Achuar avec leur environnement : plantes, animaux, esprits... une tradition orale qui semble bien disparaître.

C'est donc une plongée dans la culture achuar que nous propose ici Alessandro Pignocchi... Avec beaucoup d'humour et d'autodérision, des plages de silences qui disent beaucoup et des dialogues intimes mais qui vont à l'essentiel avec les Achuar, d'émotions.

A l'origine, Alessandro voulait tourner un film... mais il n'a pas trouvé de financement car les Achuar vivent désormais habillés ! Sans mythe du maudit sauvage, pas d'argent. Pfff. Bien sûr, les Achuar ont évolués en quarante ans, mais ils restent bien attachés à leur culture et leurs coutumes. Mais bien sûr, il faut penser à l'avenir... et à l'invasion de la modernité, pour le meilleur et pour le pire.

Un album ESSENTIEL ! A lire évidemment !

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 6 Janvier 2017

Afficher l'image d'origineBD - Editions Sarbacane - 124 pages - 22 €

 

Parution en février 2015

 

L'histoire : Magid a peur. Son visa de tourisme vient de s'achever : lui, l'ex-commercial respecté à Dakar, est devenu un sans-papiers. Il doit désormais baisser les yeux, rentrer les épaules, devenir un "invisible". De galères en petits boulots, de foyers en chambres de bonne, de combines en arnaques, Magid survit. Et rêve de retrouver sa dignité.

 

Tentation : Couv et 4ème de couv'

Fournisseur : Ma bib'

 

 

 

Mon humble avis : C'est un véritable coup de coeur que je ressens pour cet album. Car je pense que jamais une BD n'a fait naître en moi autant d'émotions, d'empathie pour le personnage et de révolte.

Pourtant, le graphisme ne m'a pas particulièrement séduite, mais l'histoire est si prenante que j'en ai oublié ce léger handicap. Alors même que reportages et émissions de télé se font souvent l'écho de d'étrangers en situations irrégulière comme Magid, avec cet ouvrage, qui se veut le témoignage d'un des auteurs, jamais je ne me suis sentie autant au coeur de la situation... Même si bien sûr, je ne l'ai jamais vécue et que ma position privilégiée de Française naît en France m'en protège.

Magid arrive en France depuis Dakar, en passant par la Gambie pour faire ses "adieux" à sa mère. A l'origine, il vient rendre visite à l'une de ses cousines et s'adonner à la découverte de Paris. Cette première partie est assez amusante. Car Magid nous raconte parfaitement ses étonnements d'étranger : le froid, la neige, la nourriture tellement fade, ses premiers pas sur un escalator etc... Au fil de celle-ci, il trouve tout merveilleux et à priori tellement facile, qu'il décide de rester en France et de chercher un travail. Et cette décision est le début de la fin, comme de la faim d'ailleurs. 

Pourtant, Magid ne ménage pas ses efforts, au contraire, sa persévérance et son courage force l'admiration. Mais il doit faire face aux difficultés d'être sans papier, à l'avidité et la malhonnêteté des uns, à l'escroquerie de la majorité des gens qu'il rencontre (même et surtout parmi "ses frères"). Evidemment, lorsque l'on vient de loin, d'un pays où un mot est une parole, lorsque l'on est en situation de faiblesse, l'on devient souvent très naïve. Et Magid est souvent d'une naïveté, parce que c'est un homme bon et juste, d'une naïveté qui fait mal au coeur du lecteur.

Tout cela sans compter sur les arcanes du travail au black, de l'impossibilité d'encaisser des salaires payés par chèques par incapacité d'ouvrir un compte en banque, l'inertie de l'administration française... Tout cela mènera notre cher Magid à des piaules d'hôtel pleines de cafard, à des squats, à la malnutrition et ses symptômes, au blues du pays, à la dépression et aux phobies.

Ce n'est pas spoiler que dire que l'histoire se termine bien, puisque la publication de cette BD en est déjà la preuve.

Mais l'on se retrouve soulagé pour ce personnage si attachant, si courageux ! On est heureux de son succès tant mérité et de l'accueillir parmi nous, de le compter comme concitoyen !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 17 Décembre 2016

Afficher l'image d'origineBD - Editions Les Enfants Rouges - 80 pages - 17 €

 

Parution en janvier 2016 

 

Présentation de l'éditeur : La vie, c'est des étapes... La plus douce, c'est l'amour. La plus dure, c'est la séparation. La plus pénible, c'est les adieux. La plus belle, c'est les retrouvailles.

 

Tentation : Ma bibliothécaire

Fournisseur : La bib'

 

 

 

 

 

Mon humble avis : La tristesse de l'éléphant est vraiment un très bel album, tant par les dessins que par l'histoire contée.

Louis est orphelin. Il vit donc à l'orphelinat. Mais Louis est plutôt gros et myope, il porte des lunettes qui ne l'avantage pas. De ce fait, Louis subit les moqueries incessantes de ses compagnons de chambrée. Un jour, il fait le mur de l'orphelinat pour se rendre au cirque Marcos qui est de passage dans sa ville. Il y rencontre Clara, la petite dresseuse d'éléphant. Louis retourne donc au cirque le lendemain et ainsi de suite... Une très belle relation se noue entre Louis et Clara, une relation qui survivra aux années et aux séparations.

L'on pourrait croire, au premier abord, qu'il s'agit d'un ouvrage destiné aux enfants. Mais non en fait, bien que cet album puisse être lu dès 10 ou 12 ans...il s'agit bien d'une BD adulte.

Les couleurs se limitent au noir, blanc, bleu et rouge. La luminosité de certaines scènes est magnifique.

Cet album nous parle des rencontres qui changent la vie, de l'amour qu'apporte l'être et non le paraître, de l'importance de la famille et de la solidarité, du bonheur de la vie simple, même si celle-ci n'épargne personne, du temps qui passe. Et des choix que chacun est libre de faire... par amour ou pour tout autre raison. Car notre petit Louis, qui grandit toujours sans famille officielle, même s'il a trouvé sa famille de coeur, va nous surprendre par un sacré choix !

C'est une histoire initiatique, qui voit se transformer un petit garçon mal dans sa peau en un homme heureux, parce qu'aimant et aimé.

Le ton est résolument nostalgique. En effet, les premières pages s'ouvrent sur Louis adulte, donc la presque fin de l'histoire. Et c'est Louis qui nous raconte son passé.

L'éléphant... Il y en a deux bien sûr dans cette histoire. Pégase, l'éléphant de Clara et Louis, méchamment surnommé "L'Eléphant par les autres orphelins, même quand ceux-ci sont devenus adultes.

J'ai regretté que Pégase soit aussi absent de ces pages et de la vie de Louis et Clara pendant de longues années.

Mais quoiqu'il en soit, La tristesse de l'éléphant est un magnifique album, très touchant, émouvant, frais et qui sonne parfaitement juste. Un conseil bien avisé de ma bibliothécaire !

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 4 Novembre 2016

Afficher l'image d'origineBD - Allary Editions - 160 pages - 20 €

Parution en juin 2015

 

L'histoire : Né d'un père syrien et d'une mère bretonne, Riad Sattouf raconte dans L'Arabe du futur sa jeunesse au Moyen-Orient. Dans ce second tome, qui couvre la première année d'école en Syrie (1984-1985), il apprend à lire et écrire l'arabe, découvre la famille de son père et, malgré ses cheveux blonds et deux semaines de vacances en France avec sa mère, fait tout pour devenir un vrai petit syrien et plaire à son père. 

 

Tentation : Le tome 1, donc la blogo

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : En début d'année, j'avais chroniqué L'arabe du futur tome 1 ICI

Mon coup de coeur avait été immédiat pour cet album. 

Mais il n'est point pour ce deuxième tome, sans doute parce que la découverte, la nouveauté n'y sont plus. Même si le plaisir de lecture est encore bien là, évidemment, tout comme mes yeux ahuris devant certaines situations décrites et dessinées. Comme dans le premier tome, on passe facilement du sourire, au rire, à l'effroi, lorsqu'on constate l'impunité du crime d'honneur (familial), et même le respect social que l'on gagne lorsque l'on est coupable d'un crime d'honneur.

Il faut dire que l'écart culturel entre mon enfance et celle de Riad Sattouf en Syrie est digne d'un grand écart du meilleur des contorsionnistes. 

Dans ce 2ème tome, qui couvre la période 1984-1985, la famille Sattouf est plus statique, puisque déjà installée en Syrie, il n'est plus question du passage en Libye. Certes, il reste les vacances en Bretagnes, sujettes à bien des quiproquos et d'incongruités de part et d'autres. Mais disons que certaines séquences, notamment les séquences scolaires, m'ont parfois parues répétitives.

Néanmoins, ce tome 2 est tout de même franchement intéressant. Le système éducatif syrien est terrifiant : humiliation des enfants, maltraitance, coups de bâton sur les mains... Mais surtout, c'est l'obsession nationaliste qui choque. Dès la rentrée, les élèves sont forcés d'apprendre l'hymne national et de crier haut et fort oh combien la nation syrienne est la plus forte. Puis on passe directement à la religion et au Coran. Les élèves apprennent la fascination pour l'URSS (sans rien en connaître). Et dans la cours de récréation, l'occupation des enfants et monomaniaque : "tuer des juifs". Bref, de mon canapé, il me semble que les enfants subissent un lavage de cerveau dès leur plus jeune âge.

Dans ce tome, le comportement du père de Riad attire beaucoup l'attention, faute d'attirer la sympathie à mes yeux d'occidentale. Le père semble obsédé par l'argent, la réussite et ses signes, les apparences. Il fait lui aussi le grand écart entre les traditions familiales, musulmanes et locales et la culture européenne qu'il a acquise et qui est celle de sa femme qui, pour moi, a bien du mérite ! Mais il ne faut pas oublier que le père veut sa revanche sur la misère dans laquelle il a grandi...

Bref, même s'il n'y a plus l'effet de surprise du premier tome, celui-ci vaut bien évidemment la peine d'être lu. C'est en effet d'autres regards sur le monde... Celui d'un enfant, le nôtre à travers celui de l'enfant devenu adulte et auteur. C'est vivre l'orient de l'intérieur, "en famille" et non à travers ce que les médias nous proposent : "le poids des mots et le choc des photos."

A savoir, le tome 3 vient de paraître !

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 27 Septembre 2016

Afficher l'image d'origineBD - Editions Vraoum - 149 pages - 20 €

 

Parution en novembre 2015

 

Le pitch : 2014, Lénaïc et sa compagne partent en voyage dans un pays qui vient juste d’ouvrir ses portes au tourisme : l’Iran. De Téhéran à Chiraz en passant par Ispahan, Lénaïc nous emporte dans un récit plein d’humour et de rencontres, en tordant le cou à de nombreux clichés. On découvre la civilisation perse, ses ruines et son passé, mais aussi la culture contemporaine d’une population partagée entre conservatisme et ouverture. Et on rit beaucoup.

 

Tentation : le pitch

Fournisseur : La bib'

 

 

 

Mon humble avis : Voici l'Iran comme vous pourriez sans doute la voir et la percevoir si vous décidiez d'y partir en voyage touristique.

Bien évidemment, Bons baisers d'Iran n'est pas sans rappeler les génialissimes albums de Guy Delisle. A la différence près que Delisle passait plus d'un an à vivre comme expat' dans les pays qu'ils croquaient, à rencontrer la population et à s'y intégrer autant que possible. Cela amenait des BD plus aboutis dans l'analyse des situations et une oeuvre moins anecdotique.

Mais ne boudons pas notre plaisir avec ces Bons Baisers d'Iran. Les dessins sont simples, en noir et blanc, et très parlants. C'est donc tout à fait efficace pour décrire les incongruités d'un pays qui cherche son évolution tant intérieure qu'au niveau international. D'ailleurs, il me semble que depuis que cette BD est sortie, la situation de l'Iran dans le monde a encore changé.

On apprend beaucoup de chose avec cette BD. Notamment que Téhéran est une des villes les plus laides et polluées du monde. Twitter et Facebook sont interdits alors que les dirigeants du pays communiquent via ces réseaux sociaux. Bien entendu, nombre d'iranien ont trouvé un moyen de contourner cette interdiction. Sont abordés bien sûr les thèmes de la politique, de la religion et de la propagande systématique que l'entoure (souvent décriée par les personnes rencontrées), l'économie, les droits de l'Homme, le mode de vie des iraniens et surtout, le mode d'emploi du voile pour qu'il ne s'envole pas. 

Tout ceci est traité avec un bel humour, donc on rit et sourit souvent en cours de lecture.

Après, bien sûr, 3 semaines de voyages, c'est un peu court pour aller en profondeur et se défaire de ses préjugés occidentaux. Avec Guy Delisle, c'est par exmple, la Corée du Nord comme jamais vous ne pourrez la vivre, avec Lenaïc Vilain, c'est l'Iran comme vous pourriez la percevoir. A savoir que l'Iran est un pays magnifique, culturellement passionnant et qu'il se rouvre enfin au tourisme !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 23 Septembre 2016

Afficher l'image d'origineBD - Editions rue de Sèvres - 84 pages - 19 €

 

Parution le 5 octobre 2016 : Rentrée littéraire !

 

L'histoire : Où est la valeur d'une vie? Dans le bruit et la fureur ou dans le recueillement du silence? Dans ses batailles ou ses renoncements? William, lui, a choisi la solitude et le silence il y a 25 ans en intégrant l'ordre religieux des chartreux. Quand un héritage le contraint à quitter le monastère pour Paris, c'est tout un monde nouveau qu'il doit apprivoiser, des certitudes longuement forgées à interroger et surtout, son ancienne vie, laissée là, qu il va retrouver.... Sa rencontre avec Méry, jeune femme aux jours comptés du fait d'une maladie incurable mais résolument décidée à profiter du temps qu'il lui reste, le confrontera à de nouvelles questions et compliquera ses choix. 

 

Tentation : le pitch et le nom de l'auteur !

Fournisseur : Gilles Paris, merci pour l'envoi

 

 

Mon humble avis : Quel album, de toute beauté dans tous les sens du terme !

Déjà, l'objet en lui-même est magnifique, très agréable au toucher, à regarder, à feuilleter. Les dessins sont de ceux qui me plaisent : aboutis, réalistes, précis, les visages ressemblent à des visages et les décors sont somptueusement croqués !

Pour le reste, atmosphère, textes, scénario, tout n'est que finesse, tact, délicatesse et intelligence.

Depuis 25 ans, William mène une vie monacale chez les Chartreux (l'un des ordres religieux les plus "fermés") où il se dédie à la prière et au silence, et respecte ses voeux de chasteté, d'obéissance et de pauvreté. Un jour, le monastère reçoit un courrier obligeant William à sortir de sa retraite du monde : sa présence est obligatoire pour la lecture d'un testament où il figure comme légataire. 

William quitte donc son monde de reclus et redécouvre la vie citadine et sociale du XXIème siècle. C'est pour lui l'occasion de laisser ses souvenirs d'antan se raviver, de se poser des questions sur son propre choix et ses conséquences sur les autres.

A travers William et les personnages qu'il rencontre lors de sa bref escapade, Zep nous donne l'occasion de réfléchir sur  notre mode de vie et sur ce que nous considérons comme essentiel. Qu'est-ce qui pousse un être à s'engager dans les ordres, d'autant plus celui des Chartreux ? Une fuite, une quête, un mélange des deux ? Le choix que l'on fait à 20 ans est-il toujours aussi volontaire 25 ans après ?( choix religieux, amoureux, professionnels ) Quel est notre rapport au sacré (et où le plaçons nous) ? Au silence ? Au bruit de la société de consommation. Qui passe à côté de sa vie dans tout cela ? Le monacal ou celui qui court après la réussite.

Zep a formidablement bien réussi à rendre le voeux de silence de William. Celui-ci devient palpable à certains moments et, pour le lecteur, ce sont des bulles réduites au minimum le plus souvent possible et voire, par moment, pas de bulles ni de textes. Au lecteur de créer ses propres bulles, de remplir les espaces libres proposés par Zep !

Bref, une magnifique BD, propice à la réflexion et l'introspection. Et curieusement pour moi, un BD qui colle à "mon actualité" quelque part, puisque ce weekend, je me rends en Bourgogne pour assister aux voeux religieux d'une de mes nièces.

Dommage que ce soit une BD, car je serai bien resté plus longtemps encore avec ces personnages, pour approfondir encore leur complexité et partager avec eux encore plus de réflexions.

challenge12016br

4

Je ne crois pas malgré moi. C'est un choix, vous savez... Mais ce choix de croire, je le refais chaque jour. Certains jours, c'est plus difficile"
(William)

Un bruit étrange et beau, de Zep

"La mort m'a fait si peur, ce jour là, que j'ai voulu croire en un Dieu plus fort qu'elle et j'ai fini par choisir une vie voisine de la mort"
(William)

Un bruit étrange et beau, de Zep

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 5 Septembre 2016

Afficher l'image d'origineBD - Edtions Futuropolis - 224 pages - 24 €

 

Parution en octobre 2015

 

Le sujet : Etienne Davodeau est auteur de bande dessinée. Benoît Collombat est grand reporter à France Inter. L'un est né en 1965, l'autre en 1970. Ils ont grandi sous la Ve République fondée par le général de Gaulle, dans un pays encore prospère, mais déjà soumis à la " crise " . l'Italie et l'Allemagne ne sont pas les seules nations à subir la violence politique. Sous les présidences de Pompidou et de Giscard d'Estaing, le pays connaît aussi de véritables " années de plomb " à la française. Dans ces années-là, on tue un juge trop gênant. On braque des banques pour financer des campagnes électorales. On maquille en suicide l'assassinat d'un ministre. On crée de toutes pièces des milices patronales pour briser les grèves. On ne compte plus les exactions du Service d'Action Civique (le SAC), la milice du parti gaulliste, alors tout-puissant. Cette violence politique, tache persistante dans l'ADN de cette V° République à bout de souffle, est aujourd'hui largement méconnue. En sillonnant le pays à la rencontre des témoins directs des événements de cette époque - députés, journalistes, syndicalistes, magistrats, policiers, ou encore anciens truands -, en menant une enquête approfondie, Etienne Davodeau et Renon Collombat nous révèlent l'envers sidérant du décor de ce qui reste, malgré tout, le cher pays de leur enfance...

 

Tentation : J'aime Davodeau

Fournisseur : La bib'

 

 

 Mon humble avis : Pas de pattes de chat aujourd'hui pour afficher visuellement mon avis sur cet album pour la bonne et simple raison : je ne suis pas allée au bout de cette BD. Parvenue au premier tiers, je me suis résolue à l'abandon.

C'est aussi pour cela que j'ai copier/coller le pitch en entier, même si celui-ci est bien long. Mais au moins, cela vous permet d'avoir une bonne idée globale de "cher pays de notre enfance".

Pourquoi l'abandon... Parce que cette BD est trop copieuse pour moi. Certes, j'aime m'instruire en BD, mais là, c'était trop pour moi... puisque pas ou peu d'histoire, beaucoup d'Histoire, en fait, il s'agit plus d'un documentaire, ultra documenté ! Je n'avais pas la concentration nécessaire pour retenir ce que j'apprenais, ni m'y retrouver dans la multitude de personnages cités - certains connus en général, d'autres non - bref, je me mélangeais tant dans la chronologie que dans les rôles tenus par chacun. 

Et pourtant, le sujet est intéressant et à le mérite d'être développé et expliqué de façon "plus abordable" que par un reportage de journal ou un essai. Et pourtant, les faits développés ici se déroulent aussi dans l'époque de mon enfance pour certain, voire de mon adolescence.

Après, ce qu'il y a de bien avec cette BD, c'est que ce qui se déroulait en France (plus ou moins sous le manteau) est largement oublié depuis. Donc le remettre au goût du jour permet tout de même de se dire qu'il y a 30 ou 40 ans, les politiques étaient déjà roublards, la France déjà dans un certain foutoir. Donc rien de changé sous le soleil hélas !

Mais les grandes bulles emplies de textes pas distrayants pour deux sous ont eu raison de moi.

Si vous êtes friands de ce type de sujet, cette BD vous plaira, voire vous passionnera à coup sûr. Mais ce n'est pas mon cas !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 17 Août 2016

Afficher l'image d'origineBD - Editions 6 pieds sous terre - 13 €

 

Parution en mai 2015

 

L'histoire : Un auteur de bande dessinée, alors qu'il fait ses courses, réalise qu'il n'a pas sa carte de fidélité sur lui. La caissière appelle le vigile, mais quand celui-ci arrive, l'auteur le menace et parvient à s'enfuir. La police est alertée, s'engage alors une traque sans merci, le fugitif traversant la région, en stop, battant la campagne, partagé entre remord et questions existentielles. Assez vite les médias s'emparent de l'affaire et le pays est en émoi. L'histoire du fugitif est sur toutes les lèvres et divise la société, entre psychose et volonté d'engagement, entre compassion et idées fascisantes. Car finalement on connaît mal l'auteur de BD, il pourrait très bien constituer une menace pour l'ensemble de la société.

 

Tentation : AGFE

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : Voici une BD aussi hilarante que cruelle sur notre triste monde et ses travers ! Le dessin est certes assez minimaliste, donc pas de ceux que je préfère, mais il est, à sa façon, très parlant !

En fait, tout au long des planches, on flotte entre burlesque et surréalisme ! Cynisme et affection.

L'auteur part en guerre humoristique (pour mieux frapper) sur toutes les idées préconçues, les préjugés, les mimétismes et les soi-disant bonnes manières qui ruinent notre liberté, notre logique, toutes ses petites règles mesquines qui nous asservissent et nous uniformise dans un monde où l'on est coupable de tout, surtout si l'on est différent.

Ici, Fabcaro prend une situation de départ ubuesque : dans un hypermarché, un client, par dessus le marché auteur de BD, est coupable de ne pas avoir sur lui sa carte de fidélité ! Il se défend avec une botte de poireaux et prend la fuite. Il sera traqué sans relâche et deviendra la principale conversation en France, que ce soit dans les médias, dans le monde politique et philosophique, dans les familles, ou encore, dans les bistrots et commerce de proximité.

Fabcaro se moque donc aussi ouvertement du traitement du fais divers en France et dénonce comment, d'un événement plus que banal, on crée "l'affaire" et la psychose.

Tout est décalé, jusqu'à chaque dialogue dans chaque bulle, et pourtant, on reconnait bien notre monde ! Entre premier et 4ème degré, il y en a pour tous les goûts et pour tous les muscles zygomatiques !

Je me suis particulièrement amusée de la parodie à peine déguisée des chansons des restos du coeur, du raccourci entre Super U et les juifs (lire la BD pour comprendre !!), les flics qui s'interroge entre eux pour savoir qui parle le "lozérien" (là, c'est une bonne critique de la centralisation et du tout Ile de France), du présentateur de JT qui annonce retrouver plus tard sa correspondante pour d'autres suppositions, de l'analyse du fait divers par les politiques qui se disputent la posture physique qui donnera le plus de poids à leurs propos, j'en passe et des meilleurs !

C'est donc truculent et hélas, trop vite lu, car la BD n'est pas bien épaisse !

 

L'avis d'AGFE

ZAÏ ZAÏ ZAÏ ZAÏ, BD de FABCARO

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Rédigé par Géraldine

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