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Publié le 10 Juillet 2017

BD - Editions Futuropolis - 122 pages- 19 €

 

Parution en mai 2014

 

L'histoire : Mai 1868,atteint d’un mal mystérieux, Albert Dadas est suivi par un jeune psychiatre. Il éprouve un besoin irrépressible de marcher. Cette rencontre changera la vie des deux hommes à jamais. Un sujet hors norme traité avec brio par un duo d’auteurs inspirés !

 

Tentation : Titre et dessins

Fournisseur : La bib'

 

 

 

Mon humble avis : Voici une BD intéressante, même si elle ne traitait pas du tout du sujet que j'avais imaginé ! Il n'empêche, voici encore un ouvrage instructif à la lecture plaisante : dessins assez classiques en noir et blanc et police de caractère dans les bulles on ne peut plus lisibles, même sans lunettes de quadra !

Le captivé nous ramène à la fin du XVIIIème siècle, dans l'univers de la psychiatrie en France. Inutile de dire qu'à l'époque, les professionnels de ce milieu qui ne proposaient pas de "manières fortes" passaient encore souvent pour des illuminés... Il en est de même pour le Docteur Philippe Tissié, dont il est question ici. Il faut savoir que cette BD retrace une histoire vraie, l'étude, l'analyse et les soins psychiatriques d'Albert Dadas... Et aussi, la relation presque amicale alors qui le lia à son thérapeute. 

Albert Dadas souffrait alors de pathologies inexpliquées et très peu étudiées jusque-là : La fugue... Dans un état d'amnésie, celui-ci fuyait, marchait, prenait des bateaux, des trains et lors de sa reprise de conscience, il était étonné de se retrouver en Algérie, en Autriche ou en Russie... Son autre problème, qui gênait plus les autres que lui, était sa fâcheuse tendance à se satisfaire lui-même, quasiment en tous lieux.

Même si ses confrères suspectaient chez Albert Dadas un grand talent de comédien, Philippe Tissié les affrontera et se montrera déterminé, jusqu'à obtenir des résultats très encourageants via l'hypnose. Et il distingua une catégorie de patients prisonniers d'une idée fixe, impétueuse. Il les nomma "Les captivés". Dada était donc une espèce de juif errant condamné au voyage par lui-même. Ces captivés sont aussi appelé "Les aliénés voyageurs" ou "Les fous voyageurs", comme les nommera plus tard le Canadien Ian Hacking.

Même si j'aurais apprécié que cette BD soit un peu plus longue pour développer plus en détails le sujet, je vous conseille "Le captivé", qui dispose également d'une postface instructive. Disons qu'une fois de plus, cet ouvrage est une invitation à approfondir un sujet !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 20 Juin 2017

BD - Editions Dargaud - 80 pages - 14.00 €

 

Parution en 2006

L'histoire : Il y a bien longtemps, le calife de Bagdad organisa un concours de conteurs. Au gagnant, il promit la richesse et la célébrité ; au dernier, le pal. Le propre fils du calife recruta quatre candidats parmi les meilleurs et leur proposa une alliance et un marché...

 

Tentation : Le mot "Bagdad" !

Fournisseur : la bib'

 

 

 

 

Mon humble avis : Une BD bien agréable à lire, plutôt originale. Moderne dans les dialogues, atemporel dans le sujet et presque antique dans les dessins, les personnages et les lieux traversés.

A la fois conte philosophique, récit initiatique, épopée fantastique, histoire mythique, et comique aussi !

Je n'ai pas particulièrement apprécié les dessins, en tous cas ceux qui composent les visages des protagonistes, aux noms que j'ai parfois eu du mal à différencier. Peu importe, c'est le message de cet album qui m'a emportée.

On pourrait dire que le sujet principal des Cinq Conteurs de Bagdad est la parole, l'usage que l'on en fait, le poids qu'on lui donne. La vérité de chacun, suivant les ressentis individuels ou collectifs. L'essentiel est de transmettre, quelle que soit la forme de langage usitée. Ampoulée pour certain, simple et directe pour d'autres, ou encore métaphorique, symbolique ou métaphorique. L'objectif de celui qui s'exprime devrait être d'être compris par son auditoire, aussi différent des autres qu'il puisse être.

Aussi, dans ce voyage dans un autre temps, ce récit devient très contemporain dans le discours des personnages. A travers eux, les auteurs dénoncent une certaine presse ou les moqueries dont peuvent être victimes certains "auteurs, chanteurs" etc jugés simplistes alors qu'ils possèdent un réel public, un public qu'ils touchent, qu'ils émeuvent etc.

 

"Va savoir... je veux croire qu'un bon conteur est comme un prophète, un médium... Qu'il peut entrevoir ce que les autres ne voient pas. Ses histoires vont alors changer la manière de voir les choses de ceux qui l'entendront. Et changer le regard sur le monde, c'est déjà changer le monde".

Voilà le genre de phrase qui j'aime rencontrer au cours d'une lecture. De fait, je vous recommande cette BD, qui se révèle être un hymne à la tolérance, à l'ouverture d'esprit. Et surtout, une histoire qui rappelle une fois de plus que dans le voyage, ce n'est pas la destination qui compte mais bien le chemin parcouru ! Une BD qui dit bien qu'une histoire n'est que la somme d'une multitude d'histoires, et cela vaut aussi pour notre vie personnelle.

Bref, à lire !

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 9 Juin 2017

BD - Editions Glénat - 48 pages - 13.90 €

 

Parution en juillet 2015

L'histoire : Automne 1936. Un soir, alors que et la brume vient de tomber sur le Mont-Saint-Michel, la petite Lucie est témoin d'un meurtre ! Terrorisée, la fillette a un geste de recul qui trahit sa présence et, aussitôt, se retrouve prise en chasse par le meurtrier. Dès l'aube, tous les habitants se mettent à fouiller la baie et le Mont à la recherche de Lucie, portée disparue, mais c'est le corps sans vie de la bonne du curé qui est retrouvé !

 

Tentation : Couv, titre et dessins

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : Une "petite" BD "mignonette", qui vous emmène passer quelques jours, pas si calmes que ça, sur le Mont Saint Michel en 1936. Pas si calmes car un meurtre et une disparition d'enfant viennent bouleverser votre séjour.

Il règne dans ces pages comme une ambiance à la Agatha Christie, où le rôle d'Hercule Poireau serait tenu par Monsieur le Maire du Mont Saint Michel.

Atmosphère rétro, huit-clos (Mont Saint Michel oblige), le coupable est forcément parmi nous, entre les résidents et les touristes !

Même si l'histoire est au final assez simple, elle se lit avec grand plaisir et divertit assurément.

Mais la force incontournable de cette BD, ce sont ses dessins magnifiques, qui vous plongent vraiment dans tous les coins et recoins d'une des 7 merveilles du monde. Et ça, que l'on habite près ou loin du Mont Saint Michel, on ne s'en lasse pas !

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 1 Juin 2017

BD - Editions Futuropolis - 128 pages - 19 €

 

Parution en avril 2015

 

Le sujet : Varoujan est marseillais, d'origine Arménienne. Son grand-père a réussi à fuir le génocide de 1915. Membre de la diaspora arménienne, Varoujan a ouvert un musée de la mémoire Arménienne sur Marseille, mais souhaite faire une exposition sur la terre de ses ancêtres, à l'est de la Turquie, là où il n'est jamais allé. Avec Brigitte sa femme, il entreprend alors ce grand voyage jusqu'à cet "Auschwitz à ciel ouvert". Il y rencontre des descendants d'Arméniens qui ont réchappé au massacre.

 

 

Tentation : Le sujet

Fournisseur : La bib

 

 

Mon humble avis : Pour moi, l'Arménie, c'est un génocide dont je ne situais qu'approximativement l'époque, un énorme tremblement de terre plus récent et Charles Aznavour... Il était temps de combler encore une fois quelques lacunes... et je suis "tombée" sur cette BD à la bib'.

Encore une bonne leçon d'Histoire et de géopolitique ! Pour dire vrai, Le fantôme arménien est un total coup de poing dans le ventre.

Déjà, je pensais le génocide arménien comme "affaire classée", terme très inadéquat certes, mais je pensais que ce n'était plus que du passé, à ne pas oublier pour qu'il ne recommence pas, au même titre que les autres génocides plus ou moins récents.

Il n'en n'est rien. Déjà, l'Etat Turc, coupable des crimes avec l'aide des Kurdes, conserve une politique négationniste, cent ans après les faits. Il ne fait toujours pas bon vivre en Turquie si vous êtes d'origine arménienne, et des assassinats politiques ont encore lieu. Et en 1915, les exécutions de masse, les tortures, les viols, les enlèvements d'enfants, bref, l'humain dans "toute sa splendeur"

Les survivants du massacre de 1915 ont dû, pour survivre, s'assimiler à la population Turc, changer de prénom, de religion, de langue et de culture. Ce n'est que récemment que les anciens commencent à parler, à évoquer les souvenirs, la réalité, à s'avouer Arménien, mais toujours la peur au ventre.

Ensuite, il y a en Anatolie une "cohabitation" pluriethnique et religieuse difficile : les turcs, les arméniens, les kurdes, les chrétiens (plutôt cachés), les musulmans, les alévîs (croyance issue de l'Islam Chiite. Et puis, les Arméniens restés au pays dans la clandestinité et la pauvreté éprouvent une certaine rancune face à ceux qui ont pu fuir et qui, pensent-ils vivent une vie luxueuse en France ou ailleurs, les ayant complètement oubliés.

Bref, cet album répond à beaucoup de questions et en pose autant d'autres quelque part, il me faudra donc approfondir le sujet par d'autres biais pour le maîtriser à peu près.

Quoiqu'il en soit, dans ces pages qui sont aussi la retranscription d'un reportage TV, ce sont autant les hommes que les pierres qui témoignent d'un passé et d'une blessure qui ne se refermera jamais. Même si l'on sent tout de même un vent d'espoir et de renaissance, avec une nouvelle génération arménienne bien décidée à récupérer son identité, sa langue, sa culture, et à faire revivre tout cela. Et surtout, nombre de gens qui découvrent leur arménité de façon très récente, au fil des langues qui se délient.

Mon seul petit bémol irait à certains dessins. Au fil des pages, nous rencontrons beaucoup de personnages qu'il n'est pas aisé de reconnaître. Aussi, certains dessins sont parfois purement symboliques et pas franchement "transparent" pour l'ignare que je suis, même si je le suis beaucoup moins après la lecture de ce "Fantôme arménien", que je ne peux que vous conseiller vivement, tant son intérêt est évident !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 23 Mai 2017

 

BD - Editions Dargaud - 96 pages - 18 €

 

Publication en 2010

 

L'histoire : Il y a le maladif, talentueux et cultivé Malard, l'insatisfait débordant d idées Inscht ; le poseur et dragueur Alpodraco ; le cynique et grognon Greul. Ils sont écrivains, et leur seule base solide est le troquet parisien qui leur sert de QG. Là, ils débattent, déplorent ou débinent leurs livres, leur métier, la littérature et tout ce qui tourne autour. Mais comme autant de quilles dans un jeu de chiens, il y a aussi un prof en voie de clochardisation, une célèbre auteure à
succès, une stagiaire-secrétaire-pigiste qui couche, un jeune écrivain qui vient les flatter et demander conseil... Tout s emballe quand le bistrot est mis en vente : la bande des quatre décide de tout faire pour l'empêcher.

 

Tentation : Le sujet !

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : La 4ème de couv' m'annonçait du "percutant", du "magistral" et "un humour dévastateur". Mouais. Dans ces catégories, peut vraiment mieux faire. Il existe un deuxième tome que je n'ai pas l'intention de lire pour être honnête.

Le récit est une succession de saynètes entre les 4 écrivains qui sont, disons-le sans peur, plutôt déprimant et blasés par le système, plutôt mous et ne cessant de se plaindre d'être incompris par la terre entière y compris eux-mêmes. Du fait de ces saynètes, l'histoire est très hachurée, et les sujets abordés jamais approfondis. C'est dommage.

Certes, il y a tout de même quelques passages qui prêtent à sourire, comme celui de la revue de presse ou de la cuite du marketing éditorial, et certaines réflexions font mouche. Mais de là à s'emballer, non hélas.

J'ai trouvé trop de poncifs sur "les auteurs maudits" et finalement, la plongée dans le monde littéraire est très réduite, même si nous assistons à quelques séquences telles qu'un cocktail ou une séance de dédicace. Mais on regrette de ne pas avoir plus accès à l'aspect créatif du métier d'écrivain.

Les dessins n'ont rien d'extraordinaire et les quatre écrivains ne m'ont pas été particulièrement sympathiques.

Bref, une BD que l'on lit vraiment avec un sentiment de "pas désagréable mais sans plus". A vous de voir !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 4 Mai 2017

Un grand Bourgogne oublié

BD - Editions Grand Angle -  95 pages - 18.90 €

 

Parution en septembre 2014

 

L'histoire : Propriétaire d'un domaine, Manu a une obsession, comme son père avant lui : faire un grand vin. C'est pour ça qu'il loue la parcelle du clos de la Mollepierre, convaincu qu'un grand terroir a été oublié sur cette hauteur de Cruzille, dans le Maçonnais. Aujourd'hui, le rêve de Manu prend forme, le clos est à vendre.

C'est alors qu'un ami de Manu trouve un lot de bouteilles anciennes sans étiquette, hormis une belle inconnue née en 1959. À la dégustation, l'émotion de Manu est énorme. C'est le plus grand vin qu'il ait jamais bu. Manu a une évidence qui tourne à l'obsession : il doit retrouver ce que contenait cette bouteille !

C'est avec les pieds de vigne qui ont permis ce prodige qu'il veut replanter la Molle-pierre, en l'honneur de son père disparu. Commence alors plus qu'une enquête, une quête vitale...

 

 

Mon humble avis : Encore une bien belle BD, fichtrement intéressante et divertissante.

C'est dans une quête peu ordinaire que nous entraînent ses auteurs : celle du cépage parfait pour ressusciter une parcelle et y produire le meilleur vin qui soit.

Dans la cave d'un ami, Manu, vigneron dans la Mâconnais, découvre par hasard quelques bouteilles datée de 1959. Ils ouvrent la bouteille et là, Tabernacle ! Quel vin ! Le septième ciel ! Mais plus aucune étiquette ne figure sur les bouteilles, impossible de connaître sa provenance ! Ca ne fait pas reculer Manu qui n'a qu'un rêve : racheter une parcelle et y produire le meilleur des vins, celui qui l'emmène au nirvana. Il veut cultiver les vignes qui lui donneront le vin de ses mystérieuses bouteilles.

Il nous emmène alors dans une enquête très rythmée, amusante aussi, qui nous conduit à New York, à Bruxelles et dans différentes régions viticoles françaises. C'est l'occasion pour le lecteur de rencontrer tous ses passionnés d'excellents vins, dont on taira le prix à la bouteille : vignerons, viticulteurs, oenologues, cavistes, spécialiste chez Christie's, négociants etc. Bref, une belle découverte de cet univers, fait de sommités, d'us et de coutumes. Mais ce qui ressort avant tout, c'est l'amour du terroir, de la terre, de la tradition, l'excellence et de la bonne chair !

Cette BD est en noir et blanc ! Seul le vin de ses fameuses bouteilles est en rouge, tout comme les effets qu'il provoque sur ses dégustateurs ! Les dessins sont agréables et les textes facile à lire, même si je me suis parfois perdue dans le vocabulaire spécifique à ce milieu (un glossaire à la fin eut été apprécié).

Quelques pages de post-scriptum expliquent ce que cette histoire tient de la réalité et du romanesque, puisqu'elle s'inspire de faits vécus. Elles présentent également les vraies sommités et spécialistes viticoles que nous croisons autour de cette quête originale et bien sympathique.

PS ; j'ai appris ce jour qu'un tome 2 était sorti !

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 19 Avril 2017

BD - Editions Futuropolis - 120 pages - 19 €

 

Parution en mai 2014

 

Le sujet : Suite à de nombreuses rencontre avec Abdesslem, les deux auteurs dressent le portrait de l'ancien tirailleur Marocain âgé maintenant de 80 ans. C'est donc l'histoire de son enrôlement quasiment de force dans l'armée française en 1939 à l'âge de 17 ans, les deux guerres qu'il a fait pour la France (39-45 et l'Indochine), son retour au pays, puis sa retraite forcée en France pour pouvoir percevoir sa retraite militaire.

 

Tentation : Le pitch et les dessins

Fournisseur : La bib'

 

 

 

Mon humble avis : Encore une BD magnifique et tellement utile, voire nécessaire. Nécessaire pour que ne tombent pas dans l'oubli ces hommes marocains, algériens, tunisiens, sénégalais... Ces hommes des anciennes colonies françaises qui ont été enrôlés plus ou moins de force dans l'armée Française à l'occasion de la guerre 39-45. Et qui se sont battus pour libérer la France, tout en étant traités comme des moins que rien, puis oubliés ou presque. Remis à jour parfois par un discours politique lors d'une commémoration et que l'on appelle : les Harkis

Cette BD alterne souvenirs racontés par Abdesslem lui-même, et des passages narrés par les auteurs. Il y a la jeunesse d'Abdesslem dans les montagnes marocaines, où il était berger auprès de sa famille. Lors d'un de ses passages en villes, alors qu'il accompagne un ami qui veut entrer dans l'armée Française, celle-ci le met de force, sans explication aucune, dans un camion... Quelques mois plus tard, le voilà sur le front en France. Lors de la débâcle, ces soldats maghrébins sont abandonnés par leurs officiers qui leur conseillent de rejoindre Marseille à pied, en marchant toujours vers le sud. Puis il y a l'arrestation par les Allemands et l'enfermement dans un Frontstalag, un camp réservé aux prisonniers de couleur sur le sol français, pour éviter que ces derniers n'altèrent la race aryenne d'une façon ou d'une autre. Ensuite, c'est le front italien, où ces tirailleurs sont chargés d'ouvrir une voie qu'aucune autre armée ne pourrait ouvrir. Je vous laisse imaginer les conditions de combat, accompagnées de malnutrition etc... Et quelques années plus tard, la guerre d'Indochine...

En tout pour Abdesslem, 13 années au service de l'armée Française, la promesse d'une pension de guerre jamais tenue et un droit à une petite retraite. Mais pour la percevoir, Abdesslem est obligé de vivre neuf mois par an en France. Il vieillit donc seul 9 mois par an, loin des siens, à Dreux, dans un foyer social que l'on appelait avant les foyers "Sonacotra". Sept mètres carrés et des années d'ennuis, alors qu'Abdelssem ne rêvent que de ses montagnes marocaines. Mais sa petite retraite est nécessaire pour faire vivre sa famille. Bref, on ne peut être que révolté par une telle aberration de système, une fois de plus.

Bref, Le tirailleur est un superbe album qui sonne tellement juste. Il prend aux tripes, est instructif à souhait, remet les choses souvent ignorées à leur place et l'Histoire en mémoire.

Par dessus-tout, il est illustré de splendides planches de dessins, sans doute réalisés aux crayons de couleurs et au pastel gras. Même si beaucoup de dessins sont sombres pour bien représenter l'enfer du combat, ils sont très réussis et très parlants. Dessins et textes sont vraiment respectueux de l'homme et de son histoire.

A la fin de l'album, l'un des auteurs part au Maroc passer quelques jours chez Abdesslem, puisque celui-ci a finalement renoncé à sa retraite pour rejoindre les siens. C'est donc une nouvelle rencontre, d'autres témoignages aussi et l'occasion d'un reportage photos sur l'environnement du Tirailleur.

Superbe, essentiel, très fort, puissant, incontournable album !

 

 

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 7 Avril 2017

BD - Editions Dargaud - 64 pages /tome - 11.99 €/tome

 

Parution du 1er tome en 2014

 

L'histoire : Pierrot, Mimile et Antoine, trois septuagénaires, amis d'enfance, ont bien compris que vieillir est le seul moyen connu de ne pas mourir. Quitte à traîner encore un peu ici-bas, ils sont bien déterminés à le faire avec style : un oeil tourné vers un passé qui fout le camp, l'autre qui scrute un avenir de plus en plus incertain, un pied dans la tombe et la main sur le coeur. Une comédie sociale aux parfums de lutte des classes et de choc des générations, qui commence sur les chapeaux de roues par un road-movie vers la Toscane, au cours duquel Antoine va tenter de montrer qu'il n'y a pas d'âge pour commettre un crime passionnel.

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : La bib'

 

 

 

Mon humble avis : C'est à "l'occasion" de l'enterrement de Lucette, l'épouse d'Antoine, que celui-ci retrouve ses vieux (dans tous les sens du terme) amis : Pierrot et Mimile. Ils sont tous septuagénaires

Antoine, c'est l'ancien syndicaliste. Pierrot, ancien syndicaliste aussi, nouvellement anarchiste, s'amuse à perpétrer des "attentats gériatriques" avec son collectif "ni yeux ni maître". Mimile, c'est l'ancien baroudeur du pacifique. Tous 3 sont tour à tour irrévérencieux, révoltés, fatigués, égoïstes mais finalement, toujours la main sur le coeur et prêts à traverser la France par amitié !

Et puis il y a Sophie la marionnettiste, la petite-- fille d'Antoine et bientôt Juliette, l'arrière- petite- fille d'Antoine. Et autour de ce petit monde, une multitude de personnage secondaire tous plus hilarants les uns que les autres.

Nous suivons ce quatuor insolite sur trois tomes plein de rebondissements, de révélation, d'action pour "la cause", de secrets, de coups de main, de coups de gueule et de coups de coeur. Mais le fil rouge des 3 tomes restent toujours l'amitié !

Ce triptyque est pour moi un énorme coup de coeur. J'ai rarement lu de BD aussi bien construite, avec des personnages aussi bien croqués et approfondis (bien entendu, en 3 tomes, c'est un peu plus facile qu'en un seul tome), mais tout de même ! Chapeau.

Le lecteur oscille entre rires et émotions. C'est qu'il y a un sacré humour dans cette histoire, tant dans les dessins (avec des détails truculents si l'on prend le temps de bien regarder), que dans les textes ou encore, dans les péripéties de nos trois papis ! Et puis l'émotion oui, devant les épreuves de la vie, où lors des souvenirs de celle-ci.

Ce qui est génial aussi dans "Les vieux fourneaux", c'est le nombre de sujets exploités et ce, toujours à bon escient. Allez, en vrac, quelques-uns d'entre eux : le deuil, la vieillesse, la monoparentalité, le syndicalisme, l'anarchie, la société de consommation, le détournement d'argent, le désoeuvrement des jeunes sitôt qu'ils ne sont plus connectés, les jeunes qui confondent jeux vidéo et réalité, l'amour, l'adultère; la délocalisation des emplois, les jeunes vus par les vieux, les vieux vus par les jeunes, les amours ratés de la jeunesse, et même les conséquences de la "collaboration" lors de la guerre 39-45. Enfin mais surtout : la diversité des baguettes chez le boulanger ! Ah, qu'est-ce que j'ai ri à de multiples occasions... le tout, dans une ambiance bon enfant !

Tous ces sujets mettent les personnages devant leurs ambiguïtés, leurs forces et leurs faiblesses, leur fierté et leur honte cachée, leur avenir et leur passé, le tout, les deux pieds bien plantés dans le présent.

Les auteurs Lupano et Cauuet ont vraiment eu une chouette et audacieuse idée de faire de ces 3 septuagénaires des héros de bande-dessinée. Au fil de situations très cocasses, c'est un portrait satyrique, sans complaisance et très drôle de notre société actuelle ! INCONTOURNABLE !

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 30 Mars 2017

BD - Editions Futuropolis - 142 pages - 22 €

 

Parution en 2013

 

L'histoire : Alain, contrôleur à la SNCF, rencontre Kamel, arrivé clandestinement en France, alors qu’il réussit à échapper à un contrôle de police en gare de Marseille. Scandalisé par le traitement brutal des policiers, et confiant en l’homme qu’il voit pour la première fois, il accepte de le cacher chez lui, le faisant passer, après de ses proches, pour un collègue en convalescence. Mais rapidement, le doute s’installe : la télévision annonce que trois des dix clandestins arrêtés à Marseille seraient liés à un groupe terroriste…

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : Frères d'ombre est une BD aussi touchante qu'intéressante par ses multiples sujets traités...

Déjà, l'on constate l'énorme difficulté des algériens pour obtenir un visa pour la France, visa qui leur est refusé sans raison, ou accepté au petit bonheur la chance. C'est ce qui pousse Kamel, le héros de ce récit, à entrer clandestinement en France, d'autant plus qu'il déserte aussi son service militaire. Ceci car l'Etat Algérien n'a rien fait pour retrouver le coupable du meurtre de son père. Son père, imam très modéré, fut en effet assassiné par les extrémistes.

Ensuite, vient la difficulté justement d'entrer en France illégalement avec tous les pièges et autre que cela comporte. Kamel a de la chance de tomber sur Alain, qui va l'aider en l'hébergeant. Une belle amitié va naître en ces deux hommes, et les deux auteurs font tomber plus d'un poncif. Kamel se révèle extrêmement cultivé et ouvert d'esprit. Ces qualités, pour le lecteur, vont aboutir à d'intéressantes conversations sur la guerre d'Algérie. Conversations où s'opposent les deux camps : l'algérien, et l'ancien soldat en Algérie qu'est le frère d'Alain.

Puis vient les soupçons de terrorisme. Kamel se retrouve placardé dans tous les médias. Alain doute, puis décide d'accorder définitivement sa foi en son nouvel ami. Le récit prend alors un autre rythme... Tout s'accélère ! Mais pas non plus au point d'en faire un thriller haletant comme le dit la 4ème de couv.

Le personnage d'Alain est particulièrement bien croqué, fourni et attachant. Alors qu'il mène une petite vie plutôt planquée et résignée, l'accueil puis la protection de Kamel va devenir son challenge, son oeuvre, sa grandeur, bref, sa réalisation. De fait, il ne sera plus jamais comme avant et pourra redresser les épaules aussi bien devant ses collègues que devant son entourage. Cette transformation d'Alain, que l'on ne voit qu'en filagrame, m'a vraiment plu.

Mes seuls petits bémols sur Frère D'ombre se portent sur les 4 ou 5 premières pages où il est malaisé de se situer. Puis sur la position des bulles, puisque par moment, je me suis rendue compte que je ne les lisais pas dans le bon ordre.

Bref, une bien chouette BD aux sujets très actuels, qui appelle à l'humanisme.

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 17 Février 2017

Résultat de recherche d'images pour "mon dernier jour au vietnam"BD - Editions Delcourt - 75 pages

 

Parution en 2004

Le sujet : Will Eisner raconte la guerre. Mais pas celle des héros médaillés ou des faits d'armes étincelants. Eisner s'intéresse plutôt à l'envers du décor. En six récits, comme autant de petites nouvelles, il s'attache à suivre des individus perdus dans la bourrasque du Vietnam ou de la Corée. La peur, la tendresse, les coups de folie ou de déprime, l'égoïsme… Les guerres sont le théâtre tragique et parfois dérisoire des sentiments et des passions, racontés ici avec pudeur et sensibilité par l'un des derniers géants de la BD

 

 

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : Je découvre avec cette BD un très grand nom mondial de la BD, si j'en crois les quelques articles que j'ai pu lire au sujet de Will Eisner.

Ici, il raconte ses souvenirs de la guerre de Corée et du Vietnam. Souvenirs vécus ou rapportés puisqu'en résumé, durant la 2ème Guerre Mondiale, puis celles citées ci-dessus, Will Eisner était dessinateur pour l'armée US... Toujours en résumé, il dessinait en bandes dessinées l'entretien préventif du matériel de guerre. Le support BD permettant ainsi d'être compris par tous... Etrangers ou analphabètes.

Ici, nous avons donc 6 nouvelles, 6 récits en format BD. Je pense que c'est justement l'aspect "nouvelles" qui m'a déstabilisée et laissée un peu sur ma faim. Le format "nouvelle" se révèle souvent trop court en littérature, donc en BD, c'est encore plus évident ! Disons que je m'attendais à plus de profondeur.

Il n'empêche, l'émotion tombe souvent comme un couperet dans la chute de ces nouvelles... Exemple, le journaliste qui couvre la guerre du Vietnam "un peu comme un touriste"... Puis, il découvre le corps déchiqueté de son fils. La guerre de vient alors SA guerre.

Le gros GI américain plein de muscles et qui semble n'avoir qu'un pois chiche dans le cerveau, qui clame adorer et avoir besoin de tuer et qui finalement, aime passer son temps dans un orphelinat de métisses viet/américains, dont personne ne veut, évidemment...

Ces 6 nouvelles sont d'intérêt variable, mais à voir avec le temps, peut-être qu'elles sont toutes marquantes.

L'introduction est vraiment intéressante, qui présente l'auteur, le contexte géopolitique de l'époque et permet ainsi une petite révision bien utile des cours d'Histoire !

 

Résultat de recherche d'images pour "mon dernier jour au vietnam"

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

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