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Publié le 26 Octobre 2013

SAM_3955.JPG En octobre, la romancière Claudie Gallay a répondu présente à l'invitation de la librairie Lefailler... Dans une médiathèque Rennaise, elle a donc présenté son dernier ouvrage, intitulé Une part de Ciel.

Bien sûr, j'ai assisté à cet événement et j'ai pris quelques notes, dont voici des extraits !

 

 

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C'est l'histoire de Carole, qui retourne dans sa famille au coeur de la Vanoise. Elle y a rendez-vous avec son père, l'absent.. rendez vous fixé via une boule de neige...

 

 

 

 

 

SAM_3964.JPG   CG : La première idée et image de ce livre, ce fut le lieu. Tous mes romans partent d'un lieu. Je voulais aussi traiter de la fratrie. J'aime les lieux géographiques forts, rudes. Je suis native du Dauphiné, donc je connais ces montagnes. Et puis il y a eu le personnage de Gaby, un peu rustre, qui n'a jamais quitté ce lieu. C'est donc l'histoire d'un lieu et de quelqu'un.

 

 

 Arnaud, l'interviewer : Pourquoi Carole veut voir son père, qu'elle n'appelle même pas Papa ?

CG : Oui, c'est un père un peu absent, qui partait mais qui revenait toujours. La mère aimait ses retours, elle s'apprêtait.... On ne sait pas trop où ce père habite... Et puis, il convoque ses enfants et ses 3 enfants vont se retrouver.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SAM_3957.JPG Arnaud : Pourquoi vouloir rassembler 3 solitudes au même endroit ?

CG : Il fallait qu'ils soient seuls tous les 3, à un moment où ils sont sans conjoint, pour pouvoir se retrouver. Avec un frère ou une soeur, si les conjoints sont là, on ne dit pas les mêmes choses. Le cocon, ce sont les souvenirs car la maison n'est plus là, elle a brûlé. Ils vont devoir retrouver ensemble ces souvenirs et se réconcilier autour de ça.

 

 

 

Arnaud : Celui qui s'en va est il le plus fort ou le plus faible ?

CG : Carole n'est pas très à l'aise dans ce lieu C'est difficile de revenir, on est toujours étrangère... elle se laisse donc doucement réapprivoiser.

 

Ecrire l'attente et l'absence n'est pas compliqué mais il fallait oser la lenteur, admettre la lenteur des détails. Je ne pouvais pas faire un livre de 200 pages. Une fois ce fait accepté, je me suis dit que ce livre ne pouvait pas être écrit autrement...

 

 

 

CG : Au début, pour moi, c'était Gaby qui était faible, fragile. Elle est au quotidien, c'est la débrouille sans son mari. Finalement, celle qui est la plus fragile, c'est Carole, celle qui revient

SAM_3968.JPG et a besoin de Gaby. J'aime ce lien indestructible entre les deux soeurs. Gaby a beaucoup changé depuis ma première version du roman.

 

 

Arnaud : La mère a-t-elle aimé à égalité ses enfants et en fonction de l'ordre dans lequel elle les a évacué lors de l'incendie ?

CG : C'est une question terrible que peuvent se poser des frères et soeurs. Ai-je été aimé, mieux, pareille, moins ? C'est une question essentielle par rapport aux parents. C'est le noeud du livre. La première scène que j'ai écrite, c'est la fin du livre. Je savais que je voulais aller là-bas, sans savoir par où l'allais passer.

 

 

Arnaud : Il y a une forte dimension visuelle dans ce livre....

CG : C'est important pour Carole, alors ça le devient pour moi. Au départ, ce sont des taiseux qui disent beaucoup de choses par des gestes, des regards... C'est un livre à lire lentement car beaucoup de choses sont dites autrement que par le verbe. Il y a des silences qui cachent des choses et d'autres qui en révèlent. Il y a des choses qu'il faut deviner et qui ainsi prennent un poids de vérité car elles sont découvertes.

 

 

 

 Arnaud :  Comment avez vous inventé ce village ? Comme le bout du monde ou comme le lieu le plus beau du monde ?

CG : Difficile à dire. Ce sont des villages où personne ne s'arrête alors que si on s'y arrêtait, on y trouverait de la vie. C'est aussi le bout du monde... car il faut marcher sur les chemins pour les garder vivants.

 

 

Arnaud : Pourquoi en faire un village à l'avenir précaire ?

CG : C'est porreux avec ma propre histoire. Ca me touche beaucoup ces villages qui évoluent avec le progrès. J'ignore si c'est une bonne chose ou pas, cette modernisation. Je ne suis pas paséiste, mais j'ai toujours mal aux paysages qui disparaissent. Quand j'aime un paysage, je voudrais qu'on y touche jamais.

 

 

Arnaud : Vous évoquer la lenteur pour ce roman et pourtant, vos phrases sont courtes. Comment avez vous décidé cela ?

CG : Je ne décide pas et c'est dommage car cela irait bien plus vite si je décidais. C'est un texte que j'ai écrit plusieurs fois. J'ai commencé en septembre. Donc, quand je suis arrivée au corps du livre, c'était l'hiver. Par contre la relecture s'est faite au printemps, donc c'était moins facile de se croire en plein hiver.

 

 

Ma question : A quoi ressemble une journée de Claudie Gallay, l'écrivaine ?

CG : Je suis au bureau à 5h du matin. C'est l'heure où on ose le plus en écriture... jusqu'à 8 ou 9h, tous les jours. Le soir, je relis. Et l'après midi, je vis ! Ce que je préfère dans le travail de l'écriture, c'est le choix du mot juste, précis. Ne pas trahir la langue, la façon de parler du personnage. C'est compliqué de savoir quand s'arrêter, au moment juste. Je prends beaucoup de notes, j'ai toujours des carnets avec moi.

 

CG : Aucun des personnages de vient d'une seule personne existente. Ils sont vraiment inventés, contrairement aux paysages qui existent.

 

Ma 2ème question : En cas d'incendie, lequel de vos livres sauveriez vous en premier ?

CG : Je sauverais mes notes du prochain livre !

 

 

 

  Passons aux photos qui complètent ma collection d'effets de mains d'auteurs !

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Auteurs : rencontres et conférences

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Publié le 12 Octobre 2013

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En septembre dernier, Sorj Chalandon est venu à Rennes présenter son dernier roman : Le quatrième mur

La conférence, qui se tenait aux Champs Libres, était captivante et bouleversante à la fois. Le public ne bougeait plus, l'émotion était palpable, dans dans le regard et la voix de l'auteur, que dans la salle où régnait un silence inhabituel. Personne n'osait même tousser.

Voici quelques extraits de cette conférence d'après mes petites notes.

Je rappelle que dans cette catégorie "conférence et rencontre d'auteur", je ne suis que spectatrice. L'interview n'est pas de moi, elle est le travail d'un journaliste littéraire. Je reprécise cela car il semble qu'il y ait quelque confusion chez vous lecteurs !

 

 

 

 

 

 

 Le journaliste : "Le quatrième mur", pour un romancier, quel est-il ?http://www.evene.fr/files/imce_dates/2013/08/sorj-chalandon-le-quatrieme-mur.jpg

 SJ : Pour un romancier, je n'en sais rien. Mais dans ce livre, il est triple. Je mets la guerre du Liban en scène et Georges va mettre en scène Antigone. Donc il y a déjà un 4ème mur. George est mon deuxième prénom, donc le lien n'est pas long à faire... George va prélever un acteur dans chaque camp. Il y a un 4ème mur qui sépare la guerre et la paix, puis celui qui sépare les acteurs et le public.

C'est l'histoire d'un emmuré, puisqu'il n'y a ni porte ni fenêtre.

  

Je suis sali par la guerre, qui m'a sali et blessé pendant 20 ans. Même si je suis sans blessure apparente, j'ai laissé des lambeaux de moi partout. Un journaliste doit dire ce qu'il voit. Il ne doit pas pleurer mais recueillir les larmes des autres. J'ai recueilli pendant des années avec effroi. Il fallait que cette effroi sorte et que je donne.

  

Dans mon journal, il y a deux colonnes : Ce que l'on me dit / ce que je vois et ressens. 

 

 

 

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 ...SJ : Ce n'est pas un roman à suspens. L'important n'est pas la réussite, mais le test, l'essai jusqu'au bout.

Un journaliste n'est pas un sujet. Je ne me mettrai jamais en scène en tant que journaliste dans un roman. J'ai envie d'être quelqu'un d'autre. Je prends un homme en paix, qui n'a rien à faire dans la guerre. Je ne voulais pas être dans l'autofiction, j'aurais trouvé cela obscène. Georges me ressemble, mais il n'est pas moi. Je voulais que Georges soit en désarroi. Devant la barbarie, il n'y a pas de place pour les larmes. Quand avec mes compères journalistes on est arrivés à Chatila, les mots tremblaient sous les stylos mais il fallait être concis, précis. J'aurais aimé être aveugle, j'avais deux yeux de trop. Dans chaque homme, il y a un bourreau et une victime. Qui fait-on taire en premier ?

 

 

 

 

 

 

SAM_3854.JPGLe journaliste : Y a-t-il une différence d'écriture entre le journaliste et le romancier ?

SJ : Je ne voulais pas que l'auteur Sorj Chalandon puise dans les écrits journalistiques du journaliste Chalandon. Et pourtant, j'ai retrouvé des phrases identiques ou presque. Le journaliste et l'auteur ont trouvé les mêmes mots. Quand on est journaliste, il ne faut pas rajouter du mot, il ne faut pas jouer avec les mots.

Georges décide de retourner à la guerre et d'y rester. J'ai deux filles, je ne pouvais pas repartir à la guerre.

On imagine pas le nombre de gens qui rentrent de la guerre et se taisent... Je porte ce livre depuis longtemps. Il aurait dû être mon 3ème roman. J'ai écrit "Le petit bonzi" qui m'a fait continuer. La trahison de l'Irlandais m'a obligé à écrire "Mon traitre" et "Retour à Killybegs". J'en ai fini avec l'Irlande au niveau littéraire, car personellement, je n'en n'aurai jamais fini avec l'Irlande. Et j'espère qu'avec "Le quatrième mur", j'en aurai fini avec la guerre. Je n'écrirai plus sur la guerre.

 

Je viens d'un monde où l'on a cru que l'on pourrait changer les choses. Georges ne connait que les violentes bagarres étudiantes et il se retrouve dans une guerre à laquelle il ne connaît rien. Moi, en 73, pour "changer" les choses, je suis entré à Libé. Pour Georges, c'est avec le théâtre qu'il veut changer les choses. Il veut que les mots du théâtre classique pénètre une population qui était écartée de cette joie.

La première chose que l'on brûle dans une dictature, ce sont les livres puis les armes. Les livres sont des armes. Sans rendre compte serait un progrès immense mais pas trop urgent !

Comme Antigone va devoir jouer son rôle jusqu'au bout, Georges va aussi aller jusqu'au bout. Il ne comprend rien à la situation mais ce n'est pas grave. C'est l'histoire d'un petit français qui arrive dans un pays en guerre et qui va devoir apprendre pour survivre.  

 

 

 

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SJ : Georges va être obligé de trahir Antigone et Anouilh. Il doit barrer plein de petites choses pour que tout le monde puisse entrer en scène malgré croyances et traditions. Il ajoute des contradictions pour que tout le monde accepte de jouer. A chaque fois, Georges est en plein coeur des communautés. Il ne juge pas. Qui est l'ennemi ?  Son problème n'est pas de savoir qui il préfère... il veut juste que les gens arrêtent de faire la guerre pendant 1h50.

 

Quand on est journaliste, on rend compte et on se tait. Il y a le journaliste du savoir et du regard. Je suis un journaliste du regard. J'aime apprendre, être surpris, bousculé sur le terrain...

Les chants et les rires de l'assassin qui part ou qui revient d'un massacre sont très violents, brutaux. On peut être poête et tueur. Quand on rentre en paix, on sait qu'on n'est pas que poête, mais aussi tueur - pas que tueur, mais aussi poête.

 

"Il faut croire, il faut aller au bout, c'est quand tu baisses les bras que tu n'es pas digne", c'est ce que je veux dire dans ce roman. J'espère qu'il n'est pas un requiem pour la guerre. Ce n'est pas un livre d'actualité, car j'ai fait parler des choses que je croyais muette à tout jamais. Hélas, non, l'actualité montre que non...

 

Même dans les pires situations, il y a toujours une petite place pour la poésie, le théâtre. Il reste encore une place. J'ai pleuré de faire partie de cette humanité là. Je revendique le droit de pleurer les blessures des autres. J'ai confié à Georges la tâche d'aller où je me suis arrêté. Avec lui, je veux voir ce qui me serait arrivé si j'avais continué...

 

Je voulais me débarasser des fantômes, mais je les ai convoqué. Je ne suis pas appaisé. J'ai un sac de pierre sur le dos, et je suis en train de le partager avec vous. La part de vécu est immense dans ce livre, mais c'est bien plus que ça. Je ne veux pas partager ma douleur, mais l'universel. Je n'ai pas envie qu'on oublie. Certes, on ne peut pas vivre qu'avec des morts, mais je vis avec un cortège. Il n'y a pas de visage de monstre. Le pire assassin de guerre, c'est celui dont on vient de tuer la femme et l'enfant.

Celui qu'il faut combattre est en nous, et c'est ce qui est le plus inquiétant.

 

 

 

 

 

 

Bon, pour détendre l'atmosphère, voici quelques photos qui complètent ma collection de photos d'effets de mains d'auteurs !

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 30 Septembre 2013

   http://img11.hostingpics.net/pics/207210SAM3883bis.jpg  En début de semaine, la librairie Lefailler recevait Véronique Ovaldé à l'Espce Ouest France à Rennes.

 

L'écrivaine est venue présenter son 9ème roman, "La grâce des Brigands", paru recemment aux  Editions de l'Olivier.

 

 

http://www.franceculture.fr/sites/default/files/imagecache/ressource_full/2013/07/18/4669328/la%20gr%C3%A2ce%20des%20brigands.jpg

 

J'y étais, j'ai pris des notes, dont voici quelques extraits !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://img11.hostingpics.net/pics/381900IMG3041.jpg Le journaliste : Vous dites qu'écrivaine n'est pas un métier ?

VO : Oui, parce que j'ai une idée enfantine du métier : des collègues, des horaires, et ce qui permet de manger. Je ne veux pas voir l'écriture comme ça, pour moi, c'est un trésor sous la peau. De plus, je veux rester libre de ne pas publier tous les ans. Cependant, cela complique la vie.

 

 

Le journaliste : Pourquoi l'Amérique est elle aussi présente dans vos romans, du Sud au Nord ?

VO : La vastitude, la diversité de l'Amérique font que c'est un très bon endroit pour écrire un roman. L'Amérique du Sud,  c'était chez moi, mes amis, mon histoire familiale, mes lectures. L'Amérique du Nord, la Californie était un endroit pour moi, même s'il eut été plus simple d'y mettre des comédiens que des auteurs ! Los Angeles est une ville hispanophone avec laquelle je suis à l'aise. Je trouve fascinantes ces villes constuites sur des failles, où il est dangereux d'habiter. Les écrivains qui vivent à Los Angeles ont souvent fait d'autres tentatives "échecs" dans le cinéma.

 

 

 

PEINTURE-3025.JPG  Le journaliste : Nouveauté dans vos romans, vous utilisez Los Angeles et Santa Monica, des villes qui existent...

VO : Ca ne me semblait pas utile d'inventer une cité supplémentaire. Il était important que mon personnage parte dans une mégalopole. Dans les années 70, Los Angeles était un lieu d'insurrection. Je n'ai pas connu cette ville à cette époque, donc je pouvais faire ce que je voulais.
Quant on quitte une province pour monter à la capitale, c'est un vrai choc. Il faut se faire violence, se fondre, se faire accepter, même quand on est une banlieusarde et que l'on vous a toujours dit "ce n'est pas pour vous". Maria Cristina a une mère très bigote, qui a très peur du monde extérieur et qui va empêcher sa fille de partir. C'est très excitant pour Maria Cristina. Excitant et angoissant à la fois, à cause des règles qui sont liées aux relations avec les autres. Maria Christina veut tenter de devenir quelqu'un qui n'a pas peur de tout.

 

 

 

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 VO : Maria Cristina rencontre Raphaël, un auteur qui s'autoproclame génial, qui est très méchant, très drôle, très mysogyne. Il a de l'esprit et il est en guerre avec tout le monde car il se sent meilleur ! Envers Maria Cristina qui veut devenir écrivain, il lui dit qu'elle doit son succès à son physique afin de la rabaisser. Et puis j'ai trouvé aussi intéressant de voir s'effondrer un géant.

Raphaël se trompe sur le rôle de la littérature. Maria Cristina a écrit un livre partiellement autobiographique et Raphaël découvre au bout de 15 ans ce "partiellement". Cela veut dire qu'il a oublié le sens de la fiction, mais aussi, qu'il n'a pas découvert la vérité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PEINTURE-3030.JPG VO : Maria Cristina a certaines de mes idées mais ses actes sont à l'opposé des miens. Elle écrit de l'autobiographie mais en même temps, parler de son histoire, c'est déja faire de la fiction. Elle ne peut plus confronter sa version des faits avec celle des autres. Et la version qu'elle racontera sera douloureuse pour ceux des siens qui la liront.

 

Il est aussi question de son père analphabète qui apprendra à lire et lira en douce. La lecture clandestine est le plus grand plaisir qui soit.

 

Maria Cristina a choisi de ne pas avoir d'enfant car pour elle, l'espèce est pullulente. Mais surtout, elle ne saurait pas comment s'en occuper, gérer sa vie professionnelle. Elle n'a pas essayé d'avoir un commerce avec les enfants, ce qui est moins accepté de la part d'une femme. Ca m'amusais donc de la mettre face à un enfant qu'on lui imposait.

Les femmes qui refusent la fréquentation des enfants m'intéressent beaucoup, pour leur rapport à la solitude et à l'isolement qui leur convient.

Maria Cristina aurait aimé être scandaleuse, mais elle ne va pas jusqu'au bout car c'est fatiguant d'être scandaleuse.

 

Chaque chapitre a un titre. Ce n'était pas prévu mais je m'amuse tellement avec les titres de chapitre, c'est de la poésie. Alors que le titre d'un roman est bien plus important, l'enjeu est majeur. Il faut pouvoir porter un titre. Quand je donne un manuscrit à un éditeur, c'est sans titre mais avec un nom de fichier.

 

Lorsque j'écris, je connais ma destination mais j'aime avancer à l'aveuglette. Je traite de ce qui correspond à mes préoccupations actuelles. Je trouvais étonnant que les femmes écrivains ne soient pas traitées de la même façon que les hommes.

La ponctuation ? Oui, j'en fais un usage particulier pour mieux segmenter un texte. Et il y a des signes que je déteste, comme le ! : et "...", donc je sucre ! Les :, ça vous stoppe, ce que ne fait pas une virgule. Les majuscule et les virgules, pour moi, rendent un texte plus fluide.

 

 

 

 

 

Je n'ai pas encore lu ce livre, mais si vous voulez un avis, voici celui de Clara

 

 

 

 

 

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 Et bien sûr, je reprends ma collection de photos "effets de main d'auteurs !"

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 8 Juillet 2013

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  Fin juin, c'est une foule compacte qui se pressait pour entrer dans l'Espace Ouest France, répondant ainsi à l'invitation de la librairie Le Failler ! Moi même, j'arrivais cette fois ci avec plus d'une heure d'avance, histoire d'être sûr d'avoir ma place au premier rang ! Le romancier du jour : Maxime Chattam !

Le célèbre auteur de thriller est venu en terre Bretonne nous présenter son dernier opus, paru chez Albin Michel :

La conjuration primitive.

http://2.bp.blogspot.com/-tzFzBxfK-O4/UWT5nRBUArI/AAAAAAAAOKU/-BmNBBpMIUY/s1600/LA_CONJURATION_PRIMITIVE.jpg

De mon côté, une première : plus de petites notes sur un cahier d'écolier... j'ai mis en route le dictaphone de mon MP4. Sur le moment, cela me permet de profiter mieux de la conférence (euh, et aussi, pour le cas présent, de prendre encore plus de photos   ) Conséquences, grand tri photos et maintenant, il me faut réécouter la conférence pour la transposer ici !!! 

 

 

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 L'interviewer : Vous êtes l'auteur d'une quinzaine de romans traduits dans 20 langues. Question un peu personnelle... En quoi ce vous faites aujourd'hui ressemble à ce que vous vous imaginiez il y a 10 ans lorsque vous publiez votre premier roman  ?

MC : Pas facile de répondre. Déjà, il y a 10 ans de ça, j'écrivais avant tout en rêvant d'être publié puisque mon plaisir premier était l'écriture. Je me disais "si je trouve un éditeur ce sera super", "si le livre est un peu lu ce sera formidable car cela voudra dire que je partage mes idées avec d'autres personnes et que ce que je fais n'est pas qu'un délire d'une personne seule dans son coin". Pour quelqu'un qui aime créer des histoires, rencontrer un public assez large, c'est la plus belle des gratifications. J'avais des rêves, mais peut-être pas à cette mesure là. Des fois ça fait bizarre, je m'arrête en disant "sauve toi" car il peut y avoir de la pression sur les épaules qui empêche d'écrire. J'essaie de ne pas trop y penser et d'écrire l'histoire que moi j'ai envie de me raconter. Quand je me relis, j'essaie de me mettre à la place d'un lecteur type, qui est un assemblage d'un peu tous les lecteurs que je renconte. Je travaille en 2 phases. Quand j'écris, je suis dans l'égoïsme, je cherche à me faire plaisir. Quand je me relis, je deviens plus méthodique, moins dans l'égoisme, je coupe beaucoup, entre autre les digressions et j'évite ainsi d'écrire des livres de 1500 pages !

 

 

 

 SAM_3770bis.JPGL'interviewer : Quelle place ont les autres romans que vous avez publié. Certains vous sont ils plus importants que d'autres, y en a-t-il certains que vous reliser pour y puiser des idées, voir si vous ne vous répétez pas, voir votre évolution :

MC : En fait non, y'a rien qui me dérange plus que de me relire. J'ai l'impression que c'est un peu comme quelqu'un qui passerait sa journée à se regarder dans le miroir. Quand j'ai un peu de temps pour lire, je préfère lire les autres, c'est un peu plus sympa pour moi. Parfois, il peut m'arriver de me remplonger dans l'un de mes romans pour voir ce que j'y ai dit, pour rester logique avec un personnage, pour faire un clin d'oeil. Donc dans ce cas là, je cherche, je lis une page ou deux. Mais relire un de mes livres en entier, non, je n'aime pas trop. Je me replonge bien plus dans mes cahiers de notes de mes livres précédents.

Il n'y a pas un de mes livres que je préfère car je les ai tous écrit pour une raison particulière. Quand j'attaque un livre, j'ai déjà une vision précise de ce qu'il sera à la fin. Sinon, ce n'est la peine, il faut que j'en commence un autre. Je suis dans le processus de la narration, prendre toutes les recherches que j'ai pu faire, les structures, les personnages... Je m'amuse ! Une fois fini, quand je relis le livre, je me pose la question : est-ce que c'est le livre que je voulais écrire ? Si c'est non, mais c'est mieux, tant mieux ! Soit c'est oui, très bien ! Soit c'est non. Dans ce cas là, le roman ne va pas dans les mains de mon éditeur, il faut que je trouve ce qui cloche. C'est ce qui s'est passé avec La conjuration primitive il y a un an. Avec du temps, j'ai vu que c'était un problème de tonalité. je me suis dit que ce que j'avais en tête pouvait être mieux que ce que j'avais dans les mains. Alors je suis passée un peu à autre chose, avant de le réécrire à l'automne. D'où le retard de sortie... Même si mon écriture ne serait plus la même, je ne réécrirais aucun de mes livres. Les archanes du chao m'ont demandé 10 ans de recherches (et là, digression passionnante de l'auteur, mais trop longue à reporter ici !!)

 

 

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 L'interviewer : Y-a-t-il des livres plus difficiles à écrire que d'autre notamment par rapport à la violence. Un des personnages de ce roman, criminologue à la retraite explique que pour comprendre la violence, il a du la faire entrer en lui même. Y'a-t-il eu un risque que ce soit infecteux sur vous en partie ?!!

MC : Il faudrait demander à ma femme quand elle voit ma tête quand je descend manger après une journée d'écriture ! Ce criminologue est à la fois ma voix et le lien avec le lecteur. Je ne supporte pas les livres ou les films où se sont les spécilistes ou les criminologues qui font tout le boulot, toujours avant les flics. Ca me saoule car ce ne se passe pas comme ça dans la réalité ! Mon criminologue apporte un aspect philosphique et du recul sur l'histoire. Je passe des journées entières avec les flics sur des scènes de crimes, a voir des autopsies... Je passe mes journées plongé dans la tête des tueurs, même si cela est inventé et traité par voie intellectuelle, il y a quand même, pas de la contamination, ni de l'obsession, mais de l'intérêt plus que poussé pour la question. Je n'aime pas que l'on me dise que mes livres sont gores. Pour moi, gore est un terme péjoratif. Certes, il y a de la violence dans mes livres, mais elle n'est pas gratuite. Il faut du détail pour que la réflexion sur la violence soit impactante. Je me pose toujours la question quand j'assiste à des autopsies : comment on peut en venir à faire cela à quelqu'un. La sérial killer, seulement 5% d'entre eux sont psychotiques, donc non conscient de leurs actes. 95% tuent en pleine conscience du bien et du mal, en plein plaisir, en conscience de ce plaisir; Et ce n'est pas de la folie. Ils n'ont pas tous eu des enfances terribles.99.9% des gens qui ont eu une enfance terrible ne deviennent pas des tueurs en série. Certains ont eu aussi des enfance tout à fait normal. Comment ces individus se construisent ?Alors pourquoi basculent ils ? Et ça, on n'a pas d'explication. 

 

 

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  Ce qui m'anime quand je me lève, c'est que j'aime raconter des histoires, belles ou horrible, que ce soit fleur bleue ou découper de la carbasse, j'aime raconter des histoires, au désespoir de ma mère  !

Ce qui me plait dans le thriller, c'est d'essayer de comprendre la violence, le mal si on peut l'appeler comme ça. C'est une réflexion sur le bien et le mal.

Ce livre est le début d'une série, on retrouvera les personnages que je ne massacre pas !

Sous chaque roman se cache quelque chose. j'espère vous distraire, mais aussi vous interpellé, vous amener à vous poser des questions.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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 L'interviewer : Dans ce livre, il est aussi question du corps, de celui que l'on massacre au sexe tarifé dans les pires conditions.... Le corps est très présent

MC :   Oui, le rapport que l'on a par rapport au corps finit par se poser quand on décrit une scène de crime sur plus d'une page.

Avant d'être romancier, la première autopsie à laquelle j'ai assisté, c'était dans un amphi. On nous a prévenu que ce que l'on allait voir resterait graver en nous toute vie. Rien qu'à l'arrivée du corps mort et son transfert sur la table, c'était le silence total. De mon côté, oui, il y a un peu d'obsession et beaucoup de curiosité pour le corps.

C'est la difficulté quand on fait des recherches, c'est d'écrémer et de ne garder que ce qui sert pour le livre, parfois 3 à 5%... Mon livre précédent, j'avais 7000 pages sur le Paris des années 1900. Il faut s'immerger pendant plusieurs mois, justement, souvent j'écris en même temps, et ces recherches sont un peu mes récréations.

 

 

 

 

 100 2355bis L'interviewer : Pourquoi vos personnages sont solitaires ? 

MC : Dans ce livre, y'a vraiment entre les deux personnages principaux qui sont solitaires et les deux autres qui sont très ancrés dans la famille.

La violence est comme une épidémie qui ronge l'esprit humain, le criminologue ne veut pas la faire rentrer à nouveau dans sa famille, il veut protéger sa famille.

C'est une question que je me pose aussi en tant que romancier, vu que je passe l'essentiel de ma vie seul devant un écran.... J'ai écrit ce roman au moment où je construisais ma famille, et je me suis rendu compte de l'importance que cela avait pour moi. Ce sont les sourires de ma famille qui me permettent de me bétonner par rapport à ma vie professionnelle , et donc c'était important de mettre ce sujet en avant dans ce roman.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Moi : Vous avez, à une époque, suivi des cours de criminologie, c'était avant de devenir écrivain ou justement, pour vous  former, pour être plus crédible encore sur le sujet ?

MC : C'était juste pour écrire un roman : L'âme du Mal. C'était une formation de 17h

et qui durait un an. J'avais la chance d'avoir gagné un peu d'argent avant 

SAM_3756bis.JPGen faisant de la comédie. Donc j'en avais assez pour pouvoir bosser à mi temps pendant un an suivre cette formation. Certes 17h, ce n'est pas énorme, mais cela permet d'avoir une base, que j'ai complété avec des étagère complètes de livres sur le sujet, achetés aux Etats Unis. C'était pour avoir une vision plus globale, faute d'être pointue, de la criminalistique . J'avais en tête en tueur en série qui incarnerait l'irrationnel et un flic qui incarnerait la science. Je ne pouvais pas inviter ce que je ne connaissais pas, dans ce domaine. 

 

 

Moi : Et pour vous distraire, vous lisez plutôt des Musso ou des Grangé ?

MC : Pour me distraire, je lis plutôt des biographies. Je ne suis plus un fan de romans policiers depuis quelques années. Car le problème, quand vous passez votre temps à écrire des thriller et que vous en lisez un, il y a deux cas de figure : Soit le bouquin me tombe des mains, et c'est souvent le cas, parce que je vois les ficèles, soit je me dis, c'est chouette, mais il n'invente rien, soit au contraire, je me dis "qu'est-ce que c'est bien, c'est décourgeant". Donc je ne lis presque plus de roman policier, de temps en temps, quand on m'en conseille un... Une dizaine par an. J'aime aussi les romans d'aventure, Mark Twain, la Fantasy, sauf que là, c'est un peu comme le polar, on trouve tout et n'importe quoi, du écrit à la va vite, donc il y a une recherche à faire. 

 

 

  Et maintenant, les photos pour le fun... j'ai téléchargé un nouveau logiciel de retouche photo, que je maitrise à peu près et avec lequel je m'amuse. Et bien entendu, je complète ma collection de photos d'effets de mains d'auteurs  

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 22 Mai 2013

100_2311bis.png   Début Mai, Alain Mabanckou aux Champs Libres de Rennes.  L'après midi commence par une pièce de théâtre : Le comédien Modeste Nzapassara  met en scène et interprête Black Bazar, issu du livre éponyme de Mabanckou. Puis l"écrivain, lors d'une conférence/interview, présente son dernier roman : "Lumières de Pointe Noire".

Extraits de cette conférence et de mes petites notes ! 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'intervenant : Black Bazar en pièce. Quelle surprise qu'un texte écrit passe aussi bien à l'oral !?

AM :  Cela fait deux ou trois ans que la pièce tourne. Modeste est même venu au Congo et à Los Angeles. Rennes, c'est pas loin de Nantes, là où j'ai fait mes études On venait toujours faire la fête à Rennes où il y a plus de possibilités.

Le groupe Black Bazar est un groupe que j'ai réuni. J'ai aussi réécri le texte pour l'adaption en film qui est en court.

 

 

L'intervenant : Votre roman "les lumières de Pointe Noire" semble très dirigé vers l'oral...

AM : Oui, mes textes sont liés à l'oralité car j'aime avant tout entendre. J'ai d'abord commencé par la poésie. Mes livres sont des romans avec des indications scéniques, des dialogues théâtraux entre personnages.

Il faut toujours aller voir dans les vestiaires de l'enfance, voir si les fondements sont toujours là, voir si la maison ne s'écroule pas. Je ne suis pas retourné au Congo pendant 15 ans. Je n'y suis allée que parce qu'invité par l'institut français. C'est là que j'ai appris à lire...... 

 

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 AM : .... J'ai lu les auteurs par ordre alphabéthique.... pour respecter le travail de la bibliothécaire. Car au Congo, on se disait que si les auteurs étaient classé par ordre alphébéthique, c'est qu'il y avait une raison, et ue rigueur incontournable. Il y avait donc beaucoup de monde devant les auteurs de lettre A. Et on empruntait Zola pour draguer les filles... Maintenant, je suis classé au milieu, mais au début des "M" !!!

 

 

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L'intervenant : Le Congo Brazzaville est un pays littéraire ?

AM : Oui, au Congo, la littérature est un sport national. Tout le monde a un manuscrit. Nous sommes 4 milions, donc 4 millions d'écrivains ! Tout le monde est écrivain ! Chez nous, un footballer ne fait pas le poids face à un écrivain. Même le gouvernement a une jalousie envers les écrivains. Je suis fier du Congo Brazzaville pour ça, c'est un bastion de la langue Française. Quand on et arrivé en France, on a été déçus que l'on n'y parle pas la même langue que nous, avec le subjonctif de l'imparfait etc.... On s'est rendu compte que c'est en France qu'il faut défendre la langue Française, même à la télé.... 

 

 

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L'intervenant : Votre prof de philo était très fier de vous...

AM : Oui, car il nous a appris la philosophie capitaliste dans un pays où l'on n'aurait du apprendre que la philosophie communiste. On courrait pour aller à ses cours.

 

L'intervenant : Comment  vos livres sont accueilli au Congo où le jeu n'entrait pas dans la littérature ?

AM : Au Congo, il n'y a pas beaucoup de livres qui mettent en scène la réalité individuelle puisque nous étions en pays communiste. Il fallait être avalé par le sens commun.

Si je parle de ma famille, les Congolais on l'impression que je parle de la leur... et ils sont surpris que je garde encore tant de détails et de souvenirs...

 

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A.M : Pointe Noire reste une ville "appartheid" avec les blancs et les noirs chacun de leur côté. Les blancs n'ont jamais été attaqués, ni enlevés ni quoique ce soit, car le Congolais ne veut pas hypothéquer sa chance ce venir un jour en France !

 

L'intervenant : Dans Pointe Noire, y a-t-il une volonté de retrouver l'âme du Congo et est ce pour cela d'ailleurs que vous y êtes rester un bon moment l'an dernier ?

AM : Oui, la réalité Congolaise est là mais elle évolue, j'aimerais qu'elle reste dans mes livres. 

 

 

L'intervenant : Est-ce que le rêve de la France reste là ?

AM : Oh oui,  c'est aussi le lien colonial qui veut cela. On a beau leur expliquer que la France n'est pas le Pérou, que tous les Français ne sont pas riches...

On se dit que la richesse est du côté du Franc CFA... C'est pour cela que sur les marchés, il y a les prix pour les blancs, et les prix pour les locaux

 

 

L'intervenant : Quand vous étiez enfant, vous rêviez de partir en Europe ?

AM : Oui, j'avais ce rêve, surtout habitant pas loin de la mer et à voir les bateaux partirs, ça donnait envie. Après le bac, on nous envoyait en Russie, en Roumanie....On avait tous les pin's aux effigies des dictateurs... Sur 200 élèves, 180 partaient dans les pays frères communistes. 20 partaient en France, mais c'était plus difficile, car il y avait le risque de redoubler etc... Alors qu'en pays communiste, on était sûr de ne pas redoublé, d'entrer au parti.... Moi, je voulais la France, donc je me suis arrangé pour être médiocre en siences et pour être bon en histoire, en géographie, en littérature pour aller en France, ce qui est considéré au Congo comme une punition.

 

L'intervenant : Ce livre est il un mémorial pour votre mère ?

AM : J'ai toujours voulu écrire un livre sur ma mère, mais le titre était déjà pris. Et puis, je me suis dit qu'en pensant à Pointe Noire, je pensais toujours à ma mère. C'est aussi un livre pour apprendre à aimer une ville : Pointe Noire du Congo Brazzaville

 

 

 

Effets de mains :

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 4 Mai 2013

SAM_2842.JPGC'était encore une fois le mois dernier. Tatiana de Rosnay a accepté l'invitation de la librairie Le Failler à venir présenter son dernier roman : A l'encre Russe. Cet événement s'est déroulé dans une bibliothèque rennaise, en présente de l'éditrice Héloïse d'Ormesson.

 

 

http://www.lejdc.fr/photoSRC/bqViVeldaWelbKxCPNWs_pusXXdNGltxXD4uu1iw_sR0IkLcazbGupnwlQUaVQo_pWI48f0HY_sxYvETMFwM2diAkJo-_/1049159.jpeg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Extraits de mes petites notes....

 

 

 

 

 

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 L'intervenant : L'encre Russe est l'histoire de Nicolas, un écrivain qui cherche à connaître son identité auprès de son père par la littérature. Et comme vous, il entretient une relation très particulière avec son éditrice....

TDR : Mon roman " Quand elle s'appelait Sarah" avait été refusé par mon ex éditeur. J'ai rencontré Héloïse d'Ormesson alors que j'étais journaliste chez Elle. Héloïse a publié ce livre refusé par 20 éditeurs (vendu depuis à plus de 2 millions d'exemplaires dans le monde depuis, pour info) Alors pourquoi quitter un tel éditeur . En plus, chez mon ex éditeur, mes anciens romans, épuisés, n'étaient plus édités. Héloïse les a réédités. Alors malgré l'appel des sirènes, je resterai chez Héloïse d'Ormesson. Je ne réponds pas aux messages des autres éditeurs que je pense ne lisent pas mes livres mais regardent juste les listes!

 

 

 

 

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HDO : Toute l'aventure de Sarah et celle avec Tatiana est le rêve  pour tout éditeur. C'est la consécration et la concrétisation du rôle d'un éditeur.

On a grandi ensemble. Il y a un côté conte de fées. Cette relation harmonieuse vient de nombreux paramètres dont le facteur chance. Tatiana ne voulait plus proposer son roman. J'ai pu lire le livre suite à une succession de hasards. Et le destin de ce livre nous à tous dépassés.

 

 

 

TDR : Elle s'appelait Sarah, ce n'était pas le best seller feu de paille puisqu'il y a eu un après Sarah. Il y a eu un travail sur le terrain, avec les libraires.

 

 

 

 

 

 

 

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L'intervenant : Dans l'Encre russe, Nicolas s'aperçoit qu'il y a des trous dans son histoire lorsque qu'il veut refaire ses papiers d'identité...

TDR : Oui, c'est un homme qui a grandi dans l'ombre d'un père perdu en mer, un père un peu comme Gatzby Le Magnifique, quelqu'un de fantasque. Nicolas s'est construit autour d'un vide. Mon oncle Arnaud de Rosnay a disparu en mer en Asie en 1984. J'avais envie, quelque part, d'exprimer ela et j'ai dédié ce livre à Arnaud.

Il y a des écrivains qui racontent leur histoire, comme Delphine de Vigan par exemple. Moi, j'ai transposé, ce n'est pas vraiment de la distance. Il y a beaucoup de moi dans ce livre, le succès littéraire, le cinéma, l'histoire du passeport... Je me suis retrouvé dans sa situation quand, en 2009, alors que je voulais refaire mon passeport pour aller sur le tournage de Sarah aux Etats Unis, la mairie du 14ème m'a dit qu'il me fallait désormais prouver que je suis française !

Nicolas est mon alter ego mais je n'ai pas pris de distance. J'avais envie de raconter le point de vue d'un homme.

 

 

 

 

SAM_2838.JPGTDR : Dans les livres, tout est permis. On peut raconter une histoire sans donner son propre avis, pour complexifier les pistes. Nicolas n'a pas le problème de la page blanche, tout comme moi. Nicolas est addicte aux réseaux sociaux, (moi aussi !) Il est paresseux et aime se complaire dans le regard des femmes. Il est seul dans sa vie de tous les jours et entourés par des milliers de gens. On peut vraiment se perdre dans les réseaux sociaux. Ce n'est pas l'écrivain qui parle mais mais la femme.

Quand est venue l'histoire de mon passeport, 3 pistes se sont offertes à moi puisque ma famille a des origines anglaises, Mauriciennes et Russes. Je suis allée rencontrer ma famille à St Petersbourg. J'ai visité les maisons des grands écrivains. J'avais envie de raconter comment écrivent les écrivains de façon très technique, comment on écrit physiquement un livre, ce qu'est l'univers d'un écrivain, ainsi que la minute même de l'inspiration où naît un livre.

 

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Moi : Comment écrivez vous ? Quelles sont vos habitudes ?

TDR : La seule personne a être au courant de mon livre en court est mon mari. J'écris dans une petite chambre de bonne, dans le bruit, mais on ne me dérange pas. Au menu : thé, cachou et chocolat au lait !

Mes parents lisent aussi le livre mais c'est difficile pour une famille d'avoir une romancière.

 

Moi : Pourquoi écrire en Anglais ?

TDR : J'ai deux langues maternelles, l'Anglais et le Français. Quand j'ai commencé à 11 ans, j'ai écris pour ma mère en Anglais. Elle m'a encouragée. Don j'ai continué à écrire pour elle en Anglais. Il y a donc dans ma cave plein de romans écrits en Anglais qui ne seront jamais publiés.

C'est "L'appartement témoin, écrit en Français pour mon mari qui été édité en premier quand j'ai eu le courage d'affronter un éditeur. Plein de roman en Français ont suivi...

 

 

 

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  TDR... Puis j'ai écrit "La mémoire des murs", roman pivot pour moi qui m'a menée vers Sarah. Comme la journaliste était américaine, je ne me voyais pas l'écrire en Français. C'est mon mai qui m'a fait réaliser que je l'avais écrit en Anglais, parce qu'il avait été plus long que d'habitude pour le lire. Ce livre a d'abord était refusé. Puis j'ai écrit deux autres livres en Anglais.

 

 

Moi : Puisque vous êtes bilingue, pourquoi ne pas vous traduire vous même ?

TDR : Me traduire voudrait dire pour moi réécrire le livre. Hors une traduction a besoin d'une distance Voilà pourquoi je ne me traduis pas.

 

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TDR... POur l'Encre Russe, je me suis un peu traduite pour les passages clés. J'ai pris un grand plaisir à le faire. Mais je fais confiance à Héloïse et lui laisse apprécier la traduction

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme d'habitude quelques photos d'effets de mains d'auteur...

 

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  Et puis, la romancière et la blogueuse 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 14 Avril 2013

 

 Baptême et auteurs 117

  C'est avec un bon mois de retard que je partage avec vous cette truculente conférence donnée par Jean Teulé à Rennes, invité par les Champs Libres et la Librairie Le Failler. Je ne connaissais que l'écrivain via 2 livres et là, j'ai découvert un homme certes cultivé (on le savait déjà), mais surtout très drôle. Cette conférence fut donc intéressante et presque aussi animée qu'un one man show d'un humoriste.

Cette fois ci, Jean Teulé, interrogé par Maitre Hardouin, nous présentait son dernier roman historique "Petite Fleur de Tonnerre, publié chez Julliard. Ce roman raconte l'histore vraie d'une Bretonne, Hélène Jegado qui, au XIXème siècle, tua des dizaines de personnes... Elle fut donc la plus grande serial killeuse connue de Bretagne, mais aussi du... monde !   

Extraits de cette rencontre :

 

http://extranet.editis.com/it-yonixweb/IMAGES/JUL/P3/9782260020424.jpg MH : On m'a dit que vous étiez drôle. On parle partout de vous. Alors, quelques questions sur vous...

JT : Je suis née en le 26/02 1953 en Normandie. Je vie avec une Bretonne (Miou Miou N.D.L.R) qui n'a pas voulu acheter une maison en Normandie... J'ai arrêté l'école en 3ème, dernier de la classe, donc orienté en mécanique auto... Le lendemain, lors d'un cours de dessin, le prof me dit qu'en travaillant, j'ai le talent nécessaire pour suivre une école de dessin. Pour me mettre à niveau, ce prof m'a donc donné des cours de dessin gratuis. J'ai donc été reçu au concours de l'école. Plus tard, en rentrant dans une librairie et grâce à une rencontre fortuite, je suis devenu dessinateur de BD et notamment, BD de reportage. Puis, c'est Bernard Rapp qui m'a contacté pour l'Assiette Anglaise à la TV. Enfin, l'éditeur Julliard m'a dit que j'avais l'étoffe d'un écrivain, d'un écrivain qui ne se connaissait pas ! Donc nous avons signé le contrat... A 60 ans, je n'ai donc toujours pas choisi ce que je veux faire ! 

 

 

 

 

 

 Bapteme-et-auteurs-124.JPG JT : Les histoires qui m'intéressent ne sont pas très gaies... C'est de la faute de ma mère, qui me racontaient des histoires cauchemardesques. Mais j'essaie toujours de "faire rire des choses pas drôle"  comme on se le disait avec mon pote Philippe Léotard.

J'aime bien remettre en lumière des personnes oubliées, comme dans Charly 9 ou dans Mangez le : tout le monde contre un seul type. Fleur de tonnerre a été une femme seule contre tout le monde. Elle a été accusée de 37 meurtres, mais on pourrait facilement porter le nombre à une soixantaine.

 

 

 MH : Pourquoi ce titre ?

JT : C'est le surnom que lui donnait sa mère et c'est une fleur qui existe sur les talus.

 

MH : On a l'impression que vous trouvez à cette empoisonneuse une charme discret et subtile ?!

JT : Il parait que jeune, elle était très jolie, même si cela va moins bien après ! "Chaque pays a sa folie, la Bretagne les a toutes" ! Franchement, les légendes Bretonnes sont des légendes de tarés, complètement foldingues !!!

 

MH : Vous êtes fâchés avec beaucoup de monde ?

JT : Non, ça va mieux. Miou Miou m'a dit que je ne devais plus me mettre tout le monde à dos ! Je suis personna non grata dans pas mal d'endroits au fil de mes écritures ! Donc quand Miou Miou et moi avons acheté une maison en Bretagne, elle m'a dit : "n'emmerde pas les Bretons" !

Pour en revenir à notre empoisonneuse, Hélène Jegabo a voulu se cacher dans un couvent à Auray et souhaiter y être cuisinière, ce qui lui fut refusé ! Alors, elle a découpé les visages de Jésus et de Marie dans l'Eglise, les livres, ainsi que les robes des soeurs au niveau des seins.

 

MH : Hum Hum.. Pas très délicat...

JT : Quand j'étais jeune, j'ai travaillé chez Harakiri, donc ce n'est pas là que tu apprends la délicatesse. J'ai perdu plein de procès ! On m'a dit : " Jean, il ne faut emmerder que les pauvres, ils sont les seuls à ne pas porter plainte !"

Pour ce qui est des crimes d'Hélène par empoisonnement... C'est une méthode assez rare maintenant, car il y a les autopsies. Alors qu'à l'époque, il y avait le choléra et les Bretons refusaient qu'on ouvre les corps !

 

 

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 JT : A la fin de sa carrière, Hélène se fait embaucher à Rennes chez un juge expert en affairs criminelles. Elle empoisonne deux servantes et en loupe une 3ème. Elle va se faire prendre en tentant d'empoisonner son patron... car les médecins rennais étaient bien plus pointus. Hélène était venue à Rennes comme un suicide, ou comme une provocation supplémentaire. 

 

Bapteme-et-auteurs-118.JPGMH : Auriez vous accepter de défendre cette Hélène ?

JT : Je ne sais pas mais j'aurais bien aimé avoir le talent du jeune avocat de 24 ans qui l'a défendue avec génie : "Vous devez juger les humains, hors ma cliente est inhumaine".

 

MH : Quelle aurait été votre stratégie de défense ?

JT : Pas la peine de mort en tout cas.  

 

 

MH : Hélène nie les faits et tombe malade, cancer du sein gauche...

JT : Hélène a empoisonné sa mère à 8 ans. Il faut qu'elle tue. Quand elle ne peut pas, elle babine les objets et quand elle ne peut pas non plus, elle se "tue" elle même, en développant un cancer.

 

 

 

 MH : Qu'est-ce qi explique cet itinéraire invraisemblable ?

JT : Petite, Hélène entendait les histoires Bretonnes. Elle s'est prise pour la réincarnation de l'Ankou. Elle empoisonnait tout le monde, même ceux qu'elle aimait beaucoup ! Cette Hélène devrait être considérée comme une star mondiale du crime ! C'est la plus grande empoisonneuse de Bretagne, de France, et même du Monde !

 

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 MH : Et elle n'est pas plus connu que ça ?!

JT : Son procès a débuté le 6 décembre 1851. Quatre jours avant, il y a eu le coup d'Etat du futur Napoléon III. Du coup, le procès d'Hélène a été zappé, est tombé dans les oubliettes de l'Histoire. Il était temps que j'arrive pour remettre Hélène dans la mémoire collective !

 

 

MH : Comment est venue l'envie d'écrire sur ce sujet ?

JT : Au salon du livre de St Malo 2011 (mai) (Etonnants voyageurs), pendant que je faisais la promo de Charly 9, on m'a offert le gâteau d'Hélène, de la patisserie Durand à Rennes, garanti sans arsenic ! J'ai commencé des recherches. J'ai lu tout ce que je pouvais sur le sujet, sur la Bretagne, sur le Celtisme. Je me suis documenté jusqu'en novembre 2011....

 

Puis je me suis mis à l'écriture. Je travaille tous les jours de 10h à 19h quand j'écris. J'ai besoin d'être en transe, donc pas de vacances, histoire de ne pas perdre le fil. 

 

 

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  JT : Je m'identifie beaucoup au personnage. Avec ce livre, j'ai commencé à avoir très mal au ventre. J'ai du aller chez un promptologue pour  savoir que je n'avais rien. Je lis très peu de roman, surtout quand j'écris, car je crains toujours de préférer lire les romans d'un super auteur plutôt que d'écrire. Trop lire ne permet pas de bien écrire. J'aurais peur que la lecture me coupe les pattes. Par contre, la poésie, quand ce n'est pas emmerdant, c'est ce qu'il y a de plus beau au monde. Mais il faut avouer que c'est chiant à 90 %.

 

MH : Aujourd'hui, que dirait on médicalement d'Hélène ?

JT : Hélène était un cas de perversité psychiatrique, lié à un traumatisme d'enfant qui entraîne une irresponsabilité phénoménale.

Les parents donnent leurs angoisses aux enfants et ne les protègent plus. Hélène est devenue l'angoisse de ses parents pour ne plus avoir peur. Deux heures après sa mort, elle avait encore comme des secousses de peur. Si tout cela est arrivé, c'est parce qu'elle a eu trop peur.

Ce livre est donc surtout l'histoire d'une petite fille qui a eu peur plus que celle d'une serial killer. Et c'est très contemporain car en ce moment, tout le monde a peur...

 

 

 Et voici mes photos de mains et d'effets de mains d'auteurs. Avec Teulé, je dois dire que j'ai vraiment pris mon pied. D'ailleurs, certaines de ces photos parsèment déjà ce billet et le choix a du être drastique !   

 

 

 

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  J'aime beaucoup celle ci, qui, dans un autre contexte, pourrait avoir comme légende : Et celle là, tu l'as vue, tu la veux ?!!! 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 2 Avril 2013

100_2286--2-.JPG     C'était il y a quelques semaines, à Rennes, à l'espace Ouest France... La librairie Le failler invitait David Foenkinos à présenter son dernier et tout nouveau roman "Je vais mieux". Un rendez vous immanquable pour moi qui, en un an et demi, suis devenue fan de l'auteur, fan mais pas aveuglée. J'aime l'univers qu'il développe dans ces romans et l'aura qu'il développpe. Bref, c'est un personnage qui m'ai hautement sympatique... Tant que je ne "connais" pas médiatiquement un auteur, qu'il soit un ange ou le pire des enfoirés m'importe peu. Mais sitôt qu'il m'ait donné de connaitre un auteur médiatiquement ou lors d'une rencontre, si celui ci me déplait et bien j'arrête de le lire. Ca peut paraitre stupide, mais un auteur rentre dans ma vie plus ou moins autant que tout le monde, et j'aime autant choisir à qui je laisse une place de choix.

Il est des artistes qui déplacent leur univers avec eux. Après, on aime ou l'on aime pas. Quand on rencontre Luchini ou qu'on le voit à la TV, on est ravi qu'il nous donne du Luchini dans toute sa splendeur. Il en est de même avec David Foenkinos.

 

 

 http://www.unsushidansmonlit.com/wp-content/uploads/2013/02/je-vais-mieux-foenkinos.jpg

 

extrait de mes petites notes de l'interview menée par un journaliste qui anime les rencontre littéraire de façon récurrente sur Rennes. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le journaliste : La ville de Rennes passe très rapidement dans votre nouveau roman, pourquoi ?

DF : Le beau père du narrateur est hisorien, entre autre car je suis très admiratif de Kundera (qui fut prof à Rennes et qui a habité dans une tour où moi (Géraldine) ai failli habité !). Un jour, j'ai reçu une lettre de Kundera avec des dessins. Ce fut le plus beau jour de ma boite aux lettres. Je l'ai rencontré. C'est assez incroyable de recevoir des messages de Milan Kundera

 

Le journaliste : Est-ce Kundera qui vous a donné envie d'écrire ?

DF : Oui ! Je me suis mis à lire et à écrire sur le tard. Il faut des rencontres littéraires comme Kundéra ou Cohen, qui m'ont propulsé dans mon envie...

 

Le journaliste : Faire un film a-t-il changé votre façon  d'écrire ? ( D. Foenkinos a réalisé la version ciné de son roman "La délicatesse NDLR)100_2289--2-.JPG

DF : C'est possible. Ce roman est un polar du dos. J'ai toujours aimé raconter des scènes, j'aime les détails, je m'amuse. J'ai vraiment le goût des scènes. Mais je n'écris pas des livres pour faire des films. Je suis plus dans le loufoque donc pas forcément dans "l'adaptable". Je m'amuse ave mon personnage qui fait le yo-yo. Je ne voulais pas en faire un roman trop instrospectif sur la douleur.

Je n'ai pas ressenti la douleur de mon personnage, même si c'est le roman où j'ai été le plus corps à corps avec lui. Il y a presque un graphisme médical, même si nous sommes loin du roman médical justement. Heureusement, je n'ai pas vécu les errances de mon personnage ! Mais je voulais traiter de toutes les appararitions d'une douleur dans une vie, d'être seul dans un parcours médicale, de l'intensité de la solitude.

 

Si on est dans la capacité de se créer une douleur, on peut aussi avoir la clé de cette maladie. On est dans un opaque très somatique. Le dos, c'est le symbole, le synonyme des frustrations et des ratages de mon personnage. La douleur va lui donner envie de réparer sa vie. C'est donc l'histoire d'un homme  qui remet sa vie en question par les manifestation de son corps. Personnellement, j'ai l'impression d'être vieux (par erreur, j'ai reçu la carte sénior de la SNCF à 16 ans). Le seul point commun entre "Je vais mieux" et "La délicatesse" est de traiter de sujet grave avec légèreté.

 

Baptême et auteurs 088Le journaliste : Le personnage se retourne en arrière quand il pense être arrivé à la fin ? C'est plutôt un anti-héro ?

DF : C'est un héro sans qualités exceptionnelles. C'est beaucoup plus exaltant pour écrire un roman ar il y a plein de ressources ! J'ai voulu m'amuser ave la possibilié de trouver toutes les origines d'un mal de dos... Les mensonges... le départ de ses enfants. Il fait la liste de tous ses ratages, même anodins, au point qu'il remonte même jusqu'au CE2 ! Un mal de dos peut être le résultat d'un premier amour contrarié !

Je décris la vie en entreprise de façon très dure. Mon personnage a vécu dans une étroitesse pour ne pas faire de vague. Hors là, il va s'exprimer, se révéler.

C'est un livre sur le bilan, sur le moment où l'on est capable de résumer l'essentiel. Le personnage est incapable de mettre des mots sur ce qu'il ressent. Il va tout faire pour trouver le just dosage, quitte à prendre le risque du conflit. C'est un changement total de sa vie (version le mal de dos d'Amélie Poulain !) et ça va ricocher sur la vie des autres. Son mal de dos est un séisme.

 

 

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  Le journaliste : Pourquoi ces fameuses notes en bas de pages ?

DF : Parce que je trouve ça très sexy et c'est un plaisir physique. J'aime trouver l'essentiel dans l'inessentiel. J'aime raconter des histoires et être présent..

Ecrire, c'est long, cela demande beaucoup d'énergie. Je travaille beaucoup le texte, les phrases mais cela ne m'empêche pas le rapport ludique, j'en ai besoin. Il y a une forme de profondeur dans la futilité.

Mes premiers romans étaient plus loufoques. Je deviens plus réaliste donc je mets un peu plus de moi dans mes romans, mais ils ne sont pas personnels pour autant. Je n'ai pas eu mal au dos mais j'ai été gravement malade d'une maladie de vieux étant jeune. D'où les questions sur la mort, la maladie...   

 

 

 

Puis ce fut les questions du public... J'en ai posé 3 légères, alors que je sortais tout juste de ma lecture de "En cas de bonheur"... Si vous avez lu ce roman récemment... Sachez que David Foenkinos privilégie l'ascenseur aux escaliers... Donc, selon sa théorie, il serait un homme bien dans sa peau... Et si, comme moi vous êtes fan des hamacs que David Foenkinos considère plus comme un tue l'amour rassurez vous, celui ci reste "open" !

 

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 Moi, je trouve que l'on va bien ensemble... ne me reste plus qu'à faire éditer mon roman pour passer de fan à "jeune" collègue débutante ! je mets "jeune" puisque notre auteur est plus jeune que moi !

 

Pour info, l'année dernière, David Foenkinos avait eu l'extrême "délicatesse" de répondre à une de mes interviews maison !

 

 

 Viens maintenant l'instant délicat de compléter ma collection de photos d'effets de mains d'auteurs. Et oui, au fil des ans, j'ai remarqué que tous les auteurs s'exprimaient énormément avec leurs mains... Mon jeu est de faire des photos plus ou moins ratées, où si elles sont réussies, les photos ne sont pas en défaveur du physique de l'auteur mais apportent un flou artistique aux fameuses mains. Bon, là, j'ai eu un peu de mal a avoir les deux en même temps. Cela donne ceci...

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 21 Octobre 2012

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Il y a quelques jours, Tahar Ben Jelloun venait à l'Espace Ouest France, invité par la librairie Le Failler. Un auteur que je connais très peu, que j'ai lu il y a trop longtemps pour en garder un souvenir précis.

Tahar Ben Jelloun, membre de l'Académie Goncourt, présentait son dernier roman, paru à l'occasion de cette rentrée littéraire : Le bonheur conjugal

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Casablanca, début des années 2000. Un peintre, au sommet de sa gloire, se retrouve du jour au
lendemain cloué dans un fauteuil roulant, paralysé par une attaque cérébrale. Sa carrière est brisée et sa vie brillante, faite d’expositions, de voyages et de liberté, foudroyée. Muré dans la maladie, il rumine sa défaite persuadé que son mariage est seul et unique responsable de son effondrement. Aussi, décide-t-il, pour échapper à la dépression qui le guette, d’écrire en secret, avec l’aide d’un ami, un livre qui racontera l’enfer de son couple. Un travail d’autoanalyse qui l’aidera à trouver le courage de se délivrer d’une relation profondément perverse et destructrice.
Mais sa femme découvre le manuscrit dans un coffre de l’atelier et livre sa version des faits, répondant point par point aux accusations de son mari et relisant, à sa manière incisive et
percutante, leur histoire.
Qui a tort, qui a raison dans cette comédie cruelle que se jouent un homme et une femme ? Question épineuse dans une société où le mariage est une institution et une époque où le bonheur conjugal est un leurre.

 

 

 

 

 

 

L'intervenant : Pourquoi interroger le bonheur conjugal ?

TBJ : Je travaille sur la société Marocaine depuis longtemps à travers 

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 mes romans et nouvelles, afin de faire le portrait de ce pays très contrasté.

J'ai toujours été surpris par le décalage entre la manière dont les femmes vivent le pays, celles des hommes, et la manière dont les deux vivent la relation conjugale.

La femme au Maroc n'a pas beaucoup de droit donc cela fausse le rapport e force et non en négociation. L'homme a en plus le droit à la justice de son côté. Depuis quelques années, il y a une lutte des femmes pour gagner le respect.

Par exemple, au Maroc, l'avortement est interdit par les religieux, donc il se pratique dans le secret et des conditions sanitaires catastrophiques. Un bateau Européen est venu pour proposer l'avortement dans certains cas et de bonnes conditions. Il y avait forcément deux camps, les pour et les contres. Mais la femme est tout doucement en train de prendre du pouvoir au Maroc.

 

 

 

L'intervenant : On sent le désir d'émancipation de la femme dans le livre...

Et pourquoi avoir réuni des personnes si éloignées en tout ?

TBJ : Le mariage est un contrat social pour fonder une famille, mais contraire à la nature. A l'intérieur d'un couple, il y a deux libertés qui ne doivent pas devenir solitude.

Ils sont différents par l'âge, par le milieu d'origine, par l'environnement socioprofessionnel....

L'homme va se réveiller un jour en réalisant qu'il n'a pas uniquement épousé une femme mais une tribu, tribu qui va l'envahir dans son espace...  Ce n'est pas la personne mais la relation qui devient problématique. c'est donc un livre

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 très politique. Il faut que tout le monde s'entende dans un couple, comme dans un pays. Comment peut on vivre avec une personne qui ne se rend pas compte de l'importance qu'ont certaines choses ou personnes pour vous ? S'il n'y a pas cela, il n'y a pas d'harmonie, de complicité.

L'erreur dans l'époque moderne, c'est qu'on est plus ou moins obligés d'avoir un contrat. Pourquoi avoir un secret serait trahir le couple ? "Ta vie est à moi". Hum... La vie des artistes n'est pas souvent intéressante. Elle est souvent médiocre, même s'ils offrent des oeuvres d'art pour la postérité. Regardez Picasso qui consommait les femmes. L'amour ne dure pas forcément 3 ans, mais instinctivement, l'amour se fatigue. Un couple qui traverse toute une vie, c'est merveilleux, même si rien n'est facile.

 

 

 

 

L'intervenant : Pour vos personnages, le mariage est un peu un pari qui a mal tourné. Ils ont eu de l'espoir ?

TBJ : Spinoza disait qu'on ne change jamais. Dans la forme peut-être, mais pas dans le fond. Comment négocier avec ses propres angoisses ? Certains s'en sortent, d'autres non. Je ne suis pas d'accord  avec le peintre qui accuse sa femme de son propre AVC. Sa femme n''est pas un cholestérol. J'ai bien aimé le personnage de la femme. C'est marrant, je parle de mon livre comme si ce n'était pas moi qui l'avait écrit !

 

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L'intervenant : Il y a un certain goût de vengeance dans ce roman...

TBJ : Un être qui a été humilié, blessé, se venge toujours, même si je ne suis pas pour la vengeance. La femme de mon roman va se venger de quelqu'un qui est devenu dépendant d'elle pour tout. L'artiste de peut plus peindre à cause de son AVC. J'ai quelques amis à qui un AVC est arrivé... Il faut penser à ceux qui deviennent dépendant, qui avait une autre vie et qui ne peuvent plus bouger le petit doigt. Il ne faut pas non plus oublier les conséquences psychologiques. Le petit geste de chasser une mouche, de ne plus pouvoir le faire, c'est terrible.... C'est pour cela que j'aime la littérature. On imagine, on s'ouvre à la vie des autres.

 

Il y a l'infirmière et la kiné qui passent chez le peintre et le soulagent, ce qui amène un peu de tendresse et d'espoir dans ce livre. Jusqu'au bout, malgré le handicape, le peintre restera un séducteur. Comme quoi, on ne change jamais.

Le couple, c'est deux.

La fusion est dangereuse.

Une personne est un individu avant tout.

L'amour, c'est beau quand il y a des différences, une relation d'échanges. Quel intérêt d'être deux clones ?

 

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  Mon roman "Le bonheur conjugal" est une illustration du choc des cultures. C'est politique car apprendre à vivre ensemble est eminament politique, c'est une pédagogie que l'on doit apprendre à l'école.

 

Je n'ai pas introduit d'enfant dans l'histoire car je ne voulais pas en faire un roman familial.

 

Le couple est un projet qui n'est jamais terminé. L'usure dans un couple peut-être aussi jolie qu'un visage ridé. Le seul élément du visage qui ne change jamais, ce sont les yeux.

 

Le couple de ce roman est très marocain. Les personnages, on les crée et ensuite, on les habille avec beaucoup d'autres personnes que l'on connait. Un personnage de roman est presque une synthèses des connaissances plus ou moins proche d'un auteur.

 

 

 

 

 

Et pour poursuivre ma collection de photos "effets de mains d'auteurs"

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 15 Octobre 2012

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  C'était début octobre, à Rennes. Les Champs Libres et la Librairie Lefailler recevaient Olivier Adam qui est donc venu en voisin depuis St Malo. Et c'est devant une salle comble qu'il a présenté son nouveau roman : Les Lisières.

Une conférence très dense, très riche. C'est la première fois que j'assistais à une rencontre avec cet auteur. J'avoue qu'entre livres et interview que j'ai pu lire de lui, je m'attendais à une personne plus taciturne, de moins volubile. J'ai vraiment découvert un personnage... disons... bavard... du genre que l'on arrête plus une fois lancé ! Alors j'ai pris note de ce que j'ai pu. Et ces notes, les voici, plus ou moins remaniées, réorganisées... Midolla, qui était à côté de moi, vous donne aussi ses impressions sur son billet !

 

 

 

 

 

 

Les lisières est le 10 roman d'Olivier Adam depuis 2000, l'histoire d'un écrivain qui quitte sa Bretagne pour rejoindre sa banlieue parisienne d'origine, afin d'y soigner sa mère. Olivier Adam devient en France l'écrivain péri-urbain.

 

 

L'intervenant : Vous êtes vous documenté sur votre sujet ?

OA : La démarche de ce livre prend appuis sur ma propre culture et répond plus à un rapport sociologique ou psychanalytique qu'au philosophique. Au début de mon ambition de travail, il y a cette envie de transformer en littérature des sujets qui ne sont pas forcément littéraires. Ici, il s'agit de ce que j'avais à dire sur l'état du pays, de la prolifération des zones périurbaines. Ce livre résulte de mon vécu, de mon intuition et d'un peu de travail sur le terrain. Un écrivain est généraliste... On picore dans la presse, le cinéma etc... Je viens de ce périurbain, aussi, j'ai l'impression de le connaître de l'intérieur.

 

 

  

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  L'intervenant :Ce livre est très daté (campagne présidentielle et autre). Pourquoi écrire ce livre maintenant et en même temps que l'action ?

OA : Mes livres se déroulent toujours dans un contexte actuel, c'est un choix. L'histoire de personnage et le témoignage d'une époque ou de faits "divers". Pour mon premier roman, j'avais reçu deux refus pour deux raisons opposés : trop de "sentiments" ou "trop d'époque". Heureusement, grâce à La Dilettante, je n'ai pas du choisir.

Ensuite, les auteurs parlent souvent de ce qu'ils connaissent. Pour beaucoup d'entre eux, l'écriture est un moyen  de s'extraire d'une vie moyenne, conformiste. C'est pour cela que le plus souvent, les livres sur ce sujet sont ironiques et regardent la société française en disant "vous" et non "nous". Ils s'en extraient. Ce n'est pas ma démarche.

Il y a un véritable paradoxe : Le coeur de la population française, à savoir la classe moyenne, est de plus en plus déplacée en périphérie et non dans les centres. Elle est majoritaireet délaissée et se prend la crise en pleine poire. Pour la plupart des gens, tout ce qui résulte de la mondialisation c'est la délocalisation, la précarisassion, la compétitivité.

 

 

   

  

 

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Comment une société peut encore fonctionner quand le bien commun est détenue par une poignée de gens au pouvoir ? Il y a aussi un retour au vote extrémiste car il faut trouver des coupables à ses difficultés et celles de ses enfants. Il est intéressant de voir comment un climat politique peut effriter la population, avec toujours plus de distances prises par rapport aux autres. A notre époque, on se soucie plus souvent de l'affectif ou du psychologique et de l'effet du social. Hors, il y a un lien entre le social et l'intime, qui se rencontrent l'un et l'autre. Par exemple, avec l'ascenseur social, il y a souvent un sentiment de dépossession des parents quand l'enfant commence à afficher des goûts plus cultivés que leurs parents qui ont pourtant tant voulu que leurs enfants aillent à l'école et fassent des études.

 

     

 

 

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 Paul, mon personnage, se considère comme socialement construit "dans la moyenne" de par son origine sociale. Et pourtant, il n'est comme plus légitime dans son milieu. Il y a un sentiment d'abandon des siens car il est passé dans "l'autre camp". Il y a un mépris de classe inconscient qui transparaît (les petits pavillons, les petites villes...). Ses proches le considèrent même comme complice de la presse qui appuie bien sur tout cela dans les interviews.

 

 

 

 

 

  

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L'intervenant : Comment avez vous inventé le personnage de Paul (que l'on a déjà légèrement croisé dans "Les vents contraires") ? Quelles sont les ressemblances avec vous ?

OA : J'ai construit Paul dans une tradition littéraire plutôt anglais, celle du double fictif, donc en toute liberté. Oui, Paul est moi, il me ressemble physiquement, ou plutôt comme j'étais avant. Il a écrit mes bouquins etc... En France, on mélange autofiction et autobiographie. On voudrait un certificat de véracité. Hors, la mémoire est un allié sournois car on se ment à soi même, avec aussi le soucis de qui va nous lire, ce qui va en découler (reproches, crise familiale....).

Pour moi, un livre doit s'appuyer sur le vécu de l'auteur. Et pourtant, mon livre est fictionnel tout en prenant racine dans le réel.

Je ne suis pas là pour divertir les gens mais pour les faire entrer encore plus profondément dans le réel. La fiction me permet de tordre ma vie, mon itinéraire pour les faire correspondre avec un collectif, pour avoir une portée la plus universelle possible.

 

   

   

 

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  Je comprends le père de Paul qui considère son fils comme oisif, sans vrai métier, puisque je n'ai pas l'impression, moi non plus, d'avoir un vrai métier. Un écrivain qui remporte du succès a un rôle social mais est complètement protégé. Dans mes précédents livres, j'ai toujours invité des voix qui seraient comme un frère ou une soeur. Ici, Paul est ma voix. Malgré la fiction, c'est moi qui parle, il s'agit de mes préoccupations etc... C'est aussi pour cela que je ne voulais pas montrer que les bons côtés du personnages, et que j'ai écrit ce livre sans égards pour ceux qui le liront (famille, amis, milieu littéraire...). Il faut écrire un livre comme si l'on n'avait plus de parents afin de ne pas avoir comme quelqu'un qui vous relie par dessus l'épaule et vous impose une pudeur, qui empêche le portrait sans fard...

 

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  J'écris les livres que je dois et que je peux écrire, et non ceux que je veux écrire. Ceci, par fidélité au parcours de mes parents, grand-parents... Cela me donne un devoir de fidélité et mes origines et m'empêche de faire le malin (dandysme intellectuel, cynisme...). Comme il y a des chanteurs à voix (qui me saoulent) et des chanteurs à timbre, je ne me considère pas comme un écrivain à voixmais comme un écrivain à timbre. Bien sûr, j'aurais préféré être Sagan ou Modiano. J'aimerais l'élégance... Même si ses livres sont nuls, j'aimerais écrire les livres de Beigbeder.

 

 

 

L'intervenant : Est-ce que votre livre est lu dans cette France péri-urbaine ? 

OA : Même si la lecture de littérature contemporaine est par statistique l'apanage de certaines classes, étant donné que le prix des loyers déplacent ces classes en périphérie, oui, mes livres ne sont pas cantonnés à une petite caste. Même si la littérature contemporaine est plus élitiste dans la réception, maos pas dans la création, attention ! Mon lectorat est assez large, je suis là pour appuyer où ça fait mal. Mon seul repère, c'est moi. Je veux comprendre le monde dans lequel je vis. L'évasion ne m'intéresse pas.

 

    

 

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L'intervenant : A quoi rêve la France ?

OA : Mon personnage Paul a été ex-filtré de son milieu par la littérature et non par l'ascension sociale. La littérature vous met juste ailleurs. Maintenant, le CDI à temps plein, au lieu d'être le minimum devient le graal absolu, le tout dans une époque qui ne nous a jamais autant vendu et présenté de rêves personnels, d'objectif, de perfection, de bonheur de consommation. Aujourd'hui, la France rêve d'avoir un CDI à temps plein. 

 

 

 

Suite aux questions du public : La survie de la lecture contemporaine et sa capacité à aller vers les gens passe par la lecture au collège, au lycée... Moi, jusqu'à mes 18 ans, je n'avais pas compris qu'il pouvait y avoir des auteurs vivants... Je pensais que tout était poussiéreux. Je fais pas mal d'intervention scolaire et parfois, sur les salons, des jeunes viennent me remercier car il sont tombés sur un de mes livres au bac et qu'ils ont eu une bonne note ! A leur âge, j'aurais aussi voulu que les livres m'éclairent sur le monde.

Je n'ai pas envie d'appartenir à la haute sphère littéraire, c'est d'ailleurs pour cela que je me suis vite barré de Paris pour ne pas être contaminé ! Ma démarche est minoritaire, mais on ne peut pas m'empêcher de le faire.

 

Concernant son changement d'éditeur (Flammarion, et non plus les Editions de l'Olivier)... On fait des livres avec des gens, pas avec des marques. J'ai eu une rencontre intellectuelle, littéraire et humaine avec Alixe, mon éditrice, que j'ai donc suivi chez Flammarion. Avec Alixe, c'est comme trouver un ami qui ne vous passe rien ! En plus, le métier d'éditrice, avec le conseil, le suivi, les conversations sur les objectifs et les cohérences de la demande littéraire, ce métier se fait rare ! Et puis, je suis hanté par le spectre des charentaises. Des fois, il faut aussi prendre l'air ailleurs.

 

 

 

 

 

  Et pendant cette conférence, j'ai été gâtée pour poursuivre ma collection de photos : effets de mains d'auteurs ! 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

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