L'AMOUR EST UNE ILE, de Claudie GALLAY

Publié le 1 Octobre 2010

Roman, Edition Actes Sud - 350 pages - 21, 80 €

 

 

Rentrée littéraire septembre 2010

 

Résumé : C'est une saison singulière pour Avignon et les amoureux du théâtre : la grève des intermittents paralyse le festival. Un à un les spectacles sont annulés. Les visiteurs déambulent sous un soleil de plomb, à la recherche des rares lieux où joueront quand même quelques comédiens. Comme Mathilde, dite la jogar : devenue célèbre depuis qu'elle a quitté Avignon, elle est enfin de retour dans cette ville où elle a grandi, et pour un rôle magnifique. L'homme qu'elle a tant aimé, et qui l'a tant aimée, Odon Schnadel, a appris sa présence par la rumeur. Lui-même vit ici en permanence, entre sa péniche sur le fleuve et le petit théâtre qu'il dirige. Cette année-là, avec sa compagnie, Odon a pris tous les risques. Il met en scène une pièce d'un auteur inconnu, mort clans des circonstances équivoques : un certain Paul Selliès dont la jeune soeur Marie - une écorchée vive - vient elle aussi d'arriver à Avignon, un peu perdue, pleine d'espérances confuses... ou de questions insidieuses. Car autour de l'oeuvre de Paul Selliès plane un mystère que ces personnages dissimulent ou au contraire effleurent, parfois sans faire exprès, souvent clans la souffrance

 

 

 

Tentateur : blogosphère, presse, TV

Fournisseur : Bibliothèque

 

 

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Mon humble avis : Ce livre me divise. J’ai aimé l’histoire, son environnement et la révélation finale inattendue. Au fil des pages, je savais que ce livre ne laisserait pas indifférente. Ni moi, ni la presse, ni d’autres médias. « L’amour est une île » est une œuvre majeure de cette rentrée littéraire qui mérite certainement les projecteurs.  Mais…

Alors, pas d’indifférence chez moi, plutôt un malaise qui s’est insinué au fil des pages.  L’auteur a réussi son objectif : rendre compte de la touffeur estivale en Avignon, et des tensions autour d’un festival qui ne se déroule pas vraiment, à cause de la grève des intermittents du spectacle. Là, je lève mon chapeau à Claudie Gallay car on ne pouvait faire mieux.

« L’amour est une île » est ce que j’appelle un roman atmosphérique… L’atmosphère, l’ambiance, le lieu forment un personnage qui l’on appelle ici Mélancolie ! Il fait très chaud en Avignon. Alors dans ce roman, tout devient minimaliste, comme quand on économise ses paroles lorsqu’on a la bouche sèche, les gestes quand on meurt de chaud. Tout est ralenti et étouffant ici.  Les actions des personnages comme leurs dialogues. Même les descriptions des sentiments sont réduites et plus suggérées par un minimum de mots. (C’est peut-être pour laisser libre de lecteur de vivre lui-même ses sensations avec  ses propres mots ? ) Alors, j’ai eu du mal à m’attacher à ces êtres qui sont TOUS, sans exception, abîmés par la vie, par l’amour, par la mort, par la vieillesse.  Seule la veille Isabelle a su m’intriguer et me toucher réellement.  Alors que le personnage principal, celui de Marie, m’a presque énervée avec ses comportements redondants. Souvent, j’ai eu l’impression que ce livre était écrit par une peintre. Des descriptions de fenêtres, de fruits, d’objets, jamais longues mais tout aussi étouffantes. Ces pages offrent une succession de natures mortes, parfois animées,  par une porte qui s’ouvre ou une personne qui traverse la place. Parfois,  il y a de très jolies phrases,  des « citations » comme on dit, mais pas très gaies, qui n’apportent pas une bouffée d’oxygène. L’écriture est particulière aussi. Par moment, deux mots forment une phrase et on va à la ligne et ainsi de suite. Les phrases sont très courtes, les points trop nombreux. Des virgules m’auraient fait du bien, qui permettent de reprendre sa respiration. Mais un point, ça arrête tout. Même votre élan. Du coup, je n’ai jamais pu prendre mon élan dans cette lecture. J’étais comme maintenue au sol par une chape de plomb. Et je me disais, de l’air, de l’air ! 

Le titre « L’amour est une île, quand on part, on ne revient pas »… Je ne suis pas d’accord. Une île qu’on a vraiment aimée, on y revient toujours, même si ce n’est plus jamais comme avant.

                                                                                                        

 

 

 

L'avis de Clara, Leiloona et de Canel 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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gambadou 03/10/2010 21:09



il tourne dans mon groupe de lecture, mais je n'ai pas vraiment aimé les déferlantes, alors j'hésite



Géraldine 07/10/2010 10:14



@ Gambadou : Je ne peux pas te dire, je n'ai pas lu les déferlantes. Mais l'amour est une île n'est pas un pavé, donc tu ne t'engages pas pour une éternité !  Je finirai par voir sur ton
blog si tu l'auras lu ou pas !



Edelwe 03/10/2010 17:02



C'est ce que je craignais en lisant les extraits... j'hésite à le lire...



Géraldine 07/10/2010 10:17



@ Edelwe : Je ne dis pas que ce livre n'est pas de qualité... mais elle m'est passée au dessus tant que je souffrais de manque d'air lors de cette lecture ! Je pense que l'auteure a exactement
retranscrit CE qu'ELLE voulait restranscrire. Dans ce sens , c'est remarquable.



Alex-Mot-à-Mots 03/10/2010 08:23



Un roman avec une atmosphère : je suis tentée; Noté depuis un moment, mais toujours pas dispo à la BM, je vais devoir patienter.



Géraldine 04/10/2010 12:01



@ Alex ; A ta BM, n'as tu pas la possibilité de réserver un livre pour son prochain retour ? Moi, c'est ce que je viens de faire un tout cas pour le bouquin d'Olivier Adam.



BelleSahi 02/10/2010 20:06



J'ai beaucoup aimé ce livre !



Géraldine 03/10/2010 14:47



@ Bellesahi : Je comprends qu'il puisse plaire. Peut-être ne l'ai-je pas lu non plus au moment opportun.



esmeraldae 02/10/2010 18:47



j'ai envie de le lire mais j'ai peur d'être déçue



Géraldine 03/10/2010 15:34



@ Esmeraldae : C'est toujours, dans le doute, mieux vaut courir le risque d'être déçue que de passer à côté de quelque chose qui peut être bien non ?



A_girl_from_earth 02/10/2010 13:30



La couverture, le titre, le résumé... tout à fait le genre à côté duquel je passe mon chemin sans trop de remords!


Bon ça me rassure de voir (enfin, ma PAL surtout) que ce n'est pas un incontournable.



Géraldine 03/10/2010 15:36



@ AGFE : J'avoue, je le suis laissée tentée par un engouement général, tant bloguesque que médiatique... Ah la rentrée littéraire !



Bénédicte 01/10/2010 19:13



Sans ton billet, je serai probablement passée à côté



Géraldine 03/10/2010 16:37



@ Bénédicte : Pourtant, on ne peut pas dire que j'y sois très enthousiaste !



Mary 01/10/2010 17:41



j'aime beaucoup ton billet ,  c'est un plaisir de te lire.


Bisous.



Géraldine 03/10/2010 16:42



@ Mary : Merci. Certaines fois je suis inspirée, d'autres non. Là, je l'étais !



keisha 01/10/2010 16:09



Moi j'ai eu carrément un mail m'invitant à des parties à plusieurs... Franchement, il y en a qui n'ont que du temps à perdre!


Quant à Gallay, euh, pas sur que je sois fan de sont style...



Géraldine 03/10/2010 16:45



@ Keisha : Toi qui n'aime pas le plombant, mieux vaut effectivement que tu évites ce livres.


Sinon, j'ai eu un comm aussi qui ressemblait bien à un virus... Rien dedans et il m'empêchait désormais d'accéder à mes autres comm', anciens comme nouveau. L'horreur ! Le nom de
l'expéditeur : Tueursnet...


Heureusement, après une période de stress et d'abbatement terrible, j'ai eu l'idée de mettre ce fameux comm à la poubelle. Et tout est alors rentré dans l'ordre. Ouf !



clara 01/10/2010 16:05



ah, on a la même personne qui s'amuse à venir poster des commentaires bizarres!


Pour l'écriture de Claudie Gallay, cette cériture est sa sa touche, sa particularité. On la retouve galement dans les déferlantes. Pour ma part, j'apprécie beaucoup... 


 



Géraldine 03/10/2010 16:51



Clara : Manifestement, je ne suis pas faite pour ce type d'écriture.


Sinon, j'ai eu un comm aussi qui ressemblait bien à un virus... Rien dedans et il m'empêchait désormais d'accéder à mes autres comm', anciens comme nouveau. L'horreur ! Le nom de
l'expéditeur : Tueursnet...


Heureusement, après une période de stress et d'abbatement terrible, j'ai eu l'idée de mettre ce fameux comm à la poubelle. Et tout est alors rentré dans l'ordre. Ouf !



Cynthia 01/10/2010 14:19



Je crois qu'il y a un type bizarre qui voudrait te convier dans sa chambre d'hôtel ^^


Les avis sur ce roman affluent et je me dis que je le lirai sans doute un jour, à sa sortie en poche.


Pour le reste, je pencherais plutôt du côté de l'auteure, une fois que je quitte l'île, je n'y reviens pas car ma survie est en jeu ;)



Géraldine 03/10/2010 16:53



@ Cynthia : Et bien j'ai vécu en Guadeloupe, amoureuse que j'étais de cette île, de la vie que j'y ai menée. Je suis rentrée car toute bonne chose à une fin. Et depuis, j'y suis retournée
plusieurs fois. J'ai même était y replanter ma vie, avant de revenir encore, puis d'y retourner en vacances... Donc je confirme, une île, on y revient !!!!



?????????????? 01/10/2010 12:25







mango 01/10/2010 09:33



Je retiens le titre mais j'ai deux autres livres d"elle à lire avant!



Géraldine 03/10/2010 17:00



@ Mango : Alors je pense que tu liras sans doute ce livre à sa sortie poche !



Sandrine(SD49) 01/10/2010 08:46



c'est marrant j'ai publié aujourd'hui aussi sur ce livre, je rajoute ton lien BIZ



Géraldine 03/10/2010 17:02



@ Sandrine : Oui, les grands esprits se rencontrent. En plus, ce n'était ni un challenge, ni une lecture commune !!!