Publié le 19 Octobre 2011

Synopsis : Isabelle, DRH d’une grande compagnie maritime, a commis l'erreur de choisir pour amant son patron. Avant d'embarquer pour la croisière inaugurale du fleuron de la flotte, il décide de la débarquer de sa vie et de son boulot ! Certaines femmes se vengent par le poison, l'arme à feu, ou la calomnie. Elle, elle choisit Rémy, chômeur flamboyant qui a tout raté sur terre et qui se dit qu'après tout sur mer.... Isabelle le recrute comme animateur. Il va d'abord se révéler être le pire cauchemar du PDG et du Directeur de Croisière, puis, peu à peu sur ce palais des mers, Rémy va trouver sa voie, l'amour et le succès. Il changera sa vie et celle de tous ceux qui croiseront sa route à bord...

 

 

 

Comédie avec Gérard Darmon, Valérie Lemercier, Franck Dubosc

 

 

 

 

  

 

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Mon humble avis : Et oui, vous devez me trouver bien ecclectique dans mes goûts... Il y a quelques jours, j'octroyais mes 4 étoiles au film The Artist, plutôt art et essai, en noir et blanc et muet.

Et ce soir, je rentre de croisière dans la caraïbe sous un ciel bleu délicieux et un film merveilleusement léger et hop, 4 étoiles aussi. Tout simplement parce que ce film a rempli entièrement son contrat, j'ai eu ce que je voulais voir, même mieux car je m'attendais à du lourd parfois et finalement... Dans sa catégorie de bonne comédie pétillante, ce film excelle. Je ne vois rien à y redire. J'ai ri de bon coeur, j'admire vraiment les dialoguistes car plus d'une répartie dans ce film mérite le panthéon du cynique drôlissime. Bref, ce film met de bonne humeur, certains paysages font rêver et les gags s'enchainent mais avec un naturel remarquable. Franchement, je me demande où les scénartistes trouvent toutes ces idées. Les acteurs, on les connait bien pour la plupart. Mais je vous entends déjà rugir... Oui, mais il y a Dubosc que je ne supporte pas. Argument réfuté car il faut reconnaître qu'il excelle vraiment dans ces rôles d'abrutis touchants, drôles qui, à l'insu de leur plein gré, arrangent souvent bien les choses. Ok, Dubosc ne se renouvelle pas dans ses rôles au  cinéma. Mais il fait ce qu'il sait faire et le fait bien.

Dire qu'à l'origine, je m'étais inventé un prétexte remarquable pour justifier mon envie de voir ce film... qui se déroule sur le Costa Atlantica, fleuron du célèbre croisièriste italien Costa. Et oui, en tant qu'agent de voyage, ma conscience professionnelle me soufflait qu'il serait bien utile de connaître un de ces bateaux de l'intérieur ! Oui, je sais, je n'assume pas mes goûts. Mais en tout cas, j'ai bien fait d'écouter ma conscience professionnelle. Est-ce que cela m'a donné envie de faire une croisière Costa... Mes moyens me l'interdisent et j'ai d'autres priorités. Mais si Mr Costa me proposait un petit éductour, je ne refuserai pas.

Franchement, Bienvenue à Bord m'a fait passer un chouette dimanche aprem, avant d'entamer une nouvelle semaine ou plus simplement encore, d'allumer ma télé et de tomber sur les infos... terribles innondations en Thaïlande. J'ai bien fait de rire pendant le film ! Et j'espère que demain, au travail, les clients m'interrogeront plus sur les croisières que sur les inondations en Thaïlande. Bienvenue à bord, un film qui fait oublier le reste !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 17 Octobre 2011

Roman - Editions Plon - 190 pages - 18 €

 

 

Parution en août 2011

 

 

Rentrée littéraire septembre 2011

 

 

L'histoire : La narratrice est avocate, parfois dans le droit du travail, et souvent, un peu gratuite.... Avant une audiance, elle suffoque d'angoisse et tombe dans les pommes. Pour elle, elle meurt, elle a l'habitude de mourir. En fait, elle fait le grand écart entre ses idéaux d'enfants, ses idées d'adultes et le monde tel qui l'est. Forcément, ça donne le vertige, surtout quandl'enfant courrait sur les cailloux chaud de Djibouti.

 

 

 

Tentation : Le pitch et Babelio

Fournisseur : Babelio et Editions Plon, merci pour l'envoi.

 

 

 

 

 

 

étoile2.5 

 

 

  Mon humble avis : Ce livre est une autofiction.... Ce qui signifie que l'histoire est vraie, même si l'auteur, qui se met en scène, peut prendre toutes les latitudes possibles pour lui donner une dimension romanesque, quitte à maquiller, à exagérer ou à taire certains évènements.

Le fond est louable et le sujet nous affecte certainement tous un peu quelque part. Ce que nous étions enfants, ce que nous voulions devenir et ce que nous sommes. Entre ces états, il y a des trous plus ou moins béants chez chacun de nous. Donc ce sujet est assez universel. C'est plus la forme qui m'a moins convaincue. Cette alternance entre les temps. Le présent où une assez belle écriture frôle parfois une crudité inutile. Dommage, car ce texte compte de nombreux passages magnifiques et pas mal de "phrases citations" à cocher dans la marge. Le passé, tellement poétique qu'il m'a souvent échappé dépassé. Il décrit l'enfance de Sigolène à Djibouti... et finalement, il me reste assez peu d'images fortes et précises de cette époque, à part les machoires de requins que je visualise très bien.

 Ensuite, il est souvent question de positionnement politique dans ce roman et cela m'a fatiguée car pour moi, le fond de la question n'est pas là et on s'éloigne du sujet. Peu importe que la gauche soit extrême ou à droite, Sigolène veut changer le monde et elle n'y parvient pas. Alors certes, cette partie sert surtout à évoquer l'influence paternelle dans la vie de l'auteur, de ce père ancien militant plutôt désenchanté et illuminé... La seule vérité, c'est le rêve... Ensuite, il y a la mère, qui parle en majuscule (un peu comme dans le roman de Sandrine Soimaud, Tu) et qui est si fière du métier de sa fille qui "TRAVAILLE TROP". Sigolène se plaint toujours qu'elle est en train de mourir, et cela m'a agacée. Sigolène est donc en burn out et atterrit quelques jours en unitée psychiatrique, où elle ne prendra aucun médicament. Elle dresse une galerie de portraits d'une poignée d'autres occupants du service, tous "dingues" d'une façon ou d'une autre. Ces portraits peuvent être touchants, je les ai trouvés plutôt caricaturaux et très résumés. Et de ces 4 jours en unité pyschiatriques, il ressort quantité de dialogues entre patients, dialogues qui semblent n'avoir ni queue ni tête (sens caché forcément, étant donné l'état psy) qui ne sont pas franchement agréables à lire ni même drôles. Les échanges Sigolène/psy m'ont même paru improbables donc peut enrichissant. Le seul moment drôle est finalement trop pathétique pour me faire rire. Enfin, c'est pendant ces 4 jours en unité psy que l'auteur trouve "la solution à sa vie"...Et plutôt que ces délires entre patients, j'aurais préféré suivre son cheminement plus en profondeur. De même, mettre autant de temps pour une si simple réponse... Je ne sais pas, je trouve étrange que Sigolène attende d'avoir bien dépassé la trentaine pour retourner sur ses racines qui lui manquent depuis si longtemps.... Bref, il était temps ! Il était temps aussi que je partage de l'empathie avec cette jeune femme qui finalement ne m'a pas émue plus que cela alors qu'elle avait vraiment matière à le faire avec son sujet. C'est quand elle retourne à Djibouti que je me suis  retrouvée plus en phase avec elle, quand elle réalise que les choses ont changé, que les cadres ne sont plus à leur place, qu'elle n'est pas de "là-bas" comme elle le pensait. Cette partie là m'aatteinte car je l'ai vécue, dans une autre dimension. Deux ans en Guadeloupe, un retour pour de mauvaise raison en métropole. Et des regrets, des regrets jusqu'à une marche arrière inévitable. Retour sous les tropiques.... Oui, les choses ont changé, les souvenirs sont toujours plus beaux que la réalité car seuls les souvenirs ne changent pas.

De très beaux passages, des vérités exaspérantes mais si bien dites sur notre système et le métier d'avocat, un sujet louable mais qui pour moi, à cause d'effet de genre littéraire, est un peu survolé. En fait, je pense que ce livre aurait gagné en émotion par une narration moins stylisée, plus linéaire. Un récit m'aurait sans doute plus touchée qu'une autofiction en fait. En attendant, cette lecture me laisse partagée...

 

 

"Va plutôt te rouler te rouler dans les feuilles mortes, celles qui se sont toujours bien foutues du tronc et des racines, car c'est sur les branches qu'elles poussaient" 

 

 

 

L'avis de Cathulu, Praline

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 15 Octobre 2011

Synopsis :  Hollywood 1927. George Valentin est une vedette du cinéma muet à qui tout sourit. L'arrivée des films parlants va le faire sombrer dans l'oubli. Peppy Miller, jeune figurante, va elle, être propulsée au firmament des stars. Ce film raconte l'histoire de leurs destins croisés, ou comment la célébrité, l'orgueil et l'argent peuvent être autant d'obstacles à leur histoire d'amour.

 

 

Film avec Jean Dujardin, Bérénice Béjo, John Goodman et Uggy le chien !!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : Il n'est pas aisé d'évoquer un film si inhabituel dans ma "filmographie". Je suis allée voir The Artist par curiosité, considérant cette séance comme une expérience de cinéphile, et surtout, un sacré voyage dans le temps. En effet, au cas où vous ne le sauriez pas, ce film rend hommage aux débutsd'Hollywood et du cinéma : il est en noir et blanc et muet complètement ou presque...

Ce n'est pas par le scénario que ce film brille, car celui ci est somme toute assez banal mais par le culot qu'il représente : remettre l'ancien au goût du jour et de ce fait à l'appréciation de chacun. Et franchement, je me suis régalée, envahie par une certaine nostalgie, et émue de réaliser ce qu'étaient réellement les prémices de ce 7ème art que l'on regarde maintenant dans des mégacomplexes UGC, CGR, Gaumont.... Et touchée que notre époque ultra modernisée sache encore rendre compte de ce passé, comme si l'on y était...

Car en 1927, les films muets étaient diffusés dans des théâtres et dans la fosse, c'est un orchestre qui, en direct, jouait ce que l'on appelle aujourd'hui la Bande Originale.

The Artist est en noir et blanc. Et pourtant, comme ce film est lumineux, les jeux de lumières se remarquent beaucoup plus que dans les films actuels. Mêmes les comédiens retrouvent une grâce et une classe magnifique, même si un peu désuètes.

Le film est muet.... De temps en temps, une phrase en sous titre vous permet de comprendre le sujet global d'un dialogue... Mais l'on se rend vite compte que l'on peut comprendre énormément sans mots, tant les expressions des comédiens et les situations mises en place sont parlantes. Et pourtant, je n'ai pas eu la sensation d'un sur jeux de la part des acteurs. Tout m'a semblé naturel en fait.... Et lors d'une scène (un cauchemar de Jean Dujardin), on constate avec presque effroi tous les bruits que nous apporte le cinéma parlant et on réalise alors, incrédule, que depuis le début du film, il n'y a eu aucun bruit de pas, de voiture, de claquement de porte.... Et que tout cela ne nous a pas manqué !

L'histoire commence en 1927, très vite arrive 1929 et la grande dépression américaine... Intérêt supplémentaire en passant.

Et les artistes ? Bravo les artistes. Jean Dujardin mérite amplement son prix d'interprétation au festival de Cannes. Et l'on se dit que nous avons un acteur Français qui sait tout jouer, même du muet made in Hollywood. Cocorico ! Bérénice Béjo est radieuse, charmante et très juste. Un atout charme indéniable dans ce film. Enfin, comment ne pas citer l'atout humour et attendrissement : Uggy le chien. Excellent, il apporte un peu de légèreté aux moments plus graves. En tout cas, bravo à son dresseur !

Par contre, j'ai eu un peu de mal à comprendre l'obstination de Jean Dujardin dans son refus du cinéma parlant... Et puis l'on se dit, quelle aventure le cinéma... Et à chaque époque, les professionnels de la profession ont du s'adapter. ll y a eu le muet, le parlant, puis la couleur, les images de synthèses qui remplacent 1000 figurants par 10 figurants en copier/coller) et maintenant, la 3 D. Jusqu'où ira le cinéma ?

En attendant l'avenir, un voyage dans le passé ne fait pas de mal. Vous voulez un grand moment de cinéma... En 2011, The artist en est un, assurémenUn enchantement qui s'achève en apothéose : un numéro de claquettes où nos deux acteurs sont plus que sublimes !  Quel magnifique hommage au 7ème art ... et surtout aux artistes !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 14 Octobre 2011

100_0172.JPGIl y a quelques jours, alors que j'étais encore à Bordeaux, je suis retournée une nouvelle fois dans le salon de la Librairie Mollat. Cette fois ci, c'était pour écouter l'écrivain Emmanuel Carrère, venu présenter son dernier ouvrage intitulé "Limonov". A priori, le sujet de celui ci ne me tentait pas trop, mais l'auteur a une fois de plus été captivant alors pourquoi pas prévoir un emprunt en librairie :

 

 Extrait 4ème de  couv « Limonov n’est pas un personnage de fiction... Il a été voyou en Ukraine ; idole de l’underground soviétique sous Brejnev ; clochard, puis valet de chambre d’un milliardaire à Manhattan ; écrivain branché à Paris ; soldat perdu dans les guerres des Balkans ; et maintenant, dans l’immense bordel de l’après-communisme en Russie, vieux chef charismatique d’un parti de jeunes desperados. Lui-même se voit comme un héros, on peut le considérer comme un salaud : je suspends pour ma part mon jugement. C’est une vie dangereuse, ambiguë : un vrai roman d’aventures. C’est aussi, je crois, une vie qui raconte quelque chose. Pas seulement sur lui, Limonov, pas seulement sur la Russie, mais sur notre histoire à tous depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ».

 

 

La salle était bondée, j'ai eu la chance d'avoir une place assise et ainsi de pouvoir prendre des notes... Voici un aperçu du principal, de ce que je parviens à relire et à replacer dans le contexte avec assez d'assurance pour ne pas trahir les propos d'Emmanuel Carrère.

 

 

Qu'est-ce qui a conduit Emmanuel Carrère a écrire ce livre ?

EC " Lorsqu'on écrit sur des faits réels, on écrit sur des choses qui s'imposent, qui arrivent à vous. Parfois, c'est vous qui allez vers quelque chose ou quelqu'un qui ne vous a rien demandé. Ce livre est venu vers moi par circonstances accidentelles. Limonov a vécu environ 10 ans à Paris et j'ai eu l'occasion de le rencontrer à quelques reprises en tant que journaliste. Limonov est un écrivain baroudeur, c'est un peu un Jack London Russe"

 

http://enfinlivre.blog.lemonde.fr/files/2011/08/Edouard-Limonov1.jpg

Limonov a aujourd'hui 68 ans. Dans les années 90, horrifié par la chute du communisme, il est rentré en Russie pour créer le Parti National Bolchevique. Il est alors devenu "infréquentable". Dans les années 2000, Limonov a été emprisonné. En 2006, l'assassinat d'une opposante au régime pousse Emmanuel Carrère le journaliste à se rendre en Russie. Lors de son reportage, il découvre que dans le milieu des opposant, Limonov était en sainteté et ses milices considérées comme l'avenir du pays...

 

Emmanuel Carrère s'est dit ne rien comprendre au pays. Il est alors retourné en Russie 15 jours, afin d'effectuer un reportage sur Limonov lui même.

 

"Je suis rentrée intrigué par ce personnage. Je me suis dit que cela valait la peine de continuer, d'où l'existence de ce livre à présent. Je voulais que ce livre soit comme un roman d'aventure et aussi un livre d'histoire. Limonov était un très bon fil conducteur avec une trajectoire personnelle qui traverse 50 ans d'Histoire".

 

Limonov, c'est un tas de vies successives. Il a traversé 7 ou 8 univers à priori complètement différents, qui n'ont pas de raisons de communiquer. Un exemple fou : Emprisonné dans un camp de travail à régime dur, Limonov y a reconnu les WC d'un  hôtel de luxe qu'il avait fréquenté à New York, sanitaires dessinés par un certain Philippe Stark. A ce jour, Limonov n'est plus un écrivain, mais un homme politique qui voudrait redevenir Lénine.  C'est un peu tout cela qui m'a donné envie d'écrire ce livre.

 

 

Comment Emmanuel Carrère a t-il procédé pour rédiger ce livre ? http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/9/5/0/9782818014059.jpg

Il  s'est basé sur les livres de Limonov et son autobiographie qui comporte une dizaine de volumes. "J'ai pris partie de faire confiance en Limonov, sur la véracité de ses écrits, Limonov étant un auteur assez dépourvu d'imagination."

 

L'arrière plan historique a été l'objet de nombreuses lectures, rencontres, et s'est enrichi d'ancien et de nouveaux voyages. Puis il y a eu des recherches sur des points précis. Parfois, il y a eu des témoignages lorsque c'était possible, mais pas d'enquête systématique.

 

"Je voulais faire quelque chose d'accessible au lecteur pas forcément passionné par le sujet. Donc il m'a fallu concilier un travail de pédagogie et un travail de littérature. Je ne souhaitais pas de notes en bas de page par exemple."

 

"C'était un livre amusant à écrire mais avec tout de même de sérieuses difficultés, concernant les traits déplaisants du personnage, son fascisme. Ses années 90, qu'elles soient politiques ou guerrières, étaient difficile à avaler pour moi et ne pouvaient donc pas être traitées avec désinvolture. D'où l'arrêt de l'écriture de ce livre pendant un an..."


 

100 0163Quelle est la position d'Emmanuel Carrère et la présence de l'auteur dans ce livre ?

Dans ces 4 derniers ouvrages, Emmanuel Carrère est présent dans ses livres de façon assez naturelle. (excepté pour le Roman Russe). Il est important de préciser que depuis 10 ans, l'auteur a abandonné la forme romanesque pour choisir de décrire le réel. Pour l'instant, ce choix lui convient et, toujours pour l'instant, il n'a pas l'intention de revenir au roman).

Emmanuel Carrère juge important qu'il explique dans son livre la raison du choix du sujet et surtout, sa position et ses doutes face aux comportements de Limonov. La présence de l'auteur lui même dans son livre met les choses en perspective. "Pendant que Limonov faisait cela, qu'est-ce que je faisais, moi, qui suis plutôt un écrivain bourgeois, pas du tout du même bord que Limonov. Notre seul point commun est notre passion pour Alexandre Dumas que nous avons lus tous les deux dans notre jeunesse."

 

 

Emmanuel Carrère est il un écrivain engagé ?

"Je n'ai pas d'engagement politique direct dans mes livres et suis même à l'écart de toute vision politique, même si la politique prend une place importante dans l'histoire. Les livres posent des questions de valeurs politiques".

 

"Mon engagement qui va de soi est celui ci : Démocratie et droits de l'homme que l'on aimerait étendre partout. Pour Limonov, cela est de la fantaisie. Pour lui, la démocratie et les droits de l'homme relèvent du même système que le colonialisme catholique des siècles précédents. Pour moi, voir ces valeurs et notre monde à travers les lunettes d'un étranger était intéressant."

 

 

Comment Emmanuel Carrère définit son livre Limonov ?

"Un livre écrit avec plaisir car il n'y avait pas d'enjeu personnel, excepté que le fait que je réprouvais Limonov. Ce livre n'est ni un roman, ni un essai. C'est de la narration.

C'est un livre sur le problème universel : les valeurs que nous considérons et voulons comme universelles ne sont justement pas universelles."

 

 

Limonov a -t-il lu Limonov ?!

Oui, Limonov a lu le livre. Mais comme il est très orgueilleux, il garde une espèce de réserve. Mais il est tout de même content. De plus, ce livre remet les siens en lumière qui sont d'ailleurs réédités, notamment chez Albin Michel.

 

 

Limonov s'appelle t-t-il vraiment Limonov ?

Non, son vrai nom est Savenko. Limonov est donc un pseudonyme inspiré de...

Lemon en anglais, acidité

Et Limonka (orthographe hasardeuse de ma part) qui signifie en ??? : grenade (l'arme, pas le fruit ni l'île tropicale !)

 

 

Quand à moi... Il est des mains que l'on admire pour le pouvoir, leur savoir... Celle d'un chirurgien, d'une couturière, d'un boulanger, d'un peintre.... Et pour moi, il y a aussi les mains des écrivains, ces mains qui écrivent ces livres, mais pas que... Je réalise que les auteurs parlent aussi beaucoup avec leurs mains et qu'en photo, cela donne de drôles de résultats... Aussi, ai-je décidé de commencer une collection de photo de mains d'écrivain.

1ère photo :

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Auteurs : rencontres et conférences

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Publié le 13 Octobre 2011

http://images.allocine.fr/medias/nmedia/18/82/95/84/19735985.jpg

Synopsis : Juillet 1979, pendant les vacances d’été dans une maison en Bretagne. A l’occasion de l’anniversaire de la grand-mère, oncles, tantes, cousins et cousines sont réunis le temps d’un week-end animé. Qui plus est, la chute d'un satellite est annoncée.... Certains disent en Bretagne.

 

 

 

Comédie avec Julie Delpy, Lou Alvarez, Laure Atika, Bernadette Lafont, Denis Ménochet.....

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

étoile2.5

Mon humble avis : L'atout principal de ce film est sans contest la reconstitution parfaite de la fin des années 70, tant dans les décors, les allures des personnages, leurs tenues vestimentaires, leurs préoccupations. C'est ce qui amène des rires francs et mérités de la part des spectateurs qui se souviennent de cette époque et de certains aspects disons euh... ridicules ! La distribution est réussie et le jeu de acteurs parfait, avec une mention particulière pour la jeune Lou Alvarez que j'ai trouvée très à l'aise, naturelle.

Pour le reste, je suis mitigée. Le scénario n'a rien d'exceptionnel même si certaines scènes sont jubilatoires. Mais le début et la fin du film m'ont parus inutiles, des passages semblent interminables (notamment celui sur l'histoire de la sirène dans la voiture).  Au fil du film, la plupart des composants de cette famille paraissent abrutis, voire pathétiques dans leur vision xénophobe et machiste de base du monde. Les autres semblent transparants, inexistants. Bref, leur rôle se limite à de la figuration qui complique juste un peu les choses devant le trop grand nombre de personnages. Au point qu'il faut un sacré bout de temps pour distinguer les couples et leurs enfants..... Certains me semblaient encore orphelins à la fin du film ! Parlons de l'humour,  puisque ce film est classé parmi les comédies.... je dirais comédie de moeurs plutôt cynique. Même si certaines répliques sont hilarantes, on est trop souvent proche du borderline et même complètement dans le too much pour moi. On de dépasse rarement le niveau de la ceinture. Il me semble improbable que des parents puissent tenir de tels propos aussi vulgaires en présence de leur progéniture, des blagues bien salaces qui ne font rire qu'eux mêmes. Bref, un peu de mesure ou de finesse ne m'aurait pas déplue. Je sais, pas évident de doser correctement les ingrédients quand les 3 quarts des personnages ne volent pas très haut. C'est un peu casse figure en fait comme sujet...

Deux scènes m'ont partculièrement émue... Celle où l'oncle Hubert, qui n'a pas toute sa tête et ce qui lui en reste est bourrée de divers neuroleptiques, se met à chanter La balade des gens heureux. Enfin, lorsqu'Albertine éprouve son premier chagrin d'amour.... On a envie de lui dire "courage ma fille, ce n'est que le début", puisqu'effectivement, force est de constater que 30 ans plus tard, dans le fond, les choses n'ont pas beaucoup changé.

Même si ce film en est aux antipodes, j'ai pensé à Mélancholia.... On attend qu'une chose percute la terre. Sauf qu'ici, il n'y pas la même subtilité !!!!

Conclusion : A  voir ou pas ? Oui, pour la reconstitution d'une époque. Sinon, pas d'urgence, pas de chute de Skylab annoncée, ni en Bretagne ni ailleurs !

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 11 Octobre 2011

 Roman - XO Editions - 233 pages - 16.05 €

 

Parution en septembre 2008

 

 Et parution chez Pocket en septembre 2009, 6 € 

  

L'histoire : Il a 30 ans, mène une vie sans réelles ambitions, travaille de nuit dans un sex shop. A quelques jours d'intervalle, il rencontre Alice, étudiante à la Sorbonne, et Dieu en personne. Alice devient sa femme et Dieu son meilleur ami, qu'il retrouve tous les mardi soir pour se taper la discut', philosopher ou se marrer un bon coup. Mais pourquoi Dieu l'a-t-il choisi comme meilleur ami ? Et entre Dieu et Alice, lequel de ces deux personnages va le plus bouleverser et influencer sa vie ?

 

 

 

 

 

 

 

Tentation : A l'époque, j'avais acheté ce livre pour en faire cadeau à ma future belle soeur. Comme elle m'a dit être fan de Zweig, je n'ai pas osé lui offrir ce livre.

Fournisseur : Ma PAL !

 

 

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 Mon  humble avis : Le bandeau annonçait un livre drôle, hilarant, léger...

Je n'ai pas ri (je le répète, je n'ai pas la rigolade facile en lecture), j'ai souri souvent et ai été émue aussi. Disons que ce roman a une enveloppe légère pour traiter de sujets plutôt sérieux et lourds. Et là, j'avoue que l'auteur m'impressionne, car il maîtrise le style, son idée de départ, son principe jusqu'au bout, sans déborder, sans frôler le burlesque ni le ridicule. Certes, dans les premières pages, j'ai craint le pire, même le blasphème. Et bien non. C'est respectueux et original. Bien sûr les croyants et pratiquants purs et durs pourraient être choqués par quelques idées et le concept développés par l'auteur. Mais rien de bien méchant au contraire. C'est plutôt de la tendresse qui émane de cette lecture, d'autant que l'on s'attache réellement au narrateur, dont l'évolution au cours de la vie est particulièrement intéressante, même si pas forcément exceptionnelle !

Finalement, Cyril Massarotto amène tout le monde à s'interroger sur sa propre foi ou son refus de foi, et sur sa vision de Dieu, le tout dans une ambiance bon enfant, même si parfois tragique. Il apporte sa vision de Dieu et de ses prétendus ou légendaires pouvoir. Mais aucun prosélytisme dans ces lignes. Juste une invitation à la réflexion sur les relations entre l'Homme et Dieu. De lourds sujets sont abordés, comme le deuil entre autre.

En fait, ce livre donne comme bien d'autres deux lectures possibles... On peut y choisir le pur divertissement. A ce niveau, le livre est une franche réussite, je l'ai dévoré en quelques heures. Et l'on peut y voir de belles réflexions sur l'humain et l'humanité entière, le libre arbitre, et presque un roman aux allures initiatiques, même si, je le répète, le fond de l'air (le style) en fait, est léger et se veut globalement joyeux.

Cette histoire est en fait très humaine, puisque l'on suit notre personnage depuis sa première rencontre avec Dieu, à 30 ans et sur toutes les années qui vont suivre, celles où il construit sa vraie vie d'adulte. On assiste à ses joies, ses peines, ses souffrances, ses doutes, ses amitiés, ses colères ses erreurs, ses victoires, son amour, toutes ces choses qui font la force d'un Homme. Dans l'absolu, l'auteur reste assez consensuel, puisque sa version de Dieu fait que Dieu est Amour, ce qui ne divisera personne. Enfin, j'ai noté quelques passages simplistes, comme celui qui offre une solution à la dépression : il suffirait de regarder le malheur autour de soi, à la TV, les guerres, les famines. Léger, léger. La fin m'a un peu déçue aussi, mais après tout, le vie est peut-être aussi simple que cela

En tout cas, il y dans ce roman une belle homogénéité entre le style et le genre voulu par l'auteur. L'ensemble est maitrisé et fonctionne. Le postulat de départ, original, aurait pu se révéler scabreux. Point n'en n'est. C'est du plaisir, pas si farfelus que ça, de la réflexion et sans hésitation un talent à suivre ! (j'ai deux livres de retard !!!). Ah, j'avais oublié... on peut dire que Dieu est un pote à moi est avant tout une belle histoire d'amour, voire un hymne à l'Amour.

 

Dieu dit : " je n'ai pas de "vraie apparence", je n'ai que celle de votre imaginaire, la forme qui me rendra crédible à vos yeux."

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 9 Octobre 2011

 

Je ne sais qu'une chose, c'est que je ne sais rien". (Socrate). Voici l'essentiel de la naissance de la philosophie, une recherche de la vérité.

 

 

Il y a quelques jours, je me "plaignais" d'avoir pris un coup de vieux devant mon peu d'enthousiasme face à un film américain ultra formaté.

Le 4 octobre, je faisais une cure de jouvence ! Et je récupérais mes 18 ans alors que, devant moi, Raphael Enthoven partait dans des démonstrations philosophiques avec une énergie et un enthousiasme captivants, fascinants. J'étais 20 ans en arrière, en cours de philo au lycée, avec certes, un côté charismatique non négligeable chez ce professeur du jour ! Et franchement, c'était jouissif. Finalement, la philo, ça rajeunit. C'est même je dirais un truc de jeunes capables encore d'une certaine gymnastique de l'esprit. Bon, manifestement, Raphael Enthoven a encore la jeunesse et un sacré entraînement.

 

 

 

Tout d'abord, qui est cet homme inconnu du grand public :

 

Raphaël Enthoven, né le 9 novembre 1975, est un professeur agrégé de philosophie (agreg obtenue en 1999) , sur Lyon, Caen et Paris 7, Science Po et polytechnique. Il est (ou été) aussi animateur de radio et de télévision (sur Arte), chroniqueur à l'Express, pour le magazine Philosophie et enfin, producteur de plusieurs émissions TV où l'esprit de conversation est mis en avant, "la conversation, premier de tous les arts' d'après le philosophe Alain.

 

Auprès du grand public, il est aussi l'ex de Justine Levy et de Carla, devenue première dame de France....

 

Raphael Enthoven a fait un rapide passage à la librairie Mollat de Bordeaux. J'y étais, j'ai écouté, j'ai oublié des choses, ai été dépassée par d'autres et en ai noté certaines. Le motif de cette conférence était la promotion d'un coffret de DVD reprenant certaines de ces émissions "Philosophie" sur Arté le dimanche à 13h30.

 

Voici donc un compte rendu ( que j'espère le plus fidèle possible) désordonné et de miettes de cette rencontre vitalisante :

 

R.E voulait faire de la télé pour démontrer qu'il était possible d'y faire de la philosophie en étant détaché de l'actualité et des impératifs télévisuels. Son émission ne bénéficie pas de montages savantsou de multiples prises. C'est dans une certaine improvisation que se déroule les tournages.

 

"Quand on fait de la télé, on parle aux yeux et le chemin est plus long. La télé est un outil formidable mais mal employé, car on a oublié que c'était juste un outil et non une finalité. Je préfère la radio, média socratique par excellence. Il n'y a pas de plaisir comparable à la radio. On parle directement aux oreilles, donc au coeur. Pas besoin de passer par le fltre du cerveau et on supprime l'inconvénient de l'image qui sature l'imagination. Je me méfie du média internet, qui est l'occasion pour chacun de brandir son expérience comme une norme, ce qui est contraire à la philosophie."

 

Nietzsche disait à Flaubert "Les bonnes idées sont celles qui viennent en marchant".

 

R.E se dit apprenti "Nietzschéen". "J'ai toujours fait cours en marchand, donc là, j'ai du mal à rester assis ! (A savoir que lors de son émission, R.E marche avec son invité). Lorsque l'on marche, on s'endort moins sur ce que l'on pense, la possibilité d'un dialogue sur un objet commun est plus forte, cela  facilite l'improvisation, qui elle même est possible quand on a confiance au problème et à son infinité. Tout cela est moins évident sur un plateau de télévision statique.

 

"La confiance repose sur le doute. Moins on a de certitudes, plus on a la possibilité de faire confiance"

 

"On ne connaît pas la vérité, on ne la détient pas. En revanche, on peut être sincère"

                                                                                                                                              Portrait de Flaubert

"Je suis un immanentiste. (extrait wikipédia :Immanentisme provient de immanence, mot qui signifie : « qui réside dans le sujet agissant », contenu dans la nature d'un être. L'immanentisme est, à partir de là, une doctrine philosophique qui affirme l'immanence de Dieu à la nature. L'antithèse de l'immanence est l'idée que la nature est bénévolement soumise à Dieu ), on ne peut pas être et être au delà. J'ai tendance à croire que le monde est un être entier, unique et sans miroir. Ce qui a été ne peut pas ne pas être. Le fait de vivre précède les raisons qu'on lui donne".

 

Pour R.E, une des façons de s'étonner est de s'intéresser au monde au delà du besoin que l'on en a. Comme un objet peut être très intéressant quand il devient inutile.

 

"Un pouvoir démocratique est un pouvoir qui peut faire l'économie de l'apparat. Pas besoin de sceptre. Alors que Sarkozi peut apparaître en short et baskets après un jogging sur le perron de l'Elysée, Fidel Castro ne peut apparaître en pyjama... Sans son treillis militaire, Castro se dépouille de son pouvoir, ce qui est impossible dans un régime tyrannique."

 

" Le but de la philosophie, si but il y a, c'est le réel, dans sa nudité qu'il faut aimer tout de même. C'est ce que nous savons sur ce que nous ne voulons pas savoir. D'ailleurs, nombreux Dieux et dogmes naissent de ce savoir que nous refusons. Pour savoir ce que l'on sait, il faut se vaincre soit même, ce qui est très difficile. Alors que quand on ne sait pas, on peut toujours apprendre. Philosopher, c'est inviter les gens à savoir ce qu'ils savent, c'est aussi penser au delà de soi même. C'est la conversion d'un savoir en interrogation. C'est une démarche vers... Plus on avance, plus les interprétations du monde sont multiples.

 

Ensuite, il fut sujet des romans...

" Les romans ne sont que des bras armés et pacifistes de ce passage à la connaissance du réel. On ne s'éloigne pas du monde quand on en donne une traduction littéraire, au contraire, on opère à des rapprochements, on serre l'objet, la réalité, l'art difficile de faire simple". La littérature a une vitesse d'exécussion supérieure à la philosophie. Un récit explore ce que le monde a de singulier, dans sa dureté."

 

" To be or not, that's the question ? (Etre ou pas, c'est la question) (et non pas to be or not to be...) C'est l'émerveillement face au monde tel qu'il est, c'est ainsi qu'Orson Welles traduit Hamlet."

 

Je me suis souvent demandé pourquoi,  à la TV, animateurs, journalistes et stars, qui manifestement se connaissent bien ne se vouvoient pas... Voici la réponse de RE :

" Le tutoiement à la télévision est excluant"

 

A propos de l'enseignement :

R.E : Le droit d'être préremptoire et arrogant est aussi une façon d'enseigner, cela permet parfois de gagner du temps.

 

Enfin, je ne sais plus par quel chemin, mais nous en sommes venus aux scarifications. Une collègue de R.E voit autant de scarification dans un tatouage que dans les veines saillantes d'un alterophile (ici, Schwarzy pris comme exemple)...

R.E : "Le tatouage, c'est la fixité dans un élément mouvant, une revendication d'identité. Le tatouage tiendrait plus de l'orphisme (mouvement de la Grèce antique qui se rattache à Orphée et qui a affirme que le salut dépend de la vie sur terre. Seule une vie ascétique peut sauvegarder la pureté de l'âme de l'impureté du corps). D'où le goût de la performance.

Alors que les veine saillante de Terminator sont plus issue de l'idéal de la perfection et du Prométhéisme (croyance en l'homme et en l'action; Prométhée était un Titan Grec)

 

 

 Et voilà, je n'ai pu hélas noter "les délires et démonstrations philosophiques" , tant Raphaël Enthoven s'emballait pendant que je m'emmêlais et réfléchissait. J'en étais encore à la deuxième inconnue de l'équation quand il concluait par un brillant CQFD !

 

Alors pour celles et ceux qui sont arrivés au bout de ce billet, une récompense : 'Une tête bien faite dans une tête bien pleine" et j'ajoute, pas vilaine, contrairement  celle de Socarte qui lui était très laid parait il.

 

 (vous pourrez revisionner le podcast complet de cette conférence ici http://www.mollat.com/ecoutervoir/index.html

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Auteurs : rencontres et conférences

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Publié le 7 Octobre 2011

Synopsis : Mars 1944. Alors que la planète est secouée par les soubresauts de la guerre mondiale, dans un petit coin d’une campagne française se joue une guerre de gosses… Car, depuis toujours, les gamins des villages voisins de Longeverne et Velrans s'affrontent sans merci. Mais, cette fois, leur guerre va prendre une tournure inattendue : tous les petits prisonniers se voient délestés des boutons de leurs vêtements, en sorte qu’ils repartent presque dénudés, vaincus et humiliés. Ce conflit porte désormais un nom : la "guerre des boutons". Et le village qui aura récolté le plus de boutons sera déclaré vainqueur… En marge de ce conflit, Violette, une jeune fille d'origine juive, fait battre le cœur de Lebrac, le chef des Longeverne. La véritable origine de Violette sera-t-elle dénoncée et découverte ?

 

Avec Laetitia Casta, Guillaume Canet, Kad Merad, Jean Texier, Clément Godefroy.

 

 

 

 

 

 

 

 

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 Mon humble avis : A l'origine, La guerre des boutons est un roman de Louis Pergaud, publié en 1912 et que je n'ai pas lu. Ensuite, il y eut en 1962 l'adaptation cinématographique d'Yves Robert, que j'ai vue... Et je me souviens de la fameuse réplique : "si j'aurais su, j'serais pas venu". Rien de plus. D'ailleurs, il parait que cette réplique ne figure pas dans le roman !

Et cette année, nos réalisateurs français nous offrent, comme par hasard et sans le faire exprès, deux nouvelles versions de ce mythe, deux versions qui sortent plus ou moins en même temps. Pour le générique et le nom des acteurs figurants sur l'affiche, j'ai choisi "La nouvelle guerre des boutons", de Christophe Barratier.

Christohe Barratier a situé sa guerre des boutons en 1944, pendant la guerre, manisfestement dans la zone à peu près libre mais où pas mal d'hommes sont partis aux combats.

Des gamins se battent pour une histoire de territoire, avec des armes en bois et comme trophées de guerre, des boutons. Jusqu' à ce que les choses dégénèrent et que les enfants reproduisent, à leur dimension, les horreurs des adultes.

J'ai aimé l'évolution des relations du jeune Lebrac avec  ses parents, ainsi que l'approche de la résistance discrète mais active qui est faite dans ce film, et l'image  différente que cette résistance donne des gens. Les répliques du Petit Gibus m'ont amusée un temps. J'ai souri, puis j'ai regardé. Je ne me suis pas ennuyée, mais l'extase et l'enthousiasme ne m'ont pas trop approchée.  C'est curieux, je n'ai rien de spécifique à reprocher à ce film bien réalisé, bien joué, avec de belles scènes et des paysages rafraîchissants. Mais je n'ai rien non plus pour l'encenser. J'ai eu la sensation de la présence de quelques poncifs. Et puis je n'ai pas été émue et je n'ai pas ri. Un film pas mauvais, mais qu'apporte -t-il de plus ??? je n'ai pas la réponse. Si, un aspect "remastérisé", terme très à la mode, et des couleurs sur la péloche !

 

 

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 5 Octobre 2011

Roman, Editions Gallimard, 201 pages , 16.90 €

 

 

 

Parution le 18 août 2011

 

RENTREE LITTERAIRE SEPT 2011

 

 

L'histoire : 1187... Pour s'affranchir d'un mariage imposé par son père, la jeune Esclarmonde décide de s'emmurer vivante et de consacrer sa vie à Christ et à la prière. Son père lui fait donc construire une cellule, munie d'une fenestrelle pour qu'Esclarmonde puisse être nourrie, attenante à la chapelle de son château : le domaine des murmures.

La solitude à laquelle Esclarmonde aspirait sera parsemée de surprises et d'embûches. Si vous tendez l'oreille, c'est la voix d'Esclarmonde que vous entendrez vous conter son histoire.

 

 

 

 

Tentation : Mon attente impatiente depuis "Le coeur cousu"

Fournisseur : Ma CB lors de la rencontre avec l'auteur à Rennes.

 

 

 

 

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Mon humble avis :Je ne lis jamais ou presque de roman historique. Même si une 4ème de couv évoque les années 39-45, c'est souvent suffisant pour me faire reposer un livre. Heureusement, il y a des valeurs sûres qui vous font aller à contre courant de vos goûts présumés ou de vos appréhensions. Carole Martinez est décidément une valeur sûre !

Ce livre aurait pu commencer par "Il était une fois" puisqu'il s'agit d'un conte. Un conte avec des personnages hauts en couleurs, effrayants et puissant, pauvres et simples, généreux ou égoïstes,gentils ou maléfiques, sains ou fou, malheureux ou heureux, aux destins imprévisibles, à qui l'on donne des pouvoirs mystiques. Tout tient du conte, depuis la construction, en passant par la narration, jusqu'à la description des lieux. Partout règne un certain mystère, comme une brume qui ne se lèverait pas. L'histoire se déroule sur une terre forte en légendes, celles des femmes enterrées vivantes et qui murmureraient la nuit par exemple, ou des destriers fantômes... Carole Martinez insère une autre légende, celle d'Esclarmonde qui, pour échapper à un mariage arrangé, préfère s'emmurer vivante à 15 ans et se destiner à Christ et la prière. Sa renommée va alors dépasser les frontières. Je m'inquiétais un peu du sujet, me demandant comment, d'une femme enfermée toute sa vie, on pouvait décliner un roman entier sans redondance, sans tourner en rond, en restant captivant... C'était sans compter sur l'imagination, l'illustre plume (qui rentrera aussi dans la légende) et le talent de Carole Martinez.  L'auteure, magicienne, est parvenue à glisser une dimension épique, tragique, romanesque, héroïque, historique pour faire de cette oeuvre un roman vraiment pittoresque. Le lecteur est suspendu au destin émouvant de la jeune Esclarmonde, qui découvre la vie et le monde depuis sa geôle volontaire. Elle devient un symbole et les pèlerins viennent la visiter sur leur chemin pour Rome ou St jacques de Compostelle. Esclarmonde devient sainte aux yeux du monde. Et pourtant au fure et à mesure de son évolution tant physique que psychologique, cette cellule devient trop petite. Mais Esclarmonde a promis. Que vaut une promesse d'une jeune fille de 15 ans ? Nous partageons avec Esclarmonde, nuit et jour, ses forces, ses joies, ses peines, ses détresses, et sa transformation.... je n'en dirais pas plus... il faut garder le mystère. Jusqu'où la foi peut-elle porter ? Ce roman traite d'ailleurs beaucoup plus du mysticisme que du religieux.

J'avoue m'être égarée quelques pages, les pages où, par l'esprit, Esclarmonde suit les pas de son père au fond de l'horreur des croisades en Terre Sainte. Par contre, ce voyage dans un temps que je connais mal, le Moyen Âge, voyage richement documenté apporte une dimension culturelle supplémentaire et non négligeable à cet ouvrage. La condition des femmes à cette époque est plutôt glaçante et je ne m'étais jamais imaginé les guerres Saintes comme de tels charniers...

Un conte, c'est atemporel. Il y a Barbe Bleu, les contes de Perrault, Cendrillon et Blanche Neige depuis plus ou moins longtemps et pour l'éternité, il y a dorénavant Esclarmonde. Et un conte a une moralité... Celui du Domaine des Murmures nous amène à nous interroger sur nos erreurs de jeunesse, les choix que l'on a fait à une époque sans posséder toutes les données en mains et sans en imaginer forcément toutes les conséquences.  Les choix qui ne sont toujours assez mûris et qui nous engagent sur une voie pour toute une vie... Des choix trop petits ou trop grands pour nous.

Personnellement, j'ai vu aussi dans ce conte une (éventuelle) parabole très contemporaine sur les enfants stars ou toutes ces personnes qui accèdent à la célébrité soudainement, au point que les admirateurs leur prêtent des pouvoirs auxquels les premiers intéressés finissent par croire aveuglément, et à en user sans modération... jusqu'à la chute. Que l'on soit en 1187 ou en 2011, les Hommes n'ont finalement pas tant changer que cela.

Un livre très riche, plein de surprises même pas évoquées dans ce billet... J'ai assisté à 3 conférences de l'auteur alors je pourrais vous en apprendre encore et encore sur ce livre aux richesses infinies, parfois cachés pour le profane. Comme dans tout livre, suivant notre culture générale (ou spécialiste), des détails nous échappent. Et les découvrir où se les voir révéler est une joie immense. Ce que je sais, c'est que je trouve ce deuxième roman plus facile à lire que "Le coeur cousu" et Esclarmonde, héroïne plus unique de ce roman, restera très très longtemps en moi.  Alors posez, vous, tournez les pages et écoutez les murmures d'Esclarmonde.

 

L'avis de Clara, Leiloona, Antigone et Stéphie

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 3 Octobre 2011

Il y a quelques jours, ma présence à Bordeaux (pour raison médicale) m'a permis d'assister à la rencontre littéraire, dans le salon de la librairie Mollat, de l'auteur Alexis Jenni.

Alexis Jenni publie cette année, pour la rentrée, son premier roman : L'art Français de la guerre...

Un premier roman qui le mène directement sur la première liste du prix Goncourt. A suivre donc...
Je sais que "l'art français de la guerre" n'est pas un livre pour moi... Trop épais, relativement historique....

Mais ce qui me passionne avant tout, c''est l'homme qui devient auteur, qui parle de son livre et de son processus de création. Et ça, je ne résiste pas à l'envie de le partage avec vous...

 

 

L'homme apparaît décontracté, dégage un capital sympathie non négligeable et fait preuve d'une culture historique qui me cloue sur place, comme d'habitude. Je ne sais pas si mon admiration est infinie et inaltérable, en tous cas, je ne cesse de l'attribuer à bon escient, et j'en trouve toujours au fond de moi.

 

 

Allez, compte rendu de cette rencontre !

 

 

Alexis Jenni est professeur de biologie au lycée. Comment un prof de science devient écrivain ???

AJ : "Je suis un grand maniaque très organisé dans une régularité qui finit par être productive. Cela fait une vingtaine d'années que j'essaie d'écrire quelque chose. Il y a 20 ans, en une matinée de libre, je n'arrivais à rien faire. Et maintenant, avec une discipline qui s'apprend, de 8h à 10 h, j'écris deux pages. J'écris vite et j'y pense tout le temps.

La littérature est ma passion profonde depuis toujours. Je ne suis pas prof de lettres car je ne suis pas technicien des lettres. Pour moi, la littérature se fait et se lit, mais je ne me vois pas l'enseigner."

 

Alexis Jenni a écrit d'autres choses avant, refusées partout," parce qu'elles étaient vraiment moins bien !" L'auteur était un peu désenchanté et a voulu écrire un livre pour lui, qui lui fasse plaisir, sans prêter attention à la contingence de la littérature contemporaine, mais avec un grand aspect romanesque.

Alexis Jenni souhaitait que son livre soit une aventure Française, genre trop souvent réservé à l'Amérique.

 

L'art français de la guerre...." Les histoires de ces époques (guerre d'Indochine, d'Algérie...) circulent toujours. Les gens qui l'ont vécu ou leurs descendants vivent toujours... Je voulais recoudre le temps, réparer le temps. Dans l'histoire de France, on ne sait pas bien raconter ces 50 dernières années. Il y avait donc un enjeu littéraire, impossible à faire, mais peu m'importait puisque ce livre ne pouvait pas marcher ! J'ai ramassé l'information là où elle se trouvait, chez les gens... je n'ai pas forcément écumé les bibliothèques..

 

Pourquoi un tel titre ?

AJ " L'art de la guerre est théorisé en France, on aurait inventé un art national, celui de l'échec.  Dans la violence sociale actuelle, c'est le même art qui est utilisé, celui de la force qui mène à l'échec, d'après le traité de Sun Tzu (l'art de la guerre) (lien wikipédia forcément très intéressant). La France aurait une passion romantique de l'échec.

Ce roman offre un regard sur la société occidentale d'aujourd'hui d'après le passé ainsi qu'un parcours militaire, dans deux histoires imbriquées, dans un jeu de miroir.

 

Comment écrit Alexis Jenni...

Au stylo plume puis sur ordinateur. "J'écris, j'accumule une matière, ça se structure au fur et à mesure, c'est une construction romanesque malgré l'usage de faits historiques. Parfois, l'exactitude historique a été un peu modifiée pour que la justesse humaine et romanesque fonctionne. Je suis très touché par l'amitié transgénérationnelle et par le fait de savoir ce qu'est une lignée d'hommes, ce que les hommes se racontent, sujet plutôt peu abordé par la littérature".

 

AJ : " Ce 'est pas forcément les gens qui ont vécu les choses qui la racontent le mieux. La littérature permet de raconter ce qui n'est pas là, ou de raconter l'histoire de gens qui ne peuvent pas ou ne savent pas la raconter de façon cohérente. La littérature,  c'est aussi raconter "pour" (à la place de) ceux qui ne peuvent pas raconter. Elle permet le saut impossible : raconter des choses que je n'ai pas vécues, des personnages que je n'ai pas connus".

 

Dans ce roman, il est aussi fortement question de dessin et de peinture...

AJ  : "J'aime beaucoup la peinture. J'en connais assez pour savoir ce que ce serait si je le faisais bien ! Le dessin sauve la vie et l'âme de mon personnage car le dessin, c'est aussi ne pas être là".

 

Ensuite, il a était question de guerres dysimétriques. Ce qui frappe l'auteur, c'est que les européens ont tous droit à leur mort individuelle quand dans les pays pauvres, le nombre de morts n'est même pas connu avec précision. C'est le fameux rapport 1 - 10. Dans "La chute du faucon noir", film de Ridley Scott qui a marqué Alexis Jenni, chaque mort américain a droit à 10 mn de plan de film, quand les décès ennemies sont groupés sous les tires d'une mitraillette qui dégommes tout.

 

Enfin, ce sont les mémoires du Général de Gaulle qui ont été évoquées. Pour Alexis Jenni, "il s'agit d'une leçon de stratégie littéraire talentueuse. De Gaulle est le plus grand menteur de tous les temps, comme un romancier. De Gaulle était un grand romancier, il a réussi à faire croire que la France faisait partie  des vainqueurs de la Guerre 39-45, il a réussi à ce que la France soit présente à Yalta alors qu'elle était occupée peu de temps avant...."

 

 

Ensuite, j'ai arrêté de prendre des notes. Pendant les dédicaces, j'ai traîné dans le coin pour poser quelques questions à Alexis Jenni. C'est ainsi que j'ai appris que ce roman avait été tout d'abord écrit au stylo plume avant d'être mis a propre sur ordi. Ce roman n'a été envoyé que chez Gallimard. Pourquoi Gallimard ? Parce ce que ce sont les meilleurs, dixit Alexis Jenni que je remercie pour  ce moment inoubliable et fort intéressant... d'où je suis sortie toute petite... J'ai suis vraiment nulle en histoire...

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Auteurs : rencontres et conférences

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