Publié le 22 Décembre 2011

Synopsis :  

La vie de Paul bascule le jour où sa femme Sarah disparaît subitement. Après une année de recherches infructueuses, Paul est un homme brisé, rongé par le doute et la culpabilité. Sa dernière chance est peut être de tout reprendre à zéro : déménager avec ses 2 enfants à Saint-Malo, la ville où il a grandit. Mais des rencontres inattendues vont donner à ce nouveau départ une tournure qu’il n’imaginait pas.

 

 

 

Avec : Benoit Magimel, Isabelle Carré, Antoine Duléry, Hugo Fernandez, Cassiopée Mayance, Audrey Tautou.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis :Ce film est "l'adaptation libre" du roman éponyme du romancier malouin Olivier Adam, qui a lui même participé à l'élaboration du scénario et a assisté en partie au tournage du film...

Ce qui, je pense, n'est pas étranger au fait que l'on retrouve bien le livre sur l'écran. Enfin un  film qui ne trahit pas le roman d'origine ! Certes, tout n'y est pas exactement pareil, certains personnages ont même étés supprimés, ce qui est sans doute nécessaire pour, dans un film, s'attacher à l'essentiel d'un roman. Ayant dévoré le livre il y a quelques années, je connaissais donc déjà l'histoire... et la fin. Et dans ma tête, des souvenirs, un ressenti, une atmosphère. Celle ci est peut -être un peu moins "lourde" que dans le livre mais tout aussi prenante, bouleversante, poignante. Pas un bruit dans la salle de cinéma. Et les acteurs ne sont pas innocents dans la réussite du film. Benoit Magimel, en pudeur, retenue et souffrance. Il tient là un grand rôle qui fera date dans sa carrière. On sent l'homme blessé maintenu en vie par /pour ses enfants. Les deux enfants jouent à merveille, avec un naturel bluffant. Le jeune Hugo Fernandez est d'ailleurs celui qui apporte l'instant émotionnel le plus fort, celui où, suivant votre nature, votre gorge se noue douleureusement ou vos larmes coulent quoique vous fassiez. Antoine Dulery est touchant en homme dévoué, qui est quelque part passé à côté de sa vie, et d'une vie qui le prive d'enfant. Ramzy est quasi méconnaissable. Isabelle Carré apporte calme et droiture.

Enfin, le parti pris du réalisateur : celui de faire un film sans frou frou, avec beaucoup de silence, de regards, de sobriété. Et les non dits aussi, entre les personnages, les non dits réalistes de la vie où l'on se tait pour ne pas s'épancher et ne pas craquer, parce que dire serait trop long et avouer éventuellement que l'on ne s'en sort pas : "Ca va? - "Oui ça va". - "Et les enfants" ? - "ca va aussi".

Ce film est sincère, et fidèle à l'univers de l'auteur.

Et puis, et puis petite cerise sur le gâteau pour une fille du coin... Le film est entièrement tourné sur Saint Malo mais surtout sur Saint Lunaire, village proche de Dinard (et de St Malo par extension), où vit ma mère. Aussi quel plaisir de reconnaître chaque lieu de prise de vue ou presque, les maisons, les rues, les plages, les écoles, les restaurants, les places où l'on se stationne les jours d'affluence... Et vraiment, j'habite une belle région !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 20 Décembre 2011

Roman - Audiolib (Grasset) - 5h39 d'écoute (bonus inclus) - 19 €

 

 

Existe aussi en Livre de Poche - 256 pages - 6.50 €

 

 

 

Date de parution : Août 2009

 

 

Ce roman a obtenu le Prix Renaudot.

 

 

 

 

L'histoire : En janvier 2008, Frédéric Beigbder est arrêté est mis en garde à vue pour consommation de stupéfiant sur la voie publique, et spécifiquement sur le capot lustré d'une Bentley. La détention de l'auteur durera presque 48 heures.... d'ennui, d'angoisse, de colère, de closotrophobie, de veille,  d'humiliation, de crasse, de questionnement. Pas un livre à lire. Alors, Beigbeder se met à écrire ce livre dans sa tête. Sa vie d'amnésique qui l'a menée là ce soir, dans cettet cellule microscopique. Ce soir là où, à 42 ans, s'achève enfin son interminable enfance...

 

 

Tentation : Me remettre dans l'univers de Beigbeder avant de le rencontrer

Fournisseur : La bib !

 

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Mon humble avis : Et bien, je ne pensais pas me prendre une telle claque avec ce Roman Français, qui tient d'ailleurs plus du récit autobiographique ! Pour moi, c'est un chef d'oeuvre que je viens d'écouter !

Exit l'insolence, la provocation et la crudité qui faisaient jusqu'alors le "fond de commerce" de l'auteur et/ ou du personnage Beigbeder.

Beigbeder se retrouve en cellule. Rien à faire, pas même un livre à lire, donc un livre à écrire, celui ci. L'auteur part du fait qu'il ne se souvient pas de son enfance, qu'il est amnésique. Un seul souvenir, une plage du sud ouest, une maison de famille, un grand père et une pèche à la crevette.

Et finalement, au fil des chapitres, Beigbeder déroule sa vie, la vie intéressante, pas celle du noceur, celle de l'homme qui pourrait être n'importe qui. Celle ci commence dans les tranchées avec la mort héroïque de son grand père. Il y a la rencontre de ses parents, leur mariage, la naissance de deux garçons, le divorce... et quelques décennies plus tard, la même plage avec Beigbeder et sa fille.

Je n'ai pas eu l'impression que l'auteur étalait sa vie de façon impudique, au contraire. Rien n'y est règlement de compte. Juste constat. Beaucoup d'amour et de tendresse dans ses pages qui parlent de l'essentiel. Des regrets aussi, des souvenirs heureux ou pathétiques. Beigbeder pose un regard sur sa vie,développe sur l'impact d'un divorce sur des enfants par exemple, s'interroge sur comment deux frères de deux ans d'intervalles, élevés sous le même toit peuvent devenir l'antithèse de la thèse (quel écho en moi, j'étais alors en haute montagne !). Bref, les sujets de réflexions et les déductions de l'auteur sont si nombreuses qu'il m'est impossible de tous les évoquer ici. Et quel intérêt d'ailleurs ? On ouvre un livre pour découvrir un univers. Ah si, j'ai tout de même quelques arguments très vendeurs pour tout lecteur de ce blog, ou tout lecteur tout cours....Des souvenirs collectifs des époques et puis... Il est sujet du goût et du rôle de la lecture, de l'envie et de l'objectif de l'écriture...

Quelques chapitres interrompent les réminiscences de l'auteur et nous replonge dans la cellule. Où en est la détention qui se prolonge tant que cela en devient suspect. Oui, un magistrat fait traîner les choses, "il veut se faire un people" et ainsi, toute l'histoire sera très vite déballée dans la presse à l'époque. Alors Beigbeder sort sa plume et crie vengeance... Hélas, il semble que le meilleur de cette vengeance ait été censuré.... Mais sur le CD audio, une lecture de Beigbeder himself nous en donne quelques extraits !

Cette lecture / écoute a pour moi été un pur régal. J'ai été très touchée par ce texte et le ton emprunté. Même l'écriture et le style m'ont enveloppée comme dans un cocon. Je n'ai que deux regrets... qui commencent à être habituels et qui ne sont pas liés à l'oeuvre elle même...

J'ai emprunté cet audiolib à la bib.... alors il me faut le rendre...

J'ai lu ce livre en audiolib alors je n'ai pu mettre de mini post it pour en faire un livre hérisson dès qu'un passage me plaisait. J'aurais pu noter me direz vous ?! Non, cela aurait trop interrompu la fluidité de mon écoute.... qui s'est faite une grande partie dans mon bain !

A un moment du livre, Beigbeder dit  à quelques mots près : ce n'est pas l'histoire qui est importante dans un livre, mais l'homme que l'on devine derrière. Et moi j'ai découvert un homme très humain avec ses failles et ses contradictions, son humour et ses angoisses, un homme qui m'a beaucoup plu et, histoire de faire une pierre deux coups, un nouvel auteur. Un roman Français est le premier livre de Beigbederadulte en quelque sorte. C'est vrai quoi, il n'y a pas que les peintres qui aient droit à leurs périodes. Et même si j'ai aimé les livres provoc ado attardé  que j'ai lu de lui, j'attends les prochains livres de Beigbeder "l'adulte"  avec impatience. J'ai comme l'impression qu'il pourrait y avoir comme une grande sagesse, ou en tout cas une extrême clairvoyance dans cet homme... Un mystère a éclaircir à l'avenir !

 

 

L'avis deGambadou, de Bibliza, deMango, d'Alex les mots

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 18 Décembre 2011

L'année dernière, Eric Faye "investissait" la blogosphère avec Nagasaki, le roman (tiré d'un fait divers japonnais) qui a décroché le Grand Prix du roman de l'Académie Française 2010. Nagasaki

Ce roman efficace sur l'intrusion des autres dans notre intimité et sur l'ultramoderne solitude... Nagasaki vient de sortir en format poche chez J'ai Lu, donc aucune raison de ne pas le lire.

Et ces temps ci, j'ai eu l'occasion de me replonger avec délectation dans la plume de l'auteur pour un sujet complètement différent... Le mystère autour d'un auteur... invisible ! L'homme sans empreintes, également chez J'ai lu depuis Octobre. Si vous aimez lire ou qu'un de vos proches vit cette passion, voici un beau coffret cadeau à offrir à Noël ou pour n'importe quelle occasion si vous loupez le coche !

 

L'homme sans empreintes

 

Eric Faye a gentiment accepté de répondre à mes questions... Si vous vous demandez qui est le fameux Osborn évoquées dans certaines d'entre elles, et bien lisez le livre. Non, je plaisante... à moitié ! Il s'agit du fameux auteur mystérieux autour de qui nous tournons dans" l'homme sans empreintes" !

 

 

Osborn, le héros de votre roman “L’homme sans empreintes” serait devenu écrivain à un moment précis, les quelques minutes où il se serait vu mourir.... Enfin, c’est une supposition. Et vous, y a-t-il eu un moment précis qui vous a vu prendre la plume et devenir romancier ?
E.F :Il n'y a pas de moment précis où l'on "devient" romancier. Devenir "romancier" (mais je suis aussi nouvelliste, essayiste, ce qui est à mes yeux aussi important que le sacro-saint "roman") ne se fait pas du jour au lendemain, j'ai plutôt l'impression que c'est un processus très lent, une installation dans un état d'esprit qui se fait au fil des années - voire commence des années avant la première publication. On peut décider de le devenir, effectivement; quant à l'"être", c'est autre chose...


 Vous avez reçu le Grand Prix de l’Académie Française pour votre roman “Nagasaki” l’année dernière. Après une telle récompense, dans quel état d’esprit se remet on à l’écriture ?
E.F : Encouragé. Rassasié d'avoir trouvé enfin beaucoup de lecteurs, d'avoir droit à un bon nombre de traductions, d'avoir, en un mot, suscité un grand intérêt. Je me remets heureux à l'écriture, mais plus exigeant sans doute : en voulant faire preuve d'un peu plus d'audace ; en voulant me surprendre, pour ne pas m'installer dans une routine.

 

Justement, récompense et succès vont souvent de pair. Hors, Osborn prétend que c’est dans le succès et non dans l’épreuve que l’on découvre ses véritables amis, que le succès se mesure au nombre d’amis perdus... Vous avez perdu beaucoup d’amis ? Car d’un autre côté, le succès apporte aussi souvent beaucoup d’amis, pas forcément les plus sincères mais... Qu’est-ce que le succès d’écrivain change dans votre vie ?
E.F : Les pensées que je prête à un personnage ne sont pas nécessairement les miennes pas plus que le reflet de ma vie. Dans cet exemple précis, ce n'est pas le cas, je n'ai perdu aucun ami en obtenant ce prix. Mais entendons-nous bien, la vie de l'écrivain n'a aucun intérêt pour son lecteur, non ?

 

 Le personnage d’Osborn est inspiré de l’un des écrivains les plus mystérieux du XXème siècle, B. Traven. Ce genre de personnage vous intrigue ou vous fascine ? Ce jeu et cette obsession de l’anonymat de l’écrivain vous tenteraient ils ? Si vous deviez disparaître, où iriez vous ? Quels sont les principaux points communs entre vous et Osborn et B.Traven qui a inspiré ce dernier ?
E.F :Je crois qu'il ressort de "L'Homme sans empreintes" qu'effectivement, le genre de personnage que représente B. Traven exerce sur moi une grande fascination, qui ne tarit pas. C'est en quelque sorte un cap à tenir, inatteignable certainement, mais néanmoins un cap que j'aperçois au loin. J'aime tout autant Romain Gary; outre qu'il est à mes yeux un écrivain capable du meilleur, sa vie et les questionnements qu'elle pose à tout écrivain m'intéressent au plus haut point... Pour ce qui est de ma vie, elle n'a aucun point commun avec celle d'Osborn ou de B. Traven, sinon que nous avons en commun la passion de l'écriture et de certaine forme de retrait, même si, dans mon cas, il n'a rien d'absolu ni de systématique.


Pensez vous qu’à l’heure de la sur médiatisation et de la multimédiatisation, un auteur (ou quel qu'autre artiste) puisse être invisible et apprécié à la fois, ce dont doute OSborn. En même temps, nombreux sont les artistes qui agissent sous pseudonymes et vivent tout à fait normalement. Il y a aussi des artistes que l’on ne voit que dans le cadre de leur œuvre, qui cloisonne leur vie privée et sont néanmoins très appréciés (les exemples qui me viennent.... euh.... Francis Cabrel...)
E.F  :Osborn a prouvé (comme Traven dans le réel) qu'un écrivain peut être à la fois discret, caché derrière son oeuvre, et jouir d'un grand succès. La tentation, à l'époque de la médiatisation à outrance, de se montrer, est plus grande, et il est donc d'autant plus crucial de veiller à ne pas succomber à cette tentation et à rester le plus possible dans l'ombre. Maintenant, un écrivain peut-il "percer", trouver ses lecteurs sans faire la moindre concession au monde médiatique actuel? J'aimerais le croire.


Osborn considère que l’artiste doit disparaître, s’effacer derrière son œuvre. Mais une œuvre est elle vraiment dissociable de son créateur ? Qui plus est, l’effacement de l’auteur crée un mystère qui engendre maintenant ce qu’on appelle un buzz... Et ce mystère en vient presque à prendre plus d’importance que l’œuvre non ? Car si on prend Salinger... Tout le monde sait qu’il vivait retiré.... Mais que connait on vraiment de son œuvre, à part l’attrappe coeur ?
E.F : Le créateur d'une oeuvre EST dans son oeuvre et nulle part ailleurs. Donc il n'est pas dissociable de son oeuvre, puisqu'il est à l'intérieur. Je crois que la question du buzz et des bruits autour du mystère ne doit pas se poser à l'écrivain qui souhaite rester dans l'ombre. Ce n'est pas son problème.


Aguila Mendès, le journaliste du roman, considère qu’Osborn n’a rien des traits qu’on prête à un écrivain ? Quels sont les traits que l’on devrait, ou que l’on prête à un écrivain ? L’oreille est elle plus primordiale que la plume ?
E.F : C'est une réflexion du personnage Aguila Mendès, mais je ne pense pas, personnellement, qu'il y ait des traits précis que l'on devrait prêter à un écrivain. La réalité montre qu'ils sont très différents, non?


Je reviens à Nagasaki.... Si vous aviez été Shimura, qui découvre que son appartement est squatté par quelqu’un d’autre, quelle aurait été votre réaction. Si la vraie vie était un roman, aurait il été concevable que le squatteur et le squatté finissent par cohabiter ensemble en toute intelligence... l’un fournissant un toit à l’autre et l’autre offrant un peu de présence dans une vie bien solitaire au premier ?
E.F : Peu importe ma réaction, non? Qui suis-je sinon celui qui tient les fils des marionnettes-personnages? On ne demande pas tant que ça à un marionnettiste quelles sont ses opinions sur la vie, sur la cohabitation avec une clandestine...
 


E.F : Quel lecteur êtes vous ? Quels sont vos 3 derniers coups de cœur littéraires ?
E.F : Je suis plutôt un grand lecteur, avide de découvertes. Je ne me lasse pas souvent de lire, même quand je suis en période d'écriture. C'est une respiration essentielle à ma vie. Je lis essentiellement de la fiction, mais parfois j'aime prendre des chemins de traverse, découvrir un livre d'histoire ou un essai, ou une biographie. Coups de coeur?
J'ai bien aimé, récemment, le recueil de nouvelles "La mauvaise habitude d'être soi", de Martin Page, ou encore, de Hélène Lenoir, le roman "Pièce rapportée". Et, plus classique, "Le marin rejeté par la mer", de Mishima... Sans oublier "Le Traducteur amoureux", de Jacques Gélat.

 

 

10 MERCI

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Interviews exclusives !

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Publié le 16 Décembre 2011

Roman - Editions J'ai Lu - 252 pages - 6.70 € 

 

 

Parution en 2008 et en J'ai lu en octobre 2011

 

 

 

L'histoire : Une veuve, une ex maitresse, un universitaire allemand, dans un pays d'amérique latine. Leur point commun : B. Osborn, écrivain défunt bien mystérieux. Qui en sait le plus sur lui ? Qui a-t-il à savoir ? une enquête, des témoignages, des lettres, des rencontres, des personnages qui entrent en scène comme Hitchcock.... Une histoire qui commencerait vers 1898 et qui finit dans les années 90, alors qu'à Berlin, le mur tombe.

Un mystère épais sur un homme qui a pris garde de ne laisser aucune empreinte, mise à part son oeuvre littéraire...

Qui est Osborn ?

 

  

Tentation : La couv et la 4ème !

Fournisseur : Silvana, de chez J'ai Lu, merci !

 

 

 

 

 

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Mon humble avis :Un écrivain qui a traversé le siècle sous tant d'identités différentes que personne ne semble vraiment savoir qui il est : ni sa femme, ni son ancienne et dernière maitresse, ni son éditeur, ni ses lecteurs. Seul son agent littéraire le connaît et fait barrage pour protéger son anonymat. Même Hitchcock, qui porte un de ses livres à l'écran, ne l'a jamais rencontré. Les journalistes spéculent et sitôt qu'ils s'approchent de leur proie, celle ci disparaît, semble leur glisser des mains comme une savonnette. Osborn est insaisissable dans tous les sens du terme. Bien sûr, nous lecteurs, avons quelques atouts en main mais le mystère reste entier. Osborn fuit depuis 60 ans ? Que fuit il ? La célébrité ou un trouble passé ? Le lecteur (enfin, moi en tout cas !) en vient même à le soupçonner du pire.... puisque l'histoire nous ramène en Allemagne dans les années 20, période qui m'est inconnue, alors.... On hésite souvent à trouver cet Osborn sympathique ou admirable, lucide ou auteur fou paranoiac. Et s'il était  juste un homme souhaitant protéger sa tranquillité, qui veut qu'on lui fiche la paix...

 Dès qu'un indice semble éclairer un pan du personnage, le mystère autour d'Osborn s'épaissit encore et vous fait tourner les pages en regrettant déjà que celles qu'il vous restent à lire diminuent. Car fatalement, cela signifie que la résolution du mystère approche. Car on y est bien dans ce mystère, comme dans l'atmosphère du livre... J'ai pensé à véronique Ovaldé réputée pour créer un univers. Car ici aussi, nous sommes quelque part, au Costaguana, en Amérique Latine . J'ai cru un moment que ce pays existait et avait changé de nom lors d'une indépendance ou d'une révolution quelconque au siècle dernier. En fait, j'avais vraiment l'impression que tout existait, même Osborn. Alors.... quelques clics Google plus tard...(que je vous laisse exécuter à votre tour...). Le livre est toujours aussi fascinant, captivant et amusant à lire, car on découvre des références chères à l'auteur, des références qui peuvent passer inaperçu si l'on est pas initié ou aidé par dieu Google...Des références qui sont justes une cerise sur le gâteau, des subtilités non nécessaires à l'appréciation entière du roman. En fait, j'ai mené ma propre petite enquête pendant ma lecture, pratique très inédite, tant j'étais intriguée. Et je me suis dit, comme ça doit être chouette d'être un auteur doué et cultivé.

 L'homme sans empreintes est pour moi un roman magistral tant dans son sujet, dans sa construction, dans son écriture, dans le suspens et le mystère qui s'installent. C'est un scotch a double face, vraiment ! Par le biais d'extraits épistolaires ou de récits d'enquête, d'articles de journaux, de témoignages, on traverse le siècle précédent tout en restant au présent du livre (les années 90). Chacun apporte sa pièce au puzzle, en fonction de ce qu'il sait ou de ce qu'il veut bien dire... Enfin, je garde le meilleur pour la fin, histoire de vous porter l'estocade et vous succombiez à ce livre.... L'homme sans empreintes offre de très belles et intéressantes réflexions sur l'écriture, les auteurs, leur rapport à la célébrité, leur droit à l'anonymat, l'identité,  le succès, l'effacement de l'artiste au profit de ses oeuvres.... Osborn voulait publier des romans avec des titres, mais sans nom d'auteur...

Intriguant, captivant, fascinant. Génial, incontournable. Un mystère très riche, à tiroirs multiples et le portrait d'un homme peut-être libre. Et une fin digne du roman, très agile, qui ne m'a pas déçue : je ne m'étais pas trompée ! Un pur moment de bonheur pour un lecteur ! Bravo l'auteur !

 

 

"Etre invisible et apprécié tout à la fois, y at-on droit ?"

 

"On dit que c'est dans l'épreuve que l'on découvre ses vrais amis, or c'est le contraire, c'est dans le succès, qui tourne à l'épreuve : entends le coeur des jaloux.... Le succès se mesure au nombre d'amis perdus..."

 

"L'égo est le plus grand ennemi de la veine créatrice"

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 15 Décembre 2011

On ne se refait pas.... Durant l'été, je m'étais juré que je regarderais la rentrée littéraire de septembre à venir de loin, avec tout de même quelques titres et auteurs en tête, classés dans mes incontournables...

 

Et finalement, c'est avec une passion encore plus profonde que l'an dernier que je me suis jetée dans cettre rentrée littéraire, très riche tant en lectures qu'en rencontres !

 

Officiellement la rentrée littéraire est terminée depuis novembre puisqu'en janvier, c'est une autre rentrée qui s'annonce, appelée La petite rentrée... avec un nouveau déferlement de livres chez les libraires et sur la blogosphère.

 

Alors, en juillet, j'annonçais que je lirai ....

 

Tuer le père d'Amélie Nothomb.... Bien sûr, incontournable ! Comme le sont mes (mes)aventures téléphoniques avec Amélie herself, ou ici

 

Rien ne s'oppose à la nuit, de Delphine de Vigan

 

Sunset Park, de Paul Auster, en VO.... une déception....

 

Clèves, de Marie Darieussecq... Quelques avis à gauche à droite m'ont fait changer d'avis.... Je n'ai finalement pas eu envie de lire ce livre...

 

L'équation africaine de Yasmina Khadra.... Pas encore lu, d'autres livres se sont fait plus prioritaires. Mais il reste dans mes projets, figure en plus à ma bibliothèque. Qui plus est, une rencontre avec l'auteur est prévue sur Rennes en Janvier...

 

Et rester vivant  de Jean Philippe Blondel , un auteur qui me convient vraiment ! Qui plus est, il a répondu à mon interview ICI

 

Du domaine des murmures, de Carole Martinez ! Une claque, un coup de coeur. Qui plus est, l'occasion de rencontrer 3 fois l'auteure dont une fois personnellement et une autre fois, en binôme avec .... C'est LA 

 

 

Ca, c'est ce qui était prévu... Et il faut compter sur les envies et les opportunités imprévisibles !

 

Des vies d'oiseaux, de Véronique Ovaldé suite à la rencontre /conférence à Rennes

 

Le pacte des Vierges, de Vanessa Schneider, merci Price Minister !

 

Les souvenirs, de David Foekinos, un auteur que je découvre aussi fait pour moi !

 

J'ai déserté le pays de l'enfance, de Sigolène Vison, merci Babelio !

 

Tu, de Sandrine Soimaud, un gros coup de coeur et une chouette interview !

 

Son corps extrême, de Régine Détambel, un livre coup  de point, merci Acte Sud

 

L'envie, de Sophie Fontanel, un énorme coup de coeur aussi ! Merci à Robert Laffont

 

Bienvenue dans la vraie vie, cynique et jubilatoire à souhait, de Bernard Foglino

 

Je ne suis pas celle que je suis, de Chahdortt Djavann, bouleversant, suivi d'une interview

 

 

 

 

14 LIVRES LUS, ce qui me porte à 2% des livres parus lors de cette rentrée, dans le cadre du Challenge du 1% de la Rentrée Littéraire, menée d'une main de maitre par la blogueuse Hérisson, que je remercie ici chaleureusement. 

 

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Hérisson a consigné les lectures de chaque participant à ce challenge (nous étions 97) sur ce billet

Elle a été finalement secondée dans cette organisation par Nina, qui a regroupé, par titre, tous les billets parus sur nos blogs dans ce challenge rentrée littéraire, sur ce billet. Je vous invite à vous rendre sur ces billets pour plus d'avis et et d'autres titres que ceux que je vous ai proposés ici.

 

En tout cas, mille merci à Hérisson pour toute cette organisation (entre partenariats auxquels je n'ai pas participé mais qui ont permis à de nombreux participants de gagner des livres) et notamment, la création d'un groupe Facebook où nous avons pu publier, échanger et nous "rencontrer". merci pour cette dynamique et chaleureuse rentrée littéraire.

 

 

Je n'ai pas lu, mais j'ai assisté aux conférences de....

 

Emmanuel Carrère, pour Limonov, prix renaudeau ICI

 

Alexis Jenni, pour L'art Français de la guerre, prix Goncourt LA

 

Douglas kennedy, pour "Cet instant là" ICI

 

Frédéric Beigbeder pour "Premier bilan après l'apocalypse" LA

 

Eric Emmanuel Schmitt pour "La femme au miroir"ICI

 

Carole Martinez et Véronique Ovaldé à Rennes LA

 

David Foenkinos.... Aucun billet d'écrit, le public ayant pris trop de place lors de la conférence.

 

 

Et même si la rentrée est terminée, les livres ne sont pas périssables, aussi j'ai bien l'intention de lire prochainement :

 

Premier bilan après l'apocalyspe de Beigbeder (puisque je l'ai acheté !)

La femme au miroir, d'E.E Schmitt (faut que je le réserve à la bib)

et Retour à Killybegs, de Sorj Chalandon, qui a reçu cet année le Grand prix du roman de l'académie Française et dont personne ne tarit d'éloges.

 

Enfin, j'ai commencé ma collection de photos : mains et effets de mains d'auteurs !

Extrait :

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Bon, vous conviendrez qu'après un tel programme digne d'un lauréat Goncourt, il me faille quelque repos !!!

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Les livres - mon blog et moi

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Publié le 14 Décembre 2011

Synopsis :

 

Bienvenue dans un monde où le temps a remplacé l'argent. Génétiquement modifiés, les hommes ne vieillissent plus après 25 ans. Mais à partir de cet âge, il faut "gagner" du temps pour rester en vie. Alors que les riches, jeunes et beaux pour l’éternité, accumulent le temps par dizaines d'années, les autres mendient, volent et empruntent les quelques heures qui leur permettront d'échapper à la mort. Un homme, accusé à tort de meurtre, prend la fuite avec une otage qui deviendra son alliée. Plus que jamais, chaque minute compte.

 

 

SF, Thriller avec Justin Timberlake, Amanda Seyfiend, Cillian Murphy

 

 

 

 

 

 

 

  

 

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Mon  humble avis :Quand vous enrage parce que notre Gaumont, à grand renfort de bande annonce, vous a sacrément donné envie de voir un film qu'il ne programmera finalement pas.... une solution, profiter d'une escapade dans une autre ville, donc d'un autre Gaumont, pour assouvir votre envie. Merci Gaumont Bordeaux / Talence.

S'il n'était estampillé science fiction et doté de quelques effets spéciaux dignes du futur, je pourrais dire que ce film est très contemporain, actuel, réaliste.... Car c'est à coup de symboles que Time Out caricature avec perspicacité notre société et ce qu'elle risque de devenir... A moins qu'elle le soit déjà.

Le postulat de départ : L'homme est génétiquement modifié pour ne plus vieillir dès son 25ème anniversaire, ce qui donne des scènes cocasses où il est impossible de différencier la belle mère, de la mère et de la fille. D'ailleurs, dans le film, personne (aucun acteur) n'a physiquement plus que la petite trentaine, et encore. Un monde où la vieillesse physique et la déchéance du corps n'existe plus. N'est-ce pas déjà le rêve de millions de personnes et l'occupation exclusive de milliers d'entre elles qui retendent leur peau, avalent pilules et étalent des crèmes à longueur de journée. Nous sommes tout de même dans une époque où bientôt, les jeunes sembleront plus âgés que leurs aînés.

Mais tout cela à un prix. Cette jeunesse éternelle s'achète chaque jour. Plus d'argent, plus d'Euros, de Yen ou de dollars, tout se paie et se gagne en minutes, heures, jours, mois, années, décennies, siècles. Un trajet en bus vous coûte deux heures. Si vous n'avez plus deux heures à votre compteur, vous crevez sur place.

Et comme pour l'argent, le temps est réparti de façon à ce qu'il y ait des riches immortels et des pauvres qui vivent au jour le jour, en gagnant par leur travail 24h de vie supplémentaire. C'est ainsi que règne l'équilibre. Et pourtant, il y aurait assez de temps pour tout le monde sur terre.... bref, beaucoup de symbole dans ce film. L'argent qui devient du temps alors que l'on répète assez souvent que le temps, c'est de l'argent.... Et dans nos vies, on court après le temps, dans le film, le temps, c'est la vie. Des banques conservent dans des coffres des millions d'années.... et en 2011, alors qu'au nord on s'empiffre en ouvrant son frigo ou son congélateur, dans le Sud, c'est tous les jours qu'il faut trouver de quoi manger. Dans Time Out, il y a assez de temps pour tout le monde comme sur notre planète, il y a assez de nourriture pour nourrir la terre entière...

J'ai adoré ce film original, dynamique, trépidant, où le suspens dure plusieurs fois jusqu'à la dernière seconde ! C'est diablement efficace, captivant et cela ne s'arrête jamais. C'est du genre action / réaction ! Les acteurs portent leur rôle à merveille et nous obligent à courir avec eux, après le temps, pour la vie... Et tout hollywoodien dans toute sa splendeur qu'il est, ce film dénonce habilement, et avec une ludicité effrayante  notre mode de vie. Il amène à s'interroger sur l'essentiel, les aberrations, les inégalités et les manipulations qui sont chaque jour sous nos yeux mais devant lesquels nous sommes bien impuissants.

Alors pourquoi pas 4* ? Parce qu'il y a plein de choses qui m'ont énervée dans ce film.... Comme la fille qui prend un bain de mer et retrouve son brushing impeccable 3 mn après, la fille qui courent tout du long du film avec des talons de 15 cm, des leçons de morales assenées à la mode américaine. Mais à part cela, au niveau, rien à redire ! Film brillant. Si, time is out soon, le film est sorti depuis un bon moment. Alors courrez !

 

 

Si j'étais pro et concise, je dirais comme Télé 7jours :   "thriller qui égratigne autant le diktat du jeunisme que les dérives du capitalisme boursier."

Bref, j'ai encore des progrès à faire !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 12 Décembre 2011

Thriller - Editions livre de Poche (Sonatines) - 763 pages -8.00 €

 

 

 

Parution en poche en septembre 2010

 

 

 

L'histoire : En Louisiane, la fille du gouverneur est enlevée et son garde du corps retrouvé mort, atrocement mutilé. Alors que l'enquête piétine, un homme appelle le FBI. Il se prénomme Perez et promet de tout dire à condition qu'il puisse s'adresser à Ray Hartmann, un enquêteur d'Etat de New York...

Celui ci se retrouve contraint à retourner à la Nouvelle Orléans.... Et à écouter Perez qui lui raconte sa vie, étape par étape. Seulement, et seulement lorsqu'il aura terminé, Perez donnera l'adresse où il retient la fille prisonnière.

Mais Perez n'est pas un homme comme les autres. Toute sa vie, il a été tueur à gage pour la mafia...

Le temps presse et Perez semble prendre tout son temps... Une guerre des nerfs pour nos agents du FBI et pour le lecteur !

 

 

 

Tentation : Mon coup de coeur pour Seul le silence du même auteur

Fournisseur : Ma PAL !

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : ( vendetta = vengeance en Italien) Ellory confirme ici sa maestria du récit. Car même si Vendetta comporte certains éléments que je n'aime pas trouver dans un roman, il faut bien avouer que j'ai été agrippée par  ce livre à l'atmosphère étouffante et au suspens implacable.

Ma relative aversion pour les pavés commence à être connue de tous.... je fais une ou deux exceptions dans l'année, Vendetta en est une. Et pourtant, je maintiens.... Pourquoi autant de pages ? Franchement, 200 pages de moins n'aurait pas nuit à mon intérêt, au contraire, j'aurais alors octroyé  à ce livre les 4 étoiles que son sujet mérite. Mais je me suis souvent lassée des états d'âmes conjugaux très redondants de notre agent Hartmann et des inquiétudes familiales de notre mafieu Perez, toutes aussi répétitives, même dans les mots choisis pour en parler. A mes yeux, c'est le premier bémol de ce livre.

Un 2ème bémol pour la route.... La profusion des personnages, tant dans les forces de l'ordre que du côté de la mafia, qui m'ont un peu perdue et fait survoler quelques passages qui ressemblent à un listing de noms et de titres mafieux. Certes, Ellory voulait écrire un roman sur la mafia et, manisfestement, il s'est excessivement bien documenté et maîtrise son sujet à la perfection... Mais l'aspect documenté est parfois trop visible.

Mais mais.... Vous lirez ce livre car malgré mes bémols, Vendetta est un monument ! Tout d'abord, les atmosphères....

Celle de la Nouvelles Orléans, de la Havane, de Chicago, de Miami, de New York... et même du bureau où Hartmann reçoit les confessions de Perez : on y est. On transpire à cause du climat, on tousse à chaque cigarette allumée, on perçoit les cris du carnaval, on  grelotte dans les rues de Chicago et malgré cela, à chaque page, c'est une certaine touffeur qui règne.

Ce roman vous fait traverser un demi siècle.... de l'histoire des Etats Unis et de Cuba. Où l'on voit Castro se saisir du pouvoir peu à peu, Kennedy se faire assassiner, Nixon avoir quelques aqua soucis... Et Ellory qui y va de ses hypothèses... Et si la mafia n'était pas loin de tout  cela ?

Vendetta est bien sûr une plongée dans le monde de la mafia, est même si cet univers est à l'opposé de notre culture, de nos valeurs, il s'immisce en nous comme une fascination. Surtout que le mot mafia est très peu usité dans le livre, remplacé bien sûr par le mot " La famille", et la Cosa Nostra (cette chose qui est la nôtre). Et Ellory est assez fort pour ne pas juger et nous amener à nous interroger. Car franchement, au cours de ma lecture, je me suis demandée si ces hommes autant craints qu'admirés, qui justifient tout par une loyauté sans faille à La Famille, ne sont pas pour la plupart des moutons sans cervelle, qui suivent un mouvement bien encadré.... Ou bien des hommes morts de trouilles à l'idée de s'affranchir d'une famille enfermante (il y a d'ailleurs je pense dans cette notion de famille mafieuse un parallèle possible avec les effets d'une famille lambda disséquée dans tout cabinet de psy !)

Même Perez, ce tueur à gage qui nous raconte parfois dans le détail tous les crimes qu'il a commis, on ne sait pas si on finit par l'admirer (pour son sang froid, sa culture et "sa présence", si on doit le plaindre ou le détester... Mais finalement, un attachement apparait parfois pour disparaitre plus tard. Rien n'est figé, rien n'est immuable. Et c'est une sensation de lecteur très intéressante.... Ne pas savoir ce que l'on ressent pour un personnage, gênés que nous sommes par nos valeurs...

Enfin, the last but not the least, un final grandiose, inattendu, même si un peu aidé par une relative incompétence du FBI qui a bien arrangé notre auteur..... Mais dans les 20 dernières pages, vous réaliserez qu'Ellory vous a baladés pendant les 740 premières. Un coup de bluff génial. Chapeau l'artiste ! Une Vendetta sacrément subtile !

 

 

"Le recul est un outil extraordinairement efficace pour déterminer le bien-fondé d'une décision, malheureusement, il est alors toujours trop tard"... "Ce qui est parfait à un moment précis ne le sera pas nécéssairement 5 minutes plus tard. Il y a toujours la variable ultime : Les gens."

 

"Malgré tout ce qu'il avait fait, Perez n'avait jamais prétendu être autre chose que lui même"

 

"L'âge est un juge et une cour et un jury. Vous vous tenez face à vous même et vous voyez votre vie comme si elle était une pièce à conviction dans un procès. Vous vous interrogez, vous vous posez des questions et attendez des réponses et quand vous avez fini, vous délivrez votre verdict".

 

"Le recul est lui aussi un juge, mais il est biaisé et ne montre pas les choses telles qu'elles étaient sur le moment. C'est un paradoxe"

 

L'année dernière, R.J Ellory a eu l'extrême gentillesse de répondre à mes questions

ICI en VO et LA en VF

 

 

Challenge Thriller

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #thrillers polars étrangers

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Publié le 10 Décembre 2011

 

Chadhortt Djavann, une romancière iranienne qui écrit en Français. Son dernier roman " Je ne suis pas celle que je suis" est paru chez Flammarion pour la récente rentrée littéaire. Il suit le destin de 2 femmes, une en Iran sous le régime des mollahs et une autre, quelques années plus tard à Paris... qui à grand renfort de psychalyse, essaie de se débarasser de son passé, ou du moins de l'apprivoiser. Un livre qui plonge donc le lecteur au coeur d'un régime théocratique barbare et qui rappelle que la liberté individuelle devrait être un droit....

 

J'ai chroniqué de livre ici et par un concours simple, ai fait gagner deux exemplaires de ce livre, en partenariat avec Flammarion.

 

 

Chahdortt Djavann a eu l'extrême gentillesse de répondre à mes questions.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Puisque vous n'êtes pas celle que vous êtes, qui êtes vous Chahdortt ?

CD : Nul n’est une seule personne.  « Je est un autre. » Il est difficile de dire qui l’on est. L’être humain est un être par essence insaisissable. Les adjectifs positifs ou négatifs qu’on emploie pour décrire un être ne disent pas qui il est mais comment il est. Incontestablement, je suis un être humain, une femme et une écrivaine. 

 

 

Comment êtes vous devenue romancière en France et en français ? Quel chemin avez vous suivi ?

CD : J’ai toujours voulu devenir un écrivain, dès l’enfance. Je voulais aussi être une grande scientifique, astronome, mais le régime de Khomeiny a fait avorter mon désir. J’ai commencé à écrire des courts poèmes en français dès ma deuxième année en France, à l’époque où je ne parlais pas encore correctement la langue. J’avais ça en moi, dans mon sang ! et le reste est du travail. Il n’y a pas de miracle. Rien ne tombe du ciel, à part la pluie et la neige ou parfois de la grêle !

 

 

Comment et pourquoi décide-t-on de stopper un roman à tel moment, à tel endroit ? 

CD : Ca s’impose sans que je le décide vraiment. Je sens que c’est le moment, c’est l’endroit. Et puis, il y a une sorte de tarissement qu’on ressent, au moins momentanément, le temps qu’on soit porteur d’un autre roman.

 

 

Quels liens entretenez vous avec l'Iran actuelle. L'autre jour, lors d'une conférence, Douglas Kennedy disait : "Son pays, c'est comme sa famille,  c'est sa dispute perpétuelle." Votre pays reste-t-il l'Iran ou est il devenu la France ? 

CD : Je ne suis pas à une terre. Même si j’ai écrit dans mon premier roman que l’Iran restera toujours le pays de mes souffrances. Je ne renie rien, je ne rejette pas mes origines, elles sont en moi et où que j’aille. Ma patrie est mon écriture et elle est en français. Ma terre est ma romance, mon histoire.

 

  

Vous vivez en France depuis une vingtaine d'année, après en avoir vécu autant dans un pays totalitaire et théocratique... Lorsque l'on arrive en Europe, en pays libre, sait-on quoi faire de cette soudaine et inhabituelle liberté ? S’habitue-t-on à la liberté ou garde -t-on d'anciens réflexes liés à la peur des dirigeants entre autre ? 

CD : Il faut beaucoup de temps et un vrai travail sur soi pour se libérer d’une éducation dogmatique, même lorsqu’on a grandi dans une famille iranienne libérale.  La liberté, elle devient aussitôt un fardeau, une angoisse. Il faut gérer la liberté, en faire quelque chose. Construire, créer…. Et puis la liberté n’est pas le gage du bonheur ! ça ne l’a jamais été. C’est ainsi. C’est comme la santé, il vaut mieux l’avoir, mais en rien, hélas, elle n’apporte le bonheur. En outre, votre liberté n’est pas grande et ne vous laisse pas beaucoup de marge de manœuvre lorsque vous êtes dans le besoin matériel.

 

 

 

En quelques mots, quelle est la situation politique de l'Iran d'aujourd'hui (on connait bien le visage du président et la crainte internationale qu'il inspire), mais sur place, qu'en est il au sujet des libertés individuelles et des droits de la femme ? La condition féminine a-t-elle évoluée là-bas ces 20 dernières années ? (nos médias nous offrent bien quelques images de femmes entièrement voilées, mais qu'en est il réellement .?

CD : La situation est explosive et de tout point de vue elle va de pire en pire. Certaines Iraniennes ont répandu en Occident des mensonges en faveur du régime. Comme par exemple le fait que 65% des étudiants seraient des filles dans les universités en Iran. Ceci n’est pas le cas dans des pays démocratiques, ni en Amérique, ni dans les pays européens. Comment voulez-vous que ça soit le cas en Iran où il y a des quotas bien plus inférieurs pour les filles que pour les garçons. Et puis, beaucoup de disciplines ont été éliminées pour les filles, comme la botanique, l’archéologie… à cause des déplacements en groupes. Malgré le voile et les interdits, tout est possible, mais si vous vous faites prendre, le prix à payer ou le châtiment à subir, peuvent s’avérer très élevés.

J’espère qu’un jour on en finira avec ce régime en Iran.

 

 

 

Quel regard avez vous porté sur le Printemps Arabe ? Êtes-vous inquiète sur l'avenir politique que se choisissent actuellement des pays comme la Libye et la Tunisie. Le risque théocratique déguisé est il présent ?

CD : N’oublions pas l’Egypte. Oui, je suis inquiète et pour l’avenir de ces pays et pour celui de l’Europe et de la France. J’avais craint l’instauration des républiques islamiques dans des pays du Maghreb dans mon essai "Que pense Allah de l’Europe", j’espère que l'ensemble de mon analyse ne se réalisera pas.

 

 

Que vos livres soient publiés en Iran et dans d'autres pays de confession musulmane... Est-ce un rêve, une utopie ou une réalité éventuelle ou déjà existante ?

CD : Pour le moment, ça relève de l’impossible.

 

  

Les femmes vous paraissent elles plus fortes, plus combattantes aujourd'hui que par le passé ? 

CD : On ne peut pas généraliser. Dans toute époque et dans tout pays, il y a eu des femmes qui ont eu des courages inouïs, et d’autres qui, au contraire, se sont assujetties. Le courage, hélas, est individuel ; dans l’histoire personnelle comme dans l’histoire avec un grand H.

 

 

Mise à part la liberté d'être la femme que vous êtes, qu'est-ce qui vous est le plus doux et le plus agréable en France ?

CD :  La langue.

 

 

 

Et la question incontournable : Quelle lectrice êtes vous ? Quels sont vos 3 derniers coups de cœur littéraires ?

CD : Je lis en ce moment les carnets de Léonard de Vinci ; deux volumes. Il avait le génie total et est le plus grand inventeur, tant sur le plan scientifique que sur le plan artistique. J’aurais pu passer ma vie entière à étudier sa biographie et ses œuvres tant je suis fascinée par lui.

Je lis aussi Paul Valéry en ce moment, en Pléiade, lui-même fasciné par Léonard de Vinci.

 

 

 

 

Et voici les résultats du concours organisé ICI, où, pour gagner 2 exemplaires du livre de Chahdortt Djavann, il s'agissait de répondre à deux simples questions et de dire, en une phrase, de dire ce que représente pour vous la liberté.

Parmi les citations, comme prévu, j'ai fait un premier choix le plus objectif possible (car bien sûr tout le monde méritait de gagner), pour qu'il n'en reste plus que 5. C'était l'auteur qui devait choisir les 2 gagnants, cela a finalement été son attachée de presse, Silvana Bergonzi, qui a choisi à l'aveugle, puisqu'elle n'avait que le citation et non les noms des blogueurs....

 

So, the winners are....

 

 

"La liberté, seul trésor que l'humain peut à la fois partager et donner en héritage à
celles et ceux qui lui sont chers comme à l'universel, seul combat qui mérite ce titre " Bravo à  Achille 49 

 

 

La liberté, "Dire ce que je pense, afficher ce que je ressens, aimer qui je veux et vivre sans me  cacher ni me sentir coupable, sans avoir peur, mais en étant fière d"être une femme". Bravo à Liliba

Merci à tous les deux de m'envoyer leurs noms + prénoms + adresses postales via le lien contact (en privé) pour que je puisse les faire parvenir à Silvana.

 

Merci  à tous en tout cas pour votre participation !



 



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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Interviews exclusives !

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Publié le 8 Décembre 2011

BD - Editions Delcourt G - 263 pages - 16.50 €

 

 

Parution en avril 2007

 

 

L'histoire : L'auteur, Guy Delisle, arrive avec femme et enfant à Rangoon, capitale d'un pays nommé Birmanie par les Etats qui ne reconnaissent pas la junte militaire au pouvoir, et Myanmar par les autres.

Ici, il accompagne sa femme qui est médecin chez MSF. C'est donc une année d'un expatrié, dans l'une des dictatures les plus fermées, que l'auteur nous raconte ici.

 

 

 

 

Tentateur : Mon gros coup de coeur pour Pyong Yang, tome précédent

Fournisseur : la Bib' !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mon humble avis :Cette BD est géniale, aussi, je vous conseille de la lire avant Pyong Yang, car Pyong Yang est encore plus géniale ! Et de toute façon, l'ordre chronologique dans lequel vous lirez l'oeuvre de Guy Delisle importe peu, puisqu'il n'y a pas vraiment de suite... en fait !

Tout cela pour dire que j'ai préféré Pyong Yang et que de ce fait, ces chroniques birmanes m'ont parues un peu plus ternes. Sans doute parce que l'effet de surprise XXL ressenti à la lecture de Pyong Yang ne peut pas se renouveler lorsque l'on connaît la plume, la patte, le style et l'humour de l'auteur. Même si la situation est presque aussi dramatique en Birmanie qu'en Corée du Nord, j'ai moins "ri" des étonnements et des découvertes toujours aussi aberrants de notre dessinateur globetrotter. Son sens de l'observation est toujours bien là et ses dessins simples montrent toujours par quelques traits bien placés l'étendue du pouvoir en place et l'absurdité incroyable des lois, des réglements, des décisions étatiques. Si tout cela n'était pas vrai, ce serait effectivement à mourir de rire. Hélas, tout est vrai et encore, Guy Delisle n'a vu de la Birmanie que ce que le gouvernement Birman a accepté qu'il voit. Après, Guy Delisle va à la pêche aux infos, déduit de ce qu'il observe, où plutôt de ce qui manque et cela fait toujours froid dans le dos.

 

Ce tome ci est plus long que Pyong Yang.... En Corée du Nord, notre dessinateur n'était resté que 2 mois, à l'hôtel, bien encadré... Ici, il accompagne sa femme qui est en mission humanitaire pour au moins une année... On intègre donc le monde des ONG et des barrages qu'elles  doivent contourner pour apporter aide et soutient aux populations en difficulté. Guy Delisle nous invite aussi à une réflexion sur les limites de la légitimité et de l'utilité de ces associations, bien conscientes elles même que quelque part, elles entrent dans le jeu du gouvernement, au point d'en sortir, et de quitter le pays.

Ces chroniques ci m'ont parues moins ordonnées que Pyong Yang. Ce sont plus des images du quotidien qui défilent sous nos yeux, alors que dans Pyong Yang, on suivait vraiment la chronologie du séjour de Guy Delisle dans la capitale nord coréenne.  Ici, j'ai parfois eu l'impression qu'on passait du coq à l'âne en revenant souvent au coq... Quelques redondances donc.

 

Ces chroniques birmanes sont donc à lire, incontournables et ainsi, vous ne pourrez plus dire que vous ne savez pas ce qui se passe là-bas. C'est une BD très intelligente... Mais n'oubliez pas de commencer par ce tome, pour ne pas subir une toute petite déception. Déception n'est même pas le bon mot. C'est juste un peu moins bien que l'extraodinaire. Ce qui reste tout de même d'un sacré niveau non ?

 

 

"Dans un pays sans journaliste, la rumeur est la reine de l'information."

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 7 Décembre 2011

Suite à mon billet d'hier à propos du film The Lady sur Aung San Suu Kyi, j'ai envie, cette fois, d'ajouter quelques informations supplémentaires sur quelques "secrets" de tournage, picorés sur mon site adoré Allociné.

Car forcément, tourner un film sur une dictature nécessite quelques précautions....

 

 

"Dans la Lumière"

Dès la conception du scénario jusqu'au tournage, le titre de travail de ce projet était "Dans la Lumière", ou "Into the Light" en version anglaise, une appellation volontairement vague qui avait pour but de ne pas susciter l'attention des autorités birmanes. Ce n'est que bien plus tard que le titre The Lady - le surnom de Aung San Suu Kyi - s'est imposé.

 

 

 

La monstruosité des militaires

Pour construire le parcours de Aung San Suu Kyi, Luc Besson  a eu recours à plusieurs livres et documents sur son histoire. En ce qui concerne les militaires, aucun livre et aucune photo n'étaient disponibles, obligeant l'équipe à se fier à des rapports détaillés de l'organisation Amnisty International. Ironiquement, les actes décrits dans ces récits étaient d'une telle violence que Besson a pensé que cela ne serait même pas crédible à l'écran... d'où le besoin d'"édulcorer" les personnages

 

 

 

"Incorporer" Aung San Suu Kyi

Afin d'"incorporer" son personnage, l'actrice Michelle Yeoh  s'est préparée pendant six mois. Elle a regardé plus de 200 heures d'images enregistrées sur l'activiste, en plus d'apprendre à parler le Birman avec perfection. Yeoh a tellement travaillé la gestuelle et la manière de se comporter de son héroïne que, d'après Luc Besson , les 200 birmans qui participaient au tournage ont même demandé s'ils ne se trouvaient pas devant la vraie Aung San Suu Kyi.

 

 

 

La rencontre avec Aung San Suu Kyi

De tous les visas demandés par l'équipe pour entrer en Birmanie, l'actrice Michelle Yeoh  a été la seule autorisée à se promener dans le territoire et à parler à Aung San Suu Kyi. Elle a donc apporté une grande quantité de cadeaux de la production ainsi que des messages des producteurs et des acteurs. Yeoh s'est étonnée du calme et de la chaleur de cette dame, ce qui a été déterminant pour construire son personnage.

 

 

Yeoh sur liste noire

Après cette rencontre en sol birman, le projet de The Lady devenait de plus en plus médiatisé, ce qui a suscité la colère du gouvernement local. Michelle Yeoh , actrice très appréciée et connue dans toute l'Asie, a été expulsée du pays, renvoyée par le premier avion. Les autorités birmanes ont refusé d'expliquer les motivations de leur acte, le film étant évidemment lié à leur décision

 

 

La tour de Babel

Malgré le professionnalisme de l'équipe birmane engagée pour le projet, Luc Besson  avoue avoir eu des difficultés de communication : "On traduisait mes demandes en anglais, qui elles-mêmes étaient traduites en thaï puis pour les acteurs en birman."

 

Libération en plein tournage

En novembre 2010, alors que le tournage se déroulait en Thaïlande, l'équipe a eu la nouvelle tout à fait inattendue de la libération de Aung San Suu Kyi, emprisonnée depuis plusieurs années. Selon Luc Besson , "On a d'abord été très heureux, puis déstabilisés, car on faisait ce film pour contribuer à sa libération – et on apprenait qu'elle était libérée avant la fin du tournage", explique-t-il. Malgré l'idée initiale d'abandonner le film, l'équipe a décidé de poursuivre le projet, notamment à cause du manque de liberté toujours imposé à l'activiste, qui n'a pas obtenu l'autorisation de revenir dans son pays si elle venait à le quitter. A l'époque, Aung San Suu Kyi a par ailleurs envoyé un message encourageant à tous les artistes : "Usez de votre liberté pour promouvoir la nôtre."

 

 

 

Le mur de la liberté

A l'occasion de la sortie du film The Lady, un site officiel a été créé, dans lequel les internautes peuvent contribuer au "mur de la liberté" (wall of freedom), en envoyant leur photo et en proposant leur définition de liberté. Le rassemblement de toutes les images forme le portrait d'Aung San Suu Kyi. 

 

je vous invite bien sûr à participer à ce mur de la liberté. C'est très facile. Vos téléchargez une photo de vous depuis votre ordinateur. Et vous indiquez votre notion de la liberté. Pour moi, c'est mission accomplie ! Entrez dans le mur, promenez votre souris sur le visage de The Lady.... Vous verrez apparaitre des visages de personnes qui sont vous et moi, et leur définition de la liberté

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #A propos de...

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