Publié le 26 Avril 2012

Anne Révah est l'auteure de Manhattan paru fin 2009 et de Pôles Magnétiques paru en ce mois d'avril 2012. Deux parutions chez Arléa Editions.

 

 

 

Ma récente lecture de Pôles magnétiques m'a bien plu et inspirée, j'avais envie d'en savoir un peu plus. Alors, j'ai interrogé l'auteure. Et Anne Révah a accepté de répondre à mes questions.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Votre 2ème roman, Pôle Magnétiques, vient de sortir, deux ans après le succès de Manhattan. Ce nouveau roman est il initié par le succès du premier ou était il déjà “écrit” quelque part, évident, incontournable ? 

A.R : J’ai commencé Pôles Magnétiques juste après la sortie de Manhattan. Je voulais écrire une histoire d’amour…

 

 

Ce qui m’a frappée dès les premières pages, c’est la finesse et la qualité de l’écriture. Est-ce chez vous un “don” de naissance ou le fruit d’un long travail ?

A.R : Dit comme ça, c’est un peu délicat de répondre, j’écris depuis l’adolescence, mais je travaille ce que j’écris bien sûr.

 

 

Comment écrit Anne Révah ? De jour, de nuit, dans un bureau, sur la table de la cuisine, avec mille post it ou directement ? Sur écran ou sur papier ?.... Une manie ?

A.R : Je n’écris jamais la nuit…J’écris tous les jours, parfois une demi-heure, parfois des heures, je me promène avec mon ordinateur.

 

Premier titre : Manhattan (lié à une tâche sur la peau qui fait penser à l’île New Yorkaise). Le 2ème roman se situe en Arizona, dans le Far West Américain.... Une attirance, une fascination pour le nouveau monde, où simplement ses larges possibilités romanesques ?

A.R : Je ne connais pas très bien les Etats-Unis, mais j’aime les paysages américains, l’étendue, et l’idée d’une traversée.

 

 

Pôles Magnétiques se déroule donc à Tucson, ville entourée de désert. Le désert a une symbolique très forte d’isolement, de chaleur, d’infini, de soif, de danger, d’égarement, de méditation. J’imagine que cette symbolique est voulue et n’est point hasardeuse. Mais, mais, pourquoi pas le Nevada, ses déserts et ses casinos où même Colorado Springs, avec la fissure du Grand Canyon comme symbole qui aurait pu servir aussi votre sujet non ?

A.R :En fait, je ne suis jamais allée à Tucson, mais j’ai découvert la ville à l’occasion des expéditions sur Mars qui me fascinent, la NASA a des laboratoires importants à Tucson, en regardant sur internet les informations sur Tucson, et sur Mars, j’ai découvert par hasard qu’il existait le désert de Sonora, alors que justement j’avais été très impressionnée par les images de Mars rapportées par des sondes, c’était des images d’un gigantesque désert rosi. C’est comme ça que j’ai choisi Tucson et le désert de Sonora…

 

 

Le climat, la sècheresse et la chaleur tiennent un rôle important dans le roman. Dans votre vie, avez vous déjà fait l’expérience des transformations personnelles  liées à un changement climatique conséquent ? Est-ce le climat qui est seul responsable de ses changements où les “torts” peuvent ils être partagés avec la distance, l’éloignement de son noyau ?

 A.R : Je pense que des modifications du monde extérieur, familier, la chaleur ou le froid, les lumières inhabituelles, sont des occasions de changement en soi, dont on pense rien, juste qu’on ressent et qui installe les conditions de grand changement, de rencontre, de hasard.

 

 

Ce roman analyse l’infiniment petit du début et de la fin de l’amour... Vous croyez à l’aspect magnétique qui attirent deux êtres.... Mais en même temps, ne dit on pas, qui se ressemble s’assemble. Hors, quand on est pôle, il faut être Nord et Sud pour se rejoindre.... Où se trouve l’autre ?

A.R : Je voulais parler de l’évidence dans certaines rencontres amoureuses, une radicale évidence, il n’y a pas mieux que les forces magnétiques pour dire cela, on ne peut pas donner d’explication, de justification, ça s’impose.

 

 

 Me trompe-je ? Mais il me semble que le sujet de l’écart entre la force sociale affichée par les femmes  et la précarité intérieure et camouflée soit pour l’instant votre sujet de prédilection... Pourquoi ? Si Clarisse était une femme du 19ème siècle, aurait elle put être le même personnage malgré un contexte historique et matériel différent (le fiacre à la place de l’avion !)

A.R : Je n’avais pas du tout envisagé la question sociale, j’aime imaginer qu’il y a ce qu’on montre de soi et ce qu’on est vraiment, on passe beaucoup de temps à exposer quelque chose de soi dans les relations avec les autres, je me demande souvent comment sont les gens dans leur intimité…

 

 

Aussi bien dans Manhattan que dans Pôles Magnétiques, le rôle de l’écrit, de la confession par lettre ou texte est bien présent. L’expression épistolaire vous est elle chère et habituelle ?

A.R :Dans Manhattan, la narratrice écrit une lettre à sa mère, mais dans Pôles Magnétiques, Clarisse lit pendant son voyage un texte que Léonard lui a donné, c’est une nouvelle qu’il a écrite, et qui raconte la fin d’un amour…vous n’allez pas me croire mais je n’avais même pas remarqué que je l’avais faite comme une lettre, je vais réfléchir !

 

 

La déception mène souvent à la colère et/ou à la tristesse. Alors comment, en amour comme en amitié, peut on supporter la colère et la tristesse mais pas la déception, l’origine de tous les maux ? On peut supporter les conséquences mais pas la genèse des conséquences ?

A.R : Dans l’étymologie de déception, il y a la question d’avoir été trahi. Il n’y a pas que la tromperie amoureuse comme déception, il y a des moments d’abandon, de lâcheté qui sont des évènements aussi. Je ne sais pas si c’est être déçu qui abime l’amour ou le fait de ne pas affronter les motifs de déception, pour qu’ils ne distillent pas à notre insu leurs fiels.

 

 

Pourquoi la vérité personnelle est elle si dure à entendre pour l’autre ?

A.R  Est-ce qu’il faut dire une vérité à l’autre ? y a-t-il des vérités d’ailleurs ? Il faut être juste avec soi…

 

 

Quelle lectrice êtes vous ? Quels sont vos 3 derniers coups de coeur littéraires ?

A.R : J’aime Julien Gracq, Lawrence Durrell, et Marguerite Yourcenar

Mes lectures récentes et coups de Coeur: Jean Philippe Toussaint, et surtout Annie Ernaux dont je viens de lire plusieurs textes réunis dans l’édition Quarto Gallimard.

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Interviews exclusives !

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Publié le 25 Avril 2012

Polar - Editions France Empire - 176 pages - 19 €

 

 

Parution en Février 2012

 

 

L'histoire : Suite au décès d'un psychiatre, un notaire se voit confier la mission de remettre à 11 personnes précises 11 cahiers noirs écrit par une de ses patientes décédées, Ludmilla. Quels points communs entre ces 11 héritiers et que recèle ces cahiers pour bouleverser à ce point la vie de ceux qui s'en approchent où qui aimeraient tant s'en approcher au point de voler, agresser, mettre le feu un à un théâtre....  Bien des surprises attendent Johanna, Pascal, Marie Ange, Clémence et les lecteurs !

 

 

 

Tentateur  L'auteur et le pitch

Fournisseur : L'auteur, merci pour l'envoi.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis :Voici un livre que j'ai pris un vif plaisir à lire et qui a rempli à merveille le rôle que je lui destinais : me distraire et combler mon manque viscéral (dont je suis seule responsable) de thriller dans mes lectures actuelles.

Le sujet du livre : Les conséquences de manipulations génétiques sur les manipulées et sur les manipulateurs que toutes ces découvertes mènent à la folie. Entre cette phrase et mon résumé, pas besoin d'en dire plus, vous en savez assez sur le contenue du livre pour vous y plonger.

Alors, commençons par les sujets qui " fâchent".... Bon, ils ne fâchent pas beaucoup puisqu'ils sont entre guillemets et le livre mérite grandement mes étoiles... Il m'a fallu quelques pages pour entrer dans le sujet et commencer à apercevoir un lien... Un auteur est libre de tout, même de se servir d'une coïncidence très providentielle pour provoquer un spectaculaire rebondissement. Sur la fin, 3 petits détails insignifiants m'ont dérangée car peu crédibles selon moi mais bon (je ne peux en dire plus sous peine de spoiler)... Enfin, moi qui râlent souvent sur les pavés et les livres trop longs et bien j'avoue que j'aurais bien rempilé pour une cinquantaine de pages supplémentaires pour un savoir plus sur chacun des protagonistes !

Sinon.... Et bien ce livre est un délice. Déjà, il est écrit via les yeux et la plume de différents personnages et parfois ceux de l'auteur. Cette construction est originale et donne un sacré rythme au récit. Et suivant le caractère du personnage en question, nos avons droit à des chapitres à l'écriture très enjouée. C'est d'ailleurs une impression générale pour moi : un livre enjoué, malgré un sujet grave et les atrocités commises dans ce livre. Mais il n'y a aucune surenchère dans l'horreur et les descriptions. D'ailleurs, il semble que les sévices soient plus psychologiques. Enfin, j'apprécie qu'un auteur ne chercher pas à nous en mettre plein la vue en hémoglobine, en glauque et stress maxi, même si, bien sûr, au fil des pages, les pages filent justement de plus en plus vite.

Les personnages sont vraiment attachants et je me disais que j'aimerais retrouver Johanna dans d'autres aventures (avec sa façon de fouiner et de foncer, il pourrait bien lui arriver d'autres aventures non ?). Ceci est un message pas du tout subliminal pour l'auteur... D'ailleurs, les deux autres jeunes filles aussi mériteraient... Enfin non, je ne dis plus rien.

L'intrigue est bien trouvée, originale et surtout, superbement menée. Nous allons de surprise en surprise. Bref, un polar de très bonne facture, très distrayant. Et un auteur que je relirai avec plaisir, à condition qu'il écoute mon message non subliminal ! lol

 

 

L'avis de Liliba

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Thrillers - polars français

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Publié le 24 Avril 2012

Un lien sur Facebook ce matin m'a menée là....

 

Lettre de Philippe Torreton à Jean Ferrat

Jean,

 

 

J'aimerais te laisser tranquille, au repos dans cette terre choisie. J'aurais aimé que ta voix chaude ne serve maintenant qu'à faire éclore les jeunes pousses plus tôt au printemps, la preuve, j'étais à Entraigues il n'y a pas si longtemps et je n'ai pas souhaité faire le pèlerinage. Le repos c'est sacré !

 

Pardon te t'emmerder, mais l'heure est grave, Jean. Je ne sais pas si là où tu es tu ne reçois que le Figaro comme dans les hôtels qui ne connaissent pas le débat d'idées , je ne sais pas si tu vois tout, de là haut, ou si tu n'as que les titres d'une presse vendue aux argentiers proche du pouvoir pour te tenir au parfum, mais l'heure est grave!

 

Jean, écoute-moi, écoute-nous, écoute cette France que tu as si bien chantée, écoute-la craquer, écoute la gémir, cette France qui travaille dur et rentre crevée le soir, celle qui paye et répare sans cesse les erreurs des puissants par son sang et ses petites économies, celle qui meurt au travail, qui s'abîme les poumons, celle qui se blesse, qui subit les méthodes de management, celle qui s'immole devant ses collègues de bureau, celle qui se shoote aux psychotropes, celle à qui on demande sans cesse de faire des efforts alors que ses nerfs sont déjà élimés comme une maigre ficelle, celle qui se fait virer à coups de charters, celle que l'on traque comme d'autres en d'autres temps que tu as chantés, celle qu'on fait circuler à coups de circulaires, celle de ces étudiants affamés ou prostitués, celle de ceux-là qui savent déjà que

 le meilleur n'est pas pour eux, celle à qui on demande plusieurs fois par jour ses papiers, celle de ces vieux pauvres alors que leurs corps témoignent encore du labeur, celles de ces réfugiés dans leurs propre pays qui vivent dehors et à qui l'on demande par grand froid de ne pas sortir de chez eux, de cette France qui a mal aux dents, qui se réinvente le scorbut et la rougeole, cette France de bigleux trop pauvres pour changer de lunettes, cette France qui pleure quand le ticket de métro augmente, celle qui par manque de superflu arrête l'essentiel...

 

...Jean, la Commune n'en finit pas de se faire massacrer chaque jour qui passe. Quand chanterons-nous "le Temps des Cerises" ? Elle voulait le peuple instruit, ici et maintenant on le veut soumis, corvéable, vilipendé quand il perd son emploi, bafoué quand il veut prendre sa retraite, carencé quand il tombe malade...

 

La suite de cette lettre ici, sur le blog d'origine..

http://bernard-gensane.over-blog.com/article-lettre-de-philippe-torreton-a-jean-ferrat-103855106.html

  http://bernard-gensane.over-blog.com/article-lettre-de-philippe-torreton-a-jean-ferrat-103855106.html

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #A propos de...

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Publié le 23 Avril 2012

Synopsis :

 

Veuf, Benjamin Mee a bien du mal à élever ses deux jeunes enfants. Espérant resserrer les liens familiaux, il décide de prendre un nouveau départ, plaque son travail et achète une vieille maison sur une immense propriété, qui a la particularité d’abriter un zoo délabré. Plusieurs dizaines d’animaux, ours, tigres et bien d’autres, vivent en effet au Rosemoor Animal Park, où la gardienne Kelly Foster et son équipe dévouée tentent de maintenir les installations tant bien que mal. Sans la moindre expérience, avec très peu de temps et d’argent, Benjamin Mee et les siens vont tout mettre en œuvre pour réhabiliter le zoo et vivre ainsi leur plus grande aventure…

 

Avec Matt Damon, Scarlett Johansson, Colin Ford, Maggie Elizabeth Jones, Elle Fanning

 

 

 

 

 

 

 

film tiré d'une histoire vraie.

 

 

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Mon humble avis : Aujourd'hui, je suis généreuse, je distribue plein d'étoiles !

Et pourtant, ce n'était pas gagné. Il pleuvait à torrent, la bande annonce me laisser prévoir un film débordant de mièvrerie et de bons sentiments. Bref des pieds de plombs... Alors, certes, ce film fait souvent appels au bons sentiments et n'échappe pas à certains poncifs américains, mais vraiment, qu'est-ce qu'il m'a fait du bien ! Oui, vraiment, j'ai adoré. Clouée dans mon fauteuil, j'ai suivi l'aventure de ce père qui veut autant sauver du naufrage sa famille qu'un zoo et l'équipe qui y travaille : j'ai admiré, j'ai tremblé, j'ai espéré, j'ai Z'eu peur et broyé le bras de ma voisine, j'ai été émue, j'ai été heureuse ou triste. Bref, toute la palette des sentiments et des émotions se réveille au fond de nous pour  regarder ce film. Bien sûr, la nature fait bien les coïncidences donc ça agace un peu quand tous les serpents en fuite se retrouvent spécifiquement sur la pelouse de la maison, et non à droite à gauche dans le parc. Le peu de cas que semble faire le père des dessins très trash et morbides de son ado de fils m'a dérangée. Mais malgré cela, oui, j'ai passé deux heures merveilleuses : un film qui porte autant sur le deuil que le courage, l'obstination, la croyance dans un projet et l'esprit d'équipe. Un film très optimiste, comme cela fait du bien ! En plus, il peut se voir en famille où chacun  verra la "magie" du zoo suivant son âge et sa taille. Il y a de très belles images animalières et des scènes de dialogues entre humains et animaux très joliment filmées.

Quant aux comédiens.... Sympa de voir Scarlett au naturel, sans sophistication. Je me préparais à conseiller à Matt de retourner dans la peau de Jason Bourn. Et bien non, il est aussi très convaincant dans ce père brisé par le deuil et nourri par l'espoir. Quant à la jeune Maggie Elizabeth Jones qui joue la Rosie, la fillette de 7 ans, elle mérite à elle seule une de mes 4 étoiles. Trognon !

Alors voilà, un film imparfait, dont je n'attendais pas grand chose mais qui fait tellement de bien, que je ne peux que vous encourager à vivre dans une salle obscure ce NOUVEAU DEPART !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 21 Avril 2012

 Roman - Livre de poche Editions - 253 pages - 6 €

 

 

Parution en poche en août 2007

 

 

 

L'histoire : Dans les années 50, Jacques, écolier de 12 ans, n'est pas comme les autres. Il est bègue. Des mots se refusent à lui, sont trop violents à prononcer... Avec son ami de coeur Bonzi, il cherche par tous les moyens à guerir. Quitte à goutter toutes les herbes des environs, à croire son père disparu, à inventer des mensonges qui le dépasseront, qui l'obligeront à se dépasser avec l'aide bienveillante d'un instituteur lui aussi, pas comme les autres.

 

 

 

Tentation : Un auteur et une histoire qui ne pouvaient que me toucher

Fournisseur : Ma CB, au salon de Rennes, avec une dédicace magnifique, mais que je garde pour moi !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis :Parfois, quand on lit un livre, on ne visualise rien ou l'on se crée un univers de toutes pièces, mais au plus proche des descriptions données par l'auteur sur les paysages, les personnages... Dans le Petit Bonzi, celles ci n'affluent pas, où restent discrètes. Mais dans mes yeux, je voyais des clichés de Doisneau et dans mon coeur, il régnait une atmosphère "à la guerre des boutons".

Le Petit Bonzi est le premier roman de Sorj Chalandon, un premier roman qui annonce déjà le sublime de la suite. Une histoire qui raconte déjà de l'homme lui même, celui qui s'est dissimulé dans Retour à Killibegs, pas là où il s'y est posé officiellement. L'auteur s'est inspiré de sa jeunesse : le bègue, c'est lui. Le père violent, c'est le sien. Le reste est littérature. Et quelle littérature ! Pas comme les autres. Poétique déjà ! Une littérature où les mots ont une importance capitale, où le style mêle adroitement les pensées et les ressentis d'un enfant et le talent d'un adulte pour rendre ce récit cohérent, rythmé. L'auteur est là pour montrer ce que l'enfant ne voit pas, pour aider le lecteur à déduire sans forcément prendre la parole et sans trahir l'enfant qu'il était. Oui, une écriture singulière où il m'a fallu prendre mes marques : ce n'est pas l'enfant qui parle et pourtant l'auteur homme semble tout de même s'effacer devant l'enfant... En fait, ça y'est, j'ai les mots de mon impression. L'auteur met en scène (il ouvrit la porte etc...) et l'enfant parle à travers le stylo de Sorj Chalandon quand il pense, regarde, craint, espère. Suis-je plus claire ? Si non, lisez le livre, si oui, lisez le aussi !

Le sujet maintenant.... Jacques est bègue. Les mots ne veulent pas sortir. Il n'y a qu'avec son copain Bonzi qu'il ne bégaie pas. Ces parents ne semblent pas s'en préoccuper plus que ça. Alors, on suit Jacques et Bonzi dans leurs rêves, leur quête de l'herbe qui guérit. Et l'on découvre avec émotions les efforts secrets que réalise ce petit gamin. Il s'exerce devant la glace à prononcer des mots compliqués. Il tient un cahier qu'il complète avec des mots de rechange qui contiennent moins de Pppp, bbll, ttttrrrr. Moi, ça m'a remuée tout au fond. Car il y a 3 ans, j'ai souffert soudainement de gros troubles de langage et parfois, ou systématiquement suivant les situations, ceux ci me reprennent, avec moins d'intensité bien sûr, mais tout de même. Et je sais quand ils vont venir pour dire sans doute "fragile, à manier avec délicatesse", ou " A peur", ou "n'en peut plus, panique à bord".

Autre intérêt de ce roman : une plongée dans les années 50, dans le monde de l'enfance (ses rêves, ses rivalités, ses bêtises, ses mensonges, son imagination), et de l'école d'alors. Une école de garçon. Et un instituteur qui aime tout ses élèves, ne montre aucune préférence, mais garde un oeil prévenant et protecteur sur les plus faibles, sur Jacques, entre autres. Et son salut, Jacques finira par lui devoir dans un final haletant, qui noue le coeur, tant on craint pour l'un, tant l'autre nous éblouit par sa hardiesse et altruisme, sa bonté, son sens du devoir...

Un livre qui vient du coeur, qui dit sans doute tout ce que l'enfant n'a pu dire à l'époque, mais avec pudeur et délicatesse. Un ancien bègue qui a sans doute appris de ce fait à dire l'essentiel, à ne pas dire les mots de trop, à ne pas mettre de mots sur ce qui se devine. Alors faisons comme lui, n'en disons pas plus...

Un livre très encourageant aussi. L'auteur était cet enfant bègue. Quand on voit l'homme, le journaliste et l'auteur qu'il est devenu, il peut être un exemple très convaincant de victoire contre les troubles du langage qui emprisonnent tant d'enfants et leur famille.

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 19 Avril 2012

Synopsis :

 

Lorsque son père, le Roi, meurt, Blanche Neige est en danger. Sa belle-mère, cruelle et avide de pouvoir, l’évince pour s’emparer du trône. Quand la jeune femme attire malgré tout l’attention d’un Prince aussi puissant que séduisant, l’horrible marâtre ne lui laisse aucune chance et la bannit. Blanche Neige se réfugie alors dans la forêt… Recueillie par une bande de nains hors-la-loi au grand cœur, Blanche Neige va trouver la force de sauver son royaume des griffes de la méchante Reine. Avec l’aide de ses nouveaux amis, elle est décidée à passer à l’action pour reconquérir sa place et le cœur du Prince…

 

 

 

Avec Julia Roberts, Lily Collins, Armie Hammer....

 

 

 

 

 

    

 

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Mon humble avis :  Et bien j'ai franchement apprécié cette version plutôt revisitée, inversée, mise à la sauce du 21ème siècle du célèbre conte. On oscille entre parodie, moquerie, humour, drôlerie, action et aventure, science fiction : beau programme n'est-ce pas ?

Les décors mélange merveilleux, grandioses et kitsch en assumant parfaitement ce curieux assemblage. Bien sûr, pour les paysages autour du château, on se doute que l'image de synthèse est passé par là. De même, les costumes, les robes m'ont fait rêvé par le beauté ou leur aspect monumental. L'un d'elle d'ailleurs donnent des effets magnifiquement filmés, comme une chorégraphie, lorsque Blanche Neige court entre les arbres dans la forêt, avec sa robe blanche qui valse deci-delà.

Bien sûr, on est assez loin du conte pour ce que je m'en souvienne. En fait, le film est surtout symbolique de notre époque où la femme n'a plus besoin de prince charmant pour s'en sortir mais où tout de même, l'Amour sauve toujours toutes les situations ou presque. Il faut dire que le prince charmant de ce film n'a de rééllement charmant que son physique. Pour le reste.... et bien heureusement qu'il peut compter sur Blanche Neige pour le sortir de bien des mauvais pas !

Les 7 nains sont bien là mais surprise, point de grincheux ni de courageux bûcherons etc.... Surprise... J'y ai vu un peu duJean Pierre Jeunet.... Et, et là c'est un bémol, la scène du mariage semble très largement inspirée (voire copiée) de l'Alice de Timb Burton.... Dommage de ne pas se démarquer.

Julia Roberts excelle en méchante et cruelle reine et n'hésite pas à se moquer de son personnage. Son rire que l'on connaît si charmant peut aussi, dans la peau d'un autre personnage, se révéler machiavélique.

Enfin, Blanche Neige est Lily Collins, la fille de Phil, qui se fait un nom au cinéma. C'est bien parti. Charmante, convaincante. A suivre.

Dans quelques semaines, sort une autre version de Blanche Neige. Ici, nous avions droit aux bonbons acidulés.... Je pense que la prochaine version approchera du gothique. Il sera intéressant de comparer alors.

En tout cas, cette Blanche Neige là m'a franchement bien divertie et amusée !

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 17 Avril 2012

Roman - Editions Arléa - 189 pages - 18 €

 

 

Parution le 5 avril 2012 - Nouveauté.

 

 

 

L'histoire : Clarisse se retrouve dans un avion, direction Houston puis Tucson en Arizona. C'est la première fois qu'elle s'éloigne de son mari et de son fils pour des raisons autres que professionnelles. Elle doit régler, pour son père, une histoire d'héritage d'un membre lointain de la famille. Pour tromper sa peur et son ennui, Clarisse parle de tout, de rien, à son voisin : Léonard. A l'arrivée à Tucson, il fait si chaud, tout lui est inconnu, il fait si chaud, et tout autour, ce désert....Ailleurs, on est autre. Va-t-elle rester debout et solide ou fondre et devenir poussière.

 

 

 

Tentatrice : L'auteure (Auteure également de Manhattan)

Fournisseur : L'auteure et les éditions Arléa, merci pour l'envoi

 

 

 

 

 

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Mon humble avis :Cette fois ci, Anne Révah raconte une histoire à la 3ème personne du singulier. Elle n'est plus la narratrice qui ressent, mais l'oeil extérieur qui observe, déduit, décrit. De ce fait, ce roman est moins intimiste que son précédent (Manhattan).  D'ailleurs, je dirais que l'histoire en elle même est relativement secondaire et assez fréquente dans le fond. Elle est en fait prétexte à étudier minutieusement l'intime, donc l'unique, de personnages ordinaires. Et comme dans Manhattan, Anne Révah s'intéresse à la fragilité derrière la force apparente. Est-ce son sujet de prédilection ??? Nous verrons, deux romans, c'est trop peu pour encore pour qualifier et "classifier" oeuvre et sujets chez un auteur.

Clarisse est dans l'avion lorsqu'elle réalise qu'elle a perdu (comme à son habitude) son téléphone portable, son cordon ombilical avec son fils et son mari. Son mari qui est son tout, son repère, son assurance, son miroir, son rocher... Alors pour combler ce vide soudain et ce vide aérien de 10 km sous ses pieds et qui l'angoisse, Clarisse fait tout pour entrer en contact avec son voisin de siège, Léonard. Comme moi, sauf que quand je prends l'avion, c'est par curiosité, pour savoir qui j'ai à côté de moi et quel enrichissement je peux en espérer. Et j'avoue que dans les premiers temps, Clarisse m'a plutôt exaspérée à toujours se plaindre d'être loin des siens, de la chaleur, de ne pas pardonner à son mari de ne pas être frais comme un gardon quand elle l'appelle à 1h du matin heure de Paris. Je l'ai trouvé plutôt capricieuse. Et puis.... Et puis il y a l'Arizona, le bout du monde, la chaleur, le décalage horaire, l'ailleurs, le bouleversement climatique qui vous change autant un homme qu'une femme....

Anne Révah développe alors tous ses talents et force est de constatée que son héroïne me ressemble de plus en plus dans ses angoisses, ses interrogations, ses craintes, ses réflexions. En fait, on a l'impression que Anne Révah s'est saisi d'une loupe et étudie un grain de sable du désert, deux ou trois même. Elle décrit admirablement l'infiniment petit, le minuscule, l'invisible mais qui pourtant est, qui pourtant nait. L'attraction entre deux êtres qui n'en sont pas conscients. La genèse, le primitif d'une évidence. Et pour qu'il y ait naissance et épanouissement d'une évidence, et bien ici, c'est au détriment d'une autre certitude, abîmée par la distance, par un autre regard... Clarisse en veut à son mari... C'est ainsi que l'auteur commence son analyse de la fin d'un tout, de l'immense : L'amour. Anne Révah relève les premières fissures de la forteresse qui vont peu à peu mener à l'écroulement de l'édifice. Et pour cet aspect là du livre, Anne Révah utilise de nouveau l'écrit... Pas le livre ! Mais l'écrit que Léornard, écrivain à ses heures libres, a tendu à Clarisse en quittant l'avion. Presqu'une lettre en fait (point commun avec Mahattan)Dans ce texte, Léonard y écrit une histoire d'amour ou plutôt le détricotage d'un amour, dès son premier indice.

Ce n'est pas tant l'histoire qui m'a touchée dans ce roman, mais  l'exploration de l'infiniment petit en amour comme en désamour et finalement, le personnage de Clarisse qui s'était attaché à son mari comme à un rocher, pour ne pas dériver. L'écriture est sublime et soignée, pas si éloignée m'a-t-il semblé de celle de Régine Détambel ou Carole Martinez. On y sent en tout cas la même qualité de travail, le même soin, la même obsession de ce mot et pas un autre malgré moult essais. La justesse des émotions et les détails dans leurs descritptions sont admirables. Je suis très peu douée pour décrire et détailler le ressenti d'un personnage et ses interprétations, aussi, j'aime ce don trouvé chez les auteurs que je lis.

Pour le reste, je ne vous en dit pas plus, sinon, je raconterai le livre. Par contre, je peux dire la fin, puisqu'elle vous appartient. Oui, Anne Révah tend la plume au lecteur qui choisira la direction !

En tout cas, si Anne Révah garde le même cap et la même qualité d'écriture, nul doute que son nom se faufilera de plus en plus dans vos lectures (livres, magazines, articles). Je pense qu'Anne Revah est un pôle magnétique pour celles et ceux qui aiment la belle littérature.

 

 

"Gabriel devait tout entendre. S'il lui prenait de faire remarquer à Clarisse, même affectueusement, qu'elle était en train de se plaindre, elle ne comprenait pas ce qu'il voulait dire, ce n'étaient pas des plaintes. C'était son état, la vie en elle, ses détours, et toutes ses sensations dont elle ne savait que faire..."

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 15 Avril 2012

Synopsis :

 

En plein échec professionnel et sentimental, Ben, qui se rêvait comique à New York, est de retour à Paris. Il rencontre Alex, présentateur-vedette du Breakfast-club, le Morning star de la radio. Avec Cyril, un quadra mal assumé, et Arnold, le leader charismatique de la bande, ils font la pluie et le beau temps sur Blast FM. Très vite Ben est engagé : Il écrira pour eux. Alors qu’il a à peine rejoint l’équipe, un raz de marée frappe de plein fouet la station : l’audience du breakfast est en chute libre. C’est en bus qu’ils sillonneront les routes de France pour rencontrer et reconquérir leur public. Pour ces Parisiens arrogants, de ce road trip radiophonique naîtra un véritable parcours initiatique qui bousculera leurs certitudes.

 

Avec Clovis Cornillac, Manu Payet, Douglas Attal, Come Levin.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis :Parfois, il faudrait écrire sa chronique en live, pendant le film. Qu'aurais-je dis alors, en direct, de Radiostars qui fait déjà un buzz médiatique.... Voici donc un avis chronologique...

Au début, j'ai été amusée de me retrouver dans ses studios radios, me rappelant toutes proportions gardées, mes propres expériences régionales. Je fus, dans ma jeunesse, secrétaire , standardiste et responsable des avant première ciné pour NRJ Chérie FM Lille... Donc là, fun pour moi.

Mais néanmoins, j'ai attendu que le film commence vraiment à la fin de son premier tiers. Des jeux d'acteurs inégaux, des rôles inexistants, on ne sait vraiment trop pourquoi, pour ajouter de la verve aux vannes. Dommage, il eut mieux fallut peut-être moins de personnages, mais que chacun soit plus creusé et étoffé et dépasse l'anecdotique. En fait tous ces gars sont pour certains sympathiques, d'autres caractériels mais globalement, ils sont tous plutôt pathétiques. Réalistes ou caricaturaux ? Je me suis parfois lassée de leurs engueulades respectives et outrée de leur course à la vulgarité gratuite pas très fine. Certes, l'un des personnages pointe du doigt leur défaut et celui de tout groupe social éventuel ; "c'est toujours la course à la vanne, à celui qui sortira la meilleure. Mais dès qu'on parle de quelque chose de sérieux, il n'y a plus personne". Ensuite, j'ai failli écraser un paquet de clope dans la "gueule" de Cornillac. Excusez ma vulgarité mais oui, ça m'énerve, un personnage qui à une clope au bec dans chaque scène, que l'on soit dans un bus, une boite, un mac do, un studio radio, une chambre d'hôtel... Bref, partout, malgré une certaine loi. On sait tous très bien pourquoi on commence à fumer... Pour se donner une contenance...  A croire que Romain Levy trouvait le rôle de Cornillac bien vide pour l'affubler d'une cigarette systématique... Je joue peut-être la veille étriquée. Mais non, 4 ans après, j'ai toujours envie et en voir sur grand écran pendant deux heures, ça me tue.... Et ça va complètement à l'envers de campagne de sensibilisation.... Bon, je critique, je critique mais j'appose 3 étoiles. Je me justifie....

Le duo formé par Douglas Attal et Manu Payet (le discret timide qui écrit et le désinibé qui en jette sur scène) m'a touchée et bien plu. On fait un chouette voyage en bus en France, si ce n'était avec cette équipe de plus ou moins bras cassés, on pourrait se croire en tournée avec un chanteur émergeant qui sillonne la France. Bien sûr, il y a quelques réparties et dialogues délicieux et grincents, accompagnés de situations presque anthologiques. Et puis la fin, même si elle fait appel aux bons sentiments de chacun, prouve que là dedans, tout ce monde n'est pas si mauvais, qu'il n'y a pas que l'égo qui compte. Les médias disent que c'est un film qui met debonne humeur.... Il ne plombe pas le moral certes, mais je pense qu'il sera vite oublié pour moi. Certes, j'ai passé un moment plutôt bon, j'ai ri quelques fois. En fait, pour tout vous avouer, mon plaisir fut la prestation de Manu Payet. Aurais-je un petit faible ? A suivre ?!

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 14 Avril 2012

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Ces arbustes et ces feuilles semblent bien anodins... Et pourtant, il s'agit de feuilles de thé, qui donneront ensuite l'une des boissons les plus bues au monde. C'est un Ecossais qui, en 1867, eut le premier l'idée de défricher quelques hectares de forêt pour y repiquer des plants de thé, alors que le cours du café s'effondrait.  En 1 894, un certain Thomas Lipton appliqua à la culture du thé les techniques industrielles. Il conditionna son thé en sachets, alors qu'il était jusqu'alors toujours proposé en vrac.(Les textes de ce billet sont inspirés ou copier sur le Guide du Routard et du guide hachette)

 

Et ces deux photos sont issues de Google. Les autres, sont les miennes !

 

 

 

 

 

 

 

 

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Une vue globale de ces plantations peut donner ceci, lorsqu'on s'engage à pieds dans un chemin sinueux.

 

Le thé est devenu "L'or vert" du Sri Lanka. Il est au premier rang de l'économie mondiale et est de renommée mondiale.

 

Le theier est un arbuste qui craint le froid et la sécheresse.

 

 

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 Le théier doit être exposé au soleil dans des régions humides et chaudes. Il ne commence à produire qu'au bout de 5 ans de travail qui consiste à limiter sa taille à 1.50 mètres.

 

 

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Le thé se récolte toute l'année, tous les 8 à 15 jours selon les régions. Les meilleurs thés sont ceux récoltés à plus de 1 200 mètres.

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  La cueillette est effectuée le plus souvent par les femmes Tamoules. Dans des conditions précaires et sur un terrain accidenté, elles doient recueillir 20 kg par jour, pour un salaire mensuel de 2000 roupies environs, trois fois rien. Le travail s'effectue pieds nus, sous la surveillance d'un gardien.

Elles ne prélèvent que les 2 premières feuilles et les jeunes bourgeons qu'elles lancent dans la hotte attachée à leurs épaules.

     

 

     

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  Les thés sont vendus sous leur nom d'origine, qui correspond au nom du jardin où ils sont cultivés.

Ils sont classés comme nos grands vins et font l'objet de dégustations réalisées par des spécialistes.

 

 

Ce n'est pas au Sri Lanka que l'on boit le meilleur thé. En effet, celui ci est exclusivement réservé à l'exportation, notamment vers les émirats et le Moyen Orient.

 

Le thé du Sri lanka est plus communément appelé le Ceylan Tea.

 

 

 

 

 

   

     

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Au centre de l'île, se sont les plantations de thé qui modèle le paysage. 

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Au milieu des plantations, un village Tamoul. 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Voyages en Asie

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Publié le 12 Avril 2012

Autofiction ? - Editions du Seuil - 140 pages - 15 €

 

 

 

Parution en janvier 2012

 

 

L'histoire : Point de départ... Une lectrice se suicide. Au téléphone, la mère de celle ci accuse Chloé Delaume d'être responsable de cette mort. "Pourquoi est elle morte et pas vous" ?

Parce qu'un auteure qui devient l'héroïne et la narratrice de ses livres serait un corps vide, avec personne dedans, une place à prendre.... Jusqu'où va l'identification, le danger de l'autofiction et la liberté de chacun de mener sa propre vie, voire de la choisir...

 

 

Tentation : Curiosité

Fournisseur : La bib

 

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis :Chloé Delaume est passée récemment à La Grande Librairie. Je ne la connaissais pas, même de nom. Et voilà que sa venue pour une conférence à Rennes est annoncée... Alors lisons !

Et bien voici un billet qui ne va pas être facile car je ne saurais dire si j'ai vraiment aimé ce livre, même si je l'ai lu d'une traite.

Disons que ce fut une lecture très expérimentale, déconcertante, déroutante...

Au premier abord, le style m'est apparu comme impénétrable. Syntaxe particulière, phrases très courtes, ponctuation plus que généreuse, rythme saccadé... Puis parfois, des envolées presque lyriques. Et là j'ai ouvert les vannes pour me laisser pénétrer par le texte et je me suis pris sa poésie en pleine figure. Ce texte est en fait hautement poétique, alors je pense que chacun peut par moments l'interpréter à sa façon, le survoler, le saisir dans le creux de ses mains, même si, comme du sable, il s'enfuit l'instant d'après et redevient insaisissable. J'ai trouvé des passages incompréhensibles pour l'instant d'après jubiler devant l'humour, l'ironie et le cynisme dont ne manque pas l'auteure.

Quand est il du sujet... Traité de façon... je dirais décousue dans l'ensemble. Le sujet qui ouvre le livre ne semble qu'être qu'un prétexte pour annoncer l'apocalypse personnelle de Chloé Delaume et donc, pour ne pas échapper au cliché de l'autofiction il en ressort plutôt un aspect nombriliste, que j'appelle "'automasturbation cérébrale". C'est souvent gloque, macabre, sanglant dans les métaphores et les obsessions morbides, inconvenant. Un livre pour répondre à une question : qui suis-je ? Chloé Delaume n'est manifestement pas en paix avec elle même ni avec son identité...Bref, nous partageons nombre de ses tourments. Voici une réponse à celle qui s'est tuée parce qu'elle voulait devenir " à son tour" Chloé Delaume.

Et puis surprise, l'auteure nous propose de répondre à un QCM de 12 questions sur la vie, son livre, notre lecture, elle, afin de choisir, en quelque sorte, la fin du livre selon le nombre de A, B ou C obtenus. Cela m'a franchement amusée car on ne peut plus indédit ! (pour info, j'ai eu autant de A que de B et peu de C)

J'ai tout de même mis quelques post it au fil des pages, car j'y ai retrouvé des affirmations, des ressentis qui font partie de ma vérité et me permettnt une certaine identification à l'auteure / héroïne/ narratrice. Car il y a en Chloé Delaume une lucidité certaine, notamment dans son rapport à l'écriture et le rôle de celle ci qui ne peut jamais être thérapeutique selon ses propres mots.

Ce n'est pas un livre que je conseillerai, à moins qu'être dérangé et remué dans votre confort de vie bien équilibrée d'où transpire le bonheur ne vous déplait pas. Si vous êtes une jeune maman épanouie, une grand mère heureuse de l'être, que pour vous le couple est la plus belle des réussites, que vous êtes sûre que jamais dans votre vie vous n'avalerez d'anxiolitiques, je ne penses pas que ce livre vous plaise un temps soit peu.

Pour ma part, j'ai été surprise, dérangée, je me serai passée de certains détails, mais j'ai retrouvé quelques parties de moi et surtout, malgré mes rétissences du début, j'ai apprécié la poésie de cette plume et me suis amusée du culot de Chloé Delaume. Lecture expérimentale donc, tortueuse à souhait, pas adoré, pas détesté, disons que je n'en ferais pas mon pain quotidien, ni même occasionnel.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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