Publié le 27 Juin 2011

Nouvelles - Livre de Poche - 186 pages - 3.50 €

 

 

 

4ème de couv : Parricides, ivrognes, enfants pervers, maris aveugles, ravissantes idiotes, bourgeois lâches et mesquins, paysans cruels et cupides, vous ne trouverez dans ces contes, de jour comme de nuit, que bourreaux ou victimes. Mais s'ils sont tous à tuer, ils tuent aussi beaucoup, ou se pendent, ou se tirent à la rigueur un coup de revolver dans la bouche par peur de la mort... Maupassant serait-il le grand ancêtre méconnu du néo-polar ?

 

 

 

 

Ce billet est rédigé par Quintilius, élève de 4ème d'un collège, dans le cadre d'un travail scolaire et avec l'encadrement de sa professeur de français, tant dans la préparation des références que dans la correction.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'avis de Quintilius : Maupassant est le maître du récit court, qu’on appelle au choix, conte ou nouvelle très en vogue au XIXème siècle avec  la révolution de l’imprimé,. Admirateur de l’analyse psychologique de Tourgueniev, chacun de ses contes – si l’on reprend l’intitulé du titre du recueil - est un témoignage de l’admiration qu’il porte au modèle. Evidemment chez Maupassant on est loin de la forêt et de la steppe. On  est en Normandie et parfois aussi à Paris. Et c’est en observant le monde paysan ou le monde des employés de bureau, en s'inspirant de faits réels, qu’il radiographie les petites et grandes misères des hommes de la ville ou de la campagne, et  nous livre l'homme dans tous ses « états »:  (Le Père, ……), la cruauté (Coco, Le Gueux) l’envie tragique des femmes modestes (La Parure),  la lâcheté des hommes  à tous les stades (l’amant, le mari, le père) et puis la bêtise voire même plus encore l’abrutissement d’une société abêtie par l’âpreté du gain (L’Aveu) ou par l’alcool (L’Ivrogne). Et quand la nouvelle échappe au réalisme et  se révèle fantastique, c’st pour mieux dénoncer la barbarie de l’esclavage. (La Main).

 

Ne cherchez pas de personnages heureux : il n’y en a pas. Maupassant, c’est Pialat en littérature. D’ailleurs, le propre du récit court est de forcer le trait, de précipiter le personnage là où il ne relèvera pas. Les personnages chutent dans ce récit condensé comme les fins de leur histoire. Car cette fameuse « chute » saisit à la fois le lecteur et relance notre réflexion et nous invite à une relecture : à lire trop vite Rose, on passerait devant l’une des plus irréfutables définitions du bonheur ; elle est placée dans la bouche d’un personnage secondaire et le lecteur serait bien inspiré de méditer : « Moi, je me sens heureuse tout à fait. Je n’ai besoin de rien ».

 

Disons le pour ceux qui sont intimidés par le « grantecrivain », l'écriture y est simple, de langage courant accessible à tous. Maupassant écrivait non pour être lu dans le confort des salons mais du train, pour le peuple qui lisait à l’époque les journaux, et des journaux qui se vendaient déjà en gare. Un  universitaire   qui a étudié le sujet de près lui a donné le nom de Lyon-Paris - Maupassant.

 

Pourquoi j’ai aimé lire les contes de Maupassant ? Parce que la lecture de chaque nouvelle amène à une réflexion, à une morale sur notre société car il s'inspire de faits  réels de l'époque mais la condition humaine n’a pas beaucoup changé et ses fêlures et ses abymes  sont toujours d'actualité. Aussi peut-on trouver dans ces textes  des réponses à bien des interrogations.

Ma nouvelle préférée est Le Vieux qui n’en finit pas de mourir au grand dam de sa famille qui avait ameuté, un peu tôt toute la famille pour son enterrement.  En revanche,  Le Gueux est un récit triste et cruel. Pour les naïfs et il les enseignera sur la banalité du mal, celle prodiguée à coups de violence et de coups de bâtons par de braves paysans et de gendarmes zélés.

On préfère prévenir le lecteur : Présente dans un conte sur deux, la mort peut déranger. On évitera de lire Maupassant avant de s’endormir.

Tenez,  lisez-le au grand jour, la tête à l’ombre, les pieds au soleil. C’est l’été.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 26 Juin 2011

 

Aujourd'hui, ce blog fête ses  3 ans !

 

 

 

Une troisième année très riche en surprises et émotions....

 

Un coup de fil pas comme les autres, celui d'Amélie Nothomb

 

Des interviews toujours plus enrichissantes

 

Et qui, quelque part sont autant défi que fierté

 

Et m'apportent une sacrée dose d'adrénaline

 

En autres, Amélie Nothomb, R.J Ellory

 

Richard Bohringer, Thierry Cohen

 

Philipp Grimbert, Delphine de Vigan

 

...

 

...

 

De nouveaux blogs découverts (et leurs auteurs par la même occasion)

  

Des vacances chez keisha avec AGFE

 

Un Week End Rennais avec AGFE

  

De sacrées bonnes lectures parmi quelques déceptions

 

Un abonnement mensuel souscrit au Gaumont....

 

Donc le ciné illimité dans un budget limité !

 

Une rencontre furtives de 2 maris potentiels !!!

 

Une inscription à la bibliothèque

 

Premiers pas dans l'univers infini de la BD 

 

L'achat d'un lecteur de musique MP3 (quel changement !)

 

.....

.....

 

Une année bien remplie

.....

 

Et des lecteurs toujours là

 

Depuis le début

 

Ou depuis quelques temps....

 

 

A TOUS QUI ETES MA MOTIVATION : MERCI !

 

 

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Une photo qui illustre parfaitement l'une des citations mises en accuei de ce blog...

 

"C'est le temps perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante" (Saint Exupéry)

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Les livres - mon blog et moi

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Publié le 25 Juin 2011

Synopsis : Le rêve de Po s'est réalisé. Il est devenu le Guerrier Dragon, qui protège la Vallée de la Paix avec ses amis les Cinq Cyclones : Tigresse, Grue, Mante, Vipère et Singe. Mais cette vie topissime est menacée par un nouvel ennemi, décidé à conquérir la Chine et anéantir le kung-fu à l'aide d'une arme secrète et indestructible. Comment Po pourra-t-il triompher d'une arme plus forte que le kung-fu ? Il devra se tourner vers son passé et découvrir le secret de ses mystérieuses origines. Alors seulement, il pourra libérer la force nécessaire pour vaincre.

 

 

Avec les voix de Tomer Sisley, Manu Payet, Marie Gillain, Pierre Arditi.

 

     

  Vu en 3 D

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : Ce n'est que le 2ème film d'animation que je vois de toute ma longue vie(avec l'âge de glace 3) et je n'ai pas vu le premier Kung Fu Panda.  Mon avis est donc brut de pomme, ou plutôt de plaisir puisque je ne possède aucun élément de comparaison qui justifie mes 4 étoiles !

Je suis allée voir ce film pour répondre à l'énorme demande que je subis de la part d'une lectrice de ce blog qui m'a fait remarqué que je ne publie jamais sur les films d'animation . (ll y a de forte chance pour qu'elle se reconnaisse !!!). Non, trève de plaisanterie, la bande annonce m'avait bien amusée et mon besoin de divertissement est ces temps ci sans limite !

Et bien j'ai passé un réel bon moment ! Je pense que mes yeux d'enfant pétillaient devant le merveilleux et l'imagination des scénaristes, et mon regard d'adulte admirait la formidable technologie. Pour une fois, la trois D est aussi efficace et bienvenue que dans les publicités précédents la diffusion du film.

Les "dessins" et paysages sont magnifiques, le dépaysement est garanti au fin fond de cette Chine d'une autre époque. L'humour, tantôt niveau dessins animés, tantôt plus fin et référencé fait mouche pour tout le monde. Il me semble que ces films ont désormais l'avantage d'être conçus aussi bien pour les enfants que pour les adultes, qui de ce fait, prennent autant de plaisir que leur progéniture. (contrairement aux dessins animés d'antan... à moins que ce soit ma perception qui ait changé avec la sagesse)... A propos de sagesse, le scénario, qui tient vraiment la route, développe et met en scène une belle philosophie de vie, même si tout cela n'est pas si simple dans la vraie vie...

Enfin, les personnages sont très attachants... Et particulièrement Po le Panda. Le détail de sa fourrure et sa bonhomie vous rappelle vos peluches d'enfance et vous donne bien envie de vous serrer contre lui tout en le protégeant car la chance lui sourit parfois plus que la réelle habilité !

 

Un film tendresse avec de spectaculaires combats de kung fu ce qui donne un ensemble aussi mignon tout plein que pêchu, à consommer sans modération, pour petits et grands et où chacun comprendra ce qui lui est destiné !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 23 Juin 2011

Delphine de Vigan, une auteure qui n'a pas son pareil pour aller au coeur du non dit, du silence, de la solitude avec des mots et une émotion qui frappent le lecteur de plein fouet et l'accroche au livre puis à l'oeuvre tout entière. En quelques romans, Delphine de Vigan s'est déjà fait une jolie place dans le paysage littéraire Français. Et,comme pour de nombreux jeunes auteurs, fort est à parier que le meilleur reste à venir... D'ailleurs, la prochaine rentrée littéraire de septembre... mais shut....

 

 

   

Sur ce blog :Jours sans faim

Les jolis garçons

No et moi

  Les heures souterraines

 

 

 

 

  

 

La rentrée littéraire de septembre approche. Vous en ferez partie. Vos lecteurs vous attendent avec impatience... Une petite confidence pour patienter ? Un titre ? Ou le sujet général ? Ou le nom du personnage principal ? Ou mystère jusqu’à fin août ?

D.d.V : Le livre s’appelle « Rien ne s’oppose à la nuit » et c’est, de loin, mon livre le plus personnel. Je ne préfère pas en dire davantage pour l’instant. Le titre, vous l’aurez deviné, est directement inspiré d’une chanson d’Alain Bashung, chanteur j’adore et dont je continue d’écouter les albums en boucle.

  

Est-ce rassurant d’être attendue, de pouvoir se dire que quoiqu’il en soit, votre roman ne passera pas  “inaperçu” comme c’est le lot de certains ouvrages paraissant parmi ces 800 livres environ publiés à la rentrée ?

D.d.V : Bien-sûr que c’est rassurant. J’ai la chance de bénéficier d’une certaine attention. Ce livre est mon sixième roman, les choses se sont construites peu à peu.

  

En effet, les médias et journalistes vous solliciteront beaucoup, vous allez entrer dans un tourbillon. Prenez vous cela avec un certain recul, une décontraction ou est-ce une partie du métier d’auteur qui reste éprouvante pour vous ?  Considérez vous la Rentrée littéraire comme une véritable fête du livre, un passage obligé, un phénomène médiatique ? Quel est le roman que vous attendez avec impatience cette année ?

D.d.V : Il faut relativiser. La rentrée littéraire est un moment particulier où les livres occupent, plus qu’à d’autres moments de l’année, une large place médiatique. Je serai sans doute sollicitée, comme le sont d’autres auteurs, pour parler de mon livre. Mais personne ne nous oblige à quoi que ce soit ! Encore une fois, nous avons la chance d’être lus, attendus, on ne va quand-même pas s’en plaindre ! En tant qu’auteur, c’est à moi de décider ce que j’ai envie de faire ou de ne pas faire, ce sera sans doute encore plus vrai cette année, pour un livre dont il ne m’est pas si facile de parler.

Il y a plusieurs livres que je suis impatiente de lire, notamment ceux de Véronique Ovaldé, David Foenkinos, Philippe Lançon, qui sont, ou ont été, d’excellents compagnons de route !

 

  

  

 Si je reprenais mes pinceaux pour vous peindre alors que vous travaillez, à quoi ressemblerait ma toile ? Quels en seraient les détails qui pourraient attirer l’oeil de l’observateur ?

D.d.V : Je parle de Pierre Soulages dans mon roman, de ce noir intense dont les reflets produisent une forme de lumière et désignent un ailleurs. J’aime bien cette idée. Si vous deviez me peindre au travail, je pense qu’il vous faudrait pas mal de couleurs, à la fois sombres et claires.

  

 

 L’un des fils rouges de vos romans, outre la solitude, est la désillusion. Parlez-vous de la vôtre ou de celle que vous observez autour de vous. Sans verser dans l’indiscret, qu’est-ce qui vous a tant déçu Delphine ?

D.d.V : En effet, la solitude urbaine est l’un des thèmes que j’ai souvent abordés, de même que la désillusion. Jene pense pas parler de ma solitude, mais plutôt de la solitude essentielle que nous expérimentons tous, qui parfois nous submerge, même lorsque nous sommes entourés. Il me semble que l’époque et le monde dans lesquels nous vivons rendent cette solitude de plus en plus prégnante, et qu’il est de plus en plus difficile d’aller contre. Comme tout le monde, il m’est arrivé d’être déçue, de perdre en route quelques illusions, mais cela fait partie de ma construction et j’ai parfaitement conscience d’avoir, d’une manière générale, plutôt pas mal de chance.

 

 

 L’automne dernier Zabou Breitman a magnifiquement adapté votre roman No et moi à l’écran. Qu’avez vous ressenti lorsque vous avez vu cette mise en images de votre imagination ?

D.d.V :  J’ai beaucoup pleuré !

 

 

Depuis quelques années, vous avez abandonné votre premier métier pour vous consacrer à l’écriture. Quand l’écriture est un métier, le plaisir est il toujours le même ? Ne se laisse-t-il pas entacher par des notions de délais, de rentabilité, de succès ? L’inspiration personnelle comme matière première du travail et du revenu... n’est-ce pas une sacrée pression ? Un risque ? ... et après quelques années ainsi, ne regrettez vous pas le monde de l’entreprise, les collègues, les horaires ?!!! Travaillez vous à d’autres choses, peut-être moins médiatisées, qu’à vos romans ?

D.d.V : Pour moi l’écriture n’est pas un métier. C’est un état, une manière de vivre et d’être au monde. J’ai la chance de pouvoir vivre de l’écriture, et cela ne durera probablement pas. J’en profite pleinement. C’est pour moi un grand confort de vie, une immense liberté, et il ne se passe pas une journée sans que je mesure le privilège que cela représente. Le jour où j’écrirai parce que j’ai besoin d’argent, je m’empresserai de retrouver un travail. Pour l’instant, j’écris sans aucune pression, à mon rythme, ce qui me permet d’aborder des projets plus ambitieux que ceux que je pouvais mener quand j’écrivais la nuit après une journée de travail. Je ne regrette pas le monde de l’entreprise que je trouve de plus en plus violent, ni les horaires (j’ai une autodiscipline en bêton armé !), et je revois avec plaisir mes anciens collègues autour d’un verre de vin !

 

 

 Lorsque vous vous attelez pour écrire un nouveau roman, est-ce après une longue préparation ou de manière plutôt instinctive ? Ecartez vous plusieurs idées de livre pour n’en retenir et n’en développer qu’une ou le début du processus est il déclenché par l’évidence d’une idée, d’une unique histoire ?

D.d.V : Contrairement à d’autres auteurs, je n’enchaine jamais deux livre sans un temps de latence, de jachère, qui me permet de préparer, ou plutôt d’incuber, le livre suivant. En général, l’idée d’un livre vient au moment où je termine le précédent. S’ensuit ce long temps d’incubation où je prends des notes sur la construction, les personnages, mais sans entrer dans l’écriture à proprement parler. Ce temps m’est indispensable.

En ce qui concerne le livre à paraître en septembre, l’histoire est un peu différente. C’est un projet que je ne voulais pas écrire et dont j’ai longtemps refusé l’idée. Et puis un jour j’ai compris que si je n’écrivais pas ce livre je n’en écrirai pas d’autre, dans le sens où il ne laissait la place à aucun autre élan.

 

 

Y-a-t-il des sujets que vous pourriez vous interdire de traiter, où qui juste de vous inspireraient pas plus que cela ?

D.d.V : J’aime beaucoup la contrainte en écriture, par exemple j’accepte souvent les nouvelles qu’on me propose d’écrire sur un thème en particulier  pour des ouvrages collectifs ou pour la presse. Mais certains sujets ne m’inspirent pas plus que ça.

Pour mon propre travail, les choses sont différentes. Je ne raisonne pas en termes de sujets. Le livre s’envisage d’une manière à la fois beaucoup plus intime et plus confuse, et il faut parfois l’écrire pour savoir de quoi il parle !

 

 

Publiez vous tous les romans ce que vous écrivez ou, comme Amélie Nothomb, avez vous des tiroirs remplis d’inédits ? Dans ce cas, qui choisit le “prochain de Vigan”. Vous, ou votre éditeur ?

D.d.V : Un seul inédit dans mes tiroirs : un premier roman raté et trop ambitieux, ce qui lui donne déjà deux bonnes raisons d’y rester !

 

 

Vous êtes membre du jury du prix Françoise Sagan, qui récompense un auteur jamais récompensé ni sélectionné. Dans ce cadre, que doit avoir de plus que les autres le livre qui remporterait votre voix ?

D.d.V :  Ce n’est pas une question de critère (à part ceux énoncés par le règlement du prix). Un livre m’impressionne, me charme, m’émeut, me bouleverse, m’emporte, me hante… ou pas…

 

 

Je reprends un extrait d’une interview publiée sur site evene.fr http://www.evene.fr/livres/actualite/interview-delphine-de-vigan-no-et-moi-988.php :

“Vous dites ne pas vous considérer comme un écrivain, mais comme un auteur. Votre sélection au Goncourt et les critiques unanimes changent-ils votre point de vue ?
D.d.V Non, ça ne change pas. J'ai vraiment le sentiment d'être quelqu'un qui cherche et je n'ai pas envie de trouver tout de suite. Je n'ai pas envie de me dire : ça y est, je suis un écrivain, reconnu...”

Je crois comprendre que pour vous un écrivain serait quelqu’un qui aurait trouvé ? J’ai du mal à percevoir la nuance entre auteur et écrivain ?...

D.d.V : Non, ce n’est pas tout à fait ça. Pour moi un auteur est quelqu’un qui publie des livres et perçoit, éventuellement, des droits d’auteur. C’est objectif et c’est irréfutable !

Un écrivain invente une langue, écrit une œuvre, creuse un sillon, explore un univers. On peut publier des livres sans être un écrivain.

Bien-sûr, j’aimerais me dire un jour que je suis un écrivain, que mon travail est cohérent, qu’il constitue quelque chose qui se tient, qui fait écho. C’est sans doute trop tôt pour y penser !

 

 

Quels sont vos 3 derniers coups de coeur littéraires ? Quel livre emporteriez-vous sur la plage cet été ?

D.d.V :  « Le chagrin » de Lionel Duroy

« Olivier » de Jérôme Garcin

« Lambeaux » de Charles Julliet

 

Cet été, j’emporte Laura Kashischke, dont j’ai lu un seul roman (« Un oiseau dans le blizzard ») et que j’ai l’intention de découvrir dans sa totalité !

 

 

Blinkies merci

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Interviews exclusives !

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Publié le 21 Juin 2011

 Roman - Edition J'ai lu (Grasset) - 125 pages - 5.60 €

 

 

Première parution en 2001, puis en 2009 

 

 

L'histoire : Laure a 19 ans, mesure 1.76 mètre et ne pèse que 38 kilos quand elle accepte enfin l'aide, l'hospitalisation. Il lui faut reprendre du poids non pour vivre mais pour survivre. Elle est anorexique. Elle entreprend alors le combat contre elle même avant de se battre pour elle même. Kilos après kilos, c'est une lente, difficile mais méritante résurrection que raconte ce livre.  

 

 

 

 

  Tentation : J'aime cette auteure + le sujet

Fournisseur : ma PAL

 

 

 

 

 

  

 

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  Mon humble avis : Jours sans faim est le premier roman de Delphine de Vigan, paru à l'époque sous un pseudonyme. Il est fortement autobiographique. Nulle descente aux enfers ici, mais un retour à la vie, même s'il est progressif, incertain fragile. Une reconstruction, malgré les moments de doute, de révolte, de dégoût. L'envie de vivre revient. Laure revient de loin.

L'anorexie. Là où toute publication médicale sur le sujet vous laisserait sur le quai, Delphine de Vigan emploie le roman et manie sa justesse des mots pour livrer ses clés de cette maladie.

Ce livre vous tiendra captif, le sort et le destin de Laure vous touchera, son combat vous bouleversera. La plume de Delphine de Vigan vous fera dire : Mais comment fait elle ?! Oui, si vous prenez ce livre en main, il vous parlera. Pourquoi le prendriez vous en main ? Après tout, l'anorexie ne vous concerne peut-être pas... Depuis quand faut il attendre d'être concerné pour s'intéresser, chercher à comprendre...

Lors d'un pique nique, alors que j'évoquais ma lecture, quelqu'un me demande : Pourquoi lis tu ce genre de livre ?

Parce que j'aime l'auteur !

Parce que les maladies psychiques, psychiatriques m'interpellent. Pourquoi, à un moment donné, le cerveau part dans la mauvaise direction ?

Parce que l'Autre me passionne, que ce soit dans ces joies, ses peines, ses passions et ses souffrances. Alors oui, je veux comprendre pourquoi on peut infliger de telles souffrances à son corps. Je veux appréhender ce qui me paraît irrationnel chez l'Autre, car pour l'Autre, c'est la vérité et la logique même.

Le regard de l'auteur affine le mien, voire ouvre mes yeux clos.

Ces romans, par quelques phrases qui me touchent tout particulièrement, me permettrent d'avancer dans ma propre problématique. Il y a dans ce livre des passages qui reflètent certains de mes maux et qui enfin y posent les mots appropriés, ces mots qui rendent évident, qui traduisent mon inexplicable. En apprenant sur l'autre, j'éclaircis mon ombre et dénoue quelques noeuds. Certains symptômes ou sentiments décrits dans ce livre ne s'attachent pas  qu'à l'anorexie...

Car j'aurais pu être Laure. A la différence que mon cerveau, à une époque, a décidé que je devais me taire et continuer à manger...

Parce que j'ai croisé des anorexiques durant mon cursus "médical". Hospitalisée pour des troubles du langage, j'ai sympathisé avec Amélie entre autre. Il y avait aussi Maria et Patou. L'une tirait sur sa cigarette, l'autre faisait le tour du parc à un rythme d'enfer avant chaque repas. L'une avait une sonde, l'autre pas. Alors que j'enflais à vue d'oeil grâce à mes "amis" les médocs, j'en venais stupidement parfois à envier leur silhouette. Alors que le coffre de ma chambre cachait ma réserve de chocolat et autres dérivés, les anorexiques flottaient dans leurs vêtements quand j'en débordais. Quand le repas était ma distraction tant attendue, il était le calvaire d'Amélie. Amélie se dissimulait sous son poncho noir, j'ignorais qu'elle avait froid alors que je bronzais au soleil. J'ai posé des questions en puzzlant (activité passionnante, surtout avec un puzzle de 1000 pièces noires et blanches). Je n'ai pas forcément posé les bonnes questions. Et même si j'ai eu des réponses, je n'ai pas tout compris. Dommage, j'aurais du lire ce livre avant. Cela m'aurait évité d'insiter, bêtement, devant Amélie en brandissant fièrement mon paquet de Mikado, persuadée que je la ferais fléchir. Cela m'aurait évité de lui dire "Allez, c'est pas grand chose un mikado, ce n'est pas une petite faiblesse qui te perdra".

Quand j'y pense, j'ai honte. Mais grâce à Jour sans faim, si d'aventure je rencontrais une autre Amélie, peut-être aurai-je le bon comportement.

Aussi, je vous invite à lire ce livre pour essayer de comprendre ce qui peut se passer dans un cerveau et un corps souffrants...  Lisez ce livre à titre préventif, vous serez plus prêts et moins maladroits le jour ou vous rencontrerez Laure ou Amélie ou toute autre personne souffrant de maladie psychiatrique. Et si vous les avez déjà rencontrées, si vous en connaissez, ce livre vous aidera à comprendre ce que l'autre ne sait pas dire et que vous êtes loin d'imaginer. 

 

 

 Et après demain, une interview exclusive de Delphine de Vigan ici ! 

  

 

L'avis de Gambadou, Esmeraldae, Cynthia, Mango

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 19 Juin 2011

Synopsis : Eddie Morra rêve d’écrire, mais l’angoisse de la page blanche le paralyse. Sa vie sans éclat bascule lorsqu’un ami lui fait découvrir le NZT, un produit pharmaceutique révolutionnaire qui lui permet d’exploiter son potentiel au maximum. Eddie peut désormais se souvenir de tout ce qu’il a lu, vu ou entendu ; il peut apprendre n’importe quelle langue en une journée, résoudre des équations complexes et subjuguer tous ceux qu’il rencontre – tant qu’il reste sous l’influence de cette substance qui n’a pas encore été testée.
Très vite, Eddie fait aussi merveille à Wall Street, où ses prouesses attirent l’attention de Carl Van Loon, un puissant magnat de la finance, qui lui propose de négocier la plus grosse fusion de l’histoire. Eddie ignore encore que des gens sont désormais prêts à tout pour mettre la main sur son stock de NZT. Alors qu’il découvre le danger, il doit aussi affronter les terribles effets secondaires du produit. Pour survivre à ceux qui le pourchassent de toutes parts, Eddie puise de plus en plus dans ses réserves. En aura-t-il suffisamment pour se montrer plus intelligent que tous ses ennemis

 

 

Thriller avec Bradley Cooper, Robert de Niro, Abbie Cornish

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis: Bradley Cooper en tête d'affiche, ça mérite le déplacement ! Au moins pour le plaisir des yeux et des siens !

Trève de plaisanterie ! Qui n'a jamais rêvé d'une super pilule magique qui rend super intelligent, qui vous permet de retrouver tout ce qui se cache dans votre inconscient et de retenir tout ce que vous y ajoutez ? Apprendre le piano en 3 jours, décoder la bourse en quelques heures, écrire un livre en 4 jours.... Ça laisse rêveur non, de devenir intelligent à ce point ? Officiellement, je me targue de ne pas en avoir besoin, officieusement, je fantasme tous les jours sur cette pilule qui me rendrait plus que pro au boulot et me permettrait de lire 4 fois plus vite, ou au moins 2 fois, ça me suffirait et j'atteindrais au moins la moyenne.

Le problème, c'est qu'on ne peut manifestement espérer tout cela sans effet secondaire, sans addiction... Et oui, comme pour toute drogue...

Bon, c'est vrai, je suis là pour vous parler d'un film.... Un bon moment de cinéma, sans aucun doute. La première partie est plus dans le divertissement et la deuxième dans le thriller pur. C'est efficace, on ne s'ennuie pas, même si certains passages sont plutôt prévisibles.

Mon beau Bradley remplit parfaitement son rôle, qu'il soit en écrivain raté, en star de la finance ou en sénateur potentiel. La relève des brad pitt, Tom Cruise et autre est bien assurée ! Et quid de Robert, le grand Robert de Niro... Et bien j'aimerais le revoir dans des rôles à la mesure de sa démesure. Ici, j'oserais presque dire que le grand financier aurait pu être joué par presque n'importe qui...

Enfin, la fin m'a laissée un peu dans un flou sans doute volontaire. Bluff ou pas, de ce fait on ne sait pas s'il faut trouver ce fim moral ou complètement immoral !

En tous cas, il fait passer un excellent moment au coeur d'un triste week end pluvieux !

 

 

 

 

 
 
  

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 17 Juin 2011

Roman - Editons Grasset - 207 pages - 15 €

 

 

Parution en Mars 2011 - Nouveauté

 

 

 

L'histoire : Une annonce sur un mur de la fac... Louis, étudiant introverti, se présente pour le poste. Embauché, il part sur Horville en Normandie. Il devra s'occuper de Iannis, ado de 16 ans, un garçon singulier lui annonce le père. Louis rencontrera aussi la mère, particulière. Et il retrouvera des souvenirs enfouis. Horville, c'est la plage où enfant, il passait ses vacances...

 

  

 

Tentation : L'auteur et son passage à la grande librairie

Fournisseur : la bib' !

 

 

 

 

 

 

   

  

 

 étoile2.5

 

 

Mon humble avis : Philippe Grimbert m'avait emmenée si haut lors de ma lecture de "La mauvaise rencontre"... que ce garçon singulier me donne la sensation d'être comme... tombée.

Oui l'écriture est toujours magnifique, oui le sujet est intéressant mais j'attendais beaucoup plus de l'auteur.  J'ai comme l'impression que le roman n'est pas abouti, comme si je n'avais lu qu'une première partie en fait.

Iannis est un enfant pas comme les autres. Aucun mot précis ne détermine sa différence, mais on peut supposer qu'il est autiste. Philippe Grimbert aborde donc le sujet de ces maladies, des rapports familiaux et filiaux particuliers qu'elles génèrent. Tout cela, à travers le regard de Louis, qui débarque en Normandie sans savoir à quoi s'attendre, sans y être préparé, en n'y connaissant rien... Il laissera ses intuitions dicter son comportement envers son protégé. Il y a de jolies pages, de très beaux passages, la lecture est agréable.

Mais si le sujet est captivant, l'histoire l'est moins. J'ai regretté qu'elle soit parasitée par les souvenirs d'enfance du personnage qui ne m'ont pas touchée, car sans doute trop nébuleux. La relation entre Louis et la mère me paraît expédiée. En fait, mon principal ressenti est qu'effectivement, on aborde mais on ne creuse pas, on effleure. J'ai attendu quelque chose qui n'est pas venu. Et c'est dommage. Pour le coup, j'aurais préféré que ce livre soit plus long pour, pour donner le temps à l'histoire de s'installer, d'être approfondie. Pour que l'ensemble soit moins frustrant. C'est bon, mais bien moins que ce à quoi l'auteur m'avait "déjà" habituée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 15 Juin 2011

Quand on tient un blog littéraire, on découvre des auteurs et l'on a parfois la chance de rencontrer les personnes qui se cachent derrière. Même si ces rencontres restent parfois virtuelles pour cause de distance et de réalisme, elles n'en sont pas moins réelles. Elles apportent une pierre l'édifice de chacun. Un enrichissement incontestable. Une reconnaissance sans doute. Un respect mutuel, une envie de fidélité, de partager un bout de route, de suivre l'autre dans l'épanouissement de son talent, de sa passion.

Il y a 3 ans, j'ai pris un livre un peu au hasard et en dernière minute, dans les rayons d'un Relais à Roissy, avant de m'envoler pour la Syrie/Jordanie. Le pitch me tentait. C'était "J'aurais préféré vivre" de Thierry Cohen....

3 ans plus tard, Thierry Cohen sort son 3ème roman "Longtemps j'ai rêvé d'elle" et répond  à sa 3ème interview sur ce blog. Avec toujours autant de soin. Quand je découvre ses réponses à mes questions, je suis toujours aussi émerveillée de cet échange qui s'installe et je suis aussi captivée que si je prolongeais de quelques pages ma lecture d'un roman. On rencontre un auteur, un livre et on découvre ce qui constitue une oeuvre, l'arrière du décors en quelque sorte. Je suis ravie de partager cela avec vous.

 

Cette fois ci, j'ai donné la parole à chacun des personnages du roman pour questionner Thierry Cohen.

 

 

 

 

 

 

- Question de Claude '(le marjordome): Bonsoir Thierry, bienvenue, voulez vous vous assoir ? Thé, café ou lait grenadine ?

TC : Thé à la menthe. L’odeur et le goût du thé à la menthe me ramènent toujours à mon enfance. Je le buvais, chaque après-midi, dans la cuisine de ma grand-mère. Elle préparait un thé à la menthe exceptionnel.

  

 

- Question de Lior (l’héroïne) : Mon personnage vous a-t-il était inspiré par une femme en particulier ou par un référendum auprès de centaines de femmes ? Car c’est très curieux et magique à la fois. Vous faites de moi un être unique, très intime et pourtant, je suis persuadée que des milliers de femmes se retrouveront en moi ? Est-ce ça, le talent d’un écrivain... Que la multitude se retrouve dans l’unique tout en gardant cette sensation de rareté ?

TC : En me lançant dans l’écriture de ce roman j’avais conscience que la difficulté serait, en tant qu’homme, de créer un personnage de femme et d’explorer son monde intérieur. Les hommes ont tendance à toujours analyser les réactions des femmes à travers leur prisme de mâle. Mais j’ai toujours été entouré de femmes. J’étais, et suis encore, le confident de plusieurs amies. J’apprécie leur sensibilité, leur fragilité, leur maturité. Je voulais que Lior ressemble à ces femmes de 30 / 40 ans, qu’elle dise leurs doutes, leurs craintes, leur détermination, leur déception, souvent, face aux hommes Les femmes partagent un monde intérieur formidable. Mais, au-delà, elles savent se construire une personnalité unique. Les hommes, bien souvent, possèdent un monde intérieur moins intéressant, plus centré sur leur égo et des personnalités assez stéréotypées. C’est la différence de maturité qui existe entre les hommes et les femmes qui fait, je pense, la différence. Comme le dit M. Hillel, mon libraire, les hommes sont bien souvent des adolescents enfermés dans des corps d’adultes. Les femmes, elles, ont très tôt conscience de leur force, de leurs responsabilités.

De nombreuses lectrices se sont reconnues à travers Lior et j’en suis heureux.

 

 

- Question de Jonas : Qui a-t-il de Thierry l’auteur dans Jonas l’écrivain ?

TC : Il y a les doutes face à l’écriture et la responsabilité qu’elle implique. C’est pourquoi j’attache tant d’importance à l’’avis de mes lecteurs. La manière dont écrit Jonas est également la mienne : je fais connaissance avec mes personnages, m’intéresse à eux, pénètre leur esprit, puis, dès qu’ils deviennent mes amis, je les laisse m’entrainer, me raconteur leur histoire.

Je partage également avec Jonas cette conception de l’amour qui l’amène à penser qu’une seule femme l’attend quelque part et qu’il ne faut pas accepter les jeux de rôles, trahir ses valeurs et se perdre dans des histoires qui ne nous appartiennent pas. J’ai toujours refusé de mentir aux femmes que j’ai connues. Je refusais de leur dire que je les aimais juste pour leur faire plaisir. Et, comme Jonas, d’ailleurs, je me suis souvent fait larguer pour avoir refusé de sacrifier à la comédie de l’amour.

Comme lui, enfin, j’ai fini par trouver la femme de ma vie et l’ai reconnue au premier regard.

 

   

  

- Question de Chloé : Dites donc Thierry, vous faites faire à Jonas un sacré raccourci entre “groupie et superficialité”. Faut-il être superficiel pour être groupie ? Etre groupie rend il superficiel ?

TC : J’ai toujours été surpris par le phénomène des groupies. Consacrer sa vie à une vedette, lui vouer tout son temps, tout son amour, revient à sacrifier sa propre vie. Il y là, selon moi, une forme perverse de fuite. Je comprends que l’on apprécie un artiste. Mais cette relation doit être entretenue d’une réflexion : on l’aime pour son œuvre, ce qu’il nous apporte, sa capacité à exprimer une part de nous même et on a alors assez de distance pour être également critique quant à ses créations. Devenir groupie revient à ne plus voir l’œuvre, à ne plus avoir de sens critique, à tout aimer et tout accepter parce que c’est l’homme ou l’artiste qui compte avant tout. La raison doit toujours tempérer la passion.

 

 

 

  - Question de Jonas : Vous dites “ Toutes les femmes sont victimes de leur idéalisme, de leur maturité”. Et moi, dans cette histoire, de quoi suis-je victime ?

Jonas a une part féminine importante. Il est sensible et idéalise l’amour. Mais il ne se perd jamais dans des histoires qui ne lui appartiennent pas. Jonas est fort parce que ses valeurs le sont. Et parce qu’il a reçu beaucoup d’amour de ses parents. Ils s’aimaient tant qu’ils lui ont légué un modèle amoureux qu’il cherche à répéter. Jonas n’est victime de rien, si ce n’est de la solitude et de sa trop grande lucidité.

Lior, elle, est tout d’abord victime d’un romantisme trop naïf. Elle se rêve princesse, amoureuse. A cause de ces comédies romantiques qui nous vendent d’improbables histoires et des médias qui nous présentent le mariage du prince Harry et de Kate Middleton comme étant l’événement le plus beau et le plus romantique de l’année (je suis complètement passé à côté de cette farce) (et je me souviens que l’on nous avait vendu le mariage du prince Carles et de Diana de la même façon et cette « formidable romance » c’est terminée en vaudeville avant de devenir un drame) (bref… je m’emporte inutilement). Ensuite, elle est victime de sa maturité car elle porte un regard intransigeant sur les hommes et, du coup, s’enferme dans une logique de renoncement.

 

 

 - Question de Hillel, le vieux libraire : Ah Thierry, je ne comprends plus le monde dans lequel je vis. Comme tu le dis, on a l’impression que l’amour et l’expression des sentiments deviennent un aveu de faiblesse. Est-ce un ressenti intime ou une réalité extérieure ?

TC : L’amour n’est plus « tendance ». C’est un sentiment ringard. Il n’y a plus de vrais romans d’amour aujourd’hui. Quand on parle d’amour c’est au passé, pour raconter un divorce, ou au présent pour dire une trahison, une déchirure. Quand je dis que je suis amoureux de la même femme depuis 20 ans, je passe presque pour un illuminé. Quand certains disent que l’amour dure trois ans, je pense qu’ils confondent la passion des premier temps avec le vrai sentiment amoureux, c'est-à-dire cette intime conviction d’avoir rencontré la personne avec laquelle on sen sent capable de construire sa vie, d’écrire une histoire.

 

 

- Question Lior : Ah Thierry, pourquoi n’ y-a-t-il que les auteurs qui semblent comprendre les femmes ?

TC : En fait, nombreux sont les hommes qui comprennent les femmes mais peu sont prêts à l’avouer car ils auraient alors l’impression de perdre une part d’eux-mêmes, de leur fierté, de leur virilité. Les auteurs y parviennent peut-être car ils se cachent derrière leurs personnages.

 

 

- Question de Lior et d’Elsa : Thierry, on est d’accord que Jonas n’est qu’un personnage de roman ? Un garçon comme cela n’existe pas dans la vraie vie ??!!  

TC : Jonas existe. Il faut juste cesser d’imaginer qu’il se cache derrière les traits de Bard Pitt ou de Georges Clooney. Il est derrière ce regard hésitant, cette expression de timidité, cette part de féminité qui parfois affleure sur le visage de certains hommes, mais qu’ils masquent aussitôt de peur d’être pris pour des faibles.

 

 

- Question de Josh : “L’imagination est l’ultime recours de ceux qui se cherchent”. Moi, je trouve que l’imagination est plutôt un point de départ, le début d’une quête, d’une envie non ? Est-elle nécessairement l’expression d’un manque ?

TC : Elle peut être l’expression d’une quête, en effet, d’un désir de création. Mais, quand elle pallie aux défauts de la réalité, elle devient un refuge.

 

 

- Question de Sérena (la patiente puis amie de Lior) : Thierry, finalement, il aura fallu pas mal d’intermédiaires et d’intervenant à nos tourtereaux pour se reconnaitre. N’y seraient il pas arrivés sans nous tous ? On dirait qu’en amour, les gens ne parlent pas la même langue et qu’il faut des traducteurs pour faire le lien ?

TC : Bien souvent, les hommes et les femmes ne parlent pas la même langue, ne voient pas les choses de la même manière et il faut des « traducteurs » pour les amener à se comprendre. Dans le cas de Lior et Jonas, au-delà de leurs prismes d’homme et de femme, ils possèdent une conception de l’amour assez différente au début de l’histoire. Jonas est raisonnable et intègre. Il refuse de se compromettre dans des histoires foireuses. Du coup, il conserve sa lucidité, sa capacité à reconnaître la femme de sa vie. Lior, elle, du fait de sa naïveté et de son romantisme, croit, à chaque rencontre, pouvoir vivre le grand amour : elle perd donc sa capacité à l’envisager le jour où il se présente vraiment. Il faut toute la clairvoyance d’un vieux libraire et d’une fille malade pour les amener à se comprendre.

 

 

- Elsa : Euh, Thierry, petite question perso au passage... Vous dites que l’inspiration vient du désir d’écrire et non l’inverse. J’ai de l’inspiration mais je n’écris pas. Est-ce qu’en fait je n’aurais pas le désir profond d’écrire ?

TC : Il y a une vision romantique de l’écriture. On s’imagine écrivain comme d’autres s’imaginent footballeur professionnel ou comédien. Parfois le rêve suffit à certains. Mais ceux qui possèdent une vraie passion s’y consacrent corps et âme. Au-delà du désir d’écrire, il y a le besoin, l’extrême nécessité. On n’écrit pas pour devenir auteur mais parce qu’on n’a pas vraiment le choix, parce que ne pas écrire reviendrait à renoncer à une part essentielle de soi-même. Alors, l’inspiration vient d’elle-même, parce que l’esprit ne peut refuser de répondre à cet impérieux besoin.

 

 

- Question de Mr Hillel : Pourquoi y-a-t-il tant de romans faits pour douter de l’amour et pourquoi les romans fait pour aimer l’amour sont ils souvent décriés par une certaine presse et par une catégorie de lecteurs disons “élitistes” ?

TC : Pour les mêmes raisons que celles citées précédemment. Parce que se dire amoureux c’est se révéler faible. Parce que la plupart des gens ont perdu leurs illusions, ont connu l’échec amoureux et que, dès lors, ils ne supportent plus qu’on leur parle d’amour. Comme chaque individu a tendance à croire son expérience comme porteuse d’un message universel, les déçus s’évertuent à penser que l’amour n’existe pas, qu’il n’est qu’un leurre. C’est plus facile, plus confortable. Dans le cas contraire, ils devraient faire face à leur échec et chercher les responsabilités. Il est plus facile de dire que l’amour n’existe pas, qu’il ne dure que trois ans que de dire que l’on ne sait pas le trouver, le comprendre, le construire. Les journalistes étant des hommes ou femmes comme les autres, ils considèrent l’amour comme un sentiment dépassé et les romans d’amour comme des sous-œuvres. Il y a une attitude très tendance à regarder l’amour et les amoureux avec le regard condescendant de celui qui sait, de celui qui a vécu, a cru lui aussi, puis a compris.

 

 

 

- Question de Mr Hillel : Dites moi Thierry, quel livre pourrait être votre roman lumière de cet été ? 

TC : De cet été. Je ne sais pas. Un roman lumière c’est plus que le roman d’un été. Il est le roman qui marque une vie, ou, tout au moins, une partie de notre vie. Belle du Seigneur a été le roman lumière de ma jeunesse. Puis il y a eu La promesse de l’aube, de Romain Gary, Sur la route, de Kerouac, La maison du bout du monde, de Michael Cunningham et plus récemment, Elle s’appelait Sarah, de Tatiana de Rosnay et… quelques autres encore.

 

 

- Question de Claude : Merci beaucoup d’être venu Mr Cohen. Je vous raccompagne ?

TC : Pas encore. J’aimerai passer voir Serena, l’embrasser, la serrer dans mes bras, tant que je le peux encore.

 

 

- Géraldine (la cuisinière) : Attendez Thierry, emportez donc une part de ma tarte tatin pour votre voyage !

TC : Oh, merci, répondit-il, sachant qu’il lui était impossible d’expliquer à Géraldine qu’il suivait un régime.

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Interviews exclusives !

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Publié le 13 Juin 2011

  Synopsis :  Avant que les mutants n’aient révélé leur existence au monde, et avant que Charles Xavier et Erik Lehnsherr ne deviennent le Professeur X et Magneto, ils n’étaient encore que deux jeunes hommes découvrant leurs pouvoirs pour la première fois. Avant de devenir les pires ennemis, ils étaient encore amis, et travaillaient avec d’autres mutants pour empêcher la destruction du monde, l’Armageddon. Au cours de cette opération, le conflit naissant entre les deux hommes s’accentua, et la guerre éternelle entre la Confrérie de Magneto et les X-Men du Professeur X éclata…
X-Men : le commencementnous entraîne aux origines de la saga X-Men, révélant une histoire secrète autour des événements majeurs du XXe siècle.

 

 

Film Sciences fictions avec :  James McAvoy, Michael Fassbender, Kevin Bacon....

 

 

 

 

 

  

 

 

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Mon humble avis : Et oui, j'ai des goûts très éclectiques.... Et je suis fan de la Saga X.Men. Aussi, ce 5ème film était incontournable pour moi. Pour info, il n'est pas nécessaire d'avoir vu les 4 autres pour apprécier et comprendre celui ci, puisque, comme son titre l'indique, X-Men le commencement est le début de l'histoire. Par contre, nul doute qu'une fois cet épisode vu, vous vous précipiterez vers les DVD des 4 autres.... Sachant que le 4ème peut-aussi être vu en 2ème position... Au niveau de la chronologie !

Ici, tout commence dans un camps nazi pendant la 2ème Guerre Mondiale. Le jeune Erik découvre sont super pouvoir magnétique... A l'autre bout du monde, aux USA dans une demeure cossue, Charles Xavier est encore plus jeune et entre dans l'esprit de Mystique... Son don, c'est la télépathie. Il devient professeur spécialiste des mutants... Professeur X.... Et Erik sera Magnéto.

Erik et Charles Xavier vont se rencontrer, devenir amis et combattre encore un autre mutant, sous les traits de Kevin Bacon. Quel plaisir de retrouver cet acteur négligé par le cinéma ces dernières années (Mystic River, Hollow Man, Sleepers, Apollo13, Meutre à Alacatraz, Footlose...)

Le scénario est efficace, pas une minute d'ennui... L'action se déroule alors pendant la période historique de la Guerre froide, avec les fusées Russes à Cuba, la baie des cochons.... J'avoue que le côté stratégie politico guerrière m'est parfois passée au dessus. Mais franchement, remonter à la genèse de ces fameux X- Men m'a passionnément divertie et fascinée. J'adore constater la magie résultante de l'extraordinaire imagination des auteurs (c'est une BD à l'origine) et des scénaristes, notamment pour inventer la spécificité de ces fameux super pouvoirs. Sachant que l'on peut compter sur de sacrés effets spéciaux pour mettre cela en scène et nous en mettre plein yeux, même si c'est parfois un peu trop, notamment lorsque l'on se rapproche un peu plus d'un éventuel réalisme en fait...

On peut voir aussi en filigrammeà l'américaine (donc pas forcément discret !!!) une apologie de la tolérance et de grands messages sur l'acceptation des différences, l'intégration, la discrimination, la domination d'un peuple par un autre.... L'Histoire américaine n'est jamais loin.

En tout cas, l'avenir des X-Men et la fameuse scission entre 2 clans s'annonce clairement ici et cet opus est excellent. Je croise les doigts, mais chronologiquement, je pense que l'on peut encore espérer un autre épisode....  C'est sûr, il y a encore matière à exploiter ! Yes !

Mesdames, Mesdemoiselles, soyez prévenue, le beau, l'irrésistible Hugh Jackman n'est pas là.... (en fait ci, mais il fait une apparition éclaire de 5 secondes, aussi tenez vous prêtes). Mais la production a pensé à nous, qui aimons tant nous délecter à la vue de ces beaux gosses du cinéma... Cette fois-ci, fort est à parier que Michael Fassbender deviendra vite une coqueluche hollywoodienne. En tout cas, il est déjà la mienne, au même titre que Bradley Cooper.

D'ailleurs, je lancerais bien un nouveau pari.... je verrais bien Michael Fassbender dans la peau du prochain James Bond quand l'actuel prendra sa retraite ! A suivre... Mais en attendant, la preuve en images !!!

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 11 Juin 2011

 Essai - Editions Michalon - 256 pages - 17 €

 

  

Parution en avril 2011

 

4ème de couv : "La sociologie des cons - une science aussi vieille que l'humanité - repose sur l'observation et l'analyse de nos contemporains. Cette discipline exige de la patience, car les cons se renouvellent à chaque génération, comme le virus de la grippe et les nuages de sauterelles. Toujours là, mais différents, ils contaminent tous les milieux. Bobos, profs, retraités, syndicalistes, militants de droite et de gauche, féministes, artistes, psychanalystes, jeunes de quartier, etc., personne n'est épargné.
Ce petit guide de l'anthropologie de la connerie en tout genre se veut corrosif et sans concession. Grand connaisseur de la question et nouveau con moi-même, j'espère avoir été suffisamment intolérant, injuste et malhonnête intellectuellement, pour me faire des milliers d'ennemis."
Etienne Liebig

 

 

 

 

 

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Mon humble avis :Les cons sont ici classés et répertoriés en différentes catégories suivant qu'ils sévissent en pseudo politique, écologie, militantisme, show biz,  journalisme, religieux, humanitaire... La liste est longue et comme dans le livre  non exhaustive. Le point de liaison entre tous ces cons, c'est qu'ils sont nouveaux, issus d'une société en constante évolution. Le con d'hier peut s'être assagi et le sage d'avant hier s'être abruti avec les ans. Parfois aussi, un con se bonifie avec l'âge.

En 56 chapitres de 3 ou quatre pages, Etienne Liebig égratigne une bonne partie de la population française. Il démontre rapidement les limites et les incohérences des systèmes de pensées et les contradictions du comportement de ses victimes. Les symptômes principaux de la connerie se révèlent être l'hypocrisie, le bandeau sur les yeux, le brassement d'air, le dandysme exacerbé (veut avoir l'air sans avoir les moyens !, bref, le "m'as tu vu") et le tout emballé dans un superbe papier cadeau de mauvaise foi.

Les chapitres sont assez courts pour persifler, nous amuser, nous offusquer mais pas assez longs pour aboutir à une véritable réflexion, ni pour nous laisser le temps de démonter à nouveau les démonstrations de l'auteur. D'ailleurs, tout essai qu'il est, ce livre est à prendre à degré variable (1er, 2ème, 3ème suivant vos convictions personnelles !)

Quand on est d'accord avec l'auteur, on le trouve cynique et corrosif à souhait et parfaitement jubilatoire. Quand on se sent visé, d'un seul coup, Etienne Liebig devient complètement irrévérencieux et alors, il dépasse les limites de la borne. Quand on est ni concerné ni d'accord, on le trouve alors borderline ! Bref, c'est bien ficelé, assez provoquant pour faire couler de l'encre et ne pas être vraiment pris au sérieux, ni déclencher une fatoua ! 

Il n'empêche, je ressortirais bien la plupart de ces formulations, de ces raisonnements (etc) , si seulement j'avais une mémoire, lors de dîners mondains ou pas d'ailleurs (pour produire encore plus d'effet). Cela donnerait alors l'impression que je maîtrise pléthor de sujets avec conviction et démontrerait une intelligence que je ne possède pas. Par contre, je revêtirais la parfaite panoplie de nouvelle conne. Puisque la principale affection des nouveaux  cons est de vouloir faire de l'effet.

Allez, j'assume ce statut et je sors une botte à la hauteur de mes limites, à laquelle l'auteur aspire certainement en ricanant... Je me demande dans quelle catégorie de con l'auteur se classe en toute bonne et mauvaise foi ?!

Et moi, nan, je n'ai pas du tout été vexée !!!! Sans rancune et bonne lecture !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres autres - divers

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