MON TRAITRE, de Sorj CHALANDON

Publié le 9 Août 2012

Roman - Livre de Poche - 217 pages - 6.00 €

 

 

 

Parution en poche en août 2009.

 

  

L'histoire : Fin des années 70. C'est l'histoire d'un luthier parisien qui rencontre l'Histoire en Irlande. Il y pénètre avec son ignorance. Celle ci deviendra révolte, partage, passion, admiration, question, opinion, amitiés, adoption. Le combat de l'IRA devient le sien, lui qui sera toujours le petit français. Et puis, il y aura la trahison.

 

 

 

Tentation : Le choc reçu avec Retour à Killibegs

Fournisseur : Ma PAL, achat au salon de Rennes, exemplaire dédicacé !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-toile4.jpg

 

Mon humble avis : Mon traître précède Retour à Killybegs. Avec ces deux romans, il ne s'agit pas de début et de suite, aussi, ils peuvent être lus dans l'ordre qui se présentera à vous. Il s'agit en fait de deux voix, de deux versions différentes de la même histoire... Retour à Killibegs donne la parole au traître, grand homme de l'IRA, Thyron Meehan. Mon traître, et bien c'est le narrateur qui s'exprime, ce narrateur qui est le trahi, et aussi, sous couverture d'un personnage romanesque, l'auteur. Sorj Chalondon a vécu cette histoire qui ne cicatrise pas. A la différence près qu'il n'était pas luthier, mais journaliste.

Nous avons donc ici le regard de l'étranger, Antoine : étonné, curieux, maladroit, attentif, l'enthousiaste, naïf, volontaire, fier "d'assister à" puis de "faire partie de". Un regard auquel le lecteur éloigné de la cause irlandaise peut facilement s'identifier. Que l'on soit dans un pays en guerre ou paradisiaque, juste loin de chez soi et de notre quotidien, vient cette question de savoir si l'on en fait vraiment partie, si l'on est intégré, question légitime qui ne trouve pas forcément de réponse ferme et définitive.

Dans "Mon traître", Antoine tombe amoureux d'un pays en guerre intérieure, contre l'occupant anglais principalement. Malgré l'horreur générée par le conflit, Antoine découvre une chaleur humaine sans borne, l'accueil, les bières qui coulent dans les pubs, les chants en l'honneur des hommes tombés au combat. C'est une immersion totale dans l'Irlande du Nord que nous décrit Sorj Chalandon. Très vite, Antoine rencontre Thyron, monument de l'IRA, qui le prend sous son aile et l'appelle "fils". Avec Sheila sa femme et quelques autres irlandais, il deviendra la famille de coeur d'Antoine, l'AMI comme la vie vous en apporte peu. Ce n'est un secret pour personne, puisque le titre le crie déjà haut et fort, cet ami se révélera être un grand traître de l'IRA. Pour quelle raison ? Les deux livres donnent des soupçons de réponses, mais aucun n'est forcément dans l'âme de Thyron. Aucun ne le juge vraiment.

Alors que Retour à Killybegs pose surtout la question de la trahison face à la patrie, aux frères d'armes, aux idéaux, "Mon traître" évoque en plus cette question au sujet de l'amitié. Car ce roman est surtout le récit d'une amitié presque filiale, où l'un admire et l'autre protège et initie. Dès les premières pages, dès la première rencontre d'Antoine avec Thyron, l'auteur nomme l'irlandais par ces mots glaçants et durs, même si justifiés : Mon traître. Ils sont douloureux, en tant que lecteur, on les trouve violents, peut-être même trop forts et injustes. Et pourtant, la vérité ne les démentit pas.

Une amitié peut elle tolérer le mensonge, peut-elle survivre à la trahison, peut-elle même avoir exister dans ces conditions ou n'était elle qu'hypocrisie et manipulation ? Je n’ai pas la réponse non plus. Parfois, il me semble la tenir dans mes mains et l’instant d’après, je me dis.... “Oui, mais tout de même”....

Quant à l'intégration de l'étranger en terre inconnue, je n'ai pas forcément de réponse, mais celle qu'apporte ce roman me met du baume au coeur tout de même. Malgré la tragédie, Mon traitre  donne une note optimiste et prouve que rien n’est simple, rien ne se résume en un mot ou une personne. Tout est l’ensemble composés de uns.

 

 

 

L'avis de Clara, Constance, Midola, AGFE

 

 

PS ; Depuis ma lecture, je suis passée, par hasard, devant un luthier à Rennes. Je suis entrée dans la boutique pour discuter avec le luthier et lui dire qu'il existait un livre dont le personnage était un luthier.... Bien entendu  mon luthier aux yeux bleus avait lu Mon traitre. Nous voici à discuter de Sorj Chalandon... Et d'après mon luthier, les descriptions que l'auteur fait de ce métier sont parfaites, très réalistes, tant dans la description que le ressenti... 

 

 

Ce livre peut entrer dans mon challenge ILE-DESERTE2

                                                                   Pour l'Irlande

 

Les falaises de Killybegs

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

Commenter cet article

titoulematou 18/08/2012 19:49


je suis  tentée, j'aimbe beaucoup cet auteur... .j'avais adoré " la promesse"


 

Géraldine 21/08/2012 00:08



@ Titoulematou : je n'ai pas encore l "la promesse", mais c'est dans les projets !



Karine:) 16/08/2012 05:47


Celui-là, je veux absolument le lire.  Je suis super tentée. 

Tiphanie 14/08/2012 18:20


Ah je suis contente que tu ai aimé celui-là aussi :). Et ce luthier alors, il ressemblait à Antoine?

Géraldine 16/08/2012 20:08



@ Tiphanie : Je ne sais pas, en tout cas, il avait aussi de beaux yeux bleus !



Didi 12/08/2012 10:53


Coucou


alors je me procurerais Retour à Killybegs ! J'attendrais peut être sa sortie en poche ou le mois d'octobre pour la fête du livre de Saint-Etienne où je retrouve souvent l'auteur...


Bisous

Géraldine 14/08/2012 14:58



@ Didi : Oui, le poche ne devrait plus tarder. par contre, je doute que Chalandon fasse beaucoup de salon cette année, puisqu'il n'a pas de nouvelle actualité littéraire... A suivre !



Alex-Mot-à-Mots 12/08/2012 09:45


J'ai le premier volet dans ma PAL.....

Géraldine 14/08/2012 14:55



@ Alex : Et bien qu'attends tu pour le lire !!!!



A_girl_from_earth 11/08/2012 00:01


Bon, et ya une suite à l'histoire du luthier ??  De mon côté, faudrait que je me penche sur Retour à
Killibegs maintenant...

Géraldine 12/08/2012 01:01



@ AGFE  : Hélas non, pas de suite à l'histoire avec le luthier, malgré mon enthousiasme, ses beaux yeux bleus et mon souhait profond de voir un signe dans tout cela, il y a ma timidité, la
vie, et les rêves et fantasmes qui doivent garder leur statut



Yv 10/08/2012 15:52


J'ai moi aussi succombé aux deux lectures, les deux points de vue.

Géraldine 12/08/2012 00:50



@ Yv : Comment ne pas succomber a de tels récits et à cette plume qui a réellement son identité ?!



Anne 10/08/2012 13:41


J'espère ne pas finir les vacances sans découvrir Sorj Chalandon, et puis oilà une idée pour ton challenge ! Je l'ai aussi dans la PAL (et d'autres Irlandais...)

Géraldine 12/08/2012 00:49



@ Anne ; Attention, une fois que tu liras un de ses livres,  tu auras envie de lire les autres ! Effectivement, l'irlande s'intègre parfaitement dans le challenge, comme quoi c'est un
challenge très facile.
mais attention Chalandon n'est pas irlandais... C'est son livre qui se situe sur l'irlande !



mary 09/08/2012 13:02


Un bel article on prend un réel plaisir à te llire ... j'allais dire à t'écouter ! c'est comme si nous discutions c'est super ! la profession de luthier m'a toujours émerveillée !


 

Géraldine 12/08/2012 00:41



@ Mary ; Quant à moi, je ne m'étais jamais interroger sur cette profession, d'où l'utilité de la lecture !



Didi 09/08/2012 12:33


J'ai beaucoup aimé cette lecture et ai eu la chance de rencontrer l'auteur mais hélas je ne lui ai pas pris son dernier livre et il me tarde de le lire désormais pour voir l'autre côté de
l'histoire !


Bises

Géraldine 12/08/2012 00:30



@ Didi : J'avoue une préférence pour retour à killybegs. Je ne sais si elle est réelle ou juste due au choc reçu dans la découverte de l'univers et de la plume de l'auteur. Mais une chose est
sûr,  c'est passionnant d'avoir les deux versions !



Mélusine 09/08/2012 11:17


Je trouve intéressant et émouvant ton geste d'avoir rencontré le luthier.
Tes chroniques sont toujours très bien construites.

Géraldine 12/08/2012 00:29



@ Mélusine : Oui, je garde un souvenir touchant de cette rencontre. A n'en point douter, les livres ouvrent les yeux... Car sans chalandon, je serais sans doute passer dix fois devant cette
boutique sans la voir !



Midola 09/08/2012 09:47


Merci pour ton investigation auprès du luthier rennais  

Géraldine 12/08/2012 00:13



@ Midola : J'avoue que j'ai trouvé cet instant magique et me disais que sans ce livre, je ne serais jamais rentrée dans cette boutique. C'est génial les livres non ?!