LE PIRE, C'EST LA NEIGE, de Jacqueline DEMORNEX

Publié le 7 Janvier 2010

http://www.laprocure.com/cache/couvertures/9782848050690.jpgEssai - Editions Sabine Wespieser - 247 pages - 20 €


Résumé : LE PIRE, C'EST LA NEIGE. Relisant, après la mort d'André Pieyre de Mandiargues en 1991, les nombreuses lettres du poète depuis leur rencontre, au début des années soixante, alors qu'elle s'apprêtait à lui consacrer son diplôme de fin d'études, Jacqueline Demornex décide de revenir sur la fascination littéraire et amoureuse que lui inspira l'écrivain dont l'année 2009 marque le centenaire.
Le pire, c'est la neige - le début d'un poème de Mandiargues - est une longue invocation : comment un homme, fût-il une grande figure du monde des lettres, peut-il jouir d'un tel ascendant sur une jeune femme qui par ailleurs s'épanouissait en toute liberté ? 













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Mon humble avis :Dès les première pages, j'ai su que je me sentirais bien dans ce livre. L'écriture est élégante et rafinée. Quant au style, il intimiste, sans fausse pudeur et sans vulgarité non plus. Un livre comme un cocon, qui réchauffe en cette période hivernale.
Jacqueline Demornex nous conte sa vie, depuis qu'elle quitta son Jura natal pour la capital avec des envies d'études de lettres. Elle choisit le poète de Mandiargue comme sujet d'étude, le rencontre et se laisse envahir par son sujet : amitié, respect inaltérable sur des décennies, fascination littéraire, admiration humaine, passion amoureuse, sexuelle. Impossible de ce passer l'un de l'autre, malgré le temps, la distance, la différence d'âges, les mariages....Son modèle écrit, mais Jacqueline sèche. L'écriture et la passion sont donc au centre du récit, même si cette passion n'empêchera pas Jacqueline Demornex de vivre sa vie, de se marier, de s'émanciper. En effet, l'auteur balaie avec nous ces quarante dernières années. Avec elle, on revit les années soixante, mai 68, la libération sexuelle, les années 70... Tout cela ajoute un intérêt supplémentaire à ce récit, qui nous rappelle que les mentalités ont bien changées. On entre dans les journaux féministes pour lesquels l'auteur à travaillé "Elle", "Madame Figaro. Oui, on lit avec ardeur et langueur et même temps la vie de cette femme éprise de livre, d'écriture, d'amour et de liberté, à une époque où l'amour s'écrivait encore encore par lettres, lettres qu'elle a retrouvées.

"Mon pays, c'est les livres. Si les livres me passionnent, j'éprouve pour les auteurs une curiosité intense, et difficile à satisfaire. J'admirais les comédiens et les peintres. Leur métier les mettait aux prises avec l'audible et le visible : mes textes appris par coeur, la couleur... Mais les écrivains ? D'où venaient leurs livres ?"

"On n'évoque pas l'essentiel. On le tait. Silence sur l'amour. Mes parents nous ont il jamais dit qu'ils nous aimaient ? Les "Je t'aime" en famille m'ont toujours paru des indécences ou des tics de feuillertons américains.

"Cette Motocyclette (grand succès littéraire de Mandiargue) t'avait conduit dans un pays qui n'était pas le tien : la grande célébrité. Trop de regards s'étaient penchés sur tes textes, qui s'en trouvaient délayés, appauvris, vidés de leur substance, comme des photos surexposées".

 

..." Je savais que l'on a rien sans rien, et qu'il faut payer cher ce que l'on désire absolument. Echangerai volontiers jeunesse et beauté contre pouvoir d'écrire.... Renoncer à séduire pour enfin écrire, le marché me convient".

 

A Mandiargue : "Dans quel espace te trouves tu ? Tu as disparu des librairies et plus personne ou presque ne te llit aujourd'hui."

Voilà une bonne transition pour évoquer ici André Pieyre de Mandiargues à qui Jacqueline Demornex rend sa place :

André Paul Édouard Pieyre de Mandiargues, né le 14 mars 1909 à Paris et mort le en 1991à Paris également, était un écrivain surréaliste français dont l'œuvre comprend des poèmes, des contes et des romans, des essais, des pièces de théâtre, ainsi que des traductions.

André Pieyre de Mandiargues a obtenu le Prix Goncourt pour son roman La marge en 1967, roman qui fut adapté au cinéma en 1976 (sous le même titre, voir : La Marge).

L'une de ses nouvelles fut également adaptée comme « sketch » (avec Fabrice Luchini) dans le film érotique Contes immorauxde Walerian Borowczyk en 1974.

En 1979, il reçoit le Grand Prix de poésie de l'Académie française. Dans son récit, Jacqueline Demornex évoque aussi le roman La Motocyclette paru chez Gallimard, 1963.

Le pire c'est la neige est un extrait d'un poème de Mandiargues.

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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denis 10/01/2010 11:43


titre de circonstance
j'adore ce que publie cet éditeur et ton résumé me donne envie de lire ++++++ ce texte car j'ai lu pas mal de Mandiargues
si tu es fais un livre voyageur je suis preneur à la seconde
bon dimanche
Denis


Géraldine 11/01/2010 11:59


@ Denis : Si j'en fais un livre voyageur, tu risques d''être le seul voyageur car ce livre n'a pas l'air, hélas, de remuer les foules !


Alex-Mot-a-Mots 09/01/2010 09:49


Un livre de saison...


Géraldine 10/01/2010 13:32


@ Alex : Absolument, on ne peut plus !


A_girl_from_earth 09/01/2010 01:40


Le titre en tout cas est d'actualité! Ça a l'air intéressant et instructif! Si je trouve une place dans mon programme
2010... mais ça m'étonnerait!:)


Géraldine 09/01/2010 14:48


@ AGFE : AH le programme 2010... je songe à m'inscrire à l'ABC...


mary 08/01/2010 09:38


Je découvre le poète et son admiratrice avec intérêt. je ne suis pas d'accord avec la  seconde citation .  Je crois au contraire qu'il faut se dire qu'on s'aime en couple, à ses enfants,
à ses amis. 
Bisous bonne journée !


Géraldine 09/01/2010 14:45


@ Mary : Sa deuxième citation est plus une constatation je pense qu'une pensée réelle. Enfin, c'est mon avis !


Mango 07/01/2010 20:36


Tu me donnes l'envie d'aller lire quelques-uns de ses poèmes,  Je le connais très peu,  pourtant  il a eu son heure de gloire mais il semble oublié maintenant!  J'aime bien
 "Mon pays, c'est les livres"!


Géraldine 08/01/2010 10:15


@ Mango : je ne le connaissais pas moi même avant d'entamer ma lecture. C'est vrai qu'ils sont nombreux a avoir eu leur succès,,voire leurs prix littéraires et à être oubliés maintenant. Il y
aurait là sujet à un petit challenge tu ne trouves pas ?!!


pimprenelle 07/01/2010 16:06


Pas sûre que ce livre soit pour moi...


Géraldine 08/01/2010 10:10


@ Pimprenelle : Il est pourtant très agréable à lire et d'une très belle écriture.


Marie 07/01/2010 14:02


J'hésite à noter ce titre... Je suis partagée entre l'envie de découvrir un livre qui balaie la période 1968 et les années 70, et la peur d'être agacée par une femme qui s'est complètement écrasée
devant un idéal masculin inaccessible...


Géraldine 07/01/2010 18:00


@ Marie : J'ai du mal m'exprimer car ce n'est pas du tout la sensation d'écrasement qui ressort du livre. Au contraire, cette femme à vécu sa vie, à découvert le féminisme ect... Mais la passion
était toujours là !


Aifelle 07/01/2010 08:55


Un livre que j'avais noté à sa sortie, tu me le remets en mémoire. En effet, comment une femme peut-elle s'oublier à ce point ? Cà reste un mystère pour moi, quelle que soit la personnalité du
monsieur


Géraldine 08/01/2010 10:09


@ Aifelle : A lire ce livre et  avoir rencontré l'auteur, je ne pense pas qu'elle se soit oublié à se point. Elle a vécu une passion très forte, mais elle a vécu.