LE PACTE DES VIERGES, de Vanessa SCHNEIDER

Publié le 28 Novembre 2011

Roman - Editions Stocks - 191 pages - 17 €

 

 

Parution en Août 2011

 

 

RENTREE LITTERAIRE SEPT 2011

 

 

L'histoire : Gloucester, côte Est des États-Unis. En 2008, 17 gamines d'un même lycée tombent enceintes en même temps. Elles auraient passé un pacte. Stupeur dans la ville, excitation des médias....

 

 

 

Tentation : Le pitch, la curiosité

Fournisseur :Price Minister, lors du Match de la Rentrée. Merci pour l'envoi !

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 

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Mon humble avis :Vanessa Schneider s'appuie sur un fait divers réel pour ce roman. Ensuite, a -t-elle recueilli elle même les témoignages des jeunes filles, s'est elle documentée pour un déduire certaines choses et "broder" cette histoire ? Je l'ignore. Mais en tout cas, cela sonne sacrément vrai et désespérant en même temps. 17 jeunes filles se sont accordées pour tomber enceintes en même temps, avec pour tout projet et à priori toute motivation que d'élever ces bébés ensembles, sans avoir réfléchi le moins du monde aux conséquences que l'on imagine. Devenir mère à 16 ans n'est plus vraiment dans l'ordre des choses à notre époque.

Le pacte des Vierges alterne le témoignage de 4 des 17 adolescentes tombées enceintes en même temps. Ces témoignages sont "brut de pomme" comme on dit,  les filles n'y vont pas par  quatre chemins... même si elles prétendent le contraire. Elles font preuve d'une naïveté, d'une immaturité incroyable. D'ailleurs, sous leurs grands airs, on découvre plus de fissures que celles qu'elles ignorent elles même, puis pensent cacher et enfin, commencent à avouer. Ces 4 filles, toutes plus écervelées les unes que les autres, pourraient ne mériter qu'une bonne paire de gifles si la situation n'était si grave. Car au fil du livre, on leur trouve des circonstances atténuantes qui les ont menées dans une solitude et un isolement social indélébile. Trois d'entre elles proviennent de milieux sociaux on ne peut plus défavorisés. Il y a Lana, la forte gueule limite garçon manqué qui peine à lever sa mère abreuvée d'antidépresseurs et de télé depuis le départ du père alcoolique. Il y a Cindy, qui après le foyer, vit chez sa tante. Son père est en prison et sa mère est partie sur la côte Ouest avec son nouvel amant, laissant là ces deux enfants de 12 et 8 ans. Il y a Kylie, ex minimiss, seule avec sa mère débordée qui rêve toujours de devenir une star... Enfin, Sue semble la plus encadrée des 4. Elle vit chez ses parents, qui sont très souvent à la paroisse, malgré une histoire louche non élucidée à propos de son père...

Le ton du livre est très factuel, et c'est sans doute voulu. D'ailleurs, je peine à lui octroyer le nom de roman... Témoignage, documentaire ou reportage conviendrait presque mieux. En effet, ne manquait que les images et le son pour que je m'imagine devant ma télévision à mirer une émission qui s'intitulerait : "grand reportage, ces enfants qui font des enfants," ou "enquête exclusive (l'affaire de Gloucester)" ou encore un mélange de Confessions intimes et Zones Interdites. Sauf que là, ce n'est pas drôle du tout. Il s'agit de gamines qui vont être mères sans réaliser une seconde dans quoi elles se sont engagées, qu'elles responsabilités les attendent. Et d'une génération future, directement concernée, qui se trouve bien mal partie...

Ce livre est il bien écrit, bien conçu ? Oui, puisqu'il se dévore et peut se lire presque d'une traite. Par contre, j'ai du mal à distinguer réellement le talent de l'auteur. C'est sans doute le risque lorsque la plume mime la parole de l'autre, que l'auteur n'intervient jamais. J'ai en effet l'impression que Vanessa Schneider a recopié scrupuleusement ce que son dictaphone a pu lui recracher après l'enregistrement des témoignages qui, par leur alternance, donnent un bon rythme à ce livre. Mais le talent de Vanessa Schneider est peut-être là : donner cette impression alors que sans doute, Le pacte des Vierges résulte d'un travail laborieux. En tout cas, il me laisse une sensation de lecture étrange. Oui, je l'ai dévoré, mais de loin, comme si un écran de télé laissait une distance entre ces jeunes filles et moi. Vraiment curieux...

Quand aux émotions... Et bien elles sont presque absentes des récits des jeunes filles qui jouent aux dures. Elles restent (ou paraissent rester) presque aussi distantes que nous de leur histoire. Alors, celles du lecteur deviennent de l'effroi devant autant d'irresponsabilités aux conséquences aussi graves. Malgré leurs grossesses, ces filles continuent à boire, à fumer, et pas que des cigarettes. Enfin, je regrette que l'enquête auprès de ces filles ne soit pas plus poussée. Le sens profond de leur motivation n'apparaît pas clairement alors que leurs mesquineries de cours de récrée sont plus poussées. Cela aurait peut-être développer mon empathie. A moins qu'il n'y ait juste pas de sens du tout. Monde, monde, triste monde, si on t'appelait Raymonde... Comme chante Maxime le Forestier.

 

 

 

 

 

 

L'avis deLyiah, de Joelle, de LystigRL2011b

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Commenter cet article

Edelwe 29/11/2011 20:01


ça me disait, mais finalement...

Géraldine 01/12/2011 16:04



@ Edelwe : Un livre intéressant néanmoins, à lire malgré quelques défauts !



L'Irrégulière 29/11/2011 17:22


je pense qu'il n'y a tout simplement pas de sens...

Géraldine 01/12/2011 16:03



@ l'irrégulière : C'est ce que je crains et c'est franchement atterrant !



Alex-Mot-à-Mots 29/11/2011 13:54


Il semble que les lecteurs qui ont fait des billets font le même constat que toi : il manque quelque chose à ce "roman".

Géraldine 01/12/2011 16:01



@ Alex : Oui, et pourtant, il se lit très bien, très vite et l'écriture est agréable.



Lystig 29/11/2011 06:29


un roman, basé sur une histoire vraie, mais pas assez développé à mon goût...

Géraldine 01/12/2011 16:01



Lystig : Oui, la motivation n'est pas très nette là dedans.



Manu 28/11/2011 20:31


Je suis sceptique, du fait qu'on ne sache pas ce qui est vrai ou pas mais j'ai quand même envie de le lire.

Géraldine 29/11/2011 19:51



@ Manu : On peut supposer que une grande partie est véridique tout de même et après, il faut se dire que l'on a affaire officiellement à un roman...



yza 28/11/2011 19:05


Pas lu mais j'ai cru voir quelque part qu'une adaptation ciné allait bientôt sortir sur ce même fait divers  ... .

Géraldine 29/11/2011 19:52



@ Yza : je crois que tu as bien vu... j'ai vu ça aussi quelque part. Mais je pense que ce sera un film made in US. A suivre !



Joelle 28/11/2011 13:05


Je l'ai vraiment vu comment un roman plutôt que comme un témoignage car je pense que l'auteure s'est juste inspirée du fait réel et qu'elle a ensuite brodé autour. Mais probablement que les
portraits des filles qu'elle dresse se rapprochent plus ou moins des véritables lycéennes. Mais comme toi, je n'ai eu aucune empathie pour elles ! Et je n'ai pas adhéré au style, que j'ai trouvé
un peu trop artificiel !

Géraldine 29/11/2011 19:55



@ Joelle : Je pense que mon principal "problème" vis à vis de ce livre qui m'a tout de même captivée, c'est que j'ai vraiment eu du mal à le considérer comme un roman.



mary 28/11/2011 12:55


J'avoue que ce manque d'émotion me gêne, ce livre ne me tente pas...Parfois on a envie de laisser le monde à ses problèmes à ses laideurs et de s'évader c'est mon cas en ce moment !

Géraldine 29/11/2011 19:57



@ Mary : Ce manque d'émotion émerge directement des personnages qui semblent très peu consciente de ce qu'elles vivent ou qu'elles ressentent. Qui prenne l'enfantement comme un jeu...