JUNKY, de William S.BURROUGHS

Publié le 30 Mars 2012

Roman - Folio Edition - 271 pages - 6.80 €

 

 

 

Parution d'origine en 1953.

 

 

L'histoire : William Lee a la trentaine lorsqu'il touche à la drogue pour le première fois. Quelques semaines et le voilà accroc et forcément, installé dans une spirale sans fin : chercher de la came, se piquer, en vendre, de faire prendre, s'enfuir, en manquer, partir, se désintoxiquer,  recommencer... De New York à la Colombie, via New Orleans et Mexico, le parcours d'un Junky dans l'Amérique du début des années 50...

 

 

 

 

Tentation :Le sujet et le bandeau "Culte".

Fournisseur : Ma PAL récente, grâce à ma CB !!!

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : Si l'objectif de ce roman était "zéro émotion", et bien objectif atteint, par ce que l'auteur le vaut bien !

Bon, alors, comment dire.... Le héros, ou plutôt l'antihéros du roman s'appelle William Lee. Iil est le double romanesque de William Burroughs. Nous sommes donc presque dans l'auto-fiction, mais romancée. Déjà, parce que la fin n'est pas réelle. Et oui, dans la vraie vie, l'auteur ne divorce pas de sa femme. Il la tue d'une balle dans la tête, en voulant jouer à Guillaume Tell. Aucun spoiler là dedans, c'est dans toutes mes biographies de Burroughs, et cela n'a aucune importance dans le livre où... rien n'a d'importance d'ailleurs.... sauf la came et ses dérivés plus ou moins légaux, tout dépend de façon dont on se les procure et de que l'on en fait....

Le style est cru mais pas pour autant choquant. Tout est brut de pomme, pas de panaché. De la description, des faits, on est toujours dans le factuel. Jamais l'auteur ne partage une émotion ou un ressenti. Jamais il ne se dit heureux ou  malheureux, ni pourquoi ni comment. Nous assistons à la descente au enfer d'un homme qui ne se plaint même pas, qui constate, c'est tout, qu'il est malade, en manque ou en début urémie. On ne sait pas de quoi il vit, on ignore son âge et ce n'est qu'à mi parcours qu'on lui découvre une femme qui ne fera que deux courtes apparitions... Le livre prend souvent la forme d'une liste de rencontre de camés, de revendeur, d'homosexuels, de vieux, de jeunes, de clients... Mes ces rencontres ne sont jamais approfondies ni détaillées. On ne sait rien sur ce que vivent intérieurement les personnages, ni ce qu'ils font dans la vie à part se shooter... Certes, pour nombre d'entre eux, la came devient aussi, voire plus vitale que la nourriture... Alors comme en Afrique une femme va pratiquement passer sa journée à chercher, à cultiver, et à cuisiner de quoi nourrir sa progéniture, en Amérique, le camé arpente les rues et les bars louches à la recherche d'une dose, d'une capsule, d'un grain, d'un once, d'un gramme, d'une ordonnance....

La lecture de Junky devient donc quelque peu lassante car répétitive. L'auteur ne cherche manifestement pas à intégrer le lecteur dans son trip et le lecteur lui, ne ressent aucune empathie pour le personnage ni d'envie de s'identifier à lui ne serait ce qu'une seconde lors d'une phrase touchante ou bouleversante. Non, rien. L'intérêt est dans le côté technique de l'utilisation de la came et de ses conséquences dans les années 50. Aussi, en arrière plan, l'époque, les mentalité et l'évolution de la législation au sujet des stupéfiants, législation qui n'avait pas fini d'être hypocrite et illogique... Mais c'est un autre sujet !

Au risque de me honnir devant les puristes de la littérature, j'avoue, j'ai du mal à comprendre ce que ce roman a de culte. Sans doute était-ce lié à l'époque de parution. Il n'empêche, même si la littérature doit jouer un rôle tant contestataire, que révélateur ou dénonciateur, je ne trouve pas là prétexte à faire de Junky un roman culte et de son auteur un héros ou presque. Car William Burroughs, avec Jack Kerouac, est l'un des membres fondateurs de la Beat generation. Expression que l'on voit souvent, sans savoir y mettre un concept réel derrière. Alors, j'ai enquêté pour vous... Oh, je ne suis pas allée bien loin... Jusque chez Wikipedia où vous trouverez tout le détail. Je me contente ici d'un petit résumé maison...

 

Qu'est-ce que la Beat Generation :C'est un mouvement littéraire et artistique né dans les années 50 aux USA. Le tout premier auteur de ce mouvement fut Jack Kerouac en 1948.  Les certitudes s'ébranlèrent mais il y eu une véritable contribution à l'enrichissement du mythe américain.

Les membres faisaient preuve d'une créativité débordante et libertaire et vouaient une fascination pour le milieu underground, tout en étant très attaché aux grands espaces, à la nature, aux spiritualités chamaniques.

Beat signifiait à l'origine "fatigué, cassé, au bout du rouleau, génération perdue, fin de siècle, exténué, vagabond. Kerouac l'a aussi approché de la signification du mot français Béat.  Et le Beat, c'est aussi la pulsation (le coeur) et le rythme, en musique...

Les oeuvres de la Beat Generation sont dominées par la spontanéité, un quasi automatisme dans l'écriture pour provoquer une prosodie.

La livre Beat Generation par excellence est Sur la route, de Jack Kerouac.

 

Une lecture qui s'est donc révélé plutôt expérimentale pour moi et j'aime assez ce concept d'expérimentation, ce qui élargie ma petit culture littéraire, même si celle ci n'a pas forcément la dimension pour apprécier pleinement tout cela. Si c'est comme l'estomac qu'il suffit d'élargir pour manger, je suppose que je finirais par apprécier ou du moins, par comprendre réellement et distinguer les différents mouvements et nuances littéraires. Car pour l'instant, j'ai plutôt tendance à considérer la littérature comme un panier à salade, avec pour toute classification les notions de romans, récits, essai, autofiction, classique, contemporain, thriller, polar et SF !

 

 

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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thomas 14/06/2012 15:38


Coucou ma Géraldine, c'est dommage pour le film il vaut vraiment le coup (d'apres moi), ceci dit je suis sur que tu te rattraperas à sa sortie en dvd. Le chemin au abords de la departementale ne
me tentant pas :( je pars de Bordeaux, ce serra plus calme je pense, c'est du moins ce que j'ai cru comprendre. Je pars en vélo, je penses que le ratio :) serra de 80 à 100 bornes par jour, un
maximum de trois semaines jusqu'a compostelle (c'est ce que je vise) et puis apres je verrais si mes jambes ne sont pas completement atrophiées ou l'inverse, je tente de poursuivre le chemin
jusqu'a Fatima, en faisant une halte chez la famille, En gros je ne dépasserais pas les 2 mois du moins je ne pense pas, dans le cas contraire mon patron fera la geule

Géraldine 16/06/2012 19:43



@ Thomas : Et bien excellent voyage ! Pousse jusqu'à Fatima, ce lieu est grandiose !



thomas 10/06/2012 12:46


Hum les Seychelles ...  Je suis préssé de lire l'article que tu vas écrire" Prestement" :)


Je n'ai pas lu le livre, pas le temps ( je prepare ma randonné jusqu'a compostelle), néanmoins j'ai été voir le film, je l'attendais depuis sa bande annonce et puis ce n'est pas n'importe quiqui
:) le réalise (David Cronenberg, un des réalisateurs phares pour
moi)   Bon en ce qui concerne le film, je l'ai trouvé très bon, acteurs superbes, histoires assez tordue pour me plaire, la caméra toujours bien plasséee, un brin de philo.
   ..... Ça m'a énormément plu, et meme si je n'irai pas le voir une seconde fois, j'attend son arrivé en dvd pour le décortiquer.


Une grosse bise

Géraldine 12/06/2012 19:26



@ Thomas : je n'aurai définitivement pas le temps de voir Cosmopolis en film.


Compostelle ? Interessant. Tu pars de où et projette combien de temps et combien de km / jour ?



thomas 28/05/2012 10:41


Coucou ma Géraldine, ça fait longtemps. Tu as été ma tentation première pour ce roman, mais je dois tout de meme t'avouer que j'ai un certain attrait pour ce genre de bouquin, uniquement parceque
ma lecture est très très très imagé. Comma je le dis dans la critique, je reste persuadé qu'une adaptation ciné serrait le moyen de sublimer le roman ... (Je vais voir Cosmopolit dans quelque
heures et j'en attend un grand moment) Cependant, Sur la route de Kerouack (le livre) m'a assomé et l'adaptation ne me dit rien. Je te laisse et te fais un énorme bisou.


 http://leblabladethomas.wordpress.com/2012/05/07/junky/

Géraldine 09/06/2012 17:02



@ Thomas : Me voilà revenue des Seychelles ! Normalement, j'aime bien aussi ce style de bouquin, mais là, je crois que c'est vraiment avec le mouvement littéraire que j'ai du mal. Quand à sur la
route, je pense que je me contenterai du film.
Par contre, qu'à tu pensé de Cosmopolis ? As tu lu le livre avant d'aller au ciné ?



Alex-Mot-à-Mots 02/04/2012 15:53


J'aime beaucoup ta comparaison avec le panier à salade. Finalement, chacun y trouve son compte : scarole, julienne, laitue, frisée...

Géraldine 03/04/2012 20:44



@ Alex : Voui, moi c'est la laitue...Et encore pas toute la laitue, juste le coeur de laitue !!!



Tiphanie 01/04/2012 18:35


Je n'ai pas non plus tellement apprécié cette lecture, du coup j'ai été déçue parce que vu l'engouement autour j'en attendais beaucoup!

Géraldine 03/04/2012 20:03



@ Tiphanie : Pareil, quand tu vois "culte", tu attends à être transportée. Hors là, pas du tout !



Manu 01/04/2012 12:26


Je passe, j'ai lu pas mal de romans de ce genre à l'adolescence. Et je n'ai jamais pu finir Sur la route (jamais compris non plus en quoi ce roman est culte  )

Géraldine 03/04/2012 20:00



@ Manu : Ah, tu n'as pas pu finir Sur la Route  Culte aussi, j'ai failli l'acheter la dernière fois, j'ai bien
fait de m'abstenir alors !



clara 01/04/2012 07:12


Bon , et bien je ne tenterai même pas ! 

Géraldine 03/04/2012 19:56



@ Clara : En toute honnêteté et te connaissant, je te le déconseille fortement !



constance 01/04/2012 00:40


le panier à salades est bourré de nuances qu'on ne perçoit hélas jamais totalement. une sorte de savant jeu d'épices, ou peut-être de temps à laisser reposer. peut-être un peu les deux, mais j'ai
l'impression qu'il y a plein d'ingrédients différents dans la "salade" selon les époques, l'origine, le genre effectivement. dans la littérature contemporaine notamment, j'ai l'impression d'un
foisonnement. parfois, comme par miracle, des gens décident de voir un lien entre plusieurs oeuvres, une sorte de tendance, et pof on en fait le nouveau genre littéraire. c'est sûrement un peu
rapide,


mais moi-même je ne résiste pas à la tentation de faire des rapprochements entre les auteurs que je lis, et d'essayer de voir ce qui les unit. il y a vraiment beaucoup d'aliments différents dans
le panier à salade, j'ai parfois un peu peur de m'y perdre et de ne pas m'y retrouver, j'imagine. donc j'aime bien parfois qu'ils soient identifiés. après, ne rien savoir, c'est aussi la magie de
la découverte, et je privilégie ses lectures plutôt que les bien rangées dans un placard. pas forcément besoin de codes pour comprendre un récit et y être sensible, seulement pour certains
connaître le processus ou le positionnement vis-à-vis du reste du panier, ça aide à mieux les cerner. peut-être que tu aurais approcher Burroughs différemment si tu avais connu la littérature de
la beat generation, non ?

Géraldine 03/04/2012 19:55



Constance : L'image du panier à salade est excellente. Moi je n'aime que la laitue, et encore le coeur de laitue et aussi les feuilles de chêne


Non trêve de plaisanterie, j'aimerais bien m'y retrouver dans les courants littéraires, savoir ce qu'on appelle le nouveau roman et les courants plus lointains aussi !



Mango 01/04/2012 00:30


Autant j'aime et relis Kerouac, autant je n'arrive pas à entrer  dans le monde de Burroughs. Je n'essaie même plus. 

Géraldine 03/04/2012 19:50



@ Mango : J'ai pris Kérouac en mains à ma dernière virée en librairie et me suis dit...Euh, pas d'urgence, si tu n'accroches pas plus que pour Junky. Ce sera donc pour plus tard et pour
Burroughs, on va dire que 1 suffit !



L'Irrégulière 31/03/2012 12:11


Moui... ce roman culte se passera de moi je pense...

Géraldine 03/04/2012 19:52



@ L'irrégulière : Oui, en plus il ne parle pas du tout d'Amour !



A_girl_from_earth 31/03/2012 01:23


Culte ou pas culte, tout à fait le genre de sujet qui ne m'attire pas. Et tes deux étoiles ne me motivent pas plus.
Ouf pour ma PAL!

Géraldine 03/04/2012 19:51



@ AGFE : En fait, sans doute culte dans les années 50. Mais maintenant... Pfff.  Un bandeau pour faire vendre. Bon en même temps, j'avoue, le sujet m'intéresse beaucoup puisque moj roman en
parle. Donc toute info est bonne à prendre !