LE VENTRE DE L'ATLANTIQUE, de FATOU DIOME

Publié le 14 Octobre 2008

Résumé : Salie vit en France. Son frère, Madické, rêve de l'y rejoindre et compte sur elle. Mais comment lui expliquer la face cachée de l'immigration, lui qui voit la France comme une terre promise où réussissent les footballeurs sénégalais, où vont se réfugier ceux qui, comme Sankèle, fuient leur destin tragique ? Comment empêcher Madické et ses camarades de laisser courir leur imagination, quand l'homme de Barbès, de retour au pays, gagne en notabilité, escamote sa véritable vie d'émigré et les abreuve de récits où la France passe pour la mythique Arcadie ? Les relations entre Madické et Salie nous dévoilent l'inconfortable situation des " venus de France ", écrasés par les attentes démesurées de ceux qui sont restés au pays et confrontés à la difficulté d'être l'autre partout.

                                  

Mon humble avis: Le ventre de l'Atlantique est est un roman que l'on peut deviner témoignage, qui pourrait l'être en tout cas. Il dénonce les deux côtés du miroir de l'immigration... Le point de vue de celui qui reste au pays, ici le Sénégal, mais qui ne rêve que d'une chose, c'est de partir. Partir comme les autres, pour aller mener une vie forcément merveilleuse en France, voire devenir footballer professionnel.  Mais surtout, Fatou Diome insiste sur le point de vue de celui qui est parti, qui vit en France souvent dans une minable chambre de bonne. L'émigré qui subit le racisme et qui peine à joindre les deux bouts en fin de mois. Car il faut aussi économiser pour rentrer de temps en temps au pays et ce retour, et bien, il ne doit pas se faire les mains vides. Personne ne comprendrait au pays qu'un des leurs puissent revenir en vacances sans avoir dans ses bagages au minimum une télé, un magnétoscope etc.... Celui qui est parti est forcément riche ! Et même s'il ne l'est pas, il partagera ses maigres ressources...
Ici l'héroine envoie de l'argent à son petit frère à condition que celui ci soit utilisé au Sénégal, pour ouvrir une épicerie par exemple.
Ce livre est très bien écrit, il affronte l'ambiguïté de vérités difficilement acceptables et dénonce la position peu enviable de ceux qui ont un pied de chaque côté d'une frontière.
Un beau livre donc, touchant,  mais qui traîne un peu trop en longueur à mon goût, malgré une écriture qui ne manque pas d'humour.

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Emmanuelle Caminade 15/10/2008 10:12

C'était, je crois, le premier livre de Fatou Diome qui a fait beaucoup de chemin depuis...je vous conseille la lecture de son dernier roman "Inassouvies, nos vies", bien plus abouti et d'une écriture magnifique. Je lui ai consacré une critique sur mon blog et vous invite à venir la lire sur mon site Web.

melaine 14/10/2008 20:13

Ca me donne envie !