L'AFFAIRE SK1, film de Frédéric TELLIER

Publié le 14 Janvier 2015

L’ Affaire SK1 : Affiche

Avec Raphaël Personnaz, Olivier Gourmet, Nathalie Baye

 

Synopis : Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Paris, 1991. Franck Magne, un jeune inspecteur fait ses premiers pas à la Police Judiciaire, 36 quai des Orfèvres, Brigade Criminelle. Sa première enquête porte sur l’assassinat d’une jeune fille. Son travail l’amène à étudier des dossiers similaires qu’il est le seul à connecter ensemble. Il traque, pendant une décennie, l'un des sérial killers français les plus connus : Guy Georges, "le tueur de l'Est parisien".

 

 

Mon humble avis  : Même si on ne va pas voir ce film pour se divertir, tout de même, le tout début fout un coup au coeur car : Au 36 quai des Orfèvres, les flics portent des pseudos...Et le chef de section décide que le pseudo de Franck sera... Charlie (car Charles... Magne...). Et quand votre séance ciné est juste avant le grand rassemblement du 11 janvier... Hum, hum.

Ce film retrace les dix ans d'enquête qui aboutirent à l'arrestation, puis au procès de Guy Georges. En ce sens, il est forcément passionnant, captivant, et quelque part aussi, horrifiant, même si aucune agression n'est filmée. Nous n'avons à supporter "que" les scènes de crime.

Ce qui est horrifiant, ce sont les lenteurs de l'administration et des procédures sur lesquelles butent l'équipe en charge des enquêtes. Ce qui est horrifiant, c'est que, même face à un sérial killer, certains policiers se mènent une guéguerre et refusent le partage des infos. Ce qui est horrifiant, c'est le manque de moyen de la police de l'époque. L'équipe de la Crime que nous suivons a eu son premier PC juste deux ans avant moi ! Ce qui est horrifiant, c'est de constater à quel point cette enquête obsède les flics au point de les amener à négliger leur propre vie. Ce qui est horrifiant, c'est d'entendre les propos de Guy Georges lors de sa déposition : "Quand je sortirai de prison, je recommencerai, parce que c'est plus fort que moi, c'est un besoin"

Ensuite, il y a ce qui est perturbant. Le film est assez bien construit pour, par moment vous faire douter de la culpabilité de Guy Georges. Pire, vous vous surprenez presque à ressentir l'ombre d'une compassion pour lui.

Enfin, il y a ce qui est surprenant... Ce film m'a amenée à reconsidérer mon regard sur la profession d'avocat de la défense, dans des cas de viols et meutres multiples comme nous l'avons ici. Fred, l'avocate brillammment interprêtée par Nathalie Baye, fait bien comprendre son points de vue, son but, sa mission. Elle dit à Charlie "vous traquez le monstre, moi, je traque l'humain qu'il y a dans le monstre". Tout cela amène à quelques scènes bouleversantes, où l'on retient son souffle.

Charlie, c'est Raphaël Personnaz, très convaincant. Je suis heureuse pour lui, le cinéma lui propose des rôles de plus en plus intéressant, pas justifiés juste par sa belle gueule d'ange. Et il le vaut bien.

Quelques mini bémols... Le film fait des aller-retour entre l'époque de l'enquête et celle du procès, presque 10 ans plus tard. De ce fait, on perd un peu le fil du temps justement, j'ai eu du mal à me figurer que toute cette histoire s'étalait sur autant d'années.

Et puis, pour retranscrire l'ambiance des années 90, certes, il y a des voitures démodées, mais les cinéastes sont ils à court d'inspiration pour presque limiter les années 90 à : Tout le monde fume, et partout. C'est un peu agaçant, même si réflecteur de cette décennie. Bon, je râle pour pas grand chose, car l'affaire SK1 (Sérial Killer 1, Guy Georges, le premier Sérial Killer Français confondu par son ADN), brille par son réalisme et sa sobriété.

Ah oui, j'y repense... petite erreur anachronique dans le décors... Sur les murs de la crime en 1991, un poster de l'affiche de Tavernier L627... sorti fin 1992 ;) J'ai l'oeil !

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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lasardine 14/01/2015 21:37

très envie de le voir!

Tiphanie 14/01/2015 15:28

Je vais essayer de le voir ce weekend.