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Cette nuit-là Si tu existes ailleurs
Le philosophe de serviceLe trésor du temple 

 

 

 

   

 


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Jeudi 3 mai 2012 4 03 /05 /Mai /2012 08:00

 

 

Roman - Editions Gallimard - 219 pages - 16.90 €

 

  

Parution en septembre 2011. Rrentrée littéraire

 

  

L'histoire : Fadila fait le ménage quelques heures par semaine chez Edith, dans le Paris huppé. Edith réalise que Fadila ne se sait ni lire ni écrire et entrevoit à quel point le quotidien de Fadila est compliqué dans ces conditions. Comment prendre le métro quand on ne lit pas le nom des stations, comment connaître le prix d'un aliment au marché, et comment remplir les papiers administratifs.... Alors Edith entreprend d'apprendre la lecture et l'écriture à la vieille marocaine. Elle s'arme de courage et de patience mais n'imagine pas un instant l'ampleur de la tâche qui l'attend. Et entre les deux femmes, c'est une toute autre relation qui va naitre, un relation où chacun rencontre l'autre et apprend à la connaitre, voire à la comprendre jusque dans un système de pensée on ne peut plus opposé.

 

   

Tentation : la blogo

Fournisseur : La bib

 

 

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 Mon humble avis : A force de lire, on en oublie que l'on sait lire. Et que ce n'est pas le cas pour tout le monde. Nous avons la chance de pouvoir lire pour le plaisir, quand d'autres n'ont pas ce don qui permet la liberté, l'indépendance et une vie quotidienne qui ne s'arrête pas au premier panneau routier incompréhensible. Le personnage du livre, Fadila, ne peut prendre le métro : elle ne sait lire ni les directions, ni le nom des stations. "Avec le bus, c'est mieux, j'reconnais mieux les chiffres"

Les amandes amères m'ont passionnée, captivée, touchée et interrogée sur par mal de choses.

Edith entreprend d'apprendre la lecture et l'écriture à Fadila, sa femme de ménage marocaine de 65 ans, dont le français est déjà parfois à peine compréhensible. Les démarches entreprises par Edith sont extrémement bien décrites et expliquées et son investissement force le respect. Elle recherche la bonne méthode, se renseigne, tente de trouver des cours d'alphabétisation. Finalement, c'est chez elle et entre elles deux que l'apprentissage se fera. Il sera long, laborieux, et même décourageant. Le résultat au bout de 18 mois est hallucinant. Et pourtant, Edith ne se décourage pas, ne perd pas patience. Car Edith découvre surtout Fadila et son histoire. Mariée de force à 14 ans au Maroc, battue, puis vendue à un autre mari etc... Et une vie en France dans une chambre de 4m² où tout est si étroit que Fadila a des crises d'angoisse. Edith apprend aussi les us et coutumes des relations familiales dans les familles maghrébines. Car Fadila n'est pas seule, elle a 3 enfants en France avec elle. Et pourtant, elle souffre d'une solitude effroyable. Fadila en vient même à surprendre Edith par des propos butés, extrémiste, intolérants qui la poseraient plus dans les rangs de la droite très à droite quand dans les rangs de gauche. Et pourtant, beaucoup de clairvoyance aussi de la part de Fadila sur "l'eden" que représente la France pour les prétendants à l'immigration. Les Amandes amères offrent donc un oeil et la parole à une de ces femmes émigrées, un regard sans complaisance mais très surprenant. La relation entre les deux femmes est donc très intéressante, même si je ne la qualifierais pas d'amicale comme le fait la 4ème de couv. Elle est faite de respect, d'attachement, de curiosité, d'apport mutuel.

Mais revenons en au sujet principal du livre : l'apprentissage de la lecture et de l'écriture. Fadila est très peu réceptive car elle n'a jamais été à l'école de sa vie, donc ne s'est jamais trouvée en situation de répétition, d'apprentissage, de récitation, de recopier. Alors d'une semaine sur l'autre, Fadila oublie ce qu'elle a appris. Elle ne reconnait pas les lettres. Ecrire son prénom lui prend des semaines. Alors oui, dans le livres les situations se répètent beaucoup. Certains pourraient y voir des longueurs. Et bien non, ces répétitions sont juste du réalisme nécessaire, pour faire comprendre au lecteur le temps, les semaines, les mois nécessaires pour apprendre quelques mots à quelqu'un.

Je suis sortie de ce livre bien sûr bouleversée et bien remuée mais surtout, admirative pour 4 personnes.... L'auteur pour son talent.... Edith pour sa patience.... Fadila pour son courage tout au long de sa vie difficile.... Et pour mon petit cerveau qui, il y a longtemps, a réussi a apprendre à lire et à écrire et qui me permet de partager tout cela avec vous !

 

 

 

L'avis de Gambadou, Clara, Antigone

Par Géraldine - Publié dans : Littérature française - Communauté : Chronique de nos lectures
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Mercredi 2 mai 2012 3 02 /05 /Mai /2012 15:04

 Oui, j'avoue, je suis avec assiduité le programme The Voice, sur la chaine honteuse TF1 (y parait que lorsqu'on regarde TF1, un livre se suicide à chaque fois).

Mais que voulez vous, j'aime les télécrochets et j'aime surtout découvrir de nouveaux talents et frissonner à l'écoute de voix étraordinaires. Ici, vous avez une candidate de premier choix, Dominique Magloire, très bien placée pour remporter le concours, même si je vous parlerais peut-être dans un autre de billet de ma chouchoute Al.Hi.

Le sujet de ce billet est le talent...

Nombre de vous mes lecteurs, saluez mon talent et forcément, ça me fait rudement plaisir et m'émeut beaucoup. Quand je publie mes interviews d'auteurs, certaines d'entre vous insistent sur mon talent à exploiter....

Alors oui, j'ai peut-être un peu de talent mais pas assez. Et puis le talent ne suffit pas. Il faut les bonnes rencontres, les coups de chances, le courage d'aller de l'avant et de se battre.

Pour prouver mes dires... Cette Dominique, écoutez là et regardez là chanter. Elle a tout d'une diva. Elle a déjà travaillé un peu en tant que chanteuse, notamment dans une comédie musicale connue, mais en 10ème rôle. Donc Dominique, la quarantaine, malgré un talent qui ne comporte aucun défaut, ne perce pas, peine à receuillir le succès qu'elle mérite, d'où son passage par l'émission phare de TF1 : être reconnue et obtenir enfin le succès, et vivre de sa voix et de sa passion !

Et moi, je rêve du jour où j'écrirais comme elle chante !

 

 

 

Par Géraldine - Publié dans : musique, chanson - Communauté : Le chant du coeur ...
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Mardi 1 mai 2012 2 01 /05 /Mai /2012 08:00

Synopsis :  

Lorsque Nick Fury, le directeur du S.H.I.E.L.D., l'organisation qui préserve la paix au plan mondial, cherche à former une équipe de choc pour empêcher la destruction du monde, Iron Man, Hulk, Thor, Captain America, Hawkeye et Black Widow répondent présents.
Les Avengers ont beau constituer la plus fantastique des équipes, il leur reste encore à apprendre à travailler ensemble, et non les uns contre les autres, d'autant que le redoutable Loki a réussi à accéder au Cube Cosmique et à son pouvoir illimité...

 

 

 

 

Avec Scarlett Johanson, Chris Evans, Robert Downey Jr...

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : Les allergiques au genre passeront royalement leur chemin. Les indifférents aussi, quoique.... il se peut qu'ils passent un moment bien distrayant. Quant à ce qui ne connaissent pas, et bien entrez donc, c'est l'occasion rêvée de faire connaissance avec tout ce petit monde, enfin, en partie.

Mais quel est ce genre... Celui des Marvels et des Comics. Mais ici, il s'agit bien d'une production et des héros Marvel, issus de bandes dessinées.

J'ai toujours adoré les héros et vengeurs masqués. Cela m'a pris très tôt avec Fantômette et Zorro. Et puis, j'ai commencé à adoré les héros aux supers pouvoirs (comme spider man). Et, il y a quelques années, j'ai, vraiment par hasard regardé un DVD des X.Men. Révélation, voilà que je tombe en amour . Et depuis quelque temps, je réalise que ce que je prenais pour un "sous genre ou des films juste distrayants, fait partie d'un tout et qu'il y a une véritable culture Marvel (entre autre). Avec l'histoire de chaque héros etc...

Revenons à Avengers, et bien j'ai regretté de ne pas connaître l'histoire (puisque j'ai manqué voire zappé les films), de l'incroyable Hulk et de Thor (je vais me rattraper en DVD). Je connaissais Iron Man (dont les deux films ne m'avaient pas convaincu) et Captain América que j'avais récemment trouvé un peu niais et surtout, très patriotique. J'ai fait connaissance avec les autres héros et franchement, je me suis ECLATEE. L'idée de tous ls réunir en un film est merveilleuse et fonctionne parfaitement. Car leurs défauts (caricatures souvent) disparaisse et c'est plutôt une bonne dose d'humour qui en ressort. Iron Man est ici particulièrement en forme et excellent, très drôle, toujours impertinent.

Pour le reste, le film est également génial : quelle mise en scène, quel rythme, quels décors, quels effets spéciaux bluffants, quelles scènes de bagarres superbement chorégraphiées ! Et que dire des cascades ou autre : du grand et du vrai spectacle, même si, comme d'habitude, la 3D semble apporter un petit plus juste pendant les 3 premières minutes. Vraiment, un film efficace, entraînant, un visuel admirable ! J'ai eu ce que je voulais : de l'aventure, du suspens, du spectaculaire. Et j'ai eu l'humour en plus, comme une belle cerise sur le gâteau. Bref, c'est explosif et la fin est assez ouverte pour que l'on puisse spéculer sur une suite. Chouette, car j'en redemande ! J'espère qu'ils y inclurons alors quelques X.MEN !!!

 

 

Par Géraldine - Publié dans : Cinéma d'ailleurs - Communauté : Webzine cinéma
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Dimanche 29 avril 2012 7 29 /04 /Avr /2012 08:00

 

BD - Editions Delcourt - 334 pages - 25.50 €

 

 

Parution novembre 2011

 

L'histoire : 4ème tome des chroniques de Guy Delisle, tomes qui se lisent tous indépendamment. Cette fois ci, la compagne de l'auteur, coordinatrice por MSF est en mission pour un an à Jérusalem, véritable poudrière.

Toute la famille s'installe donc en Israël (oui, car les Delisle ont maintenant 2 enfants) et Guy parcourt la ville et les environs, croque tout ce qu'il peut et nous régale de ces BD, grandes témoins des inepties du monde.

 

 

 

Tentation : Les 3 premiers tomes, rendant incontournable la lecture du 4è.

Fournisseur : La bib'

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mon  humble avis : 20/20 pour ce tome, qui voit déjà sa jeune carrière couronnée de prix prestigieux, dont le Fauve d'Or d'Angoulème, prix du meilleur album broché.

Cet album nous "concerne plus" directement car Jérusalem, la Palestine et Israël font depuis 50 ans la une régulière des journeaux, au contraire de la Birmanie et de la Corée du Nord plutôt ignorés des médias occidentaux quand il ne s'y passe "rien" de nouveau...

La siutation au Moyen Orient n'est pas simple, nos cours d'histoires sont loins alors on se contente de ce que nous donnent les médias, en comprenant un peu, en s'insurgeant beaucoup, en imaginant... rien....

Et grâce à Guy Delisle, je visualise beaucoup mieux ce que cela représente de vivre à Jéruselem, terre de conflits depuis plus de 4 000. Certaines données m'ont rendu la situation encore plus nébuleuse, puisque dans toutes les religions qui s'affrontent, il existe des sous groupes plus ou moins intégristes, extremistes. Et dans chacun de ces sous groupe, il y a aussi des gens de nationalitéset d'origines ethniques multiples. On pourrait dire un vrai casse tête chinois, mais c'est juste un casse tête juifs, chrétiens, arabes, musulmans, israéliens, palestiniens... Puisqu'il y a même des israéliens arabes non musulmans. Guy Delisle explique très bien tout cela, avec forcementsa touche d'humour non dénuée de dérision. A l'aide de petits croquis ou de cartes très simplifiées, il explique la complexité et la stupidité de la situation. En fait, avec ses Chroniques, on a presque l'impression que Delisle est en train de composer l'encyclopédie des aberrations humaines, aberrations qui, quand elles ne font pas sourire, font vraiment froid dans le dos.

J'ai eu la triste impression que Jérusalem pouvait se résumer par quelques mots : check points, Mur (que l'on oublie bien trop sous prétexte que le Mur de Berlin est tombé), lignes (réelle ou conceptuelle), un trottoir et un côté de la rue pour les Israéliens, un autre pour les Palestiniens (même si l'on est en Palestine...), militaires et armes. Dans certaines colonies, il y aurait quasiment un militaire par colon. Bref, à Jérusalem, on fait son jogging avec un fusil en bandoulière ! Tout cela me fait dire que je n'iraijamais visiter Israël, tant cette vie me semble stressante, la situation politique et sanitaire inadmissible pour les Palestiniens. Et puis passer son temps à traverser des check points ultra militarisés et armés pour aller visiter des lieux saints, cela me parait trop antinomique pour être envisageable.

Alors même si après la lecture de ces Chroniques de Jérusalem je serais toujours bien incapable de résumer clairement la situation "explosive" moyen orientale en prenant tout le monde en compte, ce qui est clair, c'est que je visualise bien mieux ce que je peux être la vie à Jérusalem, quelque soit le côté où l'on se trouve...

Par Géraldine - Publié dans : BD... - Communauté : Bibliophile et bédéphile
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Vendredi 27 avril 2012 5 27 /04 /Avr /2012 08:00

Synopsis :

 

Vincent, la quarantaine triomphante, va être père pour la première fois. Invité à dîner chez Élisabeth et Pierre, sa sœur et son beau-frère, il y retrouve Claude, un ami d’enfance.
En attendant l’arrivée d’Anna, sa jeune épouse éternellement en retard, on le presse de questions sur sa future paternité dans la bonne humeur générale... Mais quand on demande à Vincent s’il a déjà choisi un prénom pour l’enfant à naître, sa réponse plonge la famille dans le chaos.

 

 

 

Avec Patrick Bruel, Valérie benguigui, Charles Berling....

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis :Quand le théâtre s'invite au cinéma.... Cela avait déjà donné l'inénarrable "Dîner de cons" et bien dans la même lignée, je vous propose Le prénom !

Claude et Vincent (bruel)sont déjà arrivés chez Babou et Pierre. Même s'il manque Anna, que le bal commence ! En fait, de bal, c'est bien vite le début des hostilités, qui transforme cette soirée en joute verbale de haut niveau, en révélations inattendues puis en règlements de compte venant parfois de la petite enfance. C'est un véritable combat d'épées auquel se provoquent tous ces personnages et on ne sait jamais qui a encore de la réserve, qui sortira la plus belle botte, qui frappera avec une arme acérée ou au contraire, une épée en peluche... C'est hilarant, drôlatique, cynique à souhait, cruel souvent, émouvant parfois et le tout porté par des acteurs formidables. Enfin une salle de ciné qui rit aux éclats et au complet, enfin des vannes qui volent sans cesse, pire qu'un match de ping pong mais le tout avec un texte au petits oignons (enfin, au petits raisins !), un texte maîtrisé, qui joue sur les jeux de mots, cache parfois des paroles de chansons célèbres, un texte magistralement travaillé qui fait mouche à chaque fois. Aucune fausse note, aucun mauvais goût. Un rythme qui ne vous laisse aucun répit...Bravo aux plumes.

Sinon, quand on est spectateur cela donne : rhoo, tout de même, hahah, il exagère, il blague là ou pas, y va pas oser, hihihi, le pauvre, oh le con, l'enfoiré, là il a pas tort, rhoo non, pas ça, c'est pas possible, hahaha, jusqu'où vont ils aller aie aie, ça fait mal, houlàlà, hihi, trop drôle, j'ai mal au ventre, j'ai mal aux abdos, trop drôle ! Trop bien ce film ! Restera pour moi aussi anthologique que le dîner de con. Les dîner des cons, ça existe toujours, les dîners prénoms, si vous voulez de l'ambiance, c'est pas mal aussi !

Tout ça pour un prénom, vous ne choisirez plus le prénom de votre futur bambin de la même façon !

 

 

Par Géraldine - Publié dans : Cinéma Français - Communauté : Webzine cinéma
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Jeudi 26 avril 2012 4 26 /04 /Avr /2012 08:00

Anne Révah est l'auteure de Manhattan paru fin 2009 et de Pôles Magnétiques paru en ce mois d'avril 2012. Deux parutions chez Arléa Editions.

 

 

 

Ma récente lecture de Pôles magnétiques m'a bien plu et inspirée, j'avais envie d'en savoir un peu plus. Alors, j'ai interrogé l'auteure. Et Anne Révah a accepté de répondre à mes questions.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Votre 2ème roman, Pôle Magnétiques, vient de sortir, deux ans après le succès de Manhattan. Ce nouveau roman est il initié par le succès du premier ou était il déjà “écrit” quelque part, évident, incontournable ? 

A.R : J’ai commencé Pôles Magnétiques juste après la sortie de Manhattan. Je voulais écrire une histoire d’amour…

 

 

Ce qui m’a frappée dès les premières pages, c’est la finesse et la qualité de l’écriture. Est-ce chez vous un “don” de naissance ou le fruit d’un long travail ?

A.R : Dit comme ça, c’est un peu délicat de répondre, j’écris depuis l’adolescence, mais je travaille ce que j’écris bien sûr.

 

 

Comment écrit Anne Révah ? De jour, de nuit, dans un bureau, sur la table de la cuisine, avec mille post it ou directement ? Sur écran ou sur papier ?.... Une manie ?

A.R : Je n’écris jamais la nuit…J’écris tous les jours, parfois une demi-heure, parfois des heures, je me promène avec mon ordinateur.

 

Premier titre : Manhattan (lié à une tâche sur la peau qui fait penser à l’île New Yorkaise). Le 2ème roman se situe en Arizona, dans le Far West Américain.... Une attirance, une fascination pour le nouveau monde, où simplement ses larges possibilités romanesques ?

A.R : Je ne connais pas très bien les Etats-Unis, mais j’aime les paysages américains, l’étendue, et l’idée d’une traversée.

 

 

Pôles Magnétiques se déroule donc à Tucson, ville entourée de désert. Le désert a une symbolique très forte d’isolement, de chaleur, d’infini, de soif, de danger, d’égarement, de méditation. J’imagine que cette symbolique est voulue et n’est point hasardeuse. Mais, mais, pourquoi pas le Nevada, ses déserts et ses casinos où même Colorado Springs, avec la fissure du Grand Canyon comme symbole qui aurait pu servir aussi votre sujet non ?

A.R :En fait, je ne suis jamais allée à Tucson, mais j’ai découvert la ville à l’occasion des expéditions sur Mars qui me fascinent, la NASA a des laboratoires importants à Tucson, en regardant sur internet les informations sur Tucson, et sur Mars, j’ai découvert par hasard qu’il existait le désert de Sonora, alors que justement j’avais été très impressionnée par les images de Mars rapportées par des sondes, c’était des images d’un gigantesque désert rosi. C’est comme ça que j’ai choisi Tucson et le désert de Sonora…

 

 

Le climat, la sècheresse et la chaleur tiennent un rôle important dans le roman. Dans votre vie, avez vous déjà fait l’expérience des transformations personnelles  liées à un changement climatique conséquent ? Est-ce le climat qui est seul responsable de ses changements où les “torts” peuvent ils être partagés avec la distance, l’éloignement de son noyau ?

 A.R : Je pense que des modifications du monde extérieur, familier, la chaleur ou le froid, les lumières inhabituelles, sont des occasions de changement en soi, dont on pense rien, juste qu’on ressent et qui installe les conditions de grand changement, de rencontre, de hasard.

 

 

Ce roman analyse l’infiniment petit du début et de la fin de l’amour... Vous croyez à l’aspect magnétique qui attirent deux êtres.... Mais en même temps, ne dit on pas, qui se ressemble s’assemble. Hors, quand on est pôle, il faut être Nord et Sud pour se rejoindre.... Où se trouve l’autre ?

A.R : Je voulais parler de l’évidence dans certaines rencontres amoureuses, une radicale évidence, il n’y a pas mieux que les forces magnétiques pour dire cela, on ne peut pas donner d’explication, de justification, ça s’impose.

 

 

 Me trompe-je ? Mais il me semble que le sujet de l’écart entre la force sociale affichée par les femmes  et la précarité intérieure et camouflée soit pour l’instant votre sujet de prédilection... Pourquoi ? Si Clarisse était une femme du 19ème siècle, aurait elle put être le même personnage malgré un contexte historique et matériel différent (le fiacre à la place de l’avion !)

A.R : Je n’avais pas du tout envisagé la question sociale, j’aime imaginer qu’il y a ce qu’on montre de soi et ce qu’on est vraiment, on passe beaucoup de temps à exposer quelque chose de soi dans les relations avec les autres, je me demande souvent comment sont les gens dans leur intimité…

 

 

Aussi bien dans Manhattan que dans Pôles Magnétiques, le rôle de l’écrit, de la confession par lettre ou texte est bien présent. L’expression épistolaire vous est elle chère et habituelle ?

A.R :Dans Manhattan, la narratrice écrit une lettre à sa mère, mais dans Pôles Magnétiques, Clarisse lit pendant son voyage un texte que Léonard lui a donné, c’est une nouvelle qu’il a écrite, et qui raconte la fin d’un amour…vous n’allez pas me croire mais je n’avais même pas remarqué que je l’avais faite comme une lettre, je vais réfléchir !

 

 

La déception mène souvent à la colère et/ou à la tristesse. Alors comment, en amour comme en amitié, peut on supporter la colère et la tristesse mais pas la déception, l’origine de tous les maux ? On peut supporter les conséquences mais pas la genèse des conséquences ?

A.R : Dans l’étymologie de déception, il y a la question d’avoir été trahi. Il n’y a pas que la tromperie amoureuse comme déception, il y a des moments d’abandon, de lâcheté qui sont des évènements aussi. Je ne sais pas si c’est être déçu qui abime l’amour ou le fait de ne pas affronter les motifs de déception, pour qu’ils ne distillent pas à notre insu leurs fiels.

 

 

Pourquoi la vérité personnelle est elle si dure à entendre pour l’autre ?

A.R  Est-ce qu’il faut dire une vérité à l’autre ? y a-t-il des vérités d’ailleurs ? Il faut être juste avec soi…

 

 

Quelle lectrice êtes vous ? Quels sont vos 3 derniers coups de coeur littéraires ?

A.R : J’aime Julien Gracq, Lawrence Durrell, et Marguerite Yourcenar

Mes lectures récentes et coups de Coeur: Jean Philippe Toussaint, et surtout Annie Ernaux dont je viens de lire plusieurs textes réunis dans l’édition Quarto Gallimard.

 

 

 

Par Géraldine - Publié dans : Interviews exclusives ! - Communauté : partageons nos lectures
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Mercredi 25 avril 2012 3 25 /04 /Avr /2012 08:00

Polar - Editions France Empire - 176 pages - 19 €

 

 

Parution en Février 2012

 

 

L'histoire : Suite au décès d'un psychiatre, un notaire se voit confier la mission de remettre à 11 personnes précises 11 cahiers noirs écrit par une de ses patientes décédées, Ludmilla. Quels points communs entre ces 11 héritiers et que recèle ces cahiers pour bouleverser à ce point la vie de ceux qui s'en approchent où qui aimeraient tant s'en approcher au point de voler, agresser, mettre le feu un à un théâtre....  Bien des surprises attendent Johanna, Pascal, Marie Ange, Clémence et les lecteurs !

 

 

 

Tentateur  L'auteur et le pitch

Fournisseur : L'auteur, merci pour l'envoi.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis :Voici un livre que j'ai pris un vif plaisir à lire et qui a rempli à merveille le rôle que je lui destinais : me distraire et combler mon manque viscéral (dont je suis seule responsable) de thriller dans mes lectures actuelles.

Le sujet du livre : Les conséquences de manipulations génétiques sur les manipulées et sur les manipulateurs que toutes ces découvertes mènent à la folie. Entre cette phrase et mon résumé, pas besoin d'en dire plus, vous en savez assez sur le contenue du livre pour vous y plonger.

Alors, commençons par les sujets qui " fâchent".... Bon, ils ne fâchent pas beaucoup puisqu'ils sont entre guillemets et le livre mérite grandement mes étoiles... Il m'a fallu quelques pages pour entrer dans le sujet et commencer à apercevoir un lien... Un auteur est libre de tout, même de se servir d'une coïncidence très providentielle pour provoquer un spectaculaire rebondissement. Sur la fin, 3 petits détails insignifiants m'ont dérangée car peu crédibles selon moi mais bon (je ne peux en dire plus sous peine de spoiler)... Enfin, moi qui râlent souvent sur les pavés et les livres trop longs et bien j'avoue que j'aurais bien rempilé pour une cinquantaine de pages supplémentaires pour un savoir plus sur chacun des protagonistes !

Sinon.... Et bien ce livre est un délice. Déjà, il est écrit via les yeux et la plume de différents personnages et parfois ceux de l'auteur. Cette construction est originale et donne un sacré rythme au récit. Et suivant le caractère du personnage en question, nos avons droit à des chapitres à l'écriture très enjouée. C'est d'ailleurs une impression générale pour moi : un livre enjoué, malgré un sujet grave et les atrocités commises dans ce livre. Mais il n'y a aucune surenchère dans l'horreur et les descriptions. D'ailleurs, il semble que les sévices soient plus psychologiques. Enfin, j'apprécie qu'un auteur ne chercher pas à nous en mettre plein la vue en hémoglobine, en glauque et stress maxi, même si, bien sûr, au fil des pages, les pages filent justement de plus en plus vite.

Les personnages sont vraiment attachants et je me disais que j'aimerais retrouver Johanna dans d'autres aventures (avec sa façon de fouiner et de foncer, il pourrait bien lui arriver d'autres aventures non ?). Ceci est un message pas du tout subliminal pour l'auteur... D'ailleurs, les deux autres jeunes filles aussi mériteraient... Enfin non, je ne dis plus rien.

L'intrigue est bien trouvée, originale et surtout, superbement menée. Nous allons de surprise en surprise. Bref, un polar de très bonne facture, très distrayant. Et un auteur que je relirai avec plaisir, à condition qu'il écoute mon message non subliminal ! lol

 

 

L'avis de Liliba

 

Par Géraldine - Publié dans : Thrillers, polars français - Communauté : J'aime lire
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Mardi 24 avril 2012 2 24 /04 /Avr /2012 11:54

Un lien sur Facebook ce matin m'a menée là....

 

Lettre de Philippe Torreton à Jean Ferrat

Jean,

 

 

J'aimerais te laisser tranquille, au repos dans cette terre choisie. J'aurais aimé que ta voix chaude ne serve maintenant qu'à faire éclore les jeunes pousses plus tôt au printemps, la preuve, j'étais à Entraigues il n'y a pas si longtemps et je n'ai pas souhaité faire le pèlerinage. Le repos c'est sacré !

 

Pardon te t'emmerder, mais l'heure est grave, Jean. Je ne sais pas si là où tu es tu ne reçois que le Figaro comme dans les hôtels qui ne connaissent pas le débat d'idées , je ne sais pas si tu vois tout, de là haut, ou si tu n'as que les titres d'une presse vendue aux argentiers proche du pouvoir pour te tenir au parfum, mais l'heure est grave!

 

Jean, écoute-moi, écoute-nous, écoute cette France que tu as si bien chantée, écoute-la craquer, écoute la gémir, cette France qui travaille dur et rentre crevée le soir, celle qui paye et répare sans cesse les erreurs des puissants par son sang et ses petites économies, celle qui meurt au travail, qui s'abîme les poumons, celle qui se blesse, qui subit les méthodes de management, celle qui s'immole devant ses collègues de bureau, celle qui se shoote aux psychotropes, celle à qui on demande sans cesse de faire des efforts alors que ses nerfs sont déjà élimés comme une maigre ficelle, celle qui se fait virer à coups de charters, celle que l'on traque comme d'autres en d'autres temps que tu as chantés, celle qu'on fait circuler à coups de circulaires, celle de ces étudiants affamés ou prostitués, celle de ceux-là qui savent déjà que

 le meilleur n'est pas pour eux, celle à qui on demande plusieurs fois par jour ses papiers, celle de ces vieux pauvres alors que leurs corps témoignent encore du labeur, celles de ces réfugiés dans leurs propre pays qui vivent dehors et à qui l'on demande par grand froid de ne pas sortir de chez eux, de cette France qui a mal aux dents, qui se réinvente le scorbut et la rougeole, cette France de bigleux trop pauvres pour changer de lunettes, cette France qui pleure quand le ticket de métro augmente, celle qui par manque de superflu arrête l'essentiel...

 

...Jean, la Commune n'en finit pas de se faire massacrer chaque jour qui passe. Quand chanterons-nous "le Temps des Cerises" ? Elle voulait le peuple instruit, ici et maintenant on le veut soumis, corvéable, vilipendé quand il perd son emploi, bafoué quand il veut prendre sa retraite, carencé quand il tombe malade...

 

La suite de cette lettre ici, sur le blog d'origine..

http://bernard-gensane.over-blog.com/article-lettre-de-philippe-torreton-a-jean-ferrat-103855106.html

  http://bernard-gensane.over-blog.com/article-lettre-de-philippe-torreton-a-jean-ferrat-103855106.html

Par Géraldine - Publié dans : A propos de... - Communauté : Les Cultureux éclectiques
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Lundi 23 avril 2012 1 23 /04 /Avr /2012 08:00

Synopsis :

 

Veuf, Benjamin Mee a bien du mal à élever ses deux jeunes enfants. Espérant resserrer les liens familiaux, il décide de prendre un nouveau départ, plaque son travail et achète une vieille maison sur une immense propriété, qui a la particularité d’abriter un zoo délabré. Plusieurs dizaines d’animaux, ours, tigres et bien d’autres, vivent en effet au Rosemoor Animal Park, où la gardienne Kelly Foster et son équipe dévouée tentent de maintenir les installations tant bien que mal. Sans la moindre expérience, avec très peu de temps et d’argent, Benjamin Mee et les siens vont tout mettre en œuvre pour réhabiliter le zoo et vivre ainsi leur plus grande aventure…

 

Avec Matt Damon, Scarlett Johansson, Colin Ford, Maggie Elizabeth Jones, Elle Fanning

 

 

 

 

 

 

 

film tiré d'une histoire vraie.

 

 

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Mon humble avis : Aujourd'hui, je suis généreuse, je distribue plein d'étoiles !

Et pourtant, ce n'était pas gagné. Il pleuvait à torrent, la bande annonce me laisser prévoir un film débordant de mièvrerie et de bons sentiments. Bref des pieds de plombs... Alors, certes, ce film fait souvent appels au bons sentiments et n'échappe pas à certains poncifs américains, mais vraiment, qu'est-ce qu'il m'a fait du bien ! Oui, vraiment, j'ai adoré. Clouée dans mon fauteuil, j'ai suivi l'aventure de ce père qui veut autant sauver du naufrage sa famille qu'un zoo et l'équipe qui y travaille : j'ai admiré, j'ai tremblé, j'ai espéré, j'ai Z'eu peur et broyé le bras de ma voisine, j'ai été émue, j'ai été heureuse ou triste. Bref, toute la palette des sentiments et des émotions se réveille au fond de nous pour  regarder ce film. Bien sûr, la nature fait bien les coïncidences donc ça agace un peu quand tous les serpents en fuite se retrouvent spécifiquement sur la pelouse de la maison, et non à droite à gauche dans le parc. Le peu de cas que semble faire le père des dessins très trash et morbides de son ado de fils m'a dérangée. Mais malgré cela, oui, j'ai passé deux heures merveilleuses : un film qui porte autant sur le deuil que le courage, l'obstination, la croyance dans un projet et l'esprit d'équipe. Un film très optimiste, comme cela fait du bien ! En plus, il peut se voir en famille où chacun  verra la "magie" du zoo suivant son âge et sa taille. Il y a de très belles images animalières et des scènes de dialogues entre humains et animaux très joliment filmées.

Quant aux comédiens.... Sympa de voir Scarlett au naturel, sans sophistication. Je me préparais à conseiller à Matt de retourner dans la peau de Jason Bourn. Et bien non, il est aussi très convaincant dans ce père brisé par le deuil et nourri par l'espoir. Quant à la jeune Maggie Elizabeth Jones qui joue la Rosie, la fillette de 7 ans, elle mérite à elle seule une de mes 4 étoiles. Trognon !

Alors voilà, un film imparfait, dont je n'attendais pas grand chose mais qui fait tellement de bien, que je ne peux que vous encourager à vivre dans une salle obscure ce NOUVEAU DEPART !

 

 

Par Géraldine - Publié dans : Cinéma d'ailleurs - Communauté : 1 article = 1 film
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Samedi 21 avril 2012 6 21 /04 /Avr /2012 08:00

 Roman - Livre de poche Editions - 253 pages - 6 €

 

 

Parution en poche en août 2007

 

 

 

L'histoire : Dans les années 50, Jacques, écolier de 12 ans, n'est pas comme les autres. Il est bègue. Des mots se refusent à lui, sont trop violents à prononcer... Avec son ami de coeur Bonzi, il cherche par tous les moyens à guerir. Quitte à goutter toutes les herbes des environs, à croire son père disparu, à inventer des mensonges qui le dépasseront, qui l'obligeront à se dépasser avec l'aide bienveillante d'un instituteur lui aussi, pas comme les autres.

 

 

 

Tentation : Un auteur et une histoire qui ne pouvaient que me toucher

Fournisseur : Ma CB, au salon de Rennes, avec une dédicace magnifique, mais que je garde pour moi !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis :Parfois, quand on lit un livre, on ne visualise rien ou l'on se crée un univers de toutes pièces, mais au plus proche des descriptions données par l'auteur sur les paysages, les personnages... Dans le Petit Bonzi, celles ci n'affluent pas, où restent discrètes. Mais dans mes yeux, je voyais des clichés de Doisneau et dans mon coeur, il régnait une atmosphère "à la guerre des boutons".

Le Petit Bonzi est le premier roman de Sorj Chalandon, un premier roman qui annonce déjà le sublime de la suite. Une histoire qui raconte déjà de l'homme lui même, celui qui s'est dissimulé dans Retour à Killibegs, pas là où il s'y est posé officiellement. L'auteur s'est inspiré de sa jeunesse : le bègue, c'est lui. Le père violent, c'est le sien. Le reste est littérature. Et quelle littérature ! Pas comme les autres. Poétique déjà ! Une littérature où les mots ont une importance capitale, où le style mêle adroitement les pensées et les ressentis d'un enfant et le talent d'un adulte pour rendre ce récit cohérent, rythmé. L'auteur est là pour montrer ce que l'enfant ne voit pas, pour aider le lecteur à déduire sans forcément prendre la parole et sans trahir l'enfant qu'il était. Oui, une écriture singulière où il m'a fallu prendre mes marques : ce n'est pas l'enfant qui parle et pourtant l'auteur homme semble tout de même s'effacer devant l'enfant... En fait, ça y'est, j'ai les mots de mon impression. L'auteur met en scène (il ouvrit la porte etc...) et l'enfant parle à travers le stylo de Sorj Chalandon quand il pense, regarde, craint, espère. Suis-je plus claire ? Si non, lisez le livre, si oui, lisez le aussi !

Le sujet maintenant.... Jacques est bègue. Les mots ne veulent pas sortir. Il n'y a qu'avec son copain Bonzi qu'il ne bégaie pas. Ces parents ne semblent pas s'en préoccuper plus que ça. Alors, on suit Jacques et Bonzi dans leurs rêves, leur quête de l'herbe qui guérit. Et l'on découvre avec émotions les efforts secrets que réalise ce petit gamin. Il s'exerce devant la glace à prononcer des mots compliqués. Il tient un cahier qu'il complète avec des mots de rechange qui contiennent moins de Pppp, bbll, ttttrrrr. Moi, ça m'a remuée tout au fond. Car il y a 3 ans, j'ai souffert soudainement de gros troubles de langage et parfois, ou systématiquement suivant les situations, ceux ci me reprennent, avec moins d'intensité bien sûr, mais tout de même. Et je sais quand ils vont venir pour dire sans doute "fragile, à manier avec délicatesse", ou " A peur", ou "n'en peut plus, panique à bord".

Autre intérêt de ce roman : une plongée dans les années 50, dans le monde de l'enfance (ses rêves, ses rivalités, ses bêtises, ses mensonges, son imagination), et de l'école d'alors. Une école de garçon. Et un instituteur qui aime tout ses élèves, ne montre aucune préférence, mais garde un oeil prévenant et protecteur sur les plus faibles, sur Jacques, entre autres. Et son salut, Jacques finira par lui devoir dans un final haletant, qui noue le coeur, tant on craint pour l'un, tant l'autre nous éblouit par sa hardiesse et altruisme, sa bonté, son sens du devoir...

Un livre qui vient du coeur, qui dit sans doute tout ce que l'enfant n'a pu dire à l'époque, mais avec pudeur et délicatesse. Un ancien bègue qui a sans doute appris de ce fait à dire l'essentiel, à ne pas dire les mots de trop, à ne pas mettre de mots sur ce qui se devine. Alors faisons comme lui, n'en disons pas plus...

Un livre très encourageant aussi. L'auteur était cet enfant bègue. Quand on voit l'homme, le journaliste et l'auteur qu'il est devenu, il peut être un exemple très convaincant de victoire contre les troubles du langage qui emprisonnent tant d'enfants et leur famille.

 

 

 

Par Géraldine - Publié dans : Littérature française - Communauté : J'aime lire
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